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dimanche 3 février 2013

Ultraman, 3 février, le grand n'importe quoi continue


(Du grand n'importe quoi, série 3) ''Le danger des failles actives est une rumeur sans fondement'', dit un géologue de l'université de Tokyo


D'autres en rajoutent et disent, en gros, ''Cohabitons avec des centrales nucléaires qui siègent au-dessus de failles actives''.

Chose très intéressante, l'article du pro-nucléaire Sankei Shinbun fait écho à la lettre ouverte de la Commission de l'Énergie et du Commerce US à la Commission de Régulation Nucléaire, avec sa curieuse emphase sur une politique ''basée sur la performance''.

L'article du Sankei Shinbun cite un physicien, un ingénieur en nucléaire et un géologue marin parmi d'autres qui disent que la proposition d'un nouveau règlement sur la sécurité de l'Autorité de Régulation Nucléaire n'est pas basé sur la science et est pure fiction.

J'ai bien peur qu'à ce niveau le pays tout entier soit de la pure fiction.

L'article du Sankei démarre avec un gros titre très rusé comme si c'était l'Autorité de Régulation Nucléaire (ARN) qui disait qu'il est possible que les centrales nucléaires cohabitent avec les failles actives. Ce n'est pas le cas, mais sans lire réellement l'article, les lecteurs du Sankei ne le sauraient pas.

D'après le Sankei Shinbun, via Yahoo Japon (30 janvier 2013, partiel ; mes commentaires sont entre crochets en bleu) :


Proposition de plan pour la nouvelle norme de sécurité des centrales nucléaires dans l'éventualité d'un séisme/tsunami ''Il est possible de cohabiter avec des failles actives''

Crainte d'une réglementation sans base scientifique

Le 29 janvier, l'Autorité de Régulation Nucléaire a annoncé sa proposition de plan pour la nouvelle norme de sécurité pour les centrales nucléaires dans l'éventualité d'un séisme et/ou d'un tsunami. La nouvelle norme interdirait l'installation d'importantes installations au-dessus de failles actives, mais il y a des gens qui pensent qu'il est possible de cohabiter avec grâce à une conception anti-sismique dans un pays où il y a environ 2000 failles actives. Les scientifiques essaient de redonner confiance en la science et la technologie, perdue à la suite de l'accident de la centrale, mais en même temps ils sont inquiets que sans base scientifique, trop d'emphase sur la sécurité ne conduira nulle part.

[Conduira nulle part ? OK, qui sont ces scientifiques?]

Dans un symposium organisé à Tokyo le 25 janvier, l'ancien ministre de l'éducation et le physicien en nucléaire Akito Arima ont fait référence à la centrale d'Onagawa de Tohoku Electric (dans la préfecture de Miyagi) et la centrale de Fukushima II (Daini) comme ayant survécu au séisme et au tsunami du 11 mars 2011 et ils ont dit, ''Même s'il y a une faille active, tout ce qu'il nous reste à faire est de nous baser sur la recherche et le développement pour maintenir la sécurité.''

[Bien parlé, Dr Arima, mais les physiciens en nucléaire ne s'intéressent pas à la manière de construire des bâtiments au sommet de failles actives, n'est-ce pas?]

Le Pr Koji Okamoto de l'université de Tokyo (ingénieur en nucléaire) dit, ''Ce qui est plus important n'est pas si c'est une faille active, mais si il existe un risque de fuite radioactive. Mais il n'y a pas de discussion à ce sujet''. Il a conclu, ''La discussion à l'ARN n'est pas de la science. C'est un monde fictif.''

[Donc, un ingénieur en réacteur nucléaire qui appelle fiction une discussion avec des sismologues et géologues qualifiés. C'est logique, non?]

Le Pr Haruo Yamazaki de l'université de Tokyo (sismologie) souligne, ''Le danger des failles actives est une rumeur sans fondement, et on s'en sert comme prétexte pour faire opposition aux centrales nucléaires''.

[Rumeur sans fondement.]
Ce journal est incroyable pour ses choix de mots comme ''conduira nulle part'', comme si l'ARN essayant d'être du côté conservateur de la science était un tyran punissant une industrie sans bonne raison scientifique.
L'article continue, disant que la définition des failles actives a changé avec le temps – passant de failles âgées de 50.000 ans à 120.000 ans puis 130.000 ans et aujourd'hui 400.000 ans – et qu'une nouvelle référence de 400.000 ans est sans signification, en citant un géologue marin. (Un géologue marin devrait très bien connaître la géologie terrestre, n'est ce pas ?)

