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jeudi 30 mai 2013

Les phénomènes de synchronicité vus par un psychologue (2/2)


ND: Si c'est la façon dont fonctionne notre réalité, alors pourquoi n'y a-t-il pas plus de gens au courant de cela?

KS: Il existe une mesure de la conscience de soi appelée « test du miroir» développé par le biopsychologue Gordon Gallup. On montre à des animaux leur propre reflet dans un miroir. S'ils reconnaissent le reflet dans le miroir comme le leur, on considère que c'est l'indication d'une conscience de soi. Les humains, certains grands singes, les éléphants et les dauphins reconnaissent généralement leur propre reflet, quelques oiseaux le font aussi. Fait intéressant, certains oiseaux et certains chiens qui ne peuvent reconnaître au départ leur propre reflet peuvent le faire après un entraînement.

La synchronicité est une forme de test du miroir. Les gens voient dans le miroir des événements les images de leur propre vie intérieure. Ils voient ce qu'ils pensent, ressentent et croient. Ils voient même leurs fantasmes sur ce qui cause ces reflets. Tout le monde a expérimenté des coïncidences significatives. On les explique par des croyances en le surnaturel et par des influences religieuses, archétypales, ou par des mythes personnels plus exotiques. L'ES renvoie le reflet de ces croyances à l'observateur. Les ES sont souvent pris à tort comme des confirmations de la réalité objective des croyances personnelles. La plupart des gens se plongent dans le miroir des ES chaque jour. Ils ne réalisent pas que les images qu'ils voient sont leurs propres pensées.

Vous avez une capacité étonnante. Vos pensées et vos sentiments, vos souvenirs et vos expériences se reproduisent dans les événements autour de vous comme des coïncidences. Le monde vous offre des coïncidences significatives basées sur votre vie intérieure. Chacun crée ses propres ES, constamment. La capacité du cerveau à traiter l'information pour en trouver une signification est innée. Cette capacité apparemment magique est largement méconnue, inexpliquée et incomprise, sauf si elle se présente sous une forme spectaculaire, simplement parce que les gens ne s'interrogent sur l'ES quotidien de leur miroir.




ND: Dans le livre, vous dites que la religion n'a rien à voir avec la spiritualité. Qu'entendez-vous par là?

KS: De nombreuses doctrines religieuses ont été créées pour garder les gens sous contrôle et pour maintenir l'ordre civil. Vous pouvez les repérer assez facilement: elles consistent principalement en instructions et en ordres comportementaux. Jared Diamond décrit dans un livre l'évolution du concept d'un Dieu unique, tout-puissant. Lorsque nous vivions dans des groupes tribaux sans lois fixes, nous avions généralement des communautés sociales d'environ 60 personnes. Nous ne pouvons pas suivre tout le monde dans de grands groupes. Il est donc impossible de faire de bons modèles d'harmonisation avec tout le monde, donc nous nous fragmentons en petits groupes. Nous avons répondu à ce problème en créant une technologie sociale qui a permis à beaucoup plus de gens de vivre ensemble. Les groupes tribaux ont subi la loi du roi unique, dont l'autorité venait de dieux que nous avions créés et de châtiments imposés aux hérétiques.

Autrement, certaines doctrines spirituelles ne se focalisent pas sur le comportement, elles se concentrent sur la réalisation d'états de conscience. Elles changent le cadre de référence en vue de création d'expériences de connectivité. Le gnosticisme chrétien, le soufisme, le bouddhisme zen et le chamanisme de nos ancêtres, sont souvent axés sur la création d'états d'union extatique. Dans ces états de conscience, le pratiquant éprouve l'existence sans aucune limite. Le lien sujet/objet que nous vivons comme une séparation cesse d'exister. Vous devenez un avec tout. L'ES illustre cette connectivité. Cette connexion n'est pas quelque chose que vous acquérez, c'est ce que vous êtes déjà. Les ES ne sont pas quelque chose que vous apprenez à créer, vous apprenez à reconnaître que vous êtes déjà en train de les créer.

J'ai entendu des gens demander si quelqu'un avait été «illuminé», comme s'il s'agissait d'une possession qui améliorait leur valeur. L'illumination est la reconnaissance de votre unité essentielle et la connexion avec l'existence. Vous n'avez pas à la gagner, vous l'êtes. La spiritualité est une connectivité. L'action et le commerce de la plupart des religions est d'avoir des gens qui négocient cette connexion naturelle par un code de conduite.



ND: Vous dites que nous voyons tous une réalité créée par les significations que nous recherchons et que nous le faisons naturellement et inconsciemment?

