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dimanche 24 février 2013

Les fleurs communiquent électriquement avec leurs pollinisateurs

Les fleurs envoient une vibration électrisante aux bourdons qui les visitent


21 février 2013 par Douglas Heaven

Photo par Pierre-Jean Bernard (laplanetedesinsectes.net)


Les plantes pourraient s'avérer être parmi les organismes les plus bavards. De récentes études ont montré qu'elles pouvaient communiquer par une surprenante variété de signaux. Il s'avère aujourd'hui qu'elles pourraient aussi envoyer des signaux électriques.

Pendant leur vol, les abeilles – comme tous les insectes – acquièrent une charge d'électricité positive. Les fleurs, d'un autre côté, sont reliées à la terre et ont donc une charge négative. Daniel Robert de l'université de Bristol, Royaume-Uni, et ses collègues ont entrepris de déterminer si les bourdons terrestres (Bombus terrestris) peuvent faire usage de ces signaux.




Pour tester l'idée, l'équipe a créé des fleurs artificielles, remplies pour certaines de saccharose et pour d'autres de quinine, substance dont ne se nourrissent pas les bourdons. Au début, les bourdons ont visité ces fleurs de manière aléatoire. Mais quand un champ de 30 volts – caractéristique d'une fleur de 30 cm – a été appliqué aux fleurs artificielles contenant du saccharose, l'équipe a découvert que les bourdons pouvaient détecter le champ à quelques centimètres de là et ont visité les fleurs chargées pendant 81 % du temps. Les bourdons sont retournés à leur comportement aléatoire dès que l'électricité a été coupée.

''C'était un premier indice qui nous a fait sauter d'excitation dans le laboratoire,'' dit Robert. Le résultat suggère que les bourdons peuvent utiliser le champ électrique comme indicateur de la présence de nourriture, comme sa couleur et son odeur. En l'absence de charge, ils butinent au hasard.

Dans un deuxième temps, son équipe a observé si les bourdons étaient influencés par la forme du champ électrique de la fleur, qui est déterminé par sa forme. En variant la forme du champ autour des fleurs artificielles de même charge, ils ont montré que les bourdons visitaient de préférence les fleurs avec des champs en anneaux concentriques, comme sur une cible de tir : ces derniers étaient visités 70 % du temps comparé aux 30 % pour les fleurs au champ circulaire sans anneaux.

Une évolution impitoyable

Les chercheurs ne savent pas exactement quelle information est contenue dans les signaux électriques des fleurs, mais ils soupçonnent que les fleurs pourraient faire évoluer la forme des champs dans leur compétition pour attirer les pollinisateurs. ''Les fleurs sont une expression impitoyable de l'évolution,'' dit Robert. ''Elles exploitent les bourdons''.

Il est probable que la charge électrique de la fleur ajoute des indices à ceux fournis par sa couleur et son odeur, dit Robert, tout à fait de la même manière que les pubs à la TV utilisent un mélange d'indices visuels et sonores pour convoyer les messages. L'équipe a montré, par exemple, que les bourdons ont mis moins de temps pour distinguer deux nuances de vert très proches quand un signal électrique avait été appliqué. ''L'électricité fait partie de leur monde sensoriel,'' dit Robert.

Quand un bourdon visite une fleur, il transfère une partie de sa charge positive, changeant progressivement le champ de la fleur. Les visites répétées peuvent changer de manière significative la charge, ce qui pourrait dire aux autres bourdons que l'approvisionnement en nectar est en diminution. 'La dernière chose que souhaite une fleur est de mentir à un bourdon,'' dit Robert. ''L'électricité est un moyen de changer très rapidement les indices : 'Je parais parfaite, je sens bon, mais mes circuits électriques ne sont pas tout à fait corrects – revenez plus tard !''

Bien sûr, il peut y avoir quelques tricheuses qui ne céderont pas d'un millivolt lors des visites, dit-il. Mais aussi bien les fleurs que les bourdons ont un contrôle limité de leur charge. ''Rien n'est laissé au hasard,'' dit Robert. '' C'est juste de la physique de l'atmosphère.'' Il espère découvrir si d'autres pollinisateurs – y compris des chauves-souris – utilisent aussi des signaux électriques.

Publicité mensongère

Robert Raguso, de l'université Cornell à New-York, est d'avis que le changement de champ électrique peut vraiment signaler que le nectar est peu abondant. ''Les couleurs et odeurs des fleurs changent lentement, mais le nectar ou le pollen peuvent être rapidement enlevés par le pollinisateur, créant une situation où la fleur qui vient d'être visitée fait toujours de la publicité, de manière malhonnête,'' dit-il. Un rapide changement de charge électrique corrigerait ces signaux périmés. ''Juste comme les marques chimiques laissées par les pattes des bourdons peuvent servir aux bourdons suivants pour éviter la visite d'une fleur dépourvue de nectar,'' dit-il.

