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jeudi 4 juillet 2013

La dangereuse radioactivité des arbres de Tchernobyl


À Tchernobyl, une dangereuse radioactivité se cache dans les arbres


24 juin 2013

Pendant 26 ans les forêts autour de Tchernobyl ont absorbé des éléments radioactifs, mais un incendie les projetterait de nouveau en direction du ciel – inquiétude due à des étés qui durent plus longtemps, qui sont plus chauds et plus secs.




Par Jane Braxton Little et The Daily Climate


Tchernobyl, Ukraine – Nikolay Ossienko patrouille presque tous les jours la forêt entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl, enlevant des buissons et des arbres morts des traverses coupe-feu qui quadrillent une zone de 2600 km². Mais par les chauds après-midis de juillet, quand apparaissent à l'horizon de sombres nuages d'orage, il grimpe sur une échelle rouillée de 25 mètres pour atteindre un mirador. Quand il localise de la fumée, il envoie un message radio aux six autres tours pour leur préciser l'emplacement puis il se rend en camion sur le lieu de l'incendie.

Nilokay Ossienko

"Notre travail n°1 est de préserver la forêt du feu", dit Ossienko, un ukrainien baraqué aux yeux bleus et au sourire chaleureux.

C'est un travail aux conséquences internationales. Pendant presque trente ans les forêts autour de la centrale nucléaire ont absorbé la contamination laissée par l'explosion du réacteur en 1986. Aujourd'hui le changement climatique et le manque d'organisation présentent une situation très embarrassante : si ces forêts brûlaient, du strontium 90, du césium 137, du plutonium 238 et autres éléments radioactifs seraient libérés, selon l'analyse des impacts sur la santé humaine d'incendies dans la zone d'exclusion de Tchernobyl menée par des scientifiques d'Allemagne, d'Écosse, d'Ukraine et des États-Unis.



Cette contamination serait entraînée en altitude par les aérosols de la fumée, qui pourraient être inhalés, concluait cette étude de 2011.



Et au lieu d'être émise par un réacteur, la contamination radioactive viendrait des arbres qui couvrent quelque 390 km² autour de la centrale, a déclaré Sergei Zibtsev, un enseignant de sylviculture ukrainien qui a étudié ces forêts irradiées pendant 20 ans.

"Cela ne fait aucun doute", ajoute-t-il. "Si les forêts de Tchernobyl brûlaient, les contaminants migreraient en dehors de la zone immédiate. Nous en sommes conscients."


Pins en surnombre


Combinés aux changements climatiques, ces pins en surnombre constituent une occasion obligée d'incendies. Dans leur estimation des risques potentiels d'un incendie majeur, Zibtsev et une équipe de scientifiques internationaux ont conclu qu'une grande partie des forêts de Tchernobyl sont "en grand danger d'embrasement".

Zibtsev s'inquiète pour des incendies catastrophiques à Tchernobyl depuis qu'il a été témoin d'incendies incontrôlés dans l'ouest des États-Unis pendant qu'il était là-bas en 2005 dans le cadre d'échanges scientifiques. Il a remarqué que la menace empirait chaque année. Les précipitations sont en diminution dans la région et les sécheresses saisonnières durent plus longtemps, changements que Zibtsev attribue à un changement climatique. Les scientifiques disent que ces modèles d'étés plus secs et plus longs contribuent à la sécheresse des forêts et à des attaques d'insectes en augmentation.

La prédominance de forêts de pins est en elle-même une partie du problème. Après l'explosion – l'un des pires accidents de l'histoire humaine – la zone autour de la centrale a été évacuée, les champs et les forêts abandonnés. Pour empêcher un déplacement de la contamination au-delà de la zone connue comme "zone de mise à l'écart", le gouvernement ukrainien a interdit toute activité commerciale. Pour les forêts cela veut dire un arrêt de l'abattage, du débitage et de l'enlèvement des arbres morts. Alors que la plupart des régions boisées qui font la fierté de l'Ukraine sont soigneusement soignées, les forêts de Tchernobyl ont poussé sous la forme de fourrés ingérables avec d'épaisses broussailles en dessous et des canopées sans vie au-dessus.

