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jeudi 14 novembre 2013

Visions d'apocalypse ou comment imaginer la fin des temps

Après les photos de Nix Lori d'un monde post-apocalytique, voici l'ambiance de l'avenir sur Terre vu à travers la littérature et la filmographie.


Visions apocalyptiques : imaginer la fin des temps


Par Greg Guma
8 novembre 2013, GlobalResearch



En cette veille d'Halloween 1938, les USA furent balayés par un vent de panique. Certains, croyant que le monde touchait à sa fin, tentèrent de s'enfuir ou de se suicider, ou se terrèrent dans leur maison pendant que des "extraterrestres" de Mars attaquaient le New Jersey, puis New York et le monde entier. Mais ce n'était qu'un canular, une production radiophonique d'Orson Welles avec la troupe du Mercury Theatre pour exploiter la profonde anxiété d'une nation avant la guerre. (Il a adapté à la radio La Guerre des Mondes, de H.G. Wells, NdT)


Les temps ont changé si radicalement depuis lors, que face à des catastrophes réelles comme le meltdown partiel de Three Mile Island en 1979, l'explosion et l'incendie de Tchernobyl en 1986 ou les séisme et tsunami de 2011 qui ont frappé le Japon, les gens manifestent un calme trompeur.


Sommes-nous vraiment si confiants en notre capacité à faire face et nous remettre sur pied, ou avons-nous cédé à un pessimisme global sur l'avenir de la planète et le destin de l'humanité ?


Selon une étude de l'Encyclopedia Britannica de 1980, presque la moitié de tous les lycéens américains pensaient que la 3ème guerre mondiale commencerait en 2000. En tenant compte de la dernière décennie, il semble que les jeunes de cette époque – dans leur quarantaine aujourd'hui – ne s'étaient trompés que d'un an.


De nombreux futurologues, spécialisation universitaire qui émergea il y a environ 40 ans, continuent d'alerter sur les graves préjudices que subit l'environnement. Ce qui semble finalement très optimiste comparé aux diverses calamités sociales mises en scène dans les films, les livres et les informations médiatiques. Il y a toujours eu de semblables prédictions, mais depuis quelques dizaines d'années elles ont proliféré presque aussi rapidement que les armes nucléaires pendant la Guerre Froide. Certains mettent en scène une théorie du "big bang" – une dévastation mondiale causée par un événement de type extinction.


Fort heureusement, quelques-uns dessinent un avenir légèrement optimiste, dans lequel ou bien l'humanité se reprend au fil du temps pour se préserver ou se débrouille pour survivre.


Plus que le désir de se faire peur, l'attrait pour de tels récits et prédictions peut refléter un intérêt général à se confronter à un avenir probable. Avec un peu de chance, les médias de masse pourront en fait nous procurer des guides d'entraînement pour l'Âge Noir à venir.

Variations sur un thème


Parfois c'est l'humanité – ou la Californie – qui est sauvée juste à temps par le sacrifice d'un individu ou par un acte collectif. D'autres fois, comme dans les œuvres classique Le Dernier Rivage (film de 1959 de Stanley Kramer mettant en scène une troisième guerre mondiale nucléaire, NdT), Docteur Folamour, ou Je suis une légende, nous sommes carrément éliminés. Il existe à l'occasion des possibilités à long terme de survie, mais la technologie tombe en panne et l'environnement prend sa revanche. Dans d'autres cas l'avenir est si lugubre que cela ne vaut pas la peine de continuer, comme dans La Route, de Cormac McCarthy.


Dans quelques rares cas, la fin de l'humanité n'est qu'une tranche d'humour noir cosmique.


Tout n'est que visions spéculatives, dont plusieurs sont adaptées d'idées développées au départ dans une science-fiction de second ordre ou des déclarations prophétiques par des figures comme Edgar Cayce. Les films offrent en général un échappatoire (les spectateurs préfèrent plutôt les fins optimistes), alors que dans les livres le pessimisme pur et dur a tendance à gagner du terrain. Mais les deux scénarios partagent l'hypothèse que notre chemin aboutit à une dangereuse impasse.


