Bistro Bar Blog

jeudi 6 février 2014

Ultraman : l'eau souterraine sera déversée dans l'océan


Plan de dérivation de l'eau souterraine : TEPCO/METI se préparent à déverser l'eau souterraine "non contaminée" dans l'océan


Le mot "non contaminé" dans le titre est entre guillemets parce qu'il est possible que des radionucléides subsistent dans l'eau qui sera déversée, en particulier le tritium, même si c'est de l'eau provenant des puits placés du côté ouest des bâtiments de réacteur – c'est à dire avant que l'eau souterraine n'entre dans les bâtiments de réacteur et ne se contamine.

D'après le Jiji Tsushin, après la conférence de presse régulière de TEPCO :
Déversement de l'eau souterraine dans l'océan prévu, tritium inférieur à 1500 Bq/litre

Le 3 février, TEPCO a annoncé la cible opérationnelle pour que les matériaux radioactifs de l'eau souterraine soient déversés dans l'océan. L'eau souterraine sera drainée avant qu'elle ne pénètre dans les bâtiments de réacteur et ne se contamine. L'objectif pour le césium-134 et -137 sera inférieur à 1Bq/l pour chaque, inférieur à 5 Bq/l pour tous les beta et inférieur à 1500 Bq/l pour le tritium.

Le déversement de l'eau souterraine fait partie du plan de réduction de l'eau contaminée. Les densités des matériaux radioactifs seront inférieurs de 25 % aux limites légales pour le déversement dans l'océan. TEPCO parlera aux pêcheurs locaux pour obtenir leur consentement.

Si les densités sont supérieures aux objectifs, le déversement sera suspendu et l'eau sera purifiée avant de reprendre le déversement. Pour les beta nucléides, TEPCO prévoit de purifier jusqu'à ce que la densité soit inférieure à 1 Bq/l, plus basse que l'objectif prévu.
Et voici l'effort du METI (ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie) pour persuader les pêcheurs.
D'après Kyodo News :

Le ministre de l'économie demande à la fédération nationale des associations de pêcheries d'être compréhensif pour le démarrage de la dérivation de l'eau souterraine

Le ministre Kazuyoshi Akaba a demandé aux associations de pêche de se montrer compréhensives pour le démarrage de la dérivation de l'eau souterraine qui fait partie de la gestion de l'eau contaminée à la centrale de Fukushima. La dérivation de l'eau souterraine sera drainée et relâchée dans l'océan.

Le METI appliquera des normes opératoires plus strictes que les normes existantes concernant la densité des matériaux radioactifs de l'eau souterraine qui sera drainée pour atténuer les inquiétudes des pêcheurs.

L'eau souterraine qui fuit dans les bâtiments de réacteur est l'une des causes de l'augmentation de l'eau contaminée. Selon le plan de dérivation, l'eau sera redirigée avant qu'elle ne se contamine. Pourtant les inquiétudes suite à des rumeurs sans fondement restent fortes particulièrement parmi les pêcheurs, ce qui a empêché le plan d'être mis en œuvre.

Je me demande comment TEPCO va "purifier" l'eau pour obtenir moins de 1 Bq/l. Je pense qu'il la diluera, particulièrement si c'est du tritium qui ne peut être enlevé efficacement sur une grande échelle.
Mais cela n'a probablement pas d'importance, car le jour suivant le ministre de l'économie a dit que le METI avait déjà obtenu "un certain degré de compréhension" de la part des coopératives de pêche.

D'après le Jiji Tsushin :

Le ministre de l'économie parle d'un certain degré de compréhension des coopératives de pêche pour la gestion de l'eau souterraine de la centrale

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du 4 février, le ministre de l'économie a dit que le ministère avait obtenu "un certain degré de compréhension nécessaire" au plan de dérivation de l'eau souterraine de la part des pêcheurs pour la gestion de l'eau contaminée de la centrale.
Donc les associations de pêche nationales appuieront les associations de pêche de Fukushima, qui appuieront à leur tour les coopératives locales dans des villes comme Iwaki. Les coopératives locales appuieront les pêcheurs eux-mêmes, qui auront probablement besoin d'un peu de persuasion, car ils sont pressés de reprendre la pêche.
Le plan de TEPCO/METI pour le déversement de l'eau souterraine semble être remis sur les rails comme si la contamination souterraine de la zone où se trouvent les puits ont été creusés pour le drainage de l'eau ne s'était jamais produite en août 2013.

Tout près des puits il y a les énormes réservoirs, pour la plupart rivetés ensemble et prévus pour ne durer que 5 ans au mieux, qui contiennent de l'eau de décharge hautement radioactive (surtout des beta et non des gamma nucléides) après le traitement d'osmose inverse (désalinisation). Plusieurs réservoirs de la zone laissent fuir de l'eau de décharge bien que personne ne sache exactement la quantité qui a fui ou la manière dont elle a fui et les fuites peuvent faire lentement leur chemin vers les puits. Des niveaux élevés de tritium ont déjà été relevés, bien qu'ils soient bien en dessous de l'objectif opératoire de 1500 Bq/l.

L'emplacement des puits pour le drainage de l'eau souterraine pour le plan de dérivation et les analyses d'échantillonnages d'eau : la contamination la plus élevée enregistrée pour le tritium au 24 décembre 2013 était de 1000 Bq/l sur le puits n°12.

L'autorité de régulation nucléaire doit encore approuver les objectifs opératoires, ce n'est donc pas encore évident pour TEPCO/METI. La responsabilité de la régulation de TEPCO pour les efforts de nettoyage de l'accident est toujours floue. On suppose que c'est l'ARN, mais elle est de plus en plus occupée à l'évaluation des centrales nucléaires en vertu des nouvelles directives pour préparer les redémarrages. Il semble que le METI soit là (comme il l'a toujours été) pour donner aux exploitants comme TEPCO une porte de sortie, une manière de contourner les règlements.



3 commentaires:

  1. 4 commentaires à ma pomme sur dix au tableau qui passent , malgré la censure!
    Des détails quand tu veux
    J'avais dit les représailles seront terrible!

    Pépé

    RépondreSupprimer
  2. Bonsoir,

    Et merci. :)

    Vendredi 7 février :
    • Les nouvelles statistiques sur les cancers de la thyroïde viennent d'être publiées : il y a 75 cas potentiels, dont 33 confirmés après intervention chirurgicale, sur 270 000 enfants contrôlés. 375 000 enfants en tout ont droit à une échographie de la thyroïde pour dépistage.

    Bien a vous, Léa

    RépondreSupprimer
  3. lasorciererouge4 août 2014 à 22:37

    http://www.crashdebug.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=9203:analyses-d-eau-de-pluie-tres-preoccupantes&catid=91:liberte-egalite-fraternite&Itemid=55

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.