KS: Absolument. Nous avons tous connu des gens honnêtes, rationnels, qui ont des points de vue religieux, politiques ou philosophiques que nous estimerions extrêmes. Vous pouvez vous demander, "Comment peuvent-ils croire à cela ?" C'est parce que les croyances sont des modes de pensée qui se reflètent dans le monde qui nous entoure. Les gens prennent à tort les reflets de leurs ES comme la confirmation de leur version de la nature de la réalité, alors qu'en fait ils n'ont fait que croire ce qu'ils pensent.

En tant que psychologue, je vois des gens rejouer en permanence au cours de leur vie des modèles traumatiques et des liens relationnels. L'inconscient recrée ces modèles dans nos vies comme un moyen pour tenter de les gérer. Les ES fonctionnent de la même façon. Les chercheurs ont fait remarquer que l'un des types les plus constants de modèles d'ES qui se manifestent aux gens sont le reflet d'expériences soit traumatisantes soit spirituelles. Le point commun des deux est la valence émotionnelle autour des événements qui semblent diriger directement l'ES.



ND: Quelles sont les implications sur la manière dont les gens vivent leur vie spirituelle?

KS: La plupart d'entre nous vit dans ce que Joseph Campbell appellerait une mythologie personnelle. Un chrétien cherche l'aide de Jésus, et des ES apparaissent qui semblent provenir de leur dieu. Les musulmans cherchent Allah, et retrouvent le modèle de leur pensée reflété. Les païens recherchent la Déesse mère, et des réponses leur parviennent par ce qu'ils croient être leur divinité. J'aime étudier la mythologie, ce que Campbell pourrait appeler "la religion des autres". J'ai plusieurs dictionnaires de dieux et de déesses. Ils contiennent la description de milliers de divinités, qui toutes ont été au centre de la vie spirituelle et de la croyance des gens, et toutes, sauf un très petit nombre, sont maintenant considérées comme de simples mythes venant de nos ancêtres.

Ce qui a perduré, ce sont les traditions chamaniques et mystiques, la plupart étant un enseignement étonnamment semblable: il n'y a qu'un seul être, une seule conscience, et c'est ce que nous sommes. Encore une fois, comme le dirait Campbell : "Vous êtes, dans votre identité profonde, Dieu." Ce qui implique ici que lorsque vous créez un ES, vous ne modifiez pas l'environnement extérieur. Vous visualisez la démonstration que vos pensées ne sont pas séparées de l'environnement. Vous expérimentez un aspect de vous-même qui ne se limite pas à la cause et à l'effet du temps et de l'espace. Il y a beaucoup plus pour vous qu'une rencontre visuelle, vous êtes connecté à tout.



ND: Vous prétendez que la science moderne et la théorie des Cordes soutiennent l'idée que nous naviguons tous dans de nombreuses réalités à la fois - pouvez-vous en dire plus à ce sujet?

KS: Je propose une fiction explicative de l'ES qui colle à la théorie des Cordes, comme nous la comprenons aujourd'hui. J'ai lu, dans votre magazine, je pense, des articles de gens qui en sont venus à comprendre que les plans de conscience décrits par nos mystiques traditionnels sont en fait de nouveau remis en question concernant les dimensions de la réalité de la théorie des Cordes. C'est un grand pas en avant pour se rendre compte que toute la matière et toutes les dimensions possèdent leurs propres variétés de conscience.

Dans la théorie des Cordes notre univers a 11 dimensions, toutes les particules étant des extensions des dimensions liées à d'autres dimensions de divers modèles. Mais même au-delà de cela, il apparaît que notre univers est projeté sur ce qu'on appelle une "Membrane". C'est comme si nous existions en tant qu'êtres rampants à la surface d'une fine bulle. Nous ne sommes pas le seul univers-bulle ici-bas. La séparation entre les membranes est probablement aussi petite que le plus petit état quantique. Ce qui implique un nombre virtuellement infini d'univers physiques possibles dans l'espace autour de vous en ce moment. On s'en est servi comme blague en disant qu'Elvis faisait un show à Las Vegas dans une probabilité parallèle. Ce n'est plus une blague, c'est le modèle normal de la physique.

