Bistro Bar Blog

jeudi 5 décembre 2013

L'arche de Tchernobyl

Tournons aussi notre regard vers Tchernobyl, qui reste pour l'instant toujours aussi dangereux, bien que les menaces de Fukushima aient pris le devant de la scène. En 2015, ces dernières devraient diminuer ou disparaître, tout du moins on l'espère.




L'arche de Tchernobyl : condamner le sarcophage radioactif







Par Nick Meo, Tchernobyl

27 novembre 2013



Ces derniers jours le travail a commencé pour enlever petit à petit la cheminée géante qui surmonte la centrale nucléaire de Tchernobyl. C'est une minuscule partie du gigantesque projet, qui approche de son terme, conçu pour contrecarrer le risque d'une nouvelle libération majeure de radioactivité.

Massive et étincelante dans le faible soleil hivernal, l'arche à demi-construite se dresse au-dessus du paysage industriel délabré des tours de refroidissement et des câbles électriques.

L'un des plus grands projets d'ingénierie de l'histoire, on l'a comparée à un gigantesque igloo de métal, construit pour condamner des centaines de tonnes de combustible nucléaire et de poussière enfouies au cœur du réacteur 4, qui a explosé en 1986 et brûlé pendant 10 jours.



Tout ce qui concerne le projet est épique : sa taille, son coût de 1,5 milliards d'euros, les problèmes techniques d'un travail sur un site radioactif.


D'une hauteur de 110 mètres, la structure pourrait abriter la statue de la liberté et avec sa largeur de 257 mètres, il y aurait place pour un terrain de football. Le toit, qui va condamner le réacteur et son dangereux capharnaüm intérieur, se compose de centaines de mètres carrés de panneaux métalliques. Le tout est maintenu ensemble par 680.000 gros boulons.

Chaque boulon pèse un kilo

Avec ses dimensions gigantesques, l'arche serait difficile à construire ailleurs, mais elle est assemblée dans l'un des coins d'Europe les plus écartés, sur un site entourée de forêts et de marécages au nord de l'Ukraine, loin des usines de l'Europe de l'ouest où sont fabriquées les parties qui la composent. Cet automne, le projet a atteint son mi-point et a dépassé de dix ans le programme prévu, bien que les ingénieurs pensent que le travail va aller en s'accélérant et sera terminé en 2015.


"Rien de ce genre n'a jamais été tenté auparavant," déclare Don Kelly, 57 ans, un vétéran de l'industrie nucléaire venant de l'état de Washington, en avançant sous l'arche. Il travaille avec des spécialistes de l'étranger provenant de 24 nations, ainsi qu'avec des centaines d'ouvriers ukrainiens. De jeunes techniciens français, qui surveillent les radiations, travaillent avec les vétérans ukrainiens de la catastrophe de 1986, d'anciens ingénieurs soviétiques qui ont risqué leur vie en se battant pour éteindre l'incendie après l'explosion du réacteur qui a envoyé un panache radioactif à travers l'Europe.

Souriant et enthousiaste en levant les yeux vers le toit, M. Kelly attire l'attention sur des ouvriers turcs harnachés loin au-dessus de nos têtes. "Pour quelqu'un du domaine nucléaire, c'est l'endroit où vous souhaitez aller : le projet le plus grandiose et le plus excitant du monde en ce moment," dit-il.

Chaque étape du projet a été une avance dans l'inconnu. Personne n'a jamais eu à sécuriser auparavant un réacteur nucléaire détruit. La seule préparation du site où se fait l'assemblage de l'arche a demandé l'enlèvement de centaines de tonnes de sol de surface contaminé, puis le coulage d'une fondation de béton d'une épaisseur de 8 mètres.

Le bâtiment du réacteur lui-même, gravement endommagé par l'explosion et l'incendie de 1986, est toujours bien trop radioactif pour que les gens travaillent au-dessus à l'assemblage de l'arche.

Il a fallu à la place l'assembler à quelques centaines de mètres plus loin, à une distance plus sécurisée des intenses radiations du réacteur. Une moitié est prête et quand l'autre moitié sera terminée, les deux parties seront raboutées. Ensuite, comme l'envisagent avec quelque inquiétude les ingénieurs, les 29.000 tonnes de métal vont glisser le long de rails spécialement installés jusqu'à recouvrir le réacteur et le condamner.