Le risque d'incendie dans ces forêts inquiète les scientifiques depuis 1992, année de sécheresse avec la destruction de plus de 40 km² de forêts par le feu. Ils savent que ces écosystèmes piègent les radionucléides et les redistribuent lentement dans le sol et la végétation, une action nommée "auto-réparation". À certains endroits le taux de contamination est le même qu'en 1986, presque partout dans les 10 premiers centimètres du sol. L'absorption du césium, du plutonium et du strontium aide à contenir les radionucléides dans la zone d'exclusion, mais augmente dramatiquement l'alarme en cas d'incendies.


Test d'incendie sur une petite surface (8000 m²)


Un test d'incendie en 2002 a donné un aperçu de l'étendue du risque radioactif. Réalisé pour évaluer le panache et le comportement des radionucléides, un incendie au niveau du sol qui s'étalait sur 8000 m² près de la centrale nucléaire a libéré 5 % de césium et de strontium dans la biomasse. Un incendie d'avance rapide de haute intensité libérerait de bien plus grandes quantités que les aiguilles et la litière de feuilles, a dit Vasyl Yoschenko, qui a déclenché l'incendie et qui dirige le laboratoire de contrôle radioécologique à l'institut ukrainien de radiologie agricole. D'autres études prédisent que les fines particules émises par un incendie de forêt pourraient être transportées à des centaines de kilomètres de là.

"Imaginez d'aller se coucher le soir sachant que quelque chose de ce genre pourrait arriver", a dit Chad Oliver, directeur de l'Institut Mondial de la sylviculture durable à l'université de Yale, qui étudie la région depuis 2005. 
 
Oliver, Zibtsev et d'autres ont commencé à attirer l'attention sur la possibilité d'une autre catastrophe à Tchernobyl lors de diverses conférences internationales et scientifiques, mais la question n'a pas suscité beaucoup d'intérêt. Jusqu'à l'étude de 2011, personne n'avait évalué les effets sur la santé humaine d'incendies catastrophiques dans la zone d'exclusion.


Le pire scénario

Sous la direction d'Oliver et de Zibtsev, des scientifiques de plusieurs institutions européennes et nord-américaines ont analysé le pire des scénarios : un incendie très chaud qui brûle pendant cinq jours, consume tout sur son passage et envoie de la fumée à 100 km vers Kiev au sud. L'étude séparée d'un pire des cas est en cours pour analyser des risques pour la Suède, la Finlande et les autres pays européens qui ont été lourdement impactés par l'explosion de 1986.

Sergei Zibtsev


L'étude de 2011 a révélé que des jeunes femmes dans la vingtaine vivant juste à l'extérieur de la zone sont exposées au plus fort risque d'exposition à la fumée radioactive : 170 sur 100.000 ont un risque plus élevé de mourir d'un cancer. Pour des hommes plus loin à Kiev, 18 sur 100.000, âgés de 20 ans auraient un risque plus élevé de mourir de cancer. Ces estimations pâlissent en comparaison de celles dues à l'explosion de 1986, qui prédisent entre 4000 et plus d'un million de morts finales par exposition aux radiations.

En revanche, le plus grand danger venant des incendies de forêt pour la plupart des gens serait de consommer des aliments exposés à la fumée. Le lait, la viande et autres produits dépasseraient les niveaux de sécurité, prédit l'étude de 2011. Le gouvernement ukrainien interdirait presque certainement la consommation de denrées produites dans un rayon de 150 km autour de l'incendie.


Pas besoin d'évacuer


Après des années d'inquiétude, les résultats de l'étude ont surpris Oliver. Les gens vivant en dehors de la zone d'exclusion n'auraient pas à évacuer. Il n'y aurait aucune raison de paniquer à Kiev, a-t-il dit.

Mais les prévisions pour Ossienko (le patrouilleur de forêt) et ses camarades pompiers ne sont pas aussi optimistes. Ils seraient exposés à des radiations au-delà de la limite acceptable. En plus des radiations externes "normales", ils inhaleraient des radionucléides de la fumée en respirant – et seraient irradiés autant par l'extérieur que l'intérieur.




