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samedi 12 janvier 2013

Ultraman, 12 janvier 2013


Une maîtresse de maison de Fukushima City : les ''50 de Fukushima'', pas des héros, parce qu'ils travaillent pour TEPCO


Mme Seiko Takahashi répond le 3 janvier à la question d'un journaliste de la BBC sur les ''50 de Fukushima'', ces ouvriers qui sont restés à la centrale après l'explosion du réacteurs 3 et ont fait ce qu'ils ont pu pour contenir la situation :

Avant les meltdowns, Seiko Takahashi n'a jamais pensé à être une activiste. Aujourd'hui cette mère d'âge moyen de Fukushima fait passionnément campagne contre le nucléaire. Et elle admet qu'il y a peu de sympathie pour les ouvriers de Fukushima.
''Ce ne sont pas des héros pour nous,'' dit-elle. ''Je suis désolée pour eux, mais je ne les considère pas comme des héros. Nous voyons en eux un bloc, ils travaillent pour TEPCO, ils ont gagné beaucoup d'argent. La compagnie a gagné beaucoup d'argent avec l'énergie nucléaire et c'est ce qui a payé leurs précieuses vies.''


Elle dit en substance qu'ils ont ce qu'ils méritent en ayant travaillé pour TEPCO.
Sa ville, Fukushima City, est dans le tiers fortement contaminé du milieu de la préfecture de Fukushima. Alors que beaucoup de japonais (et d'étrangers) peuvent sympathiser avec elle et le malheur de sa ville, beaucoup parmi eux sont également en colère parce que la ville, de même que la plupart des municipalités de cette préfecture continue la culture de céréales pour les vendre à l'extérieur, en prétendant qu'elles sont inoffensives (c'est à dire moins de 100 Bq/kg de césium radioactif) et prétend souffrir terriblement des ''rumeurs sans fondement''.

Pour la manière dont les ouvriers de la centrale ont été traités par leurs compatriotes, les habitants de Fukushima, allez voir mon article de février 2012. Ce billet parlait d'un article qui avait paru dans le Der Spiegel allemand. Je n'avais pratiquement rien lu sur cette question dans les médias japonais.

Comme le dit le journaliste à la fin de son article,


Il existe une profonde sympathie pour des victimes comme lui [M. Yoshizawa, un éleveur de bétails de Namie-machi]mais le public japonais semble avoir peu de sympathie ou d'inquiétude pour les souffrances des ouvriers de Fukushima.
C'est le Japon pour vous.

1 commentaire:

  1. Je comprends la colère de cette femme mais à leur décharge la plupart des travailleurs du nucléaire ne sont pas informés des dangers réels liés à leur travail.
    La contamination par les faibles doses est une chose reconnue et cent fois confirmée par la communauté scientifique, ce que l'on nomme effet Petkau mais qui ne peut être reconnu par l'ASN sans quoi il ne serait plus possible d'installer une quelconque centrale puisque même en fonctionnement "normal" elles émettent des quantités non négligeables de radioéléments sous forme de gaz ou de rejets de vapeurs ou d'eau faiblement contaminée ( dans les normes, quoi... ).
    Il est maintenant établi que le taux de cancers infantiles est sensiblement plus élevé aux alentours des centrales nucléaires, laissons-en la contestation aux seuls défenseurs des lobbys qui de toute façon sont fondamentalement amoraux !

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