Il semble que nous ne cessions de poser les mêmes questions basiques : comment en sommes-nous arrivés à une apocalypse ? Et qu'arrive-t-il ensuite ? Un moyen évident d'approche est de faire un mauvais usage de la technologie, surtout quand les erreurs sont faites à la suite de cupidité – pour le pouvoir, la connaissance ou l'argent.


Le film anti-nucléaire classique Le Syndrome Chinois (1979) présente un exemple type : des sociétés cupides ignorent la santé des gens et les constructions bâclées dans une poursuite du profit. Il fut une puissante démonstration à son époque, surtout avec l'accident de Three Mile Island seulement quelques semaines après la sortie du film, bien que non surprenante d'une certaine manière et peu convaincante sur les perspectives sanitaires ou une survie de qualité dans un monde régi par le nucléaire. Nous commençons tout juste à reprendre cette discussion.


Un autre film "où on l'a échappé belle", Le Mystère Andromède (1971) présentait une histoire plus inventive en mettant la responsabilité sur le désir de connaissance (le bon vieux thème de Frankenstein). Mais ce techno-thriller d'un genre nouveau ne donnait aucune solution réelle au problème des maladies ou des catastrophes créées par les découvertes scientifiques. Dans Le Mystère Andromède de Michael Crichton, la menace venait d'un organisme mortel rapporté de l'espace lointain, le même genre d'arme biologique retourné contre nous que peuvent devenir de fortes doses de retombées radioactives. Mais dans le livre et le film le sang des victimes se coagulait presque instantanément, évitant une agonie prolongée après une épidémie ou un effet à long terme des irradiations.


La peur de l'énergie nucléaire n'est nullement nouvelle. Les radiations ont suscité de nombreux films de monstres dans les années 1950, depuis d'incroyables hommes et femmes de 15 mètres de haut jusqu'à des insectes, crabes et araignées géants. Mais la menace était souvent relative à des tests d'armes ou à leur explosion, et non l'usage en cours de ce que l'on appelait alors "l'atome pacifique". Cet atome mythique qui allait devenir notre meilleur ami dans une relation économique, sûre et durable.


Depuis et surtout avec les accidents nucléaires des années 1970 et 1980, les centrales nucléaires ont fourni une base pour divers scénarios peu réjouissants. La centrale de Vermont n'a même pas été épargnée, bien qu'elle apparaisse parfois comme une oasis d'après-catastrophe. Dans le roman de 1970, L'orange R, pourtant, l'enseignant du collège de Middlebury, John Clagett a étendu la terreur nucléaire dans un avenir où les Montagnes Vertes (chaîne de montagnes du nord-est des US et du Canada, NdT) sont habitées par des gens radioactifs appelés Roberts. Ils meurent rapidement dans un pays où l'apartheid est devenu un outil pour garder les Roberts à l'écart des Normaux.


Se servant d'un style de roman de gare, Clagett expose totalement la situation à mi-chemin du livre :

"Pendant de nombreuses années, on avait placé toutes les centrales nucléaires construites dans le pays des Roberts, depuis, en fait, le mois terrifiant où trois centrales avaient perdu leur système de refroidissement, répandu de la vapeur radioactive sur une grande partie du Vermont, du New Hampshire et de l'est du Massachusetts. Plus aucune centrale n'avait ensuite été construite près des zones peuplées ; longtemps avant, l'obligation de situer les centrales près d'une eau courante et dans une région peu peuplée avait conduit à la situation présente. Le pays Normal survivait et vivait bien avec le courant produit dans le pays Robert, où les radiations empirèrent, année après année."


Dans L'Orange R, les Normaux qui vivent dans des zones radioactives portent des tenues étanches et rient de manière hystérique quand quelqu'un mentionne l'énergie solaire. Tous les cours d'eau ont surchauffé et les cerfs ont muté en cerfs-loups tueurs. Pourtant le livre offre à la fin une vision optimiste : les Roberts se soulèvent et prennent d'assaut les centrales du Vermont et démantèlent avec succès la Commission de Régulation Nucléaire, ainsi qu'un état corporatif qui n'est que vaguement décrit. La plupart des habitants du Vermont meurent de maladie des radiations, mais pour l'humanité c'était encore une fois moins une.


