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lundi 19 août 2013

Hiroshima et Nagasaki par Ultraman (partie 2)


Certains demandent, "Pourquoi le Japon ne s'est-il pas rendu après Hiroshima, ou même plus tôt ?" Le Japon avait fait des démarches de paix au moins depuis mai 1945, en envoyant des délégations secrètes pour contacter les Forces alliées. La pierre d'achoppement semblait être la position de l'empereur, mais en juillet une reddition entièrement selon les conditions des forces alliées – reddition inconditionnelle – était considérée comme la seule alternative. Le Japon n'avait plus rien pour se battre et était sans défense. Il ne restait qu'une poignée de grandes villes (Kyoto, Niigata, Hiroshima, Kokura, Nagasaki) qui n'avaient pas été bombardées et incendiées. Mais les négociations s'éternisaient, ne menant nulle part.
Voici la 2ème partie du documentaire de NHK "Bombardement atomique – informations top secret qui n'ont jamais servi".

Je suis conscient que cette partie est encore plus longue que la première, mais j'espère que vous prendrez le temps de la lire.

Résumé de la 2ème partie :
6 août 1945. L'unité spéciale du renseignement de l'armée impériale relève un indicatif d'appel en V600 à 3 h du matin – l'un de ceux appartenant aux "avions à tâche spéciale". Il s'accompagnait d'un message sur ondes courtes vers Washington, suivi d'une communication verbale sur réseau sans fil vers la base de Saipan : "Cible en approche".
Le major Eizo Hori, chef de la division 2 de l'état-major qui supervise l'unité de renseignement spéciale, rapporta à ses supérieurs qu'un avion météo de reconnaissance venant vers Hiroshima était accompagné d'un "avion à tâche spéciale". Le Bureau de l'état-major ne tint pas compte de l'information et ne la partagea pas avec le quartier général régional d'Hiroshima. La bombe explosa 5 heures plus tard à 8 h 15 sur les habitants d'Hiroshima qui ne se doutaient de rien. Il n'y eut aucune sirène d'alarme. "Enola Gay" et les B9 qui l'accompagnaient firent sans encombre le trajet vers la cible.

Trois jours plus tard, le 9 août, de nouveau 5 heures avant l'explosion de la bombe sur Nagasaki, l'unité du renseignement releva le même indicatif d'appel en V600, et cette fois un B29 se dirigeait vers Kyushu. À la lumière de ce qui se passa à Hiroshima, l'information fut de nouveau immédiatement délivrée vers la direction du Bureau d'état-major. Les ministres de cabinet [plus de la moitié d'entre eux était soit toujours en service ou d'anciens officiers de haut rang] étaient en réunion dans le palais impérial pour discuter sur ce qu'il fallait faire à la lumière du bombardement d'Hiroshima qui anéantit la ville en un instant. Ils ne pouvaient se mettre d'accord, mais le chef d'état-major Umezu leur assura qu'il n'y aurait pas de deuxième bombardement.

Pendant ce temps, un pilote de Shidenkai – avion de combat japonais qui pouvait liquider des B29 – attendait sur la piste de la base de Kyushu. L'ordre de sortie ne vint jamais. Le groupe de B29, y compris "Bockscar", voyant que la visibilité pour la première cible, Kokura, dans la préfecture de Fukuoka, était mauvaise, continua vers la deuxième cible. La bombe fut larguée sur une église catholique de Nagasaki.

Les survivants qui étaient étroitement impliqués dans le bombardement des deux cités et qui ont été interviewés par NHK, restent toujours avec la question, "Pourquoi le gouvernement n'a-t-il rien fait ?"



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(26'50 – 6 août 1945)

6 août 1945, 3 h du matin. L'unité spéciale du renseignement attrapa un indicatif d'appel en V600. Un "avion à tâche spéciale" se dirigeait vers le Japon (pour la première fois). Le major Eizo Hori, du Bureau d'état-major, reçut l'information.
"Le 6 août, cet avion avec un indicatif d'appel en V600 émit un message sur ondes courtes. Nous ne savions pas ce qu'était le message, mais il venait de Washington. Ensuite, il y eut une communication verbale par un réseau sans fil vers la base US de Iojima qui disait
"Nous approchons de la cible".
Cet "avion à tâche spéciale" était le B29 "Enola Gay"(nom de la mère du pilote du B29), transportant la bombe atomique qui allait servir sur un vrai champ de bataille pour la première fois dans l'histoire humaine.


