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lundi 7 janvier 2013

Ultraman 7 janvier 2013

Où on en apprend de belles sur l'incompétence des bureaucrates japonais...


Accident nucléaire de Fukushima : Les hauts fonctionnaires japonais ne connaissaient pas le GIS *, et n'ont pas compris les données américaines, prétend un magazine japonais


* GIS : Geographic Information System : logiciel permettant de réunir toutes les données géographiques d'un endroit

J'ai lu des nouvelles incroyables depuis 20 mois, mais celle-ci, si elle est vraie, ''gagnerait le pompon.''
J'avais lu l'article ci-dessous en juillet 2012 et j'allais le poster mais je n'ai pas réussi. Le 31 décembre 2012, des nouvelles de Kyodo ont émergé selon lesquelles l'équipe du gouvernement US qui avait été envoyée au Japon juste après le début de l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima était un groupe spécial nucléaire de contre-terrorisme. Cela a fait ressortir les informations de juin l'année dernière annonçant que le gouvernement japonais n'avait pas révélé les données américaines en temps utile et que les ministres du gouvernement de l'administration Noda s'étaient excusés.

Yukio Edano, alors ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie, fut entendu en train de s'excuser, comme le rapporte le Kahoku Shinpo (l'original provient sûrement de Kyodo News ; 1er janvier 2013) :



M. Yukio Edano, à l'époque responsable de la gestion de crise en tant que secrétaire chef de cabinet, a dit, ''(Si les données américaines ont été utilisées) il est possible que nous aurions pu évacuer plus tôt des gens dans la ''zone d'évacuation intra-muros''. Pourquoi les données ne sont-elles pas remontées jusqu'au responsable parlementaire ? C'est vraiment lamentable.''


Hé bien, si le magazine Shukan Playboy a raison, c'était parce que personne au gouvernement national ne pouvait s'y retrouver dans les données américaines parce que c'était en format GIS, cela n'était même jamais arrivé que des données soient en format GIS.
D'après le Shukan Playboy (23 juillet 2012, partiel) :



Le plus gros problème fut qu'il n'y avait personne à la NISA ou au ministère de l'éducation qui était capable [de reconnaître les données comme étant] des données GIS. Le gouvernement national avait promulgué une loi pour utiliser le GIS, mais l'élite bureaucratique du gouvernement japonais ne savait pas comment utiliser ces données [venant du gouvernement].

[Nous avons appris] qu'il y a eu des fonctionnaires de Kasumigaseki [à Tokyo où se situent les ministères du gouvernement national] qui ont imprimé sur papier une grande quantité de données et qui les ont regardé, bien que les chiffres ne voulaient rien dire à moins de les ouvrir avec le logiciel GIS. [Par ailleurs] les journalistes compétents des médias sont également incapables d'utiliser pleinement ces données valables. Ils ont même parlé des données comme des messages codés, même si ce n'est pas un secret militaire.

C'est la raison pour laquelle le gouvernement US a rendu disponible des ''données brutes'' sur internet depuis octobre 2011 qui comprennent les endroits mesurés, les types et quantités de radionucléides mesurés et les jours de mesure. Ils rendent les données directement disponibles parce qu'ils ne peuvent avoir confiance en le gouvernement japonais ou les médias [pour faire quelque chose des données].

Le gouvernement japonais ne pouvait comprendre ni utiliser les données de contamination par radiation données par l'armée américaine parce que les données étaient prévues pour être utilisées avec le GIS. Ce qui fait que les japonais n'avaient aucune chance de connaître ces données valables. Même pas aujourd'hui, plus d'un an après le début de l'accident nucléaire. À quoi sert la loi NSDI [National Spatial Data Infrastructure Law, loi pour l'infrastructure nationale de données spatiales, loi passée en 2007], qui suppose qu'on utilise pleinement le GIS ?
Ce n'est pas que ce journaliste en sache beaucoup lui-même sur le GIS, car il écrit,


Le GIS est une technologie qui combine des informations géographiques et des données comme ''le contaminant principal'', ''les zones à forte contamination'', ''la chronologie'' etc. comme une simple carte qui permet une analyse sophistiquée et une prise de décision rapide quand surviennent un accident ou une catastrophe avec une contamination à grande échelle de l'environnement.

Le logiciel GIS peut être téléchargé gratuitement. Avec du matériel informatique à haute performance disponible à faible coût, le GIS est largement utilisé à travers le monde.

Je n'en suis pas totalement certain mais il est probable que le système GIS utilisé par le gouvernement américain ne soit pas un logiciel gratuit. Il doit probablement venir d'Esri, qui n'est ni gratuit, ni bon marché. Le journaliste semble penser que c'est comme le système GPS de navigation pour les voitures ou comme Google Earth.
Le GIS est décidément ni une technologie seulement pour un gros accident ou une catastrophe naturelle. Il s'agit d'un logiciel sur la manière d'organiser et de visualiser une information géographiquement.

Mais n'est-ce pas triste, si l'article a raison ? Les bureaucrates des puissants ministères n'avaient aucune idée de que racontaient les données et ils regardaient ce qui avait été imprimé en essayant de donner du sens aux chiffres comme si par l'intuition ils pourraient avoir une illumination divine.

De nombreux lecteurs japonais ont rejeté l'article comme ''non crédible'' parce qu'il venait d'un magazine porno pour hommes. Je l'ai trouvé très crédible, surtout la partie qui décrit l'élite bureaucratique qui regarde les feuilles imprimées en essayant de donner du sens aux chiffres. Cette image colle très bien avec le directeur d'alors de la NISA, qui a quitté le quartier général de réponse aux catastrophes au sein de la résidence officielle du premier ministre et est rentré chez lui le 11 mars 2011 parce que c'était un diplômé d'arts libéraux. Il n'est jamais retourné au quartier général ensuite.

2 commentaires:


  1. Très Honorables Habitants de la Planète,
    Vous êtes tous morts...
    Excusez-moi.

    Ben voyons....

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  2. Le XXIème siècle sera celui du triomphe de l'incompétence...Car si science sans conscience n'est que ruine de l'âme, conscience sans science n'est qu'aveuglement!

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