Bistro Bar Blog

dimanche 27 octobre 2013

L'homme, la machine et l'esclave

Un texte extrait d'une conférence de Guido Calogero, datant de 1965, sur le thème "Le robot, la bête et l'homme". Les bonnes questions étaient déjà posées à cette époque.

Qu’est-ce que l’humain ? De nos jours où tout se passe comme si des cybernéticiens et des biologistes visaient à réduire en fin de compte l’homme à un robot ou à une espèce animale supérieure, il devient urgent de se demander s’il est vraiment possible de construire un robot qui soit un homme, avec cependant des capacités de calcul, de mémoire et de prévision supérieures à celles de l’« homme naturel ». Ou s’il y a dans celui-ci une quintessence que le robot le plus parfait ne possédera jamais. En d’autres termes, les machines à traduire, à penser, à décider, contestent-elles l’homme ? Dans le domaine de la création artistique en particulier, est-il vraiment possible, comme le prétendent certains, de produire mécaniquement des oeuvres d’art ? Et aujourd’hui que l’idée de la pluralité des mondes habités fait son chemin, si les astronautes rencontraient effectivement un jour dans un astre quelconque des vivants qui nous ressemblent, à quels critères recourraient-ils pour décider si ce sont ou non des hommes ?

L’HOMME, LA MACHINE ET L’ESCLAVE
 
Ce n’est pas par l’effet du hasard que les théoriciens de la cybernétique contemporaine comptent de plus en plus, parmi les classiques et les précurseurs de leur science, l’écrivain anglais du XIXe siècle Samuel Butler. Pour se borner à un seul exemple, dans la belle anthologie récemment publiée en Italie par les soins de Vittorio Somenzi sous le titre La filosofia degli automi (Milan, Boringhieri, 1965) et contenant des textes de Johann von Neumann, Gilbert Ryle, C. E. Shannon, Charles Sherrington, A. M. Turing, Norbert Wiener et d’autres auteurs, les chapitres de l’Erewhon de Samuel Butler intitulés « Le livre des machines » sont donnés, en appendice, presque intégralement, tandis que ses idées sont discutées par plusieurs des auteurs compris dans ce recueil. En prévoyant, dans son ironique utopie, le développement de machines plus puissantes que l’homme non seulement dans leurs fonctions mécaniques mais aussi dans leurs activités intellectuelles, Samuel Butler souligne en effet une thèse chère aux cybernéticiens d’aujourd’hui, souvent engagés dans la querelle qui les oppose à tous ceux qui, en dressant l’un contre l’autre le mécanique et le spirituel, contestent que la machine puisse jamais s’élever au niveau de l’esprit, et l’intelligence du robot vaincre celle de l’homme.
 
Face à ceux qui continuent à se réclamer de cette opposition traditionnelle, Samuel Butler montre bien, dans les pages amusantes de son Erewhon, qu’il n’y a aucune raison valable pour que la supériorité de certaines machines ou de certains animaux sur l’homme, admise pour plusieurs activités qui ne sont pas purement matérielles, doive être exclue, par principe, pour d’autres activités dans lesquelles la supériorité de l’homme serait assurée à jamais. Nous acceptons comme une chose naturelle qu’une automobile ou un cheval soient plus capables que nous de se déplacer dans l’espace. Mais nous trouvons aussi naturel que certains animaux perçoivent, par leurs organes de connaissance, certaines choses mieux que nous et que certains mécanismes nous donnent les résultats de calculs compliqués d’une manière plus rapide et plus exacte que notre intelligence mathématique. D’ailleurs le plus simple des instruments n’est-il pas lui-même une sorte de multiplicateur d’une capacité naturelle de notre être humain ? Nous faisons avec un tournevis ce que nous ne saurions faire avec notre main nue. Déjà dans le Protagoras de Platon nous lisons le récit de la création des espèces vivantes, dans laquelle, à cause de l’imprévoyance d’Epiméthée, les hommes restent avec un corps dépourvu de tout instrument offensif ou défensif. La grande majorité des machines que nous construisons et employons sert précisément à accomplir à notre place ce que nos mains ne seraient pas capables de faire à elles seules, ou qu’elles feraient d’une façon moins rapide et moins exacte. Pourquoi, dès lors, exclure que cette supériorité des machines puisse s’étendre peu à peu à toutes les activités humaines ?

Allez lire la suite sur le blog de Sinouhé, la conspiration cybernétique.