Le lieutenant Russel Guggenbach était à bord d'un B29 accompagnant l'Enola Gay pour filmer le bombardement :

"Ils nous ont dit que c'était un grand jour, que nous allions utiliser pour larguer notre bombe spéciale. Notre cible serait, dans l'ordre, Hiroshima, Kokura et Nagasaki. C'est ce pour quoi nous étions formés. D'autres s'entraînaient toujours pour des missions, mais celle-ci était pour de vrai".
"Enola Gay" quitta l'île de Tinian, survola Iojima et mit le cap sur Hiroshima.

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(28'35 - Hiroshima, 6 août 1945)

6 août. Le quartier général régional de l'armée impériale au château d'Hiroshima était en alerte renforcée contre les raids aériens. Mme Yoshie Oka, qui était une étudiante de 14 ans à l'époque, travaillait à faire passer des messages, dans le cadre de la mobilisation des étudiants durant la guerre.

Aux premières heures de la journée, les villes voisines avaient été attaquées par de grandes formations de bombardiers B29. Le Bureau de l'état-major de Tokyo avait eu en avance une information sur l'imminence d'attaques, il avait donc contacté le quartier général qui envoyait les alertes de raids pour les habitants de ces cités.


Le quartier général d'Hiroshima se trouvait dans un abri souterrain afin d'échapper aux raids aériens. La prochaine cible pouvait être Hiroshima. Mme Oka et d'autres étaient présents cette nuit-là, ce qui fait qu'ils pouvaient envoyer des alertes aussitôt.

 "Oui, nous étions tendus et agités. Nous nous demandions ce qui se passerait cette nuit-là. Nous sommes restés debout toute la nuit, jusqu'au matin du 6 août."

Peu après 7 h, un B29 solitaire entra sur Hiroshima, une bonne heure environ avant le largage de la bombe atomique.

Voix du major Eizo Hori :
"À environ 7 h 20, il y a eu un avion venant de Bungo Channel qui se dirigeait vers Hiroshima. C'était un B29. À en juger par sa fréquence radio, c'était un avion de reconnaissance météo."
L'analyse du major Hori était correcte. Selon l'ordre de mission envoyé par le gouvernement US, c'était un avion de reconnaissance météo. Les instructions prévoyaient que l'avion météo vole devant et qu'il instruirait par l'indicatif d'appel "V675" l'Enola Gay, qui suivrait l'avion météo.

Major Hori :
"En survolant Hiroshima, ce B29 émit ensuite un signal sur ondes courtes, de nouveau en V600. Ça sortait tellement de l'ordinaire, pensions-nous. Nous savions qu'un "avion à tâche spéciale" approchait."
Le Bureau d'état-major de Tokyo ne partagea cependant pas cette information avec le quartier général d'Hiroshima.
Ne sachant pas que "l'avion à tâche spéciale" suivait l'avion de reconnaissance météo, le quartier général régional leva l'alerte.

Mme Yoshie Oka :
"Cet avion nous survola sans rien faire et nous étions tous soulagés. Le commandant et son équipe était restés debout toute la nuit, ils pensaient que tout irait bien s'ils rentraient chez eux, mangeaient quelque chose et faisaient un somme de 30 minutes avant de revenir".
Voix du lieutenant Guggenbach qui était à bord du B29 qui suivait l'Enola Gay pour documenter le bombardement :
"...aucun de nos avions n'a jamais été touché. N'avais jamais participé à un vol. Avant d'atteindre Hiroshima, je me suis levé et je suis resté derrière le bombardier et le pilote. J'avais donc un point de vue direct sur l'avant de l'appareil".

8 h 15 :

Hiroshima détruite, sans même une sirène d'alerte :

Sans protection, beaucoup d'habitants périrent.