Les prophéties deviennent une tradition


Il existe tout simplement bien trop de romans sur une fin de la civilisation actuelle, bien trop pour en faire une liste et peut-être bien trop pour notre bien-être psychologique. Les prophéties pourraient finir par se produire.


Il n'y a que quelques dizaines d'années, ceux qui étaient d'accord avec les prophéties de Nostradamus ou d'Edgar Cayce étaient ridiculisés par la société et même par leurs plus proches amis. Cayce prédisait que la partie occidentale des US se romprait, qu'une grande partie du Japon serait recouverte par les eaux et que New York serait détruite en 1998. Presque 400 ans plus tôt, Nostradamus, dont le bienfaiteur était Henri II, disait que la civilisation occidentale se retrouverait sous une forte attaque de l'orient en 1999, avec des répercussions cataclysmiques possibles. Il n'en était pas loin, finalement.


Mais ce qui n'est qu'un "extrémisme" à une certaine époque peut devenir dominant, peut-être même commercialement viable à une autre époque.


La destruction de la Côte Ouest a été mise en scène dans une foule de livres et de films. Hollywood a bien sûr excellé dans la création de mythes de fins du monde, depuis la saga perpétuelle de l'antéchrist aux épisodes insipides sans nombre, jusqu'à la destruction totale dans La Planète des Singes, Le Jour d'Après, 2012 et de nombreux autres.


Les réalisateurs japonais ont été également bien préoccupés par la destruction de masse. Des dizaines d'années avant la catastrophe actuelle, ils ont même détourné la prophétie d'Edgar Cayce pour leur pays avec un film-catastrophe de 1975 qui s'appelait Tidal Wave (Raz de marée, NdT). Avec Lorne Greene et des comédiens japonais, il fut importé aux US par Roger Corman. L'Internet Movie Data Base (base de données en ligne sur le cinéma, la télévision et les jeux vidéo, NdT) le décrit ainsi :


"Ravagé par des séismes et des volcans, le Japon s'enfonce lentement dans la mer. Une course contre la montre et la marée s'installe avec les américains et les japonais qui travaillent de concert pour sauver une fraction du Japon". Proche, mais il y manque l'angle nucléaire.


Prédiction à l'opposé, le Docteur Folamour de Stanley Kubrick reste l'un des film-catastrophes les plus mémorables. Son humour noir et les performances réalistes de Peter Sellers, George C. Scott et Sterling Hayden se combinent dans un postulat accablant – que la fin peut arriver par le mélange d'une erreur humaine (un général dément) et une technologie imparfaite (une bombe qui ne peut être désarmée).


Il n'y a pas eu beaucoup d'histoires basées sur la prophétie de Nostradamus avec le siège oriental, bien que cela aurait été certainement possible. Mais plusieurs films ont adapté les visions de Cayce sur des bouleversements dans l'environnement. De manière assez étrange, Charlton Heston apparaît dans plusieurs, habituellement comme prophète ou sauveur. Dans La Planète des Singes, il est un astronaute qui retourne sur Terre pour n'y retrouver qu'une civilisation en ruines, des singes au pouvoir et des humains qui vivent sous terre en tant que mutants estropiés qui vénèrent une bombe. Dans Le Survivant, il est un scientifique désillusionné qui a survécu à une guerre biochimique et passe ses jours à exterminer des mutants brûleurs de livres. Il découvre un antidote mais seuls quelques personnes subsistent pour donner une autre chance à l'humanité.


Et il y a ensuite Soleil Vert (1973), qui montre le lent chemin vers la pollution de l'environnement et la famine. Cette fois Heston est un policier qui découvre finalement qu'on a berné les masses en les rendant cannibales. Elles sont aussi tellement déprimées que les cliniques de suicide sont devenues une industrie florissante.


