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mercredi 10 juillet 2013

L'horreur à Guantanamo (avec vidéo)

Guantanamo, un nom exécré par les américains. Traduction en 3 chapitres. La vidéo se trouve en 3ème partie.


1) Historique du camp de prisonniers de la baie de Guantanamo (d'après le Wikipédia anglais)


Le camp de détention de la baie de Guantanamo est une installation militaire US de détention et d'interrogatoire situé sur la base navale de la baie de Guantanamo sur l'île de Cuba. Il a été créé en janvier 2002 par l'administration Bush pour mettre en détention ceux qu'elle avait déclaré reliés aux opposants de la lutte mondiale contre le terrorisme en Afghanistan et plus tard en Irak, à la Corne de l'Afrique et en Asie du sud-est. Il est géré par la Force Opérationnelle Interarmées de Guantanamo du gouvernement américain sur la base navale de la baie de Guantanamo, qui fait face à la baie de Guantanamo à Cuba.

Les zones de détention comprenaient trois camps : le camp Delta, le camp Iguana et le camp X-Ray, mais ce dernier a été fermé. On nomme souvent l'installation Gitmo, d'après son abréviation.

Après que des responsables américains aient avisé l'administration Bush que le camp pouvait être considéré comme étant en dehors de la juridiction légale américaine, la garde militaire a fait venir les 20 premiers prisonniers le 11 janvier 2002. L'administration Bush a affirmé que les détenus n'étaient pas susceptibles d'une quelconque protection relative aux conventions de Genève. 


Les anciens et actuels prisonniers se sont plaints de maltraitance et de torture, ce qu'a nié l'administration Bush. Un rapport d'Amnesty International de 2005 nomme l'installation "le goulag des temps modernes". En 2006, les Nations-Unies ont appelé sans succès à la fermeture du camp ; un juge a observé que l'idée américaine de la torture... ne semblait pas coïncider avec celle des nations civilisées. Un article du Washington Post fait état en janvier 2009 de l'aveu de tortures sur la personne d'un prisonnier par l'administration américaine.

Le 22 janvier 2009, le président Barack Obama a signé un ordre pour suspendre pendant 120 jours les procédures de la commission militaire de Guantanamo et de fermer l'installation dans l'année. Depuis, les membres du Congrès se sont largement opposés à la fermeture du camp.

En mars 2013, il restait 166 détenus à Guantanamo.

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2) La grève de la faim parmi les prisonniers restant (un article du Guardian de mars 2013):

Les manifestations de prisonniers à Guantánamo font douter du respect par Obama des droits humains

Plus de la moitié des détenus restant ont reçu leur avis de libération. Pas étonnant qu'ils fassent une grève de la faim pour être libérés.

Des rapports émergent de la prison militaire de Guantánamo qu'une majorité de prisonniers fait la grève de la faim. Il reste 166 prisonniers, bien que l'administration Obama ait accordé leur libération à plus de la moitié des détenus. Ils y croupissent, certains entamant leur onzième année de prison, avec l'incertitude infernale de l'attente, déchargés de leur peine, mais toujours emprisonnés.