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(34'10 - Pourquoi l'information n'a pas été utilisée)

Pourquoi les officiers de l'armée ne donnèrent-ils pas l'information sur "l'avion à tâche spéciale" au quartier général régional d'Hiroshima ? Nous n'avons toujours pas la réponse.
M. Ryoji Hasegawa, qui travaillait dans l'unité du renseignement spécial, a vu dans cette même pièce son supérieur mortifié parce que l'information qu'ils envoyaient aux officiers n'avait pas servi.
"Son visage disait tout – 'Mon opinion n'a pas été acceptée. Je suis si frustré' "
(Hasegawa continue en s'échauffant:)

"Le Japon était attaqué, probablement à mort, et pourtant les gens ont été trop lents à réagir. La reconnaissance de mes supérieurs n'a pas été communiquée aux autres membres du Bureau d'état-major".

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(35'16 - Hiroshima)

Mme Yoshie Oka de nouveau. Elle travaillait au quartier général. Bien qu'elle se trouvait à seulement 700 mètres de l'épicentre, elle ne fut pas atteinte, car elle était dans un abri souterrain. Mais ses 60 camarades de classe qui étaient dehors dans le champ voisin périrent toutes.

Si seulement il y avait eu une alerte aérienne. Mme Oka en est toujours chagrinée aujourd'hui.
"Nous étions à travailler dans cet abri souterrain et nous avons été sauvés, sans aucune blessure. S'il y avait eu une alerte aérienne et si les gens s'étaient abrités dans les souterrains, beaucoup de gens ne seraient pas morts, beaucoup de gens auraient survécu".
Mme Oka s'occupa de ses camarades de classe blessés après le bombardement. Mais tout ce qu'elle pouvait faire était de les voir mourir, les uns après les autres.

"Une mère tenait sa fille sévèrement blessée et pleurait. Mais sa fille lui a dit, 'Ne pleure pas, maman. Je meurs en servant mon pays'. Et un sourire apparut sur son visage gravement brûlé et elle mourut paisiblement. Tous les jours c'était comme ça. C'était dur. Tout ce que nous pouvions faire était de regarder".
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(37'45 – 7 août et 8 août)

7 août, lendemain du bombardement d'Hiroshima. Même après que les nouvelles de la destruction d'Hiroshima leur soit parvenues, l'armée impériale ne voulait pas admettre que c'était une bombe atomique.
Shigenori Togo, ministre des affaires étrangères, demanda confirmation du fait. À cela, l'armée impériale répondit,
"Les US disent que c'était une bombe atomique, mais il est également possible que ce ne fut qu'une bombe conventionnelle avec un grand pouvoir explosif".
Le ministre Togo a dit à l'armée, qui niait l'existence d'une bombe atomique, qu'il essayait de minimiser le plus possible l'effet de la bombe.
Cependant, le Bureau d'état-major admit, en interne, que c'était une bombe atomique qui avait été larguée sur Hiroshima.

Le 8 août, deux jours après le bombardement, une cérémonie de remise de récompense fut faite par le Bureau de l'état-major dans la cour du quartier général de l'unité du renseignement. L'exploit d'avoir identifié l'indicatif d'appel du B29 qui a fait tomber la bombe atomique fut salué comme une grande réussite.

Nous avons trouvé quelqu'un qui était présent à la cérémonie. M. Kunio Tanaka, 90 ans, était capitaine à l'unité de renseignement. M. Tanaka a écouté l'officier du Bureau d'état-major expliquer que le B29 avec l'indicatif d'appel en V600 transportait une bombe atomique.

 


" 'L'avion transportait l'arme la plus terrible, une bombe atomique. Si le même genre d'avion revient, nous les arrêterons. Nous leur ferons la chasse et les détruirons. Vous avez tous fait du bon boulot.' Nous avons reçu des félicitations."

Pourtant le jour suivant, la même tragédie se répéta à Nagasaki.