 
(Du grand n'importe quoi, série 4) L'eau du robinet de Fukushima City ''saine et délicieuse'', à utiliser lors de manifestations pour éradiquer les rumeurs sans fondement

Une bouteille de 500 ml est vendue 100 yens. (0,80 €)

C'est la dernière dans l'effort non-stop par les habitants de Fukushima depuis le 11 mars 2011 pour dire avec insistance que tout n'est que rumeurs sans fondement, qu'il n'y a pas de matériaux radioactifs et que les habitants sont blessés par de telles rumeurs. Pour prouver que ce sont des rumeurs sans fondement, ils mettent l'eau du robinet de Fukushima City en bouteille et vous la vendent.

Presque deux ans après l'accident, leur pays contaminé radioactivement par l'accident de la centrale n'a visiblement pas sombré pour la plupart des habitants qui continuent de vivre dans la préfecture. Et au point où on en est, il ne semble pas qu'il sombrera, même d'un millimètre.

D'après le Fukushima Minyu, journal local de Fukushima (1er février 2013) :



''Saine et délicieuse'', la promotion de l'eau du robinet en bouteille de Fukushima City

Le département municipal de l'eau de Fukushima City s'est embarqué dans une campagne de relations publiques pour attirer l'attention sur sa sécurité en mettant en bouteilles plastique ''l'eau de Fukushima''. Il demande aux organisateurs qui prévoient des conférences et manifestations dans la ville d'utiliser ces bouteilles d'eau pour que les gens puissent boire de l'eau sans danger à Fukushima. Ils espèrent éradiquer les rumeurs sans fondement provenant de l'accident de la centrale.

''L'eau de Fukushima'' est de l'eau du robinet provenant de la ville. Elle a commencé à être vendue en 2008 pour la promotion du tourisme. L'étiquette de la bouteille a été mise à jour l'année dernière avec une image représentant Hanami-yama, destination touristique populaire (avec les cerisiers en fleurs au printemps). Les matériaux radioactifs sont mesurés et les bouteilles ont des autocollants qui disent ND, ''Non détectés'', indiquant qu'il n'y a eu aucun matériau radioactif détecté, pour renforcer la sécurité.

Après le 11 mars 2011, il y a eu des conférences avec beaucoup de gens venant de l'extérieur de la préfecture. ''Si nous pouvions faire boire notre eau à ces gens, nous pourrions éradiquer les rumeurs sans fondement.'' Le département d'eau de la ville a commencé à demandé à des sociétés et à des groupes qui ont organisé ces conférences et manifestations s'ils voulaient se servir des bouteilles avec l'eau de la ville. Ils dit qu'ils obtiennent d'excellentes critiques.
Les officiels du département de l'eau disent, ''L'eau du robinet de Fukushima provient de la rivière Surikamigawa et elle est délicieuse. La sécurité est amplement assurée, alors s'il vous plaît, buvez-en.'' Une bouteille d'eau de 500 ml est vendue 100 yens (taxes comprises). Passez commande à l'avance.

La limite de détection des tests de Fukushima City est de 1 becquerel/kg. Avant l'accident, le gouvernement japonais faisait un contrôle routinier des matériaux radioactifs de l'environnement. Pour l'eau du robinet, la limite de détection varie de 0,074 à 0,185 millibecquerel/litre dans le cas de la préfecture de Fukushima (selon les données du centre d'analyses chimiques japonais). Notez l'unité : le millibecquerel, un millième de becquerel.
Je me rappelle avec tendresse du copain de Goshi Hosono qui avait bu de l'eau traitée de la centrale de Fukushima pour démontrer que l'eau était saine après un traitement élaboré. Iode et césium étaient ND, mais l'eau était pleine de tritium.

3 commentaires:

  1. Avec tous ces guignols, je crois qu'on aura pas besoin d'attendre 450 000 ans, ça va aller très vite :)

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  2. Un autre abruti avec sa jolie assistante, présentateur télé très célèbre, avait fait la promo des légumes de Fukushima quelques mois après l'accident en mangeant de légumes crus et en faisant manger à son esclave en direct.
    Ils sont morts tous les deux de cancers foudroyants...

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  3. Oui, ça chie rudement pour des trucs sans fondements...

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