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mercredi 22 mai 2013

TDAH en France et aux États-Unis

Une autre facette du regard américain sur le comportement des enfants français déjà évoqué dans cette vidéo. Beaucoup de fausses idées et de clichés, on a un peu l'impression que l'auteur ne connaît l'éducation française que par l'exemple de la famille Le Quesnoy dans le film "La vie est un long fleuve tranquille". Mais la contamination de l'american way of life pour traiter les troubles du comportement semble minimisée pour l'instant.
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Pourquoi les enfants français n'ont pas de troubles de déficit d'attention et d'hyperactivité (TDAH)


Les enfants français n'ont pas besoin de médications pour contrôler leur comportement.

Publié le 8 mars 2012 par Marilyn Wedge, docteur en sciences sociales



Aux États-Unis, au moins 9 % des enfants scolarisés ont reçu un diagnostic de TDAH, et reçoivent des médications pharmaceutiques. En France, le pourcentage d'enfants diagnostiqués et traités par médicaments pour le TDAH est inférieur à 5 %. Comment se fait-il que l'épidémie de TDAH – devenu un fait solidement établi aux États-Unis – soit presque complètement passé au dessus des enfants français ?



Le TDAH est-il un trouble biologique/neurologique ? Chose surprenante, la réponse à cette question dépend du pays où l'on réside, France ou États-Unis. Aux États-Unis, les pédopsychiatres considèrent le TDAH comme un trouble biologique avec des causes biologiques. Le traitement favori consiste en médications biologiques qui stimulent le psychisme, du style Ritalin et Adderall.



Les pédopsychiatres français, d'un autre côté, considèrent le TDAH comme une situation médicale qui a des causes sociales et relatives aux conditions de vie. Au lieu de traiter les problèmes de concentration et de comportement des enfants par des drogues, les médecins français préfèrent rechercher les problèmes sous-jacents entraînant un trouble chez l'enfant – non dans le cerveau mais dans le contexte social de l'enfant. Ils choisissent ensuite de traiter le problème du contexte social sous-jacent par de la psychothérapie ou des consultations familiales. C'est une manière très différente d'envisager les choses contrairement à la tendance américaine d'attribuer tous les symptômes à un dysfonctionnement biologique comme un déséquilibre chimique du cerveau.




Les pédopsychiatres français n'utilisent pas le même système de classification des problèmes émotionnels de l'enfance que les psychiatres américains. Ils ne se servent pas du Manuel de Diagnostic et de Statistiques des Troubles Mentaux (la bible de la psychiatre américaine). Selon le sociologue Manuel Vallée, la Fédération Française de Psychiatrie a élaboré un système de classification alternatif comme moyen de résister à l'influence du manuel américain. Cette alternative, c'est le CFTMEA ( Classification Française des Troubles Mentaux de L'Enfant et de L'Adolescent), publié pour la première fois en 1983 et mis à jour en 1988 et 2000. La CFTMEA met l'accent sur une identification et une référence aux causes psychosociales sous-jacentes des symptômes, et non de dénicher les meilleurs pansements pharmaceutiques pour les masquer. Dans la mesure où les cliniciens français réussissent à découvrir et réparer ce qui allait de travers dans le contexte social de l'enfant, très peu d'enfants reçoivent un diagnostic de TDAH. De plus, la définition du TDAH n'est pas aussi large que dans le système américain, qui à mon avis tend à "pathologiser" une bonne partie du comportement normal de l'enfance. Le Manuel ne prend pas spécifiquement en compte les causes sous-jacentes. Ce qui pousse les cliniciens à attribuer un diagnostic de TDAH à un beaucoup plus grand nombre d'enfants présentant des symptômes, tout en les encourageant à traiter ces enfants avec des médicaments.