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(41'08 – 9 août)

Le 9 août avant l'aube. Le même indicatif d'appel arriva – V675, exactement le même qu'à Hiroshima. Il provenait de l'île de Tinian, exactement comme auparavant.
Nous avons trouvé quelqu'un qui surveillait ce même indicatif d'appel. M. Arao Ota, 90 ans, était lieutenant dans l'unité de renseignement. Il a parlé de cette journée pour la première fois devant la caméra.
 "C'était la même fréquence radio spéciale que celle du B29 qui avait largué la bombe sur Hiroshima. Cela venait de l'aérodrome de l'île de Tinian. Nous ne savions pas ce qu'elle disait, tout ce que nous savions était qu'une fréquence radio était émise. Mais ce fut moi qui reçut l'indicatif d'appel. Je savais que cela sortait de l'ordinaire, j'avais peur. Je pensais qu'il y avait une grande probabilité que dans les quelques heures à venir, une bombe atomique allait être larguée quelque part au Japon".
Cette information arriva bien aux officiers supérieurs de l'armée. Nous avons trouvé un document qui le confirme au département d'histoire militaire du ministère de la défense.
Ce fut le lieutenant colonel Tadao Inoue du Bureau d'état-major qui enregistra le document. Il était un conseiller proche du chef d'état-major Yoshijiro Umezu.

Voici le mémorandum conservé par le lieutenant colonel Inoue. Note du 9 août 1945 :

"Spécial bombe V675. Nous savions à l'avance, via la communication [fréquence radio], 5 heures avant le bombardement sur Nagasaki."
Donc l'information du bombardier avec une bombe atomique qui approchait avait vraiment atteint le haut commandement du Bureau d'état-major 5 heures avant le bombardement.

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(44'15 – aérodrome d'Omura)

Aérodrome d'Omura, à 15 km au nord de Nagasaki. Pour protéger l'intégralité de Kyushu, un détachement d'avions de chasse était stationné sur la base aérienne.
M. Minoru Honda, 88 ans, était pilote là-bas. M. Honda et ses collègues pilotes volaient sur des "Shidenkai" ("tonnerre pourpre"). Shidenkai était l'un des rares avions de combat qui pouvait aller aussi haut que le B29, à 10.000 mètres. M. Honda dit qu'il était déterminé à descendre le B29 avec une bombe atomique s'il en revenait un, même si cela signifiait une attaque suicide.

M. Honda avait eu l'occasion d'être témoin de l'explosion de la bombe d'Hiroshima depuis le ciel quatre jours plus tôt. Il était en route pour sa base d'Omura venant de Hyogo.
"Juste comme je survolais le château d'Hiroshima, une explosion me déporta. Le lourd Shidenkai fut repoussé. L'avion devint incontrôlable, et j'ai dû perdre au moins 500 mètres. J'ai enfin repris le contrôle de l'avion et j'ai regardé devant. J'ai vu ensuite un nuage rouge et noir qui montait rapidement. La cité d'Hiroshima, que je venais de voir quelques instants avant, avait disparu. Je ne pouvais voir la ville. J'ai pensé que je devenais fou. Je ne pouvais dire si c'était réel."
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(46'45 – bombardement de Nagasaki)
9 août, 9 h. Après avoir quitté Tinian, le B29 avec la deuxième bombe atomique s'approchait de Kyushu – "Bockscar". Il alla d'abord vers Kokura dans la préfecture de Fukuoka, mais comme la visibilité était mauvaise il se dirigea vers la deuxième cible, Nagasaki.

Cependant, aucun ordre n'arriva à l'unité de M. Honda pour faire une sortie. Le fait que le B29 approchait de Nagasaki était confirmé, mais on ne leur a pas dit que le B29 transportait une bombe atomique.



Le pilote du Shidenkai, Minoru Honda semble perplexe :


"Le B29 n'est pas imprenable. J'en ai descendu un. C'est extrêmement difficile, mais pas impossible d'en descendre un. Même aujourd'hui, je suis vexé. Pourquoi ne nous ont-ils pas envoyé un ordre de sortie ? Ils manquaient tant que ça d'information ?"

