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mercredi 29 janvier 2014

Un pharaon de 3600 ans confirme l'existence d'une dynastie inconnue


Des archéologues découvrent en Égypte les restes d'un pharaon inconnu jusque-là


La découverte d'un corps de 3600 ans confirme l'existence d'une dynastie ignorée.


22 janvier 2014



Les restes âgés de 3600 ans d'un pharaon oublié qui ont été exhumés ce mois-ci au sud de l'Égypte pourraient constituer la première de plusieurs découvertes importantes d'un site d'inhumation ignoré rivalisant avec celui de la Vallée des Rois, a déclaré mercredi l'archéologue directeur des recherches.

La découverte du roi Senebkay est la première preuve concrète d'une dynastie pharaonique dont l'existence était soupçonnée par les archéologues mais jamais prouvée. Une vingtaine de pharaons inconnus pourraient reposer près de la tombe de Senebkay, a expliqué Josef Wegner, le chef des fouilles.

"Cela s'apparente à quelque chose comme la Vallée des Rois", ajoute-t-il, parlant du célèbre site de Louksor, au sud de l'Égypte, où est enterré Toutankhamon.



"Nous ne pensions trouver qu'une poignée de tombes royales," continue Wegner, qui fait des recherches dans la région d'Abydos – cité antique qui se trouvait à 500 km au sud du Caire actuel – depuis plus de 20 ans. "Maintenant nous sommes probablement sur les traces de 20 pharaons. Il y a certainement une dynastie complète de rois enterrée là."

En entrant pour la première fois dans la tombe du roi Senebkay, Wegner a réalisé qu'elle avait été dévalisée par d'anciens pillards, les bandelettes de la momie étaient réduites en miettes et on avait dérobé des décorations tombales et des bijoux.

Mais l'équipe d'archéologues de Wegner de l'université de Pennsylvanie – qui travaille en collaboration avec le ministre égyptien des antiquités – a pu rassembler la plupart des éléments du squelette de Senebkay, à l'exception de la mâchoire, absente. Ils ont ensuite déchiffré son nom d'après un segment de hiéroglyphe de la tombe. Une analyse complémentaire a révélé que Senebkay était grand pour son époque avec ses 1,78m et qu'il est mort dans la quarantaine.



Une version mal orthographiée du nom du roi oublié a été découverte auparavant, mais Wegner dit que l'équipe entendait parler du pharaon pour la première fois.

"Nous avons été bien embêtés pendant deux jours", a dit Wegner au Daily Pennsylvanian. "C'était le nom d'un roi qui n'apparaissait nulle part ailleurs dans l'histoire, nous ne savions pas au début qui il était".

La découverte de Senebkay confirme pour la première fois l'existence d'une troisième dynastie de pharaons qui a gouverné la région centrale entre le nord de l'Égypte et les royaumes du sud aux environs de – 1600.

Les deux royaumes ont été réunis dans le siècle suivant – mais la présence d'une troisième dynastie suggère que des relations sujettes à contestation et l'amalgame qui a suivi ont pu se révéler plus complexes que ce qu'on pensait initialement.

L'archéologue danois Kim Ryholt a été premier en 1997 à émettre une théorie sur l'existence d'une dynastie ignorée. Mais aucune preuve matérielle n'a été découverte jusqu'à présent et certains archéologues avaient mis en doute ses hypothèses.

"Tout le monde était très sceptique à ce sujet, moi compris", a dit le Dr Irène Forster Mueller, directrice de l'institut autrichien d'archéologie au Caire, qui exhume des restes de la même période. "Mais soudain nous avons une nouvelle tombe qui offre un nouveau point de vue dans l'histoire de l'Égypte. Nous sommes complètement fascinés par la trouvaille. C'est vraiment merveilleux."

Contacté par téléphone à Copenhague, Ryholt a dit que son excitation pour la découverte de Senebkay l'emportait sur le fait d'avoir eu gain de cause. "Je suis heureux et excité, mais je ne dirais pas que je me sens justifié – je n'ai pas pris cela comme une offense".

Ryhold a félicité l'équipe américaine pour la reconstitution du squelette de Senebkay. "C'est l'un des rares exemples où l'on peut vraiment examiner les restes du corps d'un roi, et voir à quoi ressemblaient ces hommes."

Ryholt et Wegner ont aussi insisté sur l'importance de la découverte pour les égyptologues des machinations politiques de l'époque. "Nous n'avions avant qu'une preuve fragmentaire de la présence possible d'un royaume séparé coexistant entre les deux royaumes rivaux du nord et du sud.", a dit Wegner.

"Nous en sommes maintenant certains – et nous devons découvrir quel était son rôle. Était-ce un état tampon visant à adoucir le conflit, ou étaient-ils alliés à Thèbes ?" se demande Wegner, en parlant du royaume du sud.

L'aspect grossier de la tombe de Senebkay peut indiquer un manque de puissance financière de sa dynastie. Selon Wegner, le contenu des tombes a pu même être dérobé ou "cannibalisé"dans des sites d'inhumation de pharaons plus anciens.

Le site a été découvert la première fois par le légendaire égyptologue Flinders Petrie en 1902, mais il n'a jamais été fouillé, la taille modeste des tombes ayant peut-être été dissuasive. La communauté archéologique égyptienne espère qu'il y aura une suite. "Nous savons qu'il y avait d'autres rois en Abydos, et qu'il y aurait donc d'autres tombes", a dit Forster Mueller. "Et où autrement qu'à côté ?"

Mais une découverte rivalisant avec l'esthétique de la tombe de Toutankhamon à Louksor est improbable, a admis Wegner – la plupart des tombes d'Abydos ont été vandalisées dans les temps reculés. "On peut espérer qu'il puisse en rester une intacte, mais en réalité nous cherchons les fragments qu'ont bien voulu nous laisser les anciens pilleurs de tombes."

Article trouvé ICI.
Traduction par Hélios

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