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dimanche 2 juin 2013

Tableaux animés de Van Gogh

Van Gogh Shadow


11 commentaires:

  1. Merci Hélios.
    Même sous cette forme que certains considéreront comme un sacrilège, Vincent me touche toujours autant.

    Voici Vincent l'homme qui écrit, aussi, dans une lettre à Théo. Extrait :

    "(...)
    Je t’écris un peu au hasard ce qui me vient dans ma plume, j’en serais bien content si en quelque sorte tu pourrais voir en moi autre chose qu’un espèce de faitnéant.
    Puisqu’il y a fainéant et fainéant qui forment contraste.

    Il y a celui qui est fainéant par paresse et lâcheté de caractère, par la bassesse de sa nature. tu peux si tu juges bon me prendre pour un tel.

    Puis il y a l’autre faitnéant, le faitnéant bien malgré lui, qui est rongé intérieurement par un grand désir d’action, qui ne fait rien parce qu’il est dans l’impossibilité de rien faire puisqu’il est comme en prison dans quelque chose, parcequ’il n’a pas ce qu’il lui faudrait pour être productif, parce que la fatalité des circonstances le réduit à ce point.

    Un tel ne sait pas toujours lui-même ce qu’il pourrait faire mais il sent par instinct, pourtant je suis bon à quelque chose! Je me sens une raison d’être! Je sais que je pourrais être un tout autre homme! A quoi donc pourrais-je être utile, à quoi pourrais je servir! IL Y A QUELQUE CHOSE AU DEDANS DE MOI, QU’EST CE QUE C’EST DONC ! Cela, est un tout autre fainéant, tu peux si tu juges bien me prendre pour un tel.

    Un oiseau en cage au printemp sait fortement bien qu’il y a quelque chose à quoi il serait bon, il sent fortement bien qu’il y a quelque chose à faire mais il ne peut le faire, QU’EST CE QUE C’EST, IL NE LE SE RAPPELLE PAS BIEN, puis il a des idees vagues et se dit “les autres font leurs nids et font leurs petits et élèvent la couvée”, puis IL SE COGNE LE CRÂNE CONTRE LES BARREAUX DE LA CAGE. Et puis la cage reste là et l’oiseau est fou de douleur.
    “Voila un fainéant” dit un autre oiseau qui passe – celui là c’est un espèce de rentier.

    Pourtant le prisonnier vit et ne meurt pas, rien ne parait en dehors de ce qui se passe en dedans, il se porte bien, il est plus ou moins gai au rayon de soleil.
    Mais vient la saison des migrations. Accès de melancolie – MAIS, DISENT LES ENFANTS QUI LE SOIGNENT, DANS SA CAGE IL A POURTANT TOUT CE QU’IL LUI FAUT – mais lui de regarder au dehors le ciel gonflé chargé d’orage et de sentir la révolte contre la fatalité en dedans de soi. Je suis en cage, je suis en cage et il ne me manque donc rien, imbéciles! j’ai tout ce qu’il me faut moi! Ah de grâce, la liberté, être un oiseau comme les autres oiseaux!

    Tel homme fainéant ressemble à tel oiseau fainéant.
    ET LES HOMMES SONT SOUVENT DANS L’IMPOSSIBILITÉ DE RIEN FAIRE, PRISONNIERS DANS JE NE SAIS QUELLE CAGE HORRIBLE HORRIBLE, tres horrible. Il y a aussi, je le sais, la délivrance, la délivrance tardive. Une reputation gâtée à tort ou à raison, le gêne, la fatalité des circonstances, le malheur, cela fait des prisonniers.

    On ne saurait toujours dire ce que c’est qui enferme, ce qui mure, ce qui semble enterrer, mais on sent pourtant je ne sais quelles barres, je ne sais quelles grilles – des murs.
    Tout cela est ce imaginaire, fantaisie. Je ne le pense pas; ET PUIS ON SE DEMANDE, MON DIEU EST CE POUR LONGTEMPS, EST CE POUR TOUJOURS, EST CE POUR L’ÉTERNITÉ.

    Sais-tu, ce qui fait disparaître la prison c’est toute affection profonde, sérieuse. Etre amis, être frères, AIMER, CELA OUVRE LA PRISON par puissance souveraine, par charme très-puissant. Mais celui qui n’a pas cela demeure dans la mort. Mais là où la sympathie renait, RENAÎT LA VIE.
    (...)"
    http://www.vangoghletters.org/vg/letters/let155/print.html

    Brigitte

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  2. D’autres mots de Vincent :
    « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d’éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. »

    Gustave Coquiot exprime l’unité de Van Gogh ainsi :
    « Vincent eût cru constamment au feu central de la Terre, qu'il n'eût pas davantage enflammé ses toiles. Même quand elles présentent, relativement, une apparence de repos, elles brûlent.
    Elles brûlent de leurs couleurs pures, comme rajeunies, comme vives, ou comme, parfois, cendrées ; mais, chaque fois, elles jaillissent d'un foyer incandescent. On les a comparées souvent à des pierreries ; c'est une sottise. Elles ne projettent pas d'éclairs, ELLES SONT EMBRASÉES INTÉRIEUREMENT, uniformément.

