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mardi 1 janvier 2013

Roulette nucléaire (1ère partie)

Vient de sortir aux États-Unis un livre, Roulette Nucléaire.

Ce livre traite des centrales nucléaires américaines, mais son auteur nous présente des informations générales sur l'état actuel du nucléaire dans le monde.

La deuxième partie sera postée demain.



Roulette Nucléaire: la vérité sur la source d’énergie la plus dangereuse sur Terre


Samedi 29 décembre 2012 par Mark Karlin (Site Truthout)


D’après l'interview de l'auteur avec Chelsea Green, éditrice du nouveau livre “Roulette Nucléaire”:

Chaque nouvelle catastrophe démontre que l’industrie nucléaire et le gouvernement mentent pour « éviter la panique » afin de préserver le mythe d'une énergie nucléaire « sûre et propre », et pour conserver les subventions du gouvernement. Tokyo et Washington ont chacun camouflé les risques radioactifs de Fukushima et – quand confrontés aux preuves – ils ont simplement élevé le niveau des risques « acceptables » pour que cela coïncide avec les plus forts niveaux d’exposition.

Roulette Nucléaire, démonte les arguments majeurs derrière le complexe industrio-nucléaire ”Renaissance du Nucléaire”. Pendant que certaines critiques sont familières – l'énergie nucléaire est trop chère, trop dangereuse, et trop instable – d'autres sont surprenantes : Roulette Nucléaire expose les liens historiques avec l'armement nucléaire, ses impacts sur les territoires et les vies des autochtones, et la façon dont la Commission de Régulation Nucléaire (CRN) se laisse trop souvent mener par l’industrie, ré-écrivant les règles pour que les centrales défaillantes restent conformes. Roulette nucléaire cite des archives de la CRN qui montrent comment des corporations diffèrent systématiquement l'entretien et ce qu'il y a à faire, dont le résultat sont des catastrophes évitées de justesse aux US, en moyenne plus d'une fois par mois.

Truthout a interviewé l’auteur du livre, Gar Smith:

Mark Karlin: La première partie de votre livre couvre 14 arguments contre l’énergie nucléaire. Évoquons-en d’abord deux, en commençant avec celui incluant une partie de chacun des autres. Quels sont les dangers catastrophiques des centrales nucléaires que vous détaillez dans le chapitre 4 ?

Gar Smith: L’énergie atomique est irréaliste à plusieurs niveaux. L’énergie nucléaire a prouvé qu’elle coûtait trop cher pour survivre sans l’aide du gouvernement et les renflouements des contribuables. L’énergie nucléaire est de manière inhérente peu fiable car les réacteurs doivent être régulièrement fermés pour remplacer les barres nucléaires de combustible usagé. Les réacteurs font aussi l’expérience de « fermetures imprévues », ce qui signifie qu’ils peuvent être hors service plus de 10 % du temps. En 2011, les propres archives de la CRN ont révélé qu’au moins 75% des réacteurs US ont eu régulièrement des fuites de tritium.

Les réacteurs nucléaires n'ont pas d'efficacité énergétique. Ils produisent bien plus de chaleur qu’ils ne peuvent en utiliser. Il faut au moins 500 000 gallons d’eau (1892 m3) par minute pour refroidir ces centrales. Même dans ce cas, environ les deux tiers de la chaleur est gaspillée et nécessite d’être évacuée dans les cours d’eau voisins ou dans l’atmosphère. Un réacteur est comme une voiture de sport construite pour voyager à 1000 km/heure dans un monde où la vitesse est limitée à 100 km/heure. Pour la faire fonctionner en toute sécurité, vous avez besoin de garder en permanence le pied sur le frein. Et bonne chance si le frein casse.

Le monde en est maintenant à 3 catastrophes nucléaires en 30 ans – avec explosions, incendies et fusions : Three Miles Island, Tchernobyl, et Fukushima. Ajoutez à cela le nombre croissant d’accidents avec les réacteurs vieillissants aux EU et dans le monde qui continuent de se fissurer, de fuir et de tomber en panne. Que l’industrie l'apprécie ou non, il est inévitable que des accidents nucléaires fassent de plus en plus la une des nouvelles du soir.

Mark Karlin: Nous entendons tellement parler par l’industrie nucléaire de nouveaux réacteurs améliorés. Quelle est la réalité derrière cette affirmation ?

Gar Smith: Alors qu’il y a de nouveaux modèles, pour l’instant aucun d’eux n’a été construit ou complètement testé. La plupart des soi-disant réacteurs de 4 ème génération ne seront probablement jamais construits. Les nouveaux réacteurs AP1000 en cours de construction en Georgie et Caroline du Sud ont des imperfections fondamentales de conception qui ont poussés le précédent président de la CRN à voter contre l’attribution d’une licence à ces réacteurs. La construction en Georgie de 2 réacteurs AP1000 Vogtle (soutenus à coup de milliards de prêts garantis par les contribuables) a été perturbée par une construction bâclée et des matériaux de construction au rabais.

En plus des nouveaux réacteurs proposés (qui opéreraient à des températures 2 ou 3 fois plus importantes que celles des réacteurs déjà existants), le Département de l’Énergie finance le démarrage de quelque chose appelé petit réacteur modulaire. Ces « mini-centrales », pourraient être hébergées dans un garage prévu pour deux voitures mais seraient probablement souterraines. Disperser ces petits réacteurs dans le paysage augmenterait les risques pour la sécurité, augmenterait les risques liés à l’approvisionnement et au transport, et ne ferait rien pour réduire le danger d'accidents des réacteurs et une libération habituelle de radioactivité.

