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mercredi 5 février 2014

Le déni : enfant en danger

Article de Brigitte Oriol, extrait de l'excellent site "Alice Miller, abus et maltraitance de l'enfant".


Le déni, enfant en danger


Comment arrive-t-on à crier sur un bébé, à le secouer pour faire cesser ses pleurs, à claquer ses cuisses parce qu’il nous a cogné en gesticulant…?
Comment en arrivons-nous à mettre un enfant au piquet, parce qu’il fait trop de bruit, à le fesser parce qu’il a fait pipi dans sa culotte, à l’enfermer dans sa chambre parce qu’il n’est pas gentil avec sa sœur, à le priver de parc parce qu’il ne prête pas son seau au bac à sable ?

Toutes ces attitudes n’existeraient pas si nous ne les avions pas apprises très tôt dans notre vie par nos propres parents qui les pratiquaient déjà pour se faire obéir et garder le pouvoir sur nous!

Il est loin d’être évident de sortir de ces schémas de répétition. Il n’y a qu’à voir le tollé que provoque la campagne publicitaire de la Fondation pour l’Enfance diffusée sur nos petits écrans pour sensibiliser le public contre les violences éducatives ordinaires envers les enfants !

http://www.fondation-enfance.org/actus/campagnes-violences-educatives-2013.html

La majorité d’entre nous sommes restés des partisans d’une éducation basée sur la crainte, même si la plupart ne réalise pas que ces méthodes font terriblement peur aux enfants, ont des conséquences graves sur leur développement et sont forcément à l’origine de relations faussées.

Pourtant de nombreuses études prouvent la nocivité de ces traitements, plus personne ne peut ignorer les répercussions de ces agissements au niveau du cerveau et, malgré cela, nous nous accrochons au vieil adage selon lequel « une bonne fessée de temps en temps… ».

Alice Miller expliquait ce phénomène par un seul mot : Le Déni.

Allez lire la suite ICI.


3 commentaires:

  1. Quid du projet de loi interdisant aux parents tout châtiment corporel à leurs enfants ?
    Faire d'une "simple" gifle un délit. Révolutionnaire ?
    Passé un premier coup, la menace, souvent exprimée par le "tu vas t'en prendre une" devient bien réelle. Il serait amusant de connaitre la position de La Manif Pour Tous, "défenseurs de la famille" sur ce sujet. Il doit bien s'y trouver une majorité à soutenir "qu'une bonne paire de claque ne fait pas de mal" ou pis encore "que ça rend viril" (...)
    J'ai eu un père violent, volage et manipulateur. Des décennies plus tard, le souvenir de la terreur qu'il m'inspirait me hante encore. Ma fille de 12 ans n'a jamais reçu de fessée, encore moins de gifle. Elle est très fière d'être encore un peu une exception dans ce domaine.
    Adolescent je suis devenu dépressif, avant un enchainement suicidaire, drogues dures (moins que les coups) et pas mal d'errances : le "coupable" cherche la faute...
    Je resterai toujours profondément meurtri d'avoir été battu. La vue d'une scène de violence m'est aujourd'hui insupportable, même et surtout à la télé.
    J'ai eu beaucoup de chance par la suite, une bonne étoile peut-être...




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    1. "Quid du projet de loi interdisant aux parents tout châtiment corporel à leurs enfants ?"
      Ce serait demander nous-mêmes la dictature.
      Vous seriez le premier à le regretter, au vu des résultats.
      La mode d'interdire est aussi dangereuse pour la liberté que ce qu'on voudrait empêcher.

      Les châtiments corporels mineurs ne sont pas toujours basés sur la crainte, ils sont parfois au contraire rassurants. Parlez-en peut-être à une femme seule avec un fils à élever.
      C'est très difficile à penser au départ pour ceux qui ont été battus à coups de latte dans leur enfance. Je ne nie pas les dégâts, loin de moi. Et j'apprécie énormément Alice Miller, qui m'a beaucoup apporté.

      Quitte à choquer, je dirais pourtant que ceux d'entre nous qui ont subi des violences corporelles (et non pas des châtiments, qui sont censés avoir au moins une raison) ont eu peut-être un avantage : la possibilité de s'apercevoir très tôt que leurs parents étaient détraqués. Et de prendre très tôt la décision de rester conscients dans ce monde, coûte que coûte.
      Autre avantage : aucun besoin de morphine après intervention chirurgicale, accouchement naturellement sans douleur... Il faut bien rire aussi.

      Ceux d'entre nous qui ont subi la manipulation et la violence affective ont eu beaucoup moins de chances de détecter précocement que leurs parents étaient détraqués, et de prendre les mesures de sauvegarde de leur psyché.

      Quelqu'un a dit que vu de près, ce qui arrive à l'Homme sur cette planète est une tragédie. Vu de loin, une comédie.
      Une autre façon de dire que nous pouvons décider de sortir un jour de cette Caverne, sans bagages inutiles.

      Brigitte

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    2. Merveilleux et très juste commentaire, Brigitte. Je suis d'accord avec toi que ceux qui ont connu la manipulation et la violence affective ont eu bcp moins de chance de découvrir l'anormalité de comportement de leur entourage. (cf Cathy O'Brien entre autres)

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