    Enfin il y a un texte de John Berger sur Vincent, intéressant parce qu’il a été écrit par quelqu’un qui ne comprend pas Vincent, parce que ses pensées occultent sa vision. Mais qui essaie, qui cherche, qui trouve des explications fausses, et parfois tombe dans une émotion complètement juste. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/BERGER/15507

    Extraits :
    « On l’aime, me suis-je dit devant ce dessin d’oliviers, parce que, pour lui, l’acte de dessiner ou de peindre a été une manière de découvrir et de démontrer pourquoi IL AIMAIT SI INTENSÉMENT CE QU’IL REGARDAIT, et parce que ce qu’il a regardé pendant les huit années de sa vie de peintre (huit, pas une de plus), ce sont les choses et les gens de la vie de tous les jours. »

    « Et de cette nudité qui lui est propre, et où ses contemporains n’ont vu que naïveté ou folie, provient SA CAPACITÉ D’AIMER, TOUT SOUDAIN ET À N’IMPORTE QUEL MOMENT, CE QU’IL A SOUS LES YEUX. Il prend alors son pinceau ou sa plume et s’efforce de réaliser, d’accomplir, cet amour en peintre-amant qui affirme cette rude tendresse de tous les jours, dont à nos meilleurs moments nous rêvons tous et que NOUS RECONNAISSONS IMMÉDIATEMENT dans un tableau... »

    « Les gestes viennent de la main, du poignet, du bras, de l’épaule, peut-être même des muscles du cou, et pourtant les traits qu’il trace sur le papier suivent DES COURANTS D’ÉNERGIE qui ne sont pas physiquement les siens et QUI NE DEVIENNENT VISIBLES QUE LORSQU’IL LES DESSINE. »

    « C’est un dessin qui prise l’exactitude - chaque trait est explicite et dépourvu d’ambiguïté - et qui pourtant s’oublie totalement dans son ouverture à ce qu’il a rencontré. Et la rencontre est si étroite qu’on ne saurait dire de quelle trace il s’agit. Une carte d’amour, vraiment. »

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    1. Oui, sympa ce qu'a écrit cet homme (né le même jour que moi).

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  3. Un grand merci à Brgitte pour la publication de cette lettre de Van Gogh. BBB est une source d'or!

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  4. Oui l'on pourrait dire sacrilège, mais retournons à Amsterdam au Musée Van Gogh , asseyons nous face à ses tableaux oui là bas on a le privilège de pouvoir s'installer tranquillement, s'assoir pour observer, admirer et alors clignant des yeux, l'imagination a vite fait d'animer ces scènes d'un autre siècle,
    Merci Hélios

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  5. Qu'elle vie dure a eu "notre" Van Gogh, éprouvante aussi dans ses affections ! Ce peintre m'a toujours fascinée, en tout ! Merci Hélios, d'avoir mis ces tableaux animés.. merci Brigitte d'avoir indiqué et fait la publication (d'une des lettres) de Van Gogh. Ceux qui ne le connaissent pas ou peu voient par la lecture, la sensibilité et "la souffrance" du peintre ! Quant à celle psychique, elle s'observe bien dans certains de ses tableaux ! Je t'aime Van Gogh... mais c'est un peu tard pour le lui dire !!!

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    1. Dany, il n'est jamais trop tard pour dire je t'aime.

      Brigitte

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    2. crois-tu qu'il m'ait entendu ?

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    3. oui, et pas seulement lui. Tu as été entendue jusqu'à l'autre bout de l'univers

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  6. Henry Dutilleux dans cette oeuvre pour orchestre:Timbre espace mouvement ou "La nuit étoilé" du même titre (volontaire) que la toile de Van Gogh qui est présente à sa mémoire et dans son geste compositionel. Dutilleux qui vient de nous quitter et qui est certainement le plus grand compositeur du XXème siècle.
    Un extrait avec le tableau de Van Gogh: http://www.youtube.com/watch?v=VyYJOi3X898
    et si vous voulez écouter une autre oeuvre, peut être ma préférée de ce compositeur: "Tout un monde lointain" qui est un concerto pour violoncelle plein de sensibilité de nuances timbrales: http://www.youtube.com/watch?v=kIS5tpVM6Sc

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  7. BONSOIR. !!!!!!!!! magnifique . MERCI . bonne soirée . mes amitiés .

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