Les étapes de construction de l'arche


Pour l'instant il est recouvert d'une protection de béton et de panneaux métalliques appelé sarcophage, qui a été construit dans les mois qui ont suivi l'accident. Il aurait dû être enlevé en 2006 et bien qu'il ait été consolidé, il rouille maintenant et risque de s'effondrer. En février dernier il y a eu une alerte aux radiations quand une partie du toit près du réacteur s'est effondré. Le site a été évacué, bien qu'il n'y ait eu aucun effet nocif pour quiconque, et le travail a repris peu après.

Chacun espère que l'arche sera terminée avant l'apparition d'un effondrement majeur. Si ceci devait se produire maintenant, il enverrait un panache de poussière radioactive dans le ciel, en éparpillant les radiations sur une large zone. C'est l'une des raisons qui inquiète les ukrainiens sur les retards répétés du projet.

La zone sous l'arche est maintenant assez sécurisée pour que des gens puissent y travailler sans protection, bien que les dosimètres et l'équipement respiratoire soient portés en permanence. Mais à seulement deux cents mètres de là, les ouvriers doivent porter des combinaisons blanches et des cagoules et respirer à travers des masques.

L'une des opérations les plus délicates du projet tout entier a démarré ce mois-ci, l'enlèvement de l'ancienne cheminée du réacteur, qui doit être évacuée du passage avant qu'on puisse faire glisser l'arche vers sa place définitive.

Un travail a démarré pour enlever des éléments pesant jusqu'à 55 tonnes chacun. Ils doivent être découpés avec un cutter plasma par équipes de deux ouvriers et dégagés par une grue – processus très difficile nerveusement. La grue qui tombe en panne, un opérateur qui fait un mauvais calcul ce qui entraînerait la chute d'un élément dans le réacteur, alors ce serait un nouveau panache de poussière radioactive qui se dégagerait dans l'atmosphère.



Doses radioactives limite annuelles à Tchernobyl
La dose radioactive limite annuelle à Tchernobyl est de 20 millisievert.
Certaines parties du site sont plus radioactives que d'autres, donc le temps autorisé pour les ouvriers à rester dans un endroit varie.
Trois manières différentes d'atteindre la dose-limite annuelle :
  • 50,000 heures dans le bureau du site
  • 2,000 heures dans la salle de contrôle de l'unité 4
  • 12 minutes au-dessus du toit du sarcophage


Toute personne qui travaille sur la cheminée doit également être soigneusement monitorée. Toutes les équipes travaillant sur l'arche ont une marge annuelle d'exposition aux radiations. Une fois atteinte, on les envoie travailler hors site. Autour de la cheminée, la totalité de la marge annuelle est atteinte en quelques heures.


Les ingénieurs expliquent que l'environnement radioactif est la cause de la lenteur du travail. "Ce n'est pas dangereux, c'est juste très très difficile", dit Philippe Casse, 61 ans, le responsable du site. "Il faut tout organiser pour éviter un risque aux gens. Mais c'est enrichissant. Je ne suis pas ici juste pour passer le temps, je suis ici pour rendre Tchernobyl inoffensif."

Le coût du projet est soutenu par quelques 40 pays, et le travail est effectué par des sociétés occidentales assistées de compagnies ukrainiennes. Presque 30 ans après l'accident, le chaos radioactif reste une grave menace pour la santé des ukrainiens.

Pour finir, quand l'arche aura condamné le réacteur, le programme consistera à faire soulever par des grues géantes les restes du réacteur et ce qui subsiste du combustible, entré en fusion et qui s'est écoulé comme de la lave dans les chambres du dessous. Mais on craint que les grues deviennent rapidement si radioactives qu'on ne pourra pas les laisser, et le travail serait graduellement stoppé. Il n'y a toujours pas non plus dans le pays de lieu compatible avec une zone de décharge nucléaire.

Philippe Casse reconnaît que se débarrasser de tous ces matériaux hautement radioactifs sera bien plus difficile que de construire l'arche.