L'approche holistique française, psychosociale, autorise aussi d'envisager des causes nutritionnelles aux symptômes du type du TDAH – particulièrement le fait que le comportement de certains enfants empire après avoir mangé des aliments avec des colorants artificiels, certains conservateurs et/ou des allergènes. Les cliniciens qui travaillent dans ce pays avec des enfants perturbés – sans parler des parents de nombreux enfants avec un TDAH – sont bien conscients que des interventions nutritionnelles peuvent parfois aider au problème. Aux États-Unis, une focalisation stricte sur le traitement pharmaceutique du TDAH, encourage les cliniciens à ignorer l'influence de facteurs alimentaires sur le comportement de l'enfant.



Et ensuite, bien sûr, il existe des philosophies extrêmement différentes dans l'éducation des enfants aux États-Unis et en France. Ces philosophies divergentes pourraient justifier pourquoi la jeunesse française a un meilleur comportement général que sa contrepartie américaine. Pamela Druckerman souligne les styles d'éducation divergents dans son récent livre, Éduquer bébé. Je pense que ses idées sont pertinentes pour discuter des raisons qui font que les enfants français ne sont pas diagnostiqués de TDAH en aussi grand nombre qu'aux USA.



Dès la naissance de leurs enfants, les parents français leur fournissent un cadre ferme. Les enfants ne sont pas autorisés, par exemple, à grignoter dès qu'ils en ont envie. Les heures des repas consistent en 4 moments spécifiques de la journée. Les enfants français apprennent à attendre patiemment les repas, plutôt que de manger des collations à chaque fois qu'ils ont faim. On attend également des bébés français de se conformer aux limites établies par les parents et non en faisant un chantage aux pleurs. Les parents français laissent leur bébé pleurer s'ils se réveillent la nuit dès qu'ils ont au moins quatre mois.



Les parents français, observe Druckerman, aiment autant leurs enfant que les parents américains. Ils leur font donner des leçons de piano, les emmènent pratiquer des sports et les encouragent à exprimer au mieux leurs talents. Mais les parents français ont une philosophie de la discipline différente. Le respect régulier de limites, dans la vision française, donne aux enfants un sentiment de sécurité. Des limites claires, pensent-ils, font se sentir l'enfant plus heureux et plus sécurisé – quelque chose conforme à ma propre expérience en tant que thérapeute et parent. Enfin, les parents français pensent qu'entendre le mot "non" épargne aux enfants la "tyrannie de leurs désirs personnels". Et la fessée, quand elle est utilisée judicieusement, n'est pas considérée en France comme une maltraitance à l'enfant.



En tant que thérapeute travaillant avec des enfants, il me semble parfaitement logique que les enfants français n'ont pas besoin de médications pour contrôler leur comportement parce qu'ils apprennent de bonne heure à se contrôler. Les enfants grandissent dans des familles où les règles sont bien comprises et où existe une claire hiérarchie familiale (qui va être bien malmenée avec la loi du mariage pour tous instituée officiellement !). Dans les familles françaises, telles que décrites par Druckerman, les parents sont responsables de leurs enfants – contrairement au style familial américain, où la situation est bien trop souvent l'inverse.



Source



Traduit par le BBB.

4 commentaires:

  1. Chère Hélios, je viens juste de trouver un article (je suis en train de le traduire) où l'inventeur même de cette maladie reconnaît sur son lit de mort qu'elle n'existe pas! Que le but était bien sûr comme toujours de faire gagner beaucoup d'argent aux laboratoires pharmaceufric et dont des générations entières d'enfants ont été pourris par le Ritalin employé pour soigner cette soi-disant maladie.
    De la malveillance extrême une nouvelle fois!
    Malou

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    1. Bonjour Malou, il est bien évident que tu peux m'envoyer ta traduction par mail et que je la publierai sur le blog.

      Grand merci d'avance.

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  2. Merci à vous 2 ! Là, Malou, je pense qu'Hélios t'empruntera ta traduction ! J'eusse bien aimé connaître la suite ! Merci

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  3. Merci malou!
    Une fois de plus, on ne peut que constater que nous vivons bien l'apocalypse (la révélation), car chaque jour nous apprenons des choses précédemment très cachées...
    gwendal

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