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mardi 3 septembre 2013

Ultraman : récapitulatif sur les fuites et les fausses infos


Ultraman est remis de son indisposition passagère et il a publié plusieurs articles, rectifiant les rumeurs qui ont couru sur des sites internet selon lesquelles "1800 millisieverts/h sont suffisants pour tuer un homme en 4 heures". Ce que j'apprécie chez lui est qu'il analyse et se documente avant de publier des infos erronées.
Donc plusieurs articles à la suite de mise à jour de la situation à Fukushima, en commençant par le plus ancien. J'ai traduit rapidement, pardonnez les lourdeurs et/ou erreurs.

Fuite d'eau à Fukushima : La rumeur que "1800 mSv/h suffisants pour tuer en 4 heures" se répand partout


Le New York Times a suivi le mouvement en publiant que "1800 millisieverts/h tuerait en 4 heures" dans un article publié le 31 août 2013, repris d'un média japonais.

De plus, selon le NYT, c'est TEPCO qui l'aurait dit.

Hé bien, TEPCO réfute l'article du média japonais et nulle part TEPCO n'a indiqué cela (ni dans ses alertes email pour la presse ni dans ses conférences de presse).

Mais ce n'est pas ce qu'affirme ce journal qui fait autorité.

Nulle part l'article dit que les radiations sont des radiations beta et que c'est l'équivalent-dose pour la peau et les yeux.


D'après le New York Times (31 août 2013) :

Les radiations près des réservoirs de la centrale japonaise suggèrent de nouvelles fuites
Par Martin Fackler, 31 août 2013

TOKYO – La crise concernant l'eau contaminée à la centrale japonaise a empiré samedi quand l'exploitant a dit avoir détecté de hauts niveaux de radiations près des réservoirs de stockage, découverte qui augmente la possibilité de nouvelles fuites.

L'exploitant, TEPCO, a dit qu'il avait découvert de hauts niveaux de radiations à quatre endroits différents sur le sol, près de la centaine de réservoirs servant à stocker l'eau toxique produite par les efforts de fortune pour refroidir les trois réacteurs endommagés de la centrale. La mesure la plus élevée était de 1800 millisieverts par heure, ou suffisamment pour délivrer une dose mortelle en environ quatre heures, a dit TEPCO.

(...)
La version japonaise de Bloomberg, d'un autre côté, a décidé de trouver un professeur japonais de l'université Kinki qui a déclaré "1800 mSv/h d'exposition pendant 4 heures tuera des gens en 30 jours s'ils ne sont pas traités" dans son article du 2 septembre 2013. Je ne sais pas si cet article a déjà été traduit en anglais. De nouveau, aucune mention des radiations beta ou de l'équivalent-dose.
Pendant ce temps, la radio BBC a au moins laissé tomber le "mortel en 4 heures", et je n'ai entendu que leur information disant que 1800 mSv/h d'exposition sont surtout des radiations beta et qu'avec une protection suffisante les ouvriers pouvaient éviter un maximum d'exposition.

The Guardian reprend le même leitmotiv et dit "L'exploitant de la centrale, TEPCO, a dit que les radiations près du fond du réservoir mesuraient 1800 millisieverts par heure – suffisamment pour tuer une personne exposée en 4 heures".

Au Royaume-Uni, les "journaux qui font autorité" seraient The Times et The Daily Telegraph.

Qu'y-a-t-il dans l'eau de décharge après osmose inverse à la centrale de Fukushima ?
Beaucoup de tous les beta (ce qui inclut le strontium), du tritium, mais pas beaucoup de césium ou d'émetteurs gamma.

Mais d'abord, faisons une rapide récapitulation du système de traitement de l'eau à la centrale, qui est en service depuis la moitié de 2011 :