"L'élimination des déchets sera un projet encore bien plus important", dit-il.

"Pour l'instant, il n'y a pas d'argent.

"Ce pourrait être fait d'ici 50 ans. Il existera peut-être à ce moment-là une technologie pour résoudre le problème".

Article trouvé ICI.
Traduction par le BBB.

6 commentaires:

  1. Hors Sujet ; mais cela peut mettre du baume au ♥ , devant toutes ces catastrophes...

    Véritable recette de biscuits de Provence ! Ils se mangent surtout pour les fêtes de fin d'année.

    La légende dit que ces petits gâteaux commémorent l'arrivée des St Marie, au port de Massalia !
    POUR LES GOURMANDS VOULANT SAVOIR ;-)
    http://www.portes-ouvertes.com/biscuiterie-provence/navette-biscuit-provence.htm


    Navettes de Marseille
    500 g farine
    - 200 g sucre en poudre
    - 75 g beurre (moi j'y mets 20 g de beurre et 50 g d'huile d'olive)
    - 3 oeufs
    - 1/2 (pas tout à fait ) zeste citron
    - 4 c à soupe de fleurs d'oranger - du sel
    il ne faut pas tout mélanger en vrac, il faut dissoudre le sucre dans les oeufs jusqu'à ce que le mélange blanchisse, sinon les cristaux de sucre restent dans la pâte.{ un avis - j'ai été intriguée par la présence de beurre dans une recette de Marseille, donc j'ai mis à la place 60 g d'huile d'olive. Les navettes obtenues ont été beaucoup plus proches des véritables navettes de Provence, qui sont très cassantes. - enfin, pour donner du goût et de la texture, on peut remplacer le citron râpé par 3 cuillères à soupe d'eau de fleur d'oranger, qui permettront d'obtenir une pâte lisse (si la pâte colle, rajouter de la farine). Si vous gardez le citron râpé ou si vous mettez des grains d'anis à la place, il faut rajouter des cuillères à soupe d'eau. }
    une fois la pâte prête, la couper en 5 ou 6 parts égales.( vous pouvez faire vos navettes plus petites). Faire un "boudin" avec chaque part, puis avec le couteau, faire un sillon taillé de haut en bas dans le milieu du boudin. (faut pas le couper ) Laisser reposer 1 heure. Puis placer les "boudins" sur du papier sulfurisé , dans un plat ou sur une plaque. Mettre au four 180°, en surveillant. Normalement c'est 20 minutes mais plus ou moins selon le four et surtout la taille de vos navettes !
    Il est possible , avant de les mettre au four, de passer un peu de jaune d'œuf sur le dessus de vos navettes

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. :)
      j'ai oublié comment on met un coeur debout,
      alors j'en mets un comme ça <3

      Elena

      Supprimer
  2. Idée: Pourquoi on n'utiliserait pas le Japon comme une grosse décharge mondiale pour ces déchets radioactifs, au lieu de risque de contaminer d'autres endroits ?
    Leur gouvernement dit lui-même que pour eux, la radioactivité qui s'échappe de Fukushima n'est pas dangereuse. Il faut profiter de leurs capacités !

    RépondreSupprimer
  3. Excellente idée Patachon. J'adhère totalement.
    C'est bien mieux que l'autre bécasse avec ses recettes de cuisine pour attardée mentale.
    Demain, elle va nous faire un cours sur le point de croix, que tout le monde maîtrise ici !

    RépondreSupprimer

  4. https://www.youtube.com/watch?v=173zxfh9pNk
    Stewart Swerdlow IRRADIA Couple from Russia
    Stewart parle peu,(restreint son vampirisme MK), sous titré anglais, des infos IRRADIANTES. Pas de nouvelles récentes du couple, qui aurait adorer habiter fukushima...
    En clair, ils ont besoin de radiations pour survivre... Remarquez leurs yeux fluorescents verts dans l'obscurité, carrément X-men.
    Leurs méta-codes intuitifs, ça c'est de la balle !!
    La science-fiction n'existe pas. L'ignorance si.
    Osez, ozons, c'est la solution...

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.