Bistro Bar Blog

vendredi 23 août 2013

Histoire du petit lapin et de Jethro


Après Druzhok, voici Jethro.
Une touchante histoire de sauvetages. Dommage, il n'y a pas de photo de Jethro.

Le chien et le petit lapin : une histoire de compassion et d'amitié


Jethro, un chien tout à fait charitable, qui a sauvé un petit lapin et plus tard un oiseau ; des couples vraiment étranges



13 août 2013 par Marc Bekoff



Depuis la publication fin novembre 2012 du documentaire de PBS " Étranges couples d'animaux" (impossible malheureusement à visionner pour nous européens, NdT), j'ai reçu de nombreux messages sur des amitiés très intéressantes et improbables qui se forment entre membres de différentes espèces. Il est clair que les animaux forment de profondes et durables relations avec les membres de leur propre espèce qu'on peut appeler de l'amour. Mais d'autres animaux développent et conservent manifestement des relations très privilégiées avec nous. Et, le temps passant, nous en apprenons davantage sur les relations qu'on appelle "couples étranges" ou "amitiés improbables" parce qu'elles impliquent des membres de différentes espèces non-humaines qui créent entre elles des relations amicales extrêmement intimes et improbables. Voici une histoire qui montre clairement la compassion que des animaux montrent pour les membres d'autres espèces. En réunissant de plus en plus de ces récits, et alors que ces amitiés entre espèces sont relativement rares, nous avons beaucoup à apprendre sur la vie émotionnelle des autres animaux.


Jethro, mon compagnon canin pendant presque 10 ans, arriva dans ma vie lorsque je fis sa connaissance à la Boulder Humane Society (sorte de SPA locale, NdT). Il avait environ neuf mois et semblait avoir dans son patrimoine génétique une part de Rottweiler, une part de berger allemand, avec un zeste de hound. Il était noir et feu, avec un poitrail puissant, des babines retombantes et de longues oreilles pendantes. Jethro était calme, gentil et bien élevé. À la SPA locale il recherchait l'amitié des autres chiens, chats, canards, oies et chèvres et il n'a jamais pourchassé d'animaux autour de ma résidence montagnarde et adorait se prélasser et observer le monde environnant. Il constituait pour moi un parfait assistant de travail sur le terrain quand j'étudiais les oiseaux qui vivent dans les champs autour de chez moi.


Jethro sauve un petit lapin abandonné


Un jour, alors que je travaillais à l'intérieur, j'entendis Jethro arriver à la porte d'entrée. Au lieu de gémir comme il le faisait habituellement quand il demandait à rentrer, il resta assis. Je le regardais et remarquais un petit objet poilu dans sa gueule. Ma première réaction fut "Oh non, il a tué un oiseau". Pourtant, en ouvrant la porte, Jethro recracha à mes pieds un tout petit lapin – trempé de salive – qui bougeait encore. Je ne voyais aucune blessure, juste une petite boule de poils qui avait besoin de soins, de chaleur, de nourriture et d'amour. Jethro me regarda d'un regard ingénu comme s'il voulait que je le félicite de son acte de bon samaritain. Ce que je fis. Il se tenait bien droit et était sans l'ombre d'un doute fier de sa compassion et n'arrêta pas de me regarder en disant quelque chose comme "Vas-y, fais quelque chose !"


Je devinais que la mère du lapinou avait disparu, devenant la proie d'un coyote, d'un renard, d'un ours brun ou d'un cougar qui chassaient (et chassent encore) autour de chez moi. Quand je ramassais le petit lapin, Jethro se montra très inquiet. Il essaya de me le reprendre, gémit et il me suivit pendant que je trouvai une boîte, un petit bout de tissu qui lui servirait de couverture ainsi que de l'eau et à manger. Je plaçais gentiment le petit lapin dans la boîte, l’appelais "Bunny" et l'enveloppais dans le tissu. Au bout d'un moment, je mis des carottes râpées, du céleri et de la laitue près d'elle (c'est une lapinette, NDT) et elle essaya de manger. Je m'assurai aussi qu'elle savait où se trouvait l'eau. Jethro resta tout ce temps près de moi, haletant et m'enduisant l'épaule de salive et en gémissant doucement, tout en observant mes moindres gestes. Je me demandai si la nourriture du lapin l'intéressait, mais non, il restait là, fasciné par cette petite boule de fourrure qui se mouvait lentement dans son nouveau foyer.