Dans le livre, je dis que nous ne vivons pas dans une seule probabilité. Nous ne sautons pas de l'une à l'autre, nous vivons simultanément dans une gamme presque infinie de ces probabilités. Je crois que notre expérience du passage du temps lui-même est le résultat de notre mouvement, à la vitesse de la lumière, comme décrit dans la théorie restreinte et générale, par ces membranes de probabilité. Notre trajectoire à travers ces probabilités est changée par nos pensées et nos émotions parce que, comme des mystiques pas si ignares l'ont dit, pensée et émotion sont des dimensions qui sous-tendent la réalité physique.

Que cette explication s'avère exacte ou non, elle est utile. Si vous y croyez, elle vous permet de naviguer juste un peu parmi les probabilités, entre 3 et 5%, en choisissant vos pensées et vos émotions, pour créer un ES. Le problème en expliquant un ES a toujours été que c'est une pensée du genre "la terre est plate" qui a amené quelque chose à "provoquer" un ES. On dirait que la structure toute entière de l'univers devrait être modifiée pour créer un ES. Avec un nombre infini de membranes de probabilités traversées, vous ne modifiez rien: vos schémas mentaux vous déplacent à travers des probabilités dans lesquelles les événements qui vous entourent reflètent vos processus internes. Vous êtes déjà un être multidimensionnel.



ND: Si je voulais essayer de me prouver que mes pensées se reflètent dans mon environnement, comment pourrais-je faire exactement ?

KS: La meilleure façon, aussi égoïste que cela puisse paraître, est d'abord de lire le livre pour que vous ayez un contexte sûr pour commencer. Les ES sont si sensibles que les gens parfois se retrouvent piégés dans un labyrinthe de miroirs, celui de leurs propres pensées. Le livre a été créé pour des gens pragmatiques et pour leur donner un cadre de travail. Il contient également une série d'exercices qui commence à la création d'un simple ES, et progresse vers la création de mythologies personnelles plus complexes. La meilleure façon de créer un ES est simplement d'y penser régulièrement, puis de regarder dans le monde comme s'il n'y avait qu'un seul être réceptif essayant de communiquer avec vous par un ES. Attendez-vous à une réponse ES, et elle finira bien par apparaître. N'oubliez surtout pas que vous voyez vos pensées reflétées dans les événements extérieurs.



ND: Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui éprouvent des événements de synchronicité et que cela pourrait effrayer ou désorienter ?

KS: Détendez-vous. Les ES ne sont pas dangereux. La signification qu'ils véhiculent n'est que du domaine de la pensée, et n'ont d'autre réalité que celle que vous avez choisi de leur donner. Ils ne sont même pas paranormaux. Ils sont extrêmement normaux. Tout le monde crée des ES. Vous êtes né en créant des ES, vous l'avez fait toute votre vie. Les ES font partie des outils de survie naturels que vous avez fait évoluer pour vous aider dans la vie. La meilleure façon de les utiliser est en tant qu'une forme de communication avec les autres parties de vous, pour vous enseigner la connectivité. Choisissez les modèles que vous souhaitez trouver et attendez-vous à ce qu'ils apparaissent comme des ES. Si vous êtes effrayé ou anxieux, demandez-vous pourquoi vous avez choisi de vous faire peur, puis avancez en créant quelque chose d'amusant avec un ES. Comme les ES sont dirigés par l'attention que vous y portez, tout modèle d'ES que vous ne souhaitez pas peut s'effacer soit par la recherche d'un autre modèle, soit en l'ignorant jusqu'à ce qu'il disparaisse. Si vous signalez au cerveau qu'il ne vous intéresse pas, il va progressivement cesser de le présenter.



Source


Traduit par le BBB.

3 commentaires:

  1. Même si les vraies synchronicités régies par le hasard sur lesquelles l'humain n'a aucune emprise existent forcément, aujourd'hui l'a majorité d'entre elles dans nos sociétés modernes trouvent leur source dans les nouvelles technologies et la conspiration...
    En quelques sortes, les synchronicités c'est le diable qui se balade incognito :

    http://bruleparlesillumines.e-monsite.com/pages/dossiers-sujets-reflexions-divers/les-synchronicites.html

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  2. Le hasard n'existe pas. Tout est régi par des êtres. Ce qui ne veut pas dire que les synchronicités sont l'oeuvre de l'être humain. Mais il est capable de les conscientiser. La conscience étant à priorité perméable, les nouvelles technologies peuvent facilement s'y engouffrer et créer des illusions redoutables.
    Donc, je dis et je redis: ATTENTION, et je rajoute:
    PRESENCE D'ESPRIT et DISCERNEMENT

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  3. Nous pourrions voir les "choses" ainsi:
    http://www.doublecause.net/
    ...Ou comme cela:
    http://synclist.blogspot.fr/

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