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(48'35 – Ce que faisait les hauts gradés de l'armée quand la bombe tomba sur Nagasaki)

9 août, 10 h 30. La conférence des dirigeant suprêmes de guerre était en cours au palais impérial pour toute la matinée. Ils avaient reçu l'information d'une détérioration à venir de la guerre.
Le 9 août 1945, l'union soviétique, qui était restée neutre, déclarait la guerre au Japon, et les troupes passaient la frontière de la Mandchourie.

Le thème de la réunion ce jour-là était : fallait-il accepter la déclaration de Postdam et une reddition sans conditions ?. Mais s'ils se rendaient, que se passerait-il pour la position de l'empereur ? Serait-il persécuté comme criminel de guerre ? Ils n'arrivaient pas à se décider sur ce qu'il fallait faire.

Les officiers supérieurs de l'armée présents à la réunion, dont le Chef d'état-major Umezu, insistèrent qu'il était possible de continuer la guerre même après le bombardement d'Hiroshima et ils ont dit ce qui suit :
Umezu: "Il est vrai que les dégâts occasionnés par la bombe sont extrêmement lourds, mais je doute que les US puissent continuer à utiliser des bombes les unes après les autres".
Il n'y aura pas de bombe atomique une seconde fois. Alors que le B29 avec une bombe atomique s'approchait de Nagasaki, l'armée répétait une assertion sans fondement [mots de NHK, littéralement]
À 11 h 02, alors que la réunion était toujours en cours, une bombe atomique fut lâchée sur Nagasaki.


De nouveau, il n'y eut pas de sirène d'alerte.

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(51'10 - Le lendemain)

M. Arao Ota, qui avait récupéré l'indicatif d'appel depuis l'île de Tinian et transmis le danger d'une deuxième bombe atomique, n'arrive toujours pas à comprendre.

"Je suis si mortifié. Nous le savions ! S'ils avaient utilisé l'information et fait tout ce qu'ils pouvaient, nous aurions pu l'accepter. Mais il n'y a aucune indication qu'ils l'ont utilisée. J'en suis d'autant plus mortifié."

Le major Eizo Hori, qui transmit l'information rassemblée par l'unité spéciale de renseignement au Bureau d'état-major, n'avait quasiment rien à dire sur le bombardement de Nagasaki. Dans son document d'après-guerre, il a simplement écrit :
 " Le même indicatif d'appel a été intercepté de nouveau le 9 août, mais rien n'a été fait.



M. Minoru Honda, qui attendait un ordre de sortie à la base aérienne d'Omura, fut délégué pour transporter les blessés dans les hôpitaux après le bombardement.
"Je m'en souviendrai jusqu'à ma mort. Des gens sans aucun cheveu, tout nus, qui se consumaient. Comment une telle horreur pouvait-elle être permise dans ce monde ? Je pleurais et pleurais. Je ne savais même pas pourquoi je pleurais. Je m'en souviens encore. Je me sentais impuissant. En tant que soldat, je me sentais impuissant, je suis désolé".
Nous avons partagé notre nouvelle information avec M. Honda, que les officiers en chef de l'armée avaient eu l'information 5 heures avant du bombardement avec la bombe atomique qui s'approchait de Nagasaki. La vérité, première fois en 66 ans.
(M. Honda dit d'une voix tremblée, totalement incrédule, avec dégoût et colère:)

 "Ainsi, ils savaient. Alors pourquoi n'ont-ils pas donné des ordres ? 5 heures étaient plus que suffisant pour se préparer à fond".

"Donc voilà le Japon. Je pense qu'une telle chose arrivera de nouveau, si nous les laissons s'en sortir".

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(55'20 – archives brûlées)

Le 11 août, avec la reddition du Japon tout sauf certaine, un ordre fut donné à l'unité du renseignement – détruire toutes les informations, y compris les informations d'espionnage, qui sont conservées au quartier général de Tokyo.
M. Ryoji Hasegawa reçut l'ordre de brûler les documents. Il dit avec un certain emportement :
"On m'a dit de les brûler et ensuite de les réduire en poussière. Détruire les preuves. Détruire les preuves de l'existence de l'unité".
M. Hasegawa dit qu'il a continué à brûler les documents jusqu'au jour de la reddition.
Tout fut fait, y compris le fait que l'armée impériale connaissait les activités entourant le bombardement atomique, comme si cela n'avait jamais existé.