En voulant sortir de la pièce, j'appelai Jethro mais il ne voulut pas venir. D'habitude il arrivait immédiatement, surtout pour des caresses, mais avec Bunny dans les parages il resta fermement campé pendant des heures près de la boîte sans bouger. Il me fallut finalement remorquer Jethro pour lui faire faire sa promenade du soir. Quand nous retournâmes à la maison, il se dirigea tout droit près de la boîte et c'est là qu'il dormit toute la nuit. Je tentai bien d'emmener Jethro vers sa couche habituelle pour la nuit dans ma chambre, mais il refusa tout net – "pas question", dit-il, "Je reste ici". Ce qui se passa.


J'avais confiance que Jethro ne ferait pas de mal à Bunny et ce ne fut jamais le cas pendant les deux semaines où je la maternais pour qu'elle récupère et que je puisse la relâcher près de la maison. Jethro avait adopté Bunny – elle était son amie. Il s'assurait que rien ni personne ne lui ferait du mal.


Vint finalement le jour où je commençai à mettre Bunny à l'extérieur. Jethro et moi allâmes sur le côté de la maison et je la sortis de sa boîte et la regardai se diriger lentement vers un tas de bois. Elle était très prudente. Ses sens étaient en alerte avec les nouveaux stimuli – vue, bruits et odeurs – auxquels elle était maintenant exposée. Bunny resta cachée dans le tas de bois pendant environ une heure jusqu'à ce qu'elle sorte bravement pour démarrer sa vie de lapin à part entière. Jethro resta à l'endroit où il s'était couché pour observer toute la scène. Il ne quitta pas Bunny des yeux et n'essaya jamais de s'en approcher ou de la saisir. Après qu'elle soit sortie tranquillement, il alla au tas de bois et renifla partout l'endroit où Bunny avait trouvé un refuge temporaire.


Bunny s'attarda pendant quelques mois. Je m'imaginais que c'était parce qu'elle ne manifestait aucune inquiétude en notre présence. À chaque fois que je lâchais Jethro de la maison, il courait immédiatement vers l'endroit où elle avait été remise en liberté. Quand il arrivait au tas de bois il allongeait le cou et bougeait sa tête de droite et de gauche pour chercher Bunny. Cela dura environ six mois, bien après qu'elle ait disparu ! Quand je prononçais "Bunny !" à haute voix, Jethro gémissait et partait à sa recherche. Bunny était son amie et il espérait la revoir encore une fois.


Je ne suis pas sûr de ce qui s'est passé pour Bunny. D'autres lapereaux et lapins adultes allaient et venaient et Jethro examinait attentivement chacun d'eux, se demandant peut-être si c'était Bunny. Il essayait de s'en approcher le plus possible mais ne les pourchassa jamais quand ils détalaient.


Jethro était vraiment une âme compatissante. Neuf ans après sa rencontre avec Bunny et s'en être occupé avec délicatesse, il revint une autre fois en courant vers moi avec un animal mouillé dans la gueule. Hum, je me suis dit, un autre petit lapin ? Je lui demandai de laisser tomber la boule mouillée et il le fit. Cette fois c'était un jeune oiseau qui s'était précipité sur une vitre. Il était juste étourdi et avait besoin de reprendre ses esprits. Je gardai l'oiseau dans mes mains pendant quelques minutes. Jethro, selon la coutume, m'observa et guetta chaque mouvement de l'oiseau. Quand je pensai qu'il était prêt à s'envoler, je plaçai l'oiseau sur le rebord de la véranda. Jethro s'en approcha, le renifla, recula et le regarda s'envoler.


Jethro a sauvé deux animaux de la mort. Il aurait pu facilement les engloutir sans mal. Mais ce n'est pas ce qu'on fait aux amis, n'est-ce pas ?

Trouvé ICI.
Traduction par le BBB.

5 commentaires:

  1. Chaque année, depuis trois ans, notre chat ramène à la maison un martinet tombé du nid (pas cette année, vu le printemps tardif il n'y a pas dû y en avoir beaucoup) Il le laisse par terre et s'en désintéresse totalement, le dernier je l'avais trouvé dans la salle de bain. J'ai appris à m'en occuper et une fois qu'ils étaient aptes à voler nous avons relâché Ernest 1, 2 et 3 dans la nature.
    L'attitude de ce chat, grand "bouffeur" de souris, rats, pigeons et autres piafs, vis à vis des martinet m'est toujours incompréhensible.