En plus des risques importants pour la santé, ces équipes sont largement sous-équipées pour combattre de gros incendies, a déclaré Zibtsev. Au centre anti-incendie d'Ossienko près de la frontière de Biélorussie, quatre camions de pompiers bien entretenus et rutilants attendent dans un hangar, tout prêts à servir. Mais les voies de circulation conçues pour les conduire rapidement vers un incendie sont négligées, souvent bloquées par des arbres tombés et des broussailles. Ossienko est fier du tank soviétique modifié en vue de combattre les incendies. Il dit qu'il peut "écraser des arbres et des broussailles – n'importe quoi". Mais signaler des fumées en grimpant sur des miradors n'est qu'un système d'alerte minimum et le seul hélicoptère éventuellement disponible ne contient même pas un seau pour verser de l'eau sur le feu.
Le tank d'Ossienko


"Ils ne sont manifestement pas préparés"


Les pompiers eux-mêmes sont dévoués et travaillent dur, ajoute Zibtsev, mais ils n'ont pas beaucoup d'entraînement professionnel, de tenues de protection ou d'appareils respiratoires – l'équipement de base pour des pompiers américains ayant affaire à des matériaux dangereux. "Ils ne sont manifestement pas préparés pour une situation d'incendie majeur", dit-il.


Les Nations-Unies ont reconnu récemment la possibilité d'une autre catastrophe à Tchernobyl et a monté un projet de développement durable de 20 millions de dollars prévu pour faire face à des incendies et autres problèmes d'environnement.

Le projet des N.U. reconnaît – "enfin !" a dit Zibtsev – que des forêts bien gérées contribueront à diminuer le risque d'incendies dans la région. Zibtsev, qui est responsable du système de gestion du programme incendie, et Oliver envisagent une approche en quatre volets qui démarre avec l'abattage d'arbres le long des routes pour libérer un accès aux pompiers. Un équipement moderne de pompier et de détection d'incendie devrait grandement améliorer le temps de réponse. Et ensuite ? "Démarrer l'éclaircissage !" a dit Zibtsev.

Tout cela va prendre du temps, a dit Oliver : "Si nous avions 30 à 40 ans devant nous sans avoir d'incendie majeur, nous serions beaucoup plus tranquilles".


Pendant ce temps, Ossienko est au travail dans la chaleur de l'été de Tchernobyl, surveillant la fumée et, comme le reste du monde, espérant qu'il n'y en ait pas.

Source
Traduit par le BBB.

3 commentaires:

  1. Heureusement les fumées toxiques s'arrêteront à la frontière comme la dernière fois ! ! ! !
    (Humour ?)

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  2. Et en même temps, on peut lire ce genre de texte:

    "La nouvelle génération de centrales va consommer les déchets de l'ancienne génération en réglant donc deux problèmes: l'indépendance énergétique (plus besoin d'acheter de l'uranium ) et la pollution( ce sera l'énergie la plus propre' pas de déchets et pas de gaz à effet de serre, que demander de mieux?). les éoliennes offrent une pollution sonore et surtout visuelle en ayant un rendement proche du négatif ( pratiquement pas amortissables dans leurs durée de vie). Les panneaux solaires présentent un grand risque de pollution, on ne sait pas quoi faire des panneaux en fin de vie. Donc comment etre contre le nucléaire? A vos réflexions....De plus pour conserver le confort de vie que nous avons actuellement , il n'ya pas vraiment d'autres possibilités si ce n'est la construction intensives de centrales thermiques qui accentueraient le réchauffement climatique de façon criminelle tout en accroissant de façon irresponsable le coût de notre facture énergétique. Nous avons donc la chance d'avoir construit en grande partie notre indépendance énergétique en misant sur le nucléaire , ne gachons pas cet énorme avantage et nous ferons bientot des envieux. Sortir du nucléaire serait donc totalement irresponsable. Toute énergie présente un risque et celui du nucléaire existe mais il n'est pas plus important que le risque présenté par les autres énergies, et meme nettement moins insidieux."

    RENDEMENT PROCHE DU NÉGATIF, GRAND RISQUE DE POLLUTION, INSIDIEUX, TOTALEMENT IRRESPONSABLE, CRIMINEL!!
    Les mots sont lâchés, mais le sens est totalement inversé!!!!...

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  3. http://lefirago.overblog.com/le-chanvre-est-une-plante-naturelle-qui-nettoie-les-radiations-nucl%C3%A9aires

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