  1. De l'eau (eau filtrée + eau traitée) est injectée dans les réacteurs pour refroidir le corium.
  2. L'eau devient hautement contaminée par les matériaux radioactifs venant du corium, s'accumule dans les sous-sols des bâtiments de réacteurs et de turbines qui sont connectés.
  3. L'eau fortement contaminée se dilue un peu par l'eau phréatique qui s'écoule (400 tonnes par jour)
  4. L'eau est ensuite dirigée des sous-sols du bâtiment de turbine vers soit l'installation centrale de traitement de l'eau radioactive de décharge ou vers le bâtiment incinérateur à haute température, qui a été converti pour stocker l'eau contaminée.
  5. Depuis ces bâtiments, l'eau va vers le dispositif d'absorption du césium (qui n'est actuellement que le SARRY de Toshiba ; le système Kurion est hors service depuis longtemps maintenant, et le système AREVA n'est plus utilisé). Presque tout le césium est enlevé par ce processus, il passe de dizaines de milliers de becquerels par cm3 à "Non détecté" ou proche de ND. Cette eau contient toujours du tritium à forte dose et la totalité des beta. Elle contient aussi du chlorure, venant de l'injection d'eau de mer pendant les premiers jours de l'accident en 2011.
  6. L'eau traitée au SARRY subit ensuite un processus de désalinisation, à l'aide du dispositif d'osmose inverse qui enlève les chlorures.
  7. Après traitement par osmose inverse, l'eau, malgré un tritium élevé et la totalité des beta (qu'on ne peut enlever à ce stade, car l'ALPS a été stoppé et il n'y a aucun moyen efficace d'enlever le tritium), se mélange avec l'eau filtrée de la rivière et est injectée dans le réacteur.
  8. L'eau de décharge après osmose inverse, avec de forts taux de chlorures, de beta et de tritium est stockée dans des réservoirs (réservoirs de métal assemblé ou réservoirs soudés) et c'est cette eau qu'on a découvert cette fois fuir des réservoirs.
Voici la toute dernière analyse de nucléides de l'eau à différentes étapes du traitement, publiée le 8 août 2013. L'eau de l'étape 8 (rectangle rouge) est l'eau de décharge après osmose inverse :

Gamma
Cs-134: 1.1E+00, ou 1.1 Bq/cm3
Cs-137: 2.7E+00, ou 2.7 Bq/cm3
Sb-125: 3.0E+01, ou 30 Bq/cm3

Tritium: 7.7E+02, ou 770 Bq/cm3
beta: 7.5E+04, ou 75,000 Bq/cm3
Cliquez pour agrandir

Le Dr Chris Busby parle du pic de 1800 mSv/h et de l'océan Pacifique qui émet de la vapeur en raison d'une fission au grand air

On dirait que les nouvelles n'ont pas encore atteint le Dr Busby.

Dans une interview avec RT, il ne semble pas savoir que les "1800 mSv/h de radiations" proviennent juste des radiations de la totalité des beta (équivalent-dose) et ne semble pas conscient de ce qui se trouve à l'intérieur des réservoirs qui fuient (presque aucun nucléides gamma).

Il voit aussi l'océan Pacifique bouillir ou émettre de la vapeur.

Et tout cela vient d'une fission souterraine, dit-il.

(…)

De nouveau, ce que nous savons jusqu'ici est que :

  • 1800 mSv/h ne sont pas des radiations gamma, mais des radiations beta, exprimées en équivalent-dose de 70 micromètres pour montrer les effets sur la peau et les yeux, avec une dose effective de 1/100 de cette quantité.
  • Ce n'est pas une "augmentation soudaine" des radiations. Cette eau de décharge possède cet ordre de radiations beta depuis le début, comme prouvé par les mesures de la fuite de février 2012 (Ultraman se réfère à un de ses articles de cette époque).
  • L'eau qui fuit a un taux élevé de l'intégralité des beta dont du strontium mais est dépourvue de nucléides gamma incluant le strontium, incapables de dégager des radiations gamma au taux de 1800 mSv/h.

Fuite d'eau de décharge : photos des réservoirs de la zone H3


La zone H3 est celle où 1800 mSv/h de radiations beta (70 micromètres d'équivalent-dose) ont été détectées le 31 août, avec l'erreur stupide diffusée mondialement.

En regardant les photos, il serait étonnant que l'eau ne fuit pas, bien que TEPCO prétende en fait que l'eau n'a pas fui.

Qui a rédigé le cahier des charges et qui a construit les réservoirs ? Ils devraient être tenus pour responsables.