3 commentaires:

  1. Bonjour,

    Je viens déposés l'adresse de mon blog, dites moi ce que vous pensez ! Merci !

    Pour répondre à ce post, pour moi, les robots ont étaient créés pour remplacer l'homme = Gains d'argent ! C'est tout !

    RépondreSupprimer
  2. Quelques notes suite à une lecture diagonale et partielle:

    « …qu’un jour une machine puisse peindre un tableau digne d’être exposé non seulement à la Royal Academy (…) mais aussi dans une des galeries les plus exigeantes du monde de l’art »
    • Base grossièrement fausse. La question préalable est : QUI décide que la qualité d’un tableau le rend digne d’être exposé à la Royal Academy ou sur une autre scène institutionnelle ? Les galeries ne font pas partie du « MONDE de l’art », elles font partie du MARCHÉ de l’art, c'est-à-dire de la grosse machine à dégrader l’art, comme les OGM servent à dégrader l'alimentation et la terre nourricière, comme l’Agenda 21 sert à camoufler la dictature verte, la chimie à camoufler nos capacités d’autoguérison naturelle, etc.

    « Dans le domaine de la création artistique en particulier, est-il vraiment possible, comme le prétendent certains, de produire mécaniquement des œuvres d’art ? »
    • Oui aucun souci, de telles « œuvres d’art » achetées par les musées et exposées dans les galeries, et achetées par les « collectionneurs » (traduire : investisseurs) sont fabriquées tous les jours par des robots humains, et même grassement subventionnées par l’argent des contribuables.

    « En prévoyant, dans son ironique utopie, le développement de machines plus puissantes que l’homme non seulement dans leurs fonctions mécaniques mais aussi dans leurs activités intellectuelles,… »
    • Oui des machines intellectuellement plus puissante que l’homme, c’est réalisable sans problème, il suffit de s’en donner les moyens : antidépresseurs, OGM, « traitement » hormonal, vaccins, mode, mobile, école,… Le meilleur moyen de prouver que la machine est supérieure à l’homme étant de transformer l’Homme en légume d’abord.

    « Et d’ailleurs, même alors, l’énorme richesse d’expériences nécessaires pour exercer ces formes suprêmes de la créativité intellectuelle ne pourra vraisemblablement être acquise par la mémoire d’un robot qu’à travers les longues années requises pour qu’elles s’accumulent dans la mémoire d’un homme. »
    • Les robots humains sont déjà connectés à une mémoire externe, ils n’ont pas besoin de mémoire résidente, d’ailleurs ils n’en ont pas !

    « qui voudrait être impie jusqu’au point d’empêcher Dieu, dans sa toute-puissance, d’ajouter, s’il le veut, une âme à la machine produite par le génie d’un inventeur »
    • Ah, c’est justement la religion des membres du Club de Rome, et leur propagande qu’ils tentent de répandre pour installer leur dictature colorée en vert.

    « Qu’arriverait-il, en effet, si les robots de demain, ayant étudié l’ontologie chez certains de ces philosophes pour lesquels tout s’écroulerait sans la certitude de l’être des choses, annonçaient que — leur être logico-mathématique s’étant avéré de niveau supérieur à l’être logico-mathématique des humains — ils se considéreraient désormais autorisés à réduire les hommes à une condition d’infériorité et, pour commencer, à les priver de leur droit de vote dans les élections politiques ? »
    • C’est la situation où nous sommes depuis un grand nombre d’années.

    Nous n’avons, par conséquent, en face des robots, aucun problème autre que celui qui nous est posé par toute possible existence d’autrui. L’« autre » est toujours possible,
    • Sérieusement ? Aucun problème autre ?

    « Nous ne pourrons pas lui dire qu’il doit être un homme, ou une âme, pour qu’il soit digne d’être écouté et compris. Qu’arriverait-il s’il nous répondait qu’il n’est pas un homme, qu’il n’a pas une âme, mais qu’il désire quand même être compris de son point de vue ? »
    • C’est exactement ce que nous dit le psychopathe, lorsqu’il vient pour nous expliquer de nous laisser consommer par lui. Du point de vue du psychopathe, c’est sa NATURE d’avoir besoin de nous consommer, et nous devons l’écouter.
    • Et c’est exactement ce que nous dit aussi le cartel bancaire.
    • « Qu’arriverait-il s’il nous répondait » qu’il veut nous violer ? Rien du tout, si nous ne sommes pas consentants.

    Brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bon nombre de chimpanzés ont peint de véritables chef d'oeuvre !

      Supprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.