La faillite du président Obama de fermer Guantánamo, promesse intrépide faite en janvier 2009 et la détérioration des conditions de vie pendant son mandat resteront une tache indélébile de son héritage. Un prisonnier yéménite, Bashir al-Marwalah, a écrit à son avocat :
"Nous sommes en danger. L'un des soldats a tiré sur l'un de nos compagnons il y a un mois. Avant, ils ont envoyé les forces d'intervention d'urgence avec des armes dans une des cellules... maintenant ils veulent nous faire revenir aux jours les plus sombres de Bush. C'est ce qu'ils nous ont dit. Faites quelque chose s'il vous plaît."
Al-Marwalah parlait de la première utilisation mentionnée de balles en caoutchouc tirées sur un prisonnier de Guantánamo par les gardes de l'armée US.
Selon une avocate du centre des droits constitutionnels, son client est l'un de ces prisonniers de Guantánamo qui fait actuellement une grève de la faim. Elle m'a dit ce que son client lui a raconté :
"Il y a une grève de la faim à grande échelle au camp 6, la plus grande installation du camp. Cette prison contient environ 130 hommes. Il a dit que presque tout le monde, sauf quelques malades et âgés, fait la grève de la faim. Il a lui-même perdu plus de 10 kg. Il est diabétique. Son taux de sucre sanguin fluctue énormément. Il m'a dit que l'équipe médicale avait déclaré sa vie en danger. Et lui et les autres veulent que nous diffusions ces informations."
Pendant ce temps à Washington cette semaine, l'administration Obama doit défendre sa politique de Guantánamo avant une audition de la commission inter-américaine sur les droits humains, qui fait partie de l'organisation des états américains. Un collègue de l'avocate a assisté à l'audition. Elle a dit :
"Je représente Tariq Ba Odah, un jeune homme yéménite qui fait une grève de la faim ininterrompue depuis février 2007. Un gardien du camp l'oblige tous les jours à se nourrir. Pendant que nous parlons, il est probable qu'il ait été sorti de sa cellule, attaché sur une chaise de contention, et qu'on ait inséré un tube en caoutchouc dans son nez pour injecter un liquide nutritif dans son estomac.
"Tariq dit que c'est le seul moyen qu'il ait de communiquer avec ceux parmi nous qui sommes en liberté, ce qui signifie être détenu injustement, avoir été mis dans une cellule pendant dix ans sans accusation. C'est son seul moyen de communiquer le barbarisme d'une telle conduite".
L'administration Obama a déclaré qu'il n'y a que six ou sept prisonniers en grève de la faim. Des lettres de prisonniers et les récits d'avocats témoins, soutiennent cependant que plus de cent sur les 166 prisonniers de Guantanamo en sont au moins à leur deuxième mois de grève.
Une autre avocate des prisonniers, Kristine Huskey, a également témoigné jeudi. Elle a ensuite expliqué qu'une détention indéfinie entraîne :
Des traumatismes psychologiques sévères et durables... causés par des états chroniques de stress, d'anxiété et de peur, parce que ces gens à Guantánamo ne savent pas s'ils vont être ou non libérés... toute cette incertitude et le manque de contrôle de la situation causent un stress extrême au système immunitaire et au système cardiovasculaire. On aboutit à de l'asthme, du diabète, des troubles gastro-intestinaux, des cancers, des infections virales, de l'hypertension, de la dépression, des suicides, des syndromes post-traumatiques."
Pendant l'audition, l'administration Obama a nié détenir des gens indéfiniment. Michael Williams, conseiller sur la politique de Guantánamo au bureau des conseillers légaux au département d'état américain, a dit :
"Les États-Unis ne gardent en détention que des individus dont la détention est légale et n'a pas l'intention de garder un individu plus longtemps que nécessaire".
Dans son témoignage, l'avocat Omar Farah a répliqué :
"À la lumière du tourment existentiel que crée une détention indéfinie aux prisonniers de Guantánamo et des risques physiques qu'elle pose ; à la lumière du fait que l'état lui-même a concédé que plus de la moitié des prisonniers n'a plus intérêt à être gardés en détention, en vertu des autorisations de libération que mon collègue vient de décrire ; à la lumière du fait que neuf prisonniers sont morts à Guantánamo dans une prison américaine – et au bout de onze ans, quand cela va-t-il s'arrêter ?"
La grève de la faim des prisonniers de Guantánamo est un acte de défi audacieux, désespéré, qui met leur vie en danger, dont Obama devrait immédiatement s'occuper en concrétisant l'un de ses premiers ordres exécutifs en tant que président : fermer Guantanamo.

Source


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3) Le nourrissage de force (le "gavage")

Ce n'est pas mon habitude de diffuser des vidéos plutôt difficiles. Mais ce qu'on lit reste intellectuel et on l'oublie vite. Là un acteur et chanteur américain connu, Mos Def (connu aussi sous le nom de Yasiin Bey), engagé politiquement, a accepté de participer à un bref film, publié par l'organisation pour les droits humains "Sursis", et a eu le courage de se prêter à une démonstration  de la méthode de nourrissage forcé utilisée à Guantanamo. Ce film a été réalisé après la fuite d'un document contenant les instructions de l'armée pour cette procédure.
D'après l'introduction de la vidéo, il resterait 120 prisonniers en grève de la faim, dont  44 en gavage forcé.


Pas besoin de comprendre ce qu'il dit, les images suffisent.

J'espère que la diffusion de cette vidéo fera avancer la libération de ces hommes.

Voici l'introduction à la vidéo publiée par ce site le 8 juillet

Nourrissage de force à Gitmo



8 juillet 2013

Mos Def a participé à une démonstration de la procédure de gavage à laquelle plus de 40 prisonniers de Gitmo en grève de la faim sont soumis chaque jour (deux fois par jour, pour être exact). C'est moins agréable que ce que vous avez probablement imaginé.


Les Nations-Unies ont déjà dit que cette pratique équivaut à une torture et qu'elle viole la loi internationale. La notion de l'insistance de l'administration Obama à détenir ces gens indéfiniment sans accusation ni procès s'apparente à du despotisme. Mais dire ensuite à ces gens qu'ils n'ont pas l'autorisation de manifester contre leur maltraitance en faisant une grève de la faim dépasse toutes les limites.

Je le répète, ne regardez pas cette vidéo si vous êtes sensible. Mos Def n'a pas fait semblant.







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