D'après les photos de TEPCO, 3 septembre 2013 :


(Je pense que c'est un réservoir neuf, qui montre comment est traitée son embase (flange?) . La substance blanche semble mastiquée, par rapide application)


(Je pense que c'est également l'intérieur d'un réservoir neuf)

(Réservoir actuel dans la zone H3, avec le matériau d'imperméabilisation qui dépasse)



Dans son rapport PDF joint, TEPCO semble dire que ce n'était pas une fuite d'eau qui a donné les fortes radiations beta mais le revêtement qui dépassait, comme on le voit sur la photo ci-dessus. Leur raisonnement est qu'ils n'ont pas trouvé de signe de fuite actuel ou passé à cet endroit, et que le sol en béton n'émet pas de fortes radiations, ce doit donc être le revêtement.
TEPCO possède aussi plusieurs diagrammes sur la conception de l'embase en bas du réservoir.

Le fond du réservoir :

L'intérieur du réservoir :

Donc, à l'intérieur du réservoir, ils sont supposés noyer complètement les coutures et les rivets dans un mortier avec une part de ciment et deux parts de sable et mettre un revêtement d'asphalte au-dessus.

Voici les photos du fond de l'intérieur du réservoir n°5 de la zone H4 qui fuyait et qui s'est vidé ensuite. Les rivets et coutures sont exposés au lieu d'être noyés dans du mortier, bien que le fond semble recouvert de quelque chose (revêtement epoxy, probablement) :






J'avais entendu dire que le réservoir 5 en zone H4 est construit différemment des réservoirs des autres zones, il est donc possible que les réservoirs plus récents ont au fond des rivets et coutures complètement recouverts de mortier étanche et d'asphalte. En regardant malgré tout la troisième photo ci-dessus, je ne suis pas très optimiste.

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Il y a le becquerel, qui mesure la "quantité" de matière radioactive en jeu, à travers l'activité émise.

    Il y a le gray, qui mesure l'énergie reçue par un tissu vivant.

    Et il y a le sievert qui ne mesure rien du tout, mais qui CHERCHE (c'est pas facile) à estimer le détriment - immédiat ou à venir - causé par l'irradiation ou par la contamination.

    A partir du "combien de grays" (ou de milligrays), de la connaissance de la source irradiante ou contaminante (catégories de rayonnements) et de la catégorie de tissus touchés, on en arrive au nombre de sieverts (ou de millisieverts).

    Il faudra beaucoup plus d'iode 131 que de plutonium 239 en cause pour parvenir au détriment estimé de 1 millisievert. Et de l'iode 131 inhalée ne sera pas compté avec le même détriment que de l'iode 131 absorbé (avec du lait de vache par ex.), car la quantité finale fixée sur la glande thyroïde ne sera pas la même car le chemin est différent.

    Tout cela est très compliqué, dépend des connaissances du moment et suppose qu'on parvienne à savoir les quantités réellement fixées et sur quels tissus etc.

    En tout état de cause,officiellement, 1500 millisievert (1,5 sievert) correspondent à la mort de la moitié des foetus de moins de 7 semaines, mais à des nausées et des pertes de cheveux des adultes en général.

    Conclusion, c'est le plus fragile qui doit servir de référence et que de temps et de polémiques perdues (les spécialistes se disputent) qui seraient mieux employées si l'industrie nucléaire n'existait pas.

    Delphin rentrée

    PS : l'estimation des sieverts (du détriment) a toujours été minimisée au cours de l'histoire du nucléaire --> plus ça va, plus on réévalue.

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  2. LE GROS PROBLÈME DES MESURES.

    Les radio éléments sont capables de dégager beaucoup de chaleur et d autres choses.
    On pourrait appeler cela ÉNERGIE.
    Or nous ne savons pas comment TOUT MESURER EN UN SEUL INSTANT.

    PArlons de ce que nous connaissons.

    Donc, il vaut mieux parler des dégâts; il était difficile de mettre des ouvriers sur le chantier, maintenant c est impossible. Or je dis, contact avec quelques " think tank " et explications, mais sans intérêt de leur part; Le métier d ÉBOUEUR DE FUKUSHIMA existe pas personne n en VEUT même au prix DE TOUTE LA VIE SUR CETTE PLANÈTE...;

    un tire vous chercherez le lien si cela intéresse.
    Comment envisager de Manager le MERDIER FUKU :le titre ici en deux parties;

    sur wordpress
    UN APPEL A L’ AIDE, QUE NOUS NE POUVONS IGNORER. MAIS QUI ARRIVE BIEN TARD.

    et sa suite plus technique sur wordpress

    INTERVENIR EN URGENCE À FUKUSHIMA. 2

    ORTHO

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