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samedi 1 juin 2013

Bijoux égyptiens de l'espace


Le métal de reliques égyptiennes venait de l'espace



29 mai 2013
Les impacts de météorites il y a des milliers d'années ont pu contribuer à inspirer une ancienne religion.



Un pendentif âgé de 5000 ans qui n'en a plus vraiment l'apparence, mais qui cache un passé spectaculaire : des chercheurs ont découvert qu'un ancien bijou égyptien avait été fabriqué à partir d'une météorite.

Le pendentif de Girza (en haut) possède des zones riches en nickel, colorées en bleu sur un modèle virtuel (en bas) qui indique une origine météoritique


Le résultat, publié le 20 mai dans Meteoritics & Planetary Science, explique comment les anciens égyptiens ont obtenu du fer des millénaires avant la toute première preuve d'une fonte de fer dans la région, résolvant ainsi un mystère. Il laisse aussi entendre qu'ils tenaient les météorites en haute estime au début de leur religion.

"Le ciel était très important pour les anciens égyptiens", dit Joyce Tyldesley, égyptologue à l'université de Manchester, Royaume-Uni et co-auteur de l'article. "Quelque chose qui tombe du ciel sera considéré comme un cadeau des dieux".

Le pendentif en forme de tube est l'un des neuf trouvés en 1911 dans un cimetière de Girza, à environ 70 km au sud du Caire. L'emplacement date de 3300 avant J-C, faisant du pendentif l'artefact en fer le plus ancien connu en Égypte.




Une étude de 1928 a montré que le fer des pendentifs contenait un taux élevé de nickel – une caractéristique des météorites ferriques – et a entraîné la suggestion qu'il était d'origine céleste. Mais des experts ont argumenté dans les années 1980 que la première fonte avait pu conduire à un fer enrichi en nickel, et une analyse plus récente de matériau oxydé à la surface des pendentifs montrait un faible composant de nickel.

Pour mettre fin au débat, Diane Johnson, scientifique de l'université de Milton Keynes au Royaume-Uni, spécialisée dans les météorites, a utilisé avec ses collègues un microscope électronique et a mis sur informatique des tomographies pour analyser l'un des pendentifs, emprunté au musée de Manchester.

Les chercheurs n'ont pu découper le précieux artefact, mais ils ont trouvé des zones érodées en surface qui avaient disparu, permettant ce que Johnson décrit comme de "petites fenêtres" vers le métal préservé du dessous.



Le microscope a montré que la teneur en nickel de ce métal d'origine était élevée – aux environs de 30 % - suggérant qu'il venait vraiment d'une météorite. Pour confirmer ce résultat, l'équipe a observé que le métal possédait une structure cristalline particulière appelée modèle de Widmanstätten. Cette structure n'est trouvée que dans des météorites ferriques qui ont refroidi extrêmement lentement au cœur de leur parent astéroïde pendant la formation du système solaire.

À l'aide de tomographies, les chercheurs ont reconstruit un modèle en trois dimensions de la structure interne du pendentif, révélant que les anciens égyptiens l'avaient fabriqué en martelant un fragment de fer de la météorite pour en faire une fine plaque, qu'ils avaient ensuite replié dans un tube.


Cadeaux des dieux

La première preuve de la fonte du fer dans l'Égypte ancienne apparaît dans une archive d'archéologie du 6ème siècle avt J-C. On n'a découvert dans la région que quelques artefacts en fer depuis lors : tous proviennent de tombes de haut rang comme celle du pharaon Toutankhamon. "Le fer était fortement associé à la royauté et au pouvoir", dit Johnson.


Des objets façonnés à partir d'un matériau si divin étaient réputés garantir à leur propriétaire décédé un passage prioritaire dans l'au-delà.

Campbell Price, curateur d'Égypte et du Soudan au musée de Manchester qui ne faisait pas partie de l'équipe d'étude, souligne que rien n'est tenu pour certain concernant les croyances religieuses des égyptiens avant l’avènement de l'écriture. Mais il signale que plus tard, à l'époque des pharaons, on croyait que les dieux avaient des os en fer.

Il soupçonne que les météorites ont pu inspirer cette croyance, les roches célestes étant interprétées comme les restes physiques de dieux tombant sur Terre.

Johnson dit qu'elle adorerait vérifier si d'autres artefacts égyptiens primitifs ont une origine météoritique – si elle peut obtenir la permission de les étudier.

Source


Traduit par le BBB.

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