Lars Chittka, université Queen Mary de Londres, pense aussi que c'est une découverte intéressante. Il note qu'une charge électrostatique peut faire jaillir le pollen à une courte distance de la fleur vers le bourdon, rendant la pollinisation plus facile pour celui-ci – une autre raison possible pour les bourdons de favoriser les fleurs avec une charge.

Chittka souligne cependant que nous ne pouvons toujours pas dire avec certitude que la capacité des bourdons à détecter une charge électrique correspond à un réel sixième sens. C'est peut-être que lorsqu'un bourdon fait du surplace devant une fleur, il sent simplement une charge statique qui fait incliner ses poils, de manière semblable aux poils de notre bras qui se hérissent au contact d'un ballon chargé d'électricité statique.

Si les bourdons possèdent malgré tout une réelle sensitivité à l'électricité, ils rejoindront les rangs de certains poissons et amphibiens. Ils seraient les premiers animaux découverts qui peuvent détecter des champs électriques dans l'air. ''On n'a vu cela jusqu'à présent qu'avec des animaux vivant dans des environnements mouillés,'' dit Chittka.


SOURCE

Traduction originale d'Hélios pour le BBB.

5 commentaires:

  1. le maïs aussi communique avec un parasite du sol en cas d'attaque par les chenilles d'un papillon,
    les oiseaux se dirigent aussi dans le ciel par le ciel, le nord, et aussi par des échanges avec le sol, sans doute les arbres, je m'avance un peu, mais par principe les oiseaux sifflent d'une façon différente par exemple sur des habitats propices à la nidification et donc au développement / maintien de leur espèce

    alors je cherche l'article :
    " les pinsons d'appartenance dialectale voisine pouvant s'installer dans des milieux en principe plus favorables (potentiel sylvatique moyen) que les oiseaux d'origine lointaine, rejetés dans les milieux les plus pauvres."

    http://www7.inra.fr/dpenv/joachc27.htm

    c'est pas exactement cela que je cherchais, mais l'habitat , présence d'arbres, de milieux spécifiques font inter-réagir les oiseaux, sans doute d'ici quelques années, on saura mieux expliquer les zones arborées type forêt et les repères en vol des oiseaux migrateurs, ou zones rivières ou zones humides aussi ...

    dans l'article je note aussi :

    "e concept voisin de métapopulation dérive de la notion d'hétérogénéité spatio-temporelle. Une métapopulation est l'ensemble des sous-populations interconnectées d'un même voisinage dont certaines peuvent être en déclin, voire s'éteindre localement et temporairement, tandis que d'autres, démographiquement excédentaires, réalimentent les premières. La survie à long terme d'une métapopulation est assurée par la dynamique des extinctions-recolonisations locales, favorisées par les connexions entre fragments de biotope. Les zones démographiquement excédentaires sont appelées « sources » ; un parallèle peut être fait avec les « noyaux dialectaux » de cette étude. Les zones démographiquement déficitaires sont appelées « puits » ; un parallèle peut aussi être fait avec nos secteurs d'extinction maximales et de renouvellement dialectal."

    de là à dire que le milieu émet des signaux que l'humain ne detecte pas, moi je dis oui, sans aucun doute , bises, cat

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  2. suite :
    "Les atomes des 4 éléments fondamentaux qui constituent le vivant (carbone, hydrogène, oxygène et azote) sont liés par leurs propriétés électriques et magnétiques. Ainsi l'homme est une « matière » vivante dont tous les composants depuis les cellules jusqu'aux organes, sont eux-mêmes fondamentalement électromagnétiques."
    ce qui revient à dire clairement, que tout ce qui est vivant sur cette Terre possède des propriétés electromagnétiques et est susceptible d'être affecté par des interférences electriques à plus ou moins forte doses, et à plus ou moins fort effet.

    on parle de dose CEM pour l'humain, c'est donc que les scientifiques ont admis que même l'humain pouvait être affecté par des parasites extérieurs ... maintenant ils ont décidé de ne pas abaisser ses doses maximales à ne pas dépasser, certes, certes,
    mais l'humain n'est pas le seul être vivant sur cette Terre ...

    http://www.cmo-comosystems.com/page.php?page=18&parent=12

    il ne sera pas facile de devenir des bons humains de demain sans changer nos comportements, nos modes de communications, nos modes de vies,
    si on intégre pas tout ce qui vit sur cette Terre,
    d'où mes doutes , parce que nous vivons et sommes baignés au milieu de tant de nouvelles technologies,
    qu'il est impossible de nier que tout va devoir évoluer sur cette Terre, y compris dans les autres règnes composant les êtres vivants de cette Terre...

    d'humeur taquine cette après-midi, on en laisse un peu pour plus tard ...
    hihi,
    bises, cat

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  3. http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-arum-titan-la-fleur-cadavre-est-de-nouveau-en-floraison-a-bruxelles-118985746.html

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  4. http://films-enstreaming.com/regarder/pollen-streaming-vf/


    Plein les mirettes, avec Gaïa c'est tous les jours nöel !!

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    1. Merci sorcière, cela fera une soirée cinéma pour les lecteurs du blog.

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