Hiroshima et Nagasaki. Des bombes atomiques lancées sur des gens sans défense. De nombreuses victimes et vies furent détruites en un instant.

Connaissant le grave danger qui approchait, les chefs d'armée n'ont pas partagé les informations. Deux tragédies continuent de nous poser la question de la responsabilité de ceux qui gouvernent la nation.

FIN

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C'est pire que de l'incompétence. Ils ont tu volontairement une information-clé et menti.
NHK ne fait pas d'hypothèse sur la raison pour laquelle l'armée (essentiellement le gouvernement) a décidé d'ignorer l'information, mais le documentaire semble presque nous implorer de "lire entre les lignes" pendant la description de la scène où les officiers de haut rang et les officiels du gouvernement se réunissent pour décider quoi faire le jour du bombardement de Nagasaki.

On peut excuser l'armée impériale pour le fait qu'à ce moment-là des dizaines de milliers de tués par un seul raid de bombardement, n'a pas semblé grand-chose. En mars de la même année, plus de 100.000 personnes périrent à Tokyo en une seule nuit dans un bombardement incendiaire massif. Des centaines de B29 avaient lâché sans discrimination des bombes sur les villes. Quelques B29 volant vers Hiroshima méritaient à peine d'attention, bien qu'ils aient eu un indicatif d'appel particulier et qu'ils aient fait des choses inhabituelles (comme une communication par ondes courtes pour Washington).

Mais tout ce qu'ils avaient besoin de faire aurait pu être de déclencher une sirène d'alarme pour que les gens restent dans les abris et d'envoyer des avions de chasse pour au moins dissuader les B29 de continuer leur mission (et balancent le chargement dans l'océan au lieu de le faire sur les cibles).

Au lieu de cela, ils se sont tus, ont menti. Les B29 étaient incontestés. C'est presque comme si l'armée voulait que les bombes se déclenchent.

Le documentaire a été diffusé il y a deux ans. Depuis lors, le général en fauteuil Shinzo Abe est devenu premier ministre pour la deuxième fois. Malgré les révélations de NHK, la plupart des japonais ne semblent pas faire attention au fait que des japonais ordinaires à Hiroshima et Nagasaki ont été littéralement abandonnés par le gouvernement central en août 1945. Ce qui me fait dire que ce documentaire ne semble pas avoir eu beaucoup d'impact au Japon.

Les japonais continuent de les laisser s'en sortir.

C'est une vérité gênante, dont le récit ne convient à personne. Le gouvernement japonais ne voudrait admettre quoi que ce soit de tout ceci, 68 ans après s'en être sorti impunément. Les japonais qui condamnent le meurtre insensé de civils par les bombes atomiques US voudront garder la version d'attaques surprise par les US. Ils doivent rester les victimes des bombes larguées par les US. Ils ne voudraient sûrement pas admettre qu'ils ont été les victimes de leur propre gouvernement.

M. Honda, le pilote du Shidenkai a dit que les choses se répéteront si on les laisse s'en sortir. Beaucoup diraient que cela s'est répété comme avec récemment le 11 mars 2011 et ses suites. Cela se reproduira.

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P.S. Le chef d'état-major Yoshijiro Umezu fut condamné à la prison à vie par le Tribunal Militaire International d'Extrême-Orient, mais mourut en prison en 1949 d'un cancer du côlon. S'il avait vécu, je n'ai aucun doute qu'il aurait été pardonné, comme presque tous ceux qui avaient reçu cette condamnation.

Source
Traduit par le BBB.

2 commentaires:

  1. Bonsoir.
    Merci infiniment pour ce dossier.

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  2. Bonjour,
    très intéressant et révélateur !
    On ne peut pas faire confiance aux gouvernements, ils ont toujours leurs "profits" avant tout !
    Et là il ne s'agissait pas de quelques millions de dollars en jeu !
    Ouvrons les yeux et essayons de nous protéger.

    Encore merci pour ce travail.

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