Presque tous les films d'Heston sont à gros budget, exploitant l'angoisse populaire, mais ils sont beaucoup moins stressants que Docteur Folamour ou Le Dernier Rivage de Nevil Shute. D'un autre côté, ils mettent en scène avec dextérité les doutes grandissants sur l'avenir avec une réponse style inspecteur Harry.


Après la fin


L'écologiste George Stewart a écrit son roman La Terre demeure ("Earth Abides") en 1949, avant que la peur de la bombe atomique ne s'installe ou que l'environnement devienne quelque chose dont il faut se soucier. Mais son récit d'une civilisation détruite par une maladie transmise par l'air acceptait l'idée d'une reconstruction ultérieure. Dans ce livre visionnaire la chute des systèmes créés par l'homme est décrite en détails convaincants, en contrepoint d'une histoire de survie sans les machines, ni la production de masse et finalement ni rien de ce que les habitants de pays développés tiennent principalement pour acquis.


Il n'y a que peu de livres ou films récents aussi optimistes concernant nos chances une fois que l'humanité a traversé son Big Bang ou sa phase finale d'agonie. Dans la saga de science-fiction en deux tomes de Margaret Atwood, par exemple, une catastrophe écologique et une extinction de masse créées par l'homme dans Le Dernier Homme ("Oryx and Crake") sont suivi dans Le Temps du Déluge ("The Year of the Flood"), d'une survie marginale dans un étrange monde qui a muté.


L'optimisme de La Terre demeure sur la capacité de l'être humain à s'adapter explique peut être pourquoi il n'est pas devenu objet de culte dans le sillage des nombreux récits dystopiques. Plus les prévisions sont lugubres, il semble, plus les partisans sont enthousiastes. À propos, l'un des livres de science-fiction les plus populaires recensé l'année dernière a été Le Passage, de Justin Cronin, un irrésistible mélange de vampires atteints d'une folie furieuse, de gouvernements conspirationnistes et de survivalisme post-apocalyptique.


Le point commun de la majorité de ces histoires et films est cette idée de base : le caractère inéluctable d'un changement radical cataclysmique. Devant nous débrouiller pour dépasser l'annihilation, l'apocalypse, l'Armageddon ou quoi que ce soit, ils prédisent que nous entrons très probablement dans un nouvel Âge Noir. Comme souvent, ce n'est pas une idée neuve. À la fin de sa vie, J. B. Priestley, romancier britannique qui fonda la campagne pour le désarmement nucléaire, envisageait un tel avenir. Le nommant "la dégringolade" il prédisait que la civilisation industrielle arriverait un jour à son terme.


Mais même dans l'Âge Noir subsiste un espoir. La vie de la planète se poursuivra probablement et avec le temps l'équilibre sera rétabli. Beaucoup parmi nous continuent au moins d'espérer. Si la dévastation n'est pas totale, peut-être qu'une nouvelle culture peut émerger. La question centrale donc n'est pas si la Terre va survivre mais comment les humains vont y trouver leur place.


Vers la fin de sa vie, H.G. Wells, le maître de la science-fiction qui décrivait une vision optimiste dans The Shape of Things to Come (Le contour des choses à venir) et La Machine à explorer le temps, tourna au pessimisme en écrivant L'esprit (moderne) au bout du rouleau. "Il n'y a aucun moyen d'en sortir ou d'éluder", concluait-il. La vie sur Terre peut se poursuivre, pensait Wells, mais les humains n'iront nulle part.


Comparés à cette prévision, les récits d'un nouvel Âge Noir semblent apporter une note d'espoir.



Source
Traduit par le BBB.



2 commentaires:

  1. H.S....enfin presque !

    https://www.youtube.com/watch?v=4PZGlk-XyMI&list=UUkpssXLb3YtIepYIF682ePQ

    Fabrication eau de javel

    source: vicsurvivaliste

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    Réponses
    1. Oui, franchement un vrai poison pour l'environnement, pas besoin de ça pour survivre...

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