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  2. Les animaux ont aussi le sens de la compassion, ils comprennent la souffrance, et s'ils le peuvent font TOUT leur possible pour qu'elle ne perdure pas !
    Lorsque j'étais assistante véto, j'avais récupéré une chatte abandonnée dans la rue, à côté du cabinet, (déménagement des propriétaires et l'animal vagabond n'était pas revenu à temps) elle avait 3 ans. Noire et blanche, avec des grands yeux verts clairs. Lors de mon séjour en Tunisie,(chez mon frère,travaillant pour COMEX) je gardais leur villa, et leur "ménagerie" avec TITI la chatte. Ma famille avait adopté et sauvé un renardeau des sables (que des enfants essayaient de noyer dans un caniveau) Il avaient emmenaient de France leur vieille chatte Tao, siamoise, nonchalante, un chat gris et blanc tigré, Minoï (3ans) trouvé dans la rue à Nice. Titi et Minoï s'entendaient parfaitement.Ils partaient toujours ensembles aux alentours des villas et jardins. Un après midi, de grosse chaleur (mois d'août)je suis sortie avec ma fille (4ans) pour nous installer confortablement sous la fraîcheur des arbres du jardin (basta la clim !) je vois arriver de bien loin les 2 chats marchant côte à côte, mais lentement, ce qui n'était pas leur habitude. Un avait la tête baissée, portait quelque chose de lourd dans la gueule, Minoï. Ils s'arrêtent ensembles... Minoï pose ce "truc" et je vois Titi le saisir à son tour, tête basse portant ce que Minoï avait posé.
    Intriguée, je les observe venir vers moi.... Titi dépose à mes pieds un chaton d'environ 3 mois, avec des yeux vifs, qui me regarde fixement... les 2 chats assis devant moi derrière le chaton à mes pieds....dont le ventre était en partie mangé par des énormes fourmis rouges.
    Minoï et Titi en avaient plein le museau. Vu l'abdomen du chaton, il n'était pas possible de le sauver. Désespérée, de ne pouvoir rien faire (j'allais pas lui tordre le cou, ni prendre le couteau de cuisine et lui couper la tête !) j'ai appelé le vétérinaire, en lui expliquant ce qu'il en était, le ♥ gros... lui disant aussi mon désespoir de ne pas avoir "mon" matériel de véto. Il est arrivé dans les 5 mn après mon appel.... il a regardé le chaton et lui aussi triste, m'a dit que seul l'euthanasie était le choix. L'abdomen était trop endommagé.... que cela devait faire bien 2 jours pour que les fourmis aient fait ce carnage. D'après lui, le chaton a du être heurté par un véhicule , avoir une plait au ventre...les fourmis ont fait le reste ! Les 2 chats ont surveillé la scène, en se rapprochant du chaton. Ils ont flairé le cadavre, nous ont bien regardé....et sont repartis dans la direction d'où ils étaient venus. Je faisais les "soins-vaccins..." à Tao, Minoï au cabinet, Titi elle savait... Quant au chaton, au moment de l’intracardiaque, il nous a regardé intensément... gratitude, que j'ai déjà eu a observer par ailleurs ! Ce souvenir m émeut encore !

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    1. il y a pas 3H je trouve un jeune pigeon tout blanc(pas une colombe)dans la cuisine sur mon passage,ils sont la aussi les 3 chats ,ils attendent ,le pigeon n'a pas de blessures il est la sans réaction sur ces 2 pattes.
      Direction les poules (2),déposé devant des graines et de l'eau,les chats ne m'ont même pas suivis contre leur habitude,autour de moi tout est mieux.
      Bisous Danysis

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    2. J'aime les bisous ! encore , toujours des bisous ! Merci anonyme pour tes bisous ! donc bisous à anonyme (ne me convient pas ce prénom) aussi ! Il a les yeux rouges le pigeon ?

      pour toi :

      http://pigeons.mnhn.fr/spip.php?article69

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    3. merci du lien,avant nous avions quelqu’un qui nous apportais de jeunes pigeons ,maman disais que cela aide la convalescence des malades ,comme le foie de veau ou de génisse,me rappelle plus.
      Non ces yeux n'étaient pas rouges,ils avaient encore de l'éclat et ce matin il n'est plus la,il reviendras peut etre maintenant qu'il nous connais.
      A pluche et merci de partager votre affection,un bisous pour tous ♥

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