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jeudi 21 février 2013

Les effets des bruits humains sur les plantes


Non seulement les humains massacrent la nature avec des produits chimiques de toutes sortes, les expérimentations OGM, les émissions électriques et électro-magnétiques,  mais même leurs nuisances sonores la perturbe indirectement.


Les bruits des hommes ont un effet négatif sur les plantes


MessageToEagle.com – Un nombre croissant de recherches montre que les oiseaux et d'autres animaux changent de comportement en réponse aux bruits humains, tels le vacarme de la circulation ou le vrombissement des machines.

Mais les bruitages humains n'affectent pas uniquement les animaux.


Comme beaucoup d'animaux pollinisent également des plantes ou mangent ou dispersent leurs graines, les bruits humains peuvent avoir des effets de contagion sur les plantes, aussi, déclare une nouvelle étude publiée le 21 mars 2012, sur le journal Proceedings de la Société Royale britannique.

Dans le cas où le bruit a des effets de contagion sur des plantes à vie longue comme les arbres, les conséquences pourraient durer pendant des dizaines d'années, même après que la source du bruit disparaît, dit l'auteur principal Clinton Francis.

Dans de précédentes études, Francis et ses collègues avaient découvert que certains animaux augmentent en nombre près de sites bruyants, alors que pour d'autres c'est l'inverse.

Mais les différentes réponses des animaux aux bruits humains pourraient-ils avoir aussi des effets indirects sur les plantes ?

Pour le savoir, les chercheurs ont mené une série d'expériences entre 2007 et 2010 dans une zone sauvage au nord-ouest du Nouveau-Mexique.

La région est le siège de milliers de puits de gaz naturel, dont beaucoup sont reliés à de bruyants compresseurs pour l'extraction du gaz et son transport dans des pipelines.

Les compresseurs grondent jour et nuit, tous les jours de l'année.

L'avantage de ces travaux dans des sites de gaz naturel est qu'ils permettent aux scientifiques d'étudier le bruit et ses effets sur la vie sauvage sans les facteurs de confusion des zones bruyants comme les routes ou villes, et la pollution venant de la lumière artificielle et les produits chimiques ou les collisions de véhicules.

Au cours de leur recherches, Francis et collègues ont d'abord fait une expérience en utilisant des carrés de plantes artificielles prévus pour mimer une fleur sauvage rouge commune nommée ipomopsis aggregata (de la famille des phlox, voir photo plus bas)

Chaque carré était composé de cinq plantes artificielles avec chacune trois ''fleurs'' – des tubes microcentrifuges emballés dans du fil électrique rouge – remplis d'une quantité précise d'eau sucrée comme nectar.

Voici le site de recherche du Nouveau-Mexique qui a servi aux chercheurs


Pour facilement estimer le transfert de pollen dans et entre les carrés, les chercheurs ont également réparti les fleurs d'une plante par carré de pollen artificiel, en prenant une couleur différente pour chaque carré.




Le niveau de vacarme des carrés dits bruyants ressemblaient à celui d'une autoroute distante de 500 mètres, a dit Francis.

Quand les chercheurs ont comparé le nombre de visites de pollinisateurs dans les sites bruyants et calmes, ils ont découvert qu'une espèce d'oiseau en particulier – le colibri à menton noir – faisait cinq fois plus de visites aux sites bruyants qu'aux sites calmes.

Le colibri à menton noir "préfère" les sites bruyants

''Il est possible que les colibris à menton noir préfèrent les sites bruyants parce qu'une autre espèce d'oiseau qui s'attaque à leurs petits, le geai des broussailles, a tendance à éviter ces zones,'' explique Francis.

Le transfert de pollen était également plus fréquent dans les sites bruyants.

Si davantage de visites de colibris et de transfert de pollen se traduisent par une production plus élevée de graines pour les plantes, les résultats suggèrent que les plantes pollinisées par les colibris comme l'ipomopsis peuvent indirectement bénéficier du bruit,'' a dit Francis.

Une autre série d'expériences a révélé que le bruit peut bénéficier indirectement à certaines plantes, mais c'est une mauvaise nouvelle pour d'autres.

L'ipomopsis aggregata, qui attire les colibris,  qui a été copiée pour les expériences

Lors de la deuxième série d'expériences sur le même site d'études, les chercheurs ont entrepris de découvrir ce que le bruit pourrait signifier pour des graines d'arbres et de jeunes plants grâce à l'un des arbres qui prédomine dans la région – le pin parasol.

Pin parasol
Les graines du pin parasol qui ne sont pas sorties de leurs cônes tombent sur le sol et sont mangées par les oiseaux et d'autres animaux.

Pour découvrir si le bruit affectait le nombre de graines de pin parasol mangées par les animaux, les chercheurs ont éparpillé des graines au pied de pins dans des sites bruyants et tranquilles, en se servant de caméras déclenchées à distance pour savoir quels animaux prenaient les graines.

Au bout de trois jours, plusieurs animaux ont été repérés se nourrissant de graines, dont des souris, des tamias (variété d'écureuils, NdT), des écureuils, des oiseaux et des lapins.

Mais deux animaux en particulier fréquentaient ou bien les sites plutôt bruyants, des souris, alors que les geais des broussailles les évitaient d'un commun accord.

Le pin parasol, qui souffre des bruits humains

Les graines de pin parasol mangés par les souris ne survivent pas au passage de l'appareil digestif de l'animal, dit Francis, donc une augmentation de population de souris près de sites bruyants pourrait être une mauvaise nouvelle pour les rejetons de pins dans ces zones.

En contraste, un seul geai des broussailles peut prendre des centaines de milliers de graines, juste pour les cacher dans le sol afin de les manger plus tard dans l'année.

Les graines qu'ils oublient peuvent finalement germer, donc la préférence des geais pour des zones calmes veut dire que les pins parasol de ces zones en seront les bénéficiaires.

Pour enregistrer les résultats des graines les chercheurs ont compté le nombre de jeunes plants de pin parasol et découvert qu'ils étaient quatre fois plus abondants dans les sites calmes que dans les sites bruyants.

Il faut peut-être des dizaines d'années pour qu'un pin parasol devienne un arbre adulte en partant d'un jeune plant, a dit Francis, les conséquences du bruit peuvent donc durer plus longtemps que ce que pensaient les scientifiques.

''Moins de jeunes plants dans les zones bruyantes peut vouloir dire en fait moins d'arbres adultes productifs, mais comme les pins parasol sont si lents à pousser, le changement pourrait ne pas être détecté avant plusieurs années,'' a-t-il dit.

''Moins de pins parasol voudrait dire moins d'habitat essentiel pour des centaines d'espèces qui dépendent d'eux pour survivre.''




Traduit par Hélios pour le BBB.

2 commentaires:

  1. (ffilou6)
    J avais vu dans une video, des experiences qui montraient que la musique avait des influences differentes en fonction du style(musique classique ou rock n roll ou metal dechaine ou techno electronique etc.) et des plantes...
    Il y avait des plantes dont la forme des feuilles et la taille des fruits etaient différents grace a ou a cause des musiques, alors qu elles recevaient la meme quantite d eau et d exposition a la lumiere du jour!

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  2. (ffilou6)
    Un peu hors-sujet?, article sur les sons http://essence-euro.org/journal/net/textes/prevot/sons.html .

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