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mercredi 15 mai 2013

Les horreurs de l'accouchement à travers l'histoire

"Tu enfanteras dans la douleur", serait une mauvaise traduction voulue (on se demande par qui...) de la bible.
S'il n'y avait eu que la douleur (on appellait celle de l'enfantement le "mal joli"), mais la mort de la maman et/ou du bébé étaient fréquente. 

On doit remercier Frédéric Leboyer et quelques autres (j'en reparlerai) qui ont permis aux mères et aussi aux bébés de vivre un accouchement le moins médicalisé possible (la grossesse est une maladie, n'est-ce pas ?) et sans violence. Quant à l'accouchement sous péridurale, chose que je n'ai pas expérimentée, est-ce une bonne chose ?


Les horreurs de l'accouchement à travers l'histoire



L'accouchement a été dans une bonne partie de l'histoire humaine un fait de société. Les classes aisées étaient encouragées à se reproduire autant que possible, et la femme enceinte ou récupérant après l'accouchement avait le temps de se reposer pendant que des servantes prenaient soin d'elle et de l'enfant. Les femmes des classes populaires travaillaient jusqu'à la naissance et tout de suite après, car elles devaient travailler pour manger. Les classes aisées avaient aussi à leur disposition les toutes dernières connaissances médicales, mais ce n'était pas toujours une bonne chose.


Les distinctions de classe sociale pour les accouchements étaient enregistrées pendant la Renaissance. Dans la Florence du 15ème siècle, les femmes étaient mariées encore adolescentes et avaient souvent entre 5 et 10 enfants, selon qu'elles survivaient ou non à l'accouchement. Accoucher était si dangereux que la femme exprimait ses dernières volontés dès qu'elle se savait enceinte. Une méthode ancestrale de contraception est un allaitement prolongé, qui est un moyen de la nature pour espacer les grossesses.  La coutume parmi les classes aisées était de louer les services d'une nurse, ce qui voulait dire que la mère serait de nouveau bientôt enceinte.


Ce fut à la Renaissance que des médecins commencèrent à participer aux accouchements, bien que non sans peine. Les femmes dans leur ensemble étaient à l'abri des regards et leur corps caché sous des masses de vêtements. Il était inconvenant  pour tout homme de participer au processus intime de l'accouchement et les sage-femmes ne voulaient pas abandonner leur prérogative ou compétence de leur domaine. Les sage-femmes avaient l'expérience de leur côté, les médecins avaient l'autorité apportée par leur titre. La plupart des écrits et conseils à l'époque provenaient de médecins réputés et nombre de leurs conseils n'étaient donc que de pures conjectures.




Il y avait trois femmes enceintes à embarquer sur le Mayflower en route vers l'Amérique. Un enfant, Oceanus Hopkins, naquit pendant la traversée et mourut l'hiver suivant dans le Massachusetts. Un autre, Peregrine White, naquit à bord au large de Cap Code et vécut jusqu'à un âge avancé. Le troisième enfant était déjà mort-né à Plymouth, la mère mourut à l'accouchement. De telles histoires n'étaient pas du tout choquantes, car les chances de mourir de la femme pendant l'accouchement étaient entre 1 et 2% - à chaque naissance. Si une femme donnait naissance à huit ou dix enfants, ses chances de mourir finalement à l'accouchement étaient plutôt élevées. Le taux de mortalité infantile était encore plus élevé. Les chances qu'un enfant meure avant sont cinquième anniversaire étaient estimées aux environs de 20%, en fonction de la communauté (des archives exactes sont rares). En plus de la peur de mourir, mère ou enfant, il n'existait aucun moyen d'alléger la douleur pendant le travail, sauf du whisky à certains endroits. Dans les communautés puritaines, avoir mal pendant l'accouchement était une punition divine pour Ève et toutes les femmes qui venaient après elle.


Une maternité était encore plus effrayante pour les esclaves des débuts de l'Amérique. Le taux de mortalité infantile parmi les esclaves africains ou afro-américains du 18ème siècle était de 28 à 50% et la mortalité des enfants en dessous de 10 ans était de 40 à 50%, en raison d'une malnutrition de la mère, du surmenage, des maladies et du manque d'accès à la médecine. Les propriétaires d'esclaves accusaient les mères de faire mourir les bébés et il existe des preuves que des bébés ont été délibérément étouffés pour leur éviter une vie d'esclave, mais d'autres facteurs ont grandement contribué au taux de mortalité infantile.









Avec une augmentation de la population dans l'Europe des 17ème et 18ème siècles, les maladies contagieuses causèrent encore plus fréquemment des morts pendant l'accouchement. La fièvre puerpérale existait, mais le fait de la participation des médecins aux naissances a augmenté leur taux. C'est une infection bactérienne qui devenait apparente dans les jours suivant la naissance. L'accroissement de maternités voulait dire que de nombreuses femmes accouchaient très proches l'une de l'autre. Les médecins, à cette époque précédant la théorie des germes, allaient de patiente en patiente, transportant sans le savoir des bactéries sur leurs instruments et leurs mains non lavées. Dans les années 1790, Alexander Gordon signala que la maladie était répandu d'une patiente à l'autre. Il "saignait" ses patientes au premier signe de fièvre puerpérale, ce qui aidait dans certains cas, mais personne ne comprenait pourquoi. En 1842, Thomas Watson recommandait aux médecins et aux assistantes de laver leurs mains et d'utiliser du chlore entre les patientes. En 1847, Ignaz Semmelweis réduisit le taux de fièvre dans son service d'obstétrique en ordonnant le lavage des mains, mais l'idée restait rejetée par l'industrie médicale en général. Une victime célèbre de la fièvre puerpérale fut Mary Wollstonecraft, la mère de l'auteur de Frankenstein, Mary Shelley. En 1797, elle accoucha de sa fille Mary aidée d'une sage-femme. Mais ensuite le médecin fut appelé pour aider à délivrer le placenta et il vint rapidement, avec les mains non lavées. Mary Wollstonecraft eut une mort douleureuse mais typique de l'époque la semaine suivante. 

Les pionnières qui s'installèrent dans l'ouest américain ne furent pas beaucoup mieux loties que leurs consoeurs de l'orient ou d'Europe. Les médecins et sage-femmes étaient rares et celles qui étaient capables d'aider à l'accouchement avaient plus de connaissance que de pratique pour accoucher elles-mêmes. La mortalité infantile restait élevée, mais l'isolement d'une vie sauvage à de nombreux kilomètres des villes avait l'avantage de diminuer la contagion des maladies.

La reine Victoria, son mari et ses 8 enfants
L'accouchement changea de manière spectaculaire au 19ème siècle avec l'introduction des anesthésiques. Le dentiste William Morton introduisit l'usage de l'éther dans la chirurgie en 1846. L'obstétricien Sir James Young Simpson répandit le chloroforme comme anesthésique en 1847. La reine Victoria utilisa du chloroforme au cours de sa huitième délivrance en 1853. La pratique de l'accouchement sous anesthésie se répandit ensuite rapidement, malgré les protestations du clergé, qui prétendait que les douleurs du travail étaient la volonté de Dieu.






En 1914, une méthode appelée Twilight Sleep ("sommeil crépusculaire") fut introduite, qui comprenait l'usage de morphine et de scopolamine. La mère dormait pendant l'accouchement, mais les drogues affectaient aussi le bébé et parfois il ne respirait pas du tout. La morphine faisait aussi mourir des mères à l'accouchement.

Au 20ème siècle, les avancées médicales et la théorie des germes améliorèrent la santé publique et l'accès des classes défavorisées à des soins médicaux. Quand le Dr Joséphine Baker (pas la chanteuse !) fut nommée comme inspectrice dans la zone de Hell's Kitchen de Manhattan en 1901, elle découvrit que 1500 nouveaux-nés mouraient dans le district chaque semaine. Sa croisade pour améliorer les soins prénatals et post-natals exigea d'inventer du lait maternisé, d'ouvrir des cliniques, de lancer un programme de restauration scolaire, de former des assistantes maternelles et d'ouvrir des "stations de lait" dans la ville, et il en résulta une énorme diminution de la mortalité des nourrissons et des petits enfants.

Dr Joséphine Baker (ne ressemble pas vraiment à l'autre !)

L'accouchement, bien qu'étant parfois une épreuve, comporte aujourd'hui beaucoup moins de risques pour la mère. Les enfants ont beaucoup plus de chances de devenir adultes. Et la contraception qui s'est largement répandue donne aux gens l'option de décider quand et combien d'enfants ils veulent. Mais la partie difficile arrive après l'accouchement - élever une famille, qui se complique de jour en jour...


Traduit par le BBB.



2 commentaires:

  1. WOUI, et les horreurs des rendez-vous manqués constamment sur le TCHAT du BBB le mercredi !
    Hein ! PAS GLOP ! M'enfin ;-) pour une fois que l'avais pas oublié !

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  2. http://www.youmoviz.com/regarder-le-premier-cri-streaming-15581.html

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