Bistro Bar Blog

mardi 10 septembre 2013

Souffrez-vous d'addiction cybernétique ?

On pourrait dire que c'est mon cas, car je passe beaucoup d'heures par jour à faire des recherches et des traductions et tous les admins de site ou blog actifs sont dans le même cas que moi. Devons-nous alors faire une cure de désintoxication ?



Un hôpital de Pennsylvanie va ouvrir le premier service hospitalier pour le traitement d'une addiction à Internet



Il y a dix ans, Kevin Roberts souffrait d’une addiction qui avait pris le pouvoir sur sa vie.

Roberts, qui a maintenant 44 ans, passait de 8 à 12 heures par jour de son temps assis devant la lueur bleu pâle de son ordinateur en jouant à des jeux vidéo. Pendant ses vacances, il s'en "goinfrait", passant presque tout son temps devant le clavier. Un de ses amis qui avait fréquenté les Alcooliques Anonymes lui a finalement dit qu’il présentait tous les symptômes d'une addiction.

"Comme la plupart des “accros”, j’ai vécu une série d’auto-intoxication", déclare Roberts, qui a détaillé son combat contre l’addiction dans un livre, Addiction cybernétique : Échapper aux jeux et aux pièges d’Internet.

L’histoire de Roberts, qui est venu à bout de son addiction par des années de thérapie et de retraites spirituelles, n’est pas unique. Des lieux de soins sont apparus ces dernières années, mais un hôpital psychiatrique au cœur de la Pennsylvanie est maintenant en voie de devenir le premier lieu de soin dans son genre du pays à offrir un programme de traitement pour les personnes diagnostiquées avec une addiction sévère à Internet.


Un programme volontaire de dix jours doit débuter le 9 septembre dans l'unité de santé comportementale du Centre Médical Régional de Bradford. Le programme a été organisé par des experts dans ce domaine et des spécialistes de la cognition ayant une expérience dans le traitement d’addictions plus courantes comme l’abus de drogues et d’alcool.

"[L’addiction à Internet] est dans ce pays un problème qui peut être plus envahissant que l’alcoolisme" explique le Dr Kimberly Young , le psychologue qui a fondé le programme sans but lucratif. "Internet est gratuit, légal et sans matière grasse".

Le programme est conçu pour recevoir 4 patients adultes à la fois, et il est prévu que chaque nouvelle session démarre un traitement le même jour. Ces patients participent à une thérapie de groupe et se retrouvent dans une aile de l’hôpital prévue pour les autres addictions. Ils subiront une évaluation psychologique et apprendront des techniques pour pouvoir se servir d'Internet de manière minimale en évitant les problèmes d’overdose.

Young et d'autres experts sont les premiers à dire que le seul fait d'une dépendance à la technologie moderne ne fait pas de vous un accro à Internet. Un jeune de 20 ans qui partage son temps entre sa copine et World of Warcraft (célèbre jeu en ligne, NdT) n’a probablement pas besoin d'un traitement intensif. Le stage est prévu pour ceux dont la vie échappe à tout contrôle en raison de leur obsession pour Internet. Ces individus ont perdu la capacité de fonctionner dans leur vie de tous les jours, ont tenté par le passé de s’arrêter et n’y sont pas arrivés.

L’idée qu’une personne puisse souffrir d’une dépendance à Internet est apparue au milieu des années 1990 et Young a présenté son premier compte-rendu sur le sujet devant l’Association Américaine de Psychologie en 1996. Mais comme la popularité d’Internet a grandi et fait partie intégrante de la vie de la plupart des gens, il a aussi été reconnu qu’une partie de la population montre des signes d’addiction.

La plupart des personnes avec une dépendance grave à Internet ont un genre de trouble psychiatrique non diagnostiqué ou de problème de personnalité, selon le Dr Roger Laroche, médecin-directeur du département de psychiatrie de l’Hôpital Régional de Bradford. Chaque patient du programme, dont le coût est de 14.000 dollars (10.600 €) en apport personnel car non couvert par l’assurance, sera évalué psychologiquement après sa "désintoxication numérique".

La désintoxication numérique est réalisée quand le patient peut couper sa connexion à Internet ou ne pas utiliser d’ordinateur pendant 72 heures. Pour beaucoup, la pensée d’être déconnectés d’Internet peut paraître des vacances.

Mais ceux qui ont une addiction peuvent faire face à un syndrome de manque semblable à celui des toxicomanes à la marijuana. Ces patients peuvent vivre une dépression, de l’irritabilité et dans certains cas de la violence, précise Laroche.

Young a dit qu’une de ses patientes de consultation externe avait mâché des tasses en polystyrène et frappé le mur pendant sa cure de désintoxication. En 2010, Reuters rapporte que des chercheurs de l’Université du Maryland ont réalisé une étude où il a été demandé à 200 étudiants de n'utiliser aucune forme de média pendant 24 heures. A la fin de l’étude, beaucoup d’étudiants ont rapporté qu’ils ressentaient un manque et souffraient d’anxiété.

En mai dernier, l’Association américaine de Psychiatrie a publié la version 5 du Manuel du diagnostic et Statistique des troubles mentaux (ou DSM-5), qui a introduit pour la première fois le “Gaming Disorder” (troubles d'addiction aux jeux) dans la section 3 du manuel, qui signifie qu’ils nécessitent davantage de recherche avant d’être formellement identifiés comme maladie.

L’Association a exposé des preuves indiquant que les hommes jeunes, des pays asiatiques en particulier, étaient de plus en plus captivés par les jeux sur Internet et que "certains circuits de leur cerveau réagissent de manière aussi directe et intense que ceux d’un toxicomane affecté par la drogue."

Le Dr Allen Frances, président du DSM-4 et professeur émérite à l’Université de Duke a critiqué l'identification officielle de l'addiction à Internet à un trouble. Il a dit que son introduction dans la section 3 du manuel signifie que le trouble n’a pas encore le statut de "vedette".

Il a ajouté que sans doute une petite fraction de la population pouvait souffrir d’une forme d’addiction à Internet, mais il pense qu'une recherche est prématurée. Par exemple, il demande, où placez-vous la limite entre l’addiction et l’utilisation récréative ?

"S'il est possible d'être accro aux jeux d'argent et à Internet, pourquoi ne pas inclure aussi le shopping, le sport, le sexe, le travail, le golf, les bains de soleil, les maquettes de chemin de fer, et tutti quanti ? Tous les centres d’intérêts passionnés courent le risque d’être requalifiés de troubles mentaux, a-t-il écrit dans un article du Huffington Post, intitulé "L'addiction à Internet : diagnostic de la dernière nouvelle lubie".


Trouvé ICI.
Traduction par le BBB.

6 commentaires:

  1. J'aime bien l'idée que les pouvoirs publics se préoccupent de notre santé (mentale surtout) quand on sait que ce sont eux qui ont orchestré ces addictions et que ça les arrangent. Peu importe à quoi vous carburez, pourvu que vous soyez accros à quelque chose.

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  2. Un des risques possibles des addictions, c'est qu'une personne est tellement concentrée focalisée sur son passe-temps ou son hobby ou sa passion, que la personne oublie de s'occuper d'autres choses, même si ce n'est pas possible de s'occuper de tout...

    Un peu une sorte de diversion, pendant que les gens méditent ou font du sport ou lisent ou font du jardinage ou du bricolage ou des maquettes miniatures ou des parties de jeu de cartes ou de plateaux ou video ou des recettes de cuisine ou font d'autres choses, pendant ce temps-là, il peut se passer n'importe quoi = la maison peut brûler comme disait Jacques Chirac, ou bien des politiciens font passer des lois dangereuses et restrictives pendant que les gens regardent des émissions genre Secret Story et ou le "spectacle" des journaux télévisés...

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  3. Bug bizarre, lol :-p...
    Capture d'écran ici = http://www.imagebam.com/image/1f5566275359850 .

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  4. une cure de désintoxication ? MAIS NON Hélios ! ce n'est pas bon pour toi ! Comment pourrais-je vivre, MOA, "addicte" à B.B.B. ? peut être que mon horoscope va me le dire pour me rassurer !....

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  5. @Hélios
    365 JOURS PAR AN X 12 HEURES = 4380 heures sur internet par an !
    C'est grave docteur ?
    Jérôme

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    1. Pas 12 heures ! Mais facilement 6 heures en mettant bout à bout. Et puis je m'absente une semaine par an.

      Donc il faut refaire les calculs. Plus que 2208 heures par an...

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