Soyons clairs: les centrales nucléaires ne génèrent pas d’électricité. Elles ne produisent que 3 choses : une énorme quantité de chaleur (utilisée pour faire tourner les turbines qui génèrent l’électricité), des retombées radioactives (sous la forme de fuites « permises » qu'on peut relier aux tumeurs thyroïdiennes et aux leucémies infantiles) et des tonnes de déchets radioactifs

L’énergie nucléaire a été récemment promue alternative propre aux énergies fossiles, mais même si l’énergie atomique fonctionnait sans carbone (ce qui n’est pas le cas), compter sur le nucléaire pour éliminer ne serait-ce que la moitié des émissions mondiales de CO2 produites par le soi-disant réchauffement climatique demanderait la construction de 32 nouveaux réacteurs par an. Cela ne rime à rien.

Mark Karlin: dans les années 50 et 60, il y a eu un grand mouvement anti-nucléaire en Europe et aux États-Unis avec de grandes manifestations contre les bombes et les centrales nucléaires. Qu’est-il arrivé ? On ne parle plus maintenant aux nouvelles de l’énergie nucléaire, sauf quand il y a un meltdown comme à Fukushima.

Gar Smith: Hé bien, beaucoup de ces manifestations étaient présentés comme moyen de stopper la construction de nouveaux réacteurs. Une fois les réacteurs construits et en service, les manifestations n’avaient plus lieu d’être. Quant au manque général d’informations critiques, ceci pourrait être dû au fait que les réseaux d’informations majeurs sont des sociétés et qu'elles ont fusionné et il n'en reste donc plus que quelques-unes au fil des ans. Leurs intérêts sont ceux de société.

Quand les retombées de Fukushima ont atteint la Côte Ouest, le public a été assuré que l’iode 131 de l’eau de pluie n’avait qu'une demi-vie de 6 jours. Mais si vous voulez savoir pendant combien de temps un isotope reste dangereux, multipliez la demi-vie par dix.

Mark Karlin: Truthout a récemment publié un extrait de « Roulette Nucléaire » concernant les relations publiques entre l’industrie et le gouvernement pour promouvoir l’énergie nucléaire. Comment cela se manifeste-t-il ?

Gar Smith: Un ingénieur nucléaire a fait une fois la remarque suivante: ''l’énergie nucléaire peut être sûre et l'énergie nucléaire peut être peu coûteuse. Seulement pas en même temps.'' Les catastrophes nucléaires de Pennsylvanie, d'Ukraine et du Japon ont toutes démontré la même réponse de la part de l’industrie et du gouvernement - un orgueil démesuré, le déni et la tromperie. L'hypothèse de base est que la technologie ne peut jamais avoir d’échec. Quand elle est en échec, on nie l'existence du problème. Quand le problème se révèle hors de contrôle, on a recours à la tromperie pour éviter les responsabilités.

Suite aux meltdowns de Fukushima, la Maison Blanche a faussement assuré au public que les retombées n’atteindraient pas les US. L’Agence de Protection de l’Environnement a ensuite omis de diffuser les preuves que ses moniteurs RadNet avaient détectées de l’iode et du césium radioactifs dans l’eau de pluie de la Côte Ouest. Au Japon quand le niveau de radiation s’est élevé au-dessus de niveaux « inoffensifs », Tokyo a répondu en élevant le niveau ''acceptable'' d’exposition aux radiations. Les US ont fait de même. Les US ont supprimé leur veille journalière de détection des retombées pour ne faire des tests que tous les trimestres. Avec les fusions à Fukushima toujours hors de contrôle, c'est indéfendable.

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SOURCE

Traduit par Chantalouette et Hélios

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    j'ai travaillé 26 ans dans le nucléaire en tant qu'exploitant (pilotage du réacteur et ensuite responsable des opérateurs et de l'équipe de quart) aujourd'hui je suis à la retraite, je lis beaucoup de choses sur le nucléaire et sur les énergies renouvelables.
    Dans les deux cas ce qui ce dit est très loin de la réalité.
    Exemple: tout système un jour ou l'autre aura une panne, même mineure ... et bien dans le nucléaire c'est forcément grave et bien sûr monté en épingle par des personnes qui se disent écolos ou autres d'ailleurs)
    Exemple: la voiture électrique ne pollue pas...ne parlons pas de son recyclage (batteries...etc, mais c'est pareil pour une centrale nucléaire ou thermique), celui qui connait un peu la thermodynamique connait le cycle de Carnot qui détermine le rendement d'un système thermique, simplement pour dire que ce soit du thermique dit classique (fuel charbon) ou nucléaire, tout cela fait de la chaleur, le rendement d'une centrale avoisine à peu près les 30 à 35%, c'est à dire que pour charger les batteries de votre voiture électrique, il y aura 65 à 70% du charbon ou fuel ou énergie nucléaire qui finiront dans l'air et dans l'eau.
    Donc si nous multiplions le nombre de voitures électriques dans un but écologique, nous multiplierons très certainement les centrales à charbon (j'y ai travaillé quelques année), rappelons que le charbon dans l'avenir sera une source d'énergie en expansion donc émissions massives de Co2 et d'un autre côté le nucléaire (qui est la pire des choses bien entendu).
    Bref un vrai débat.
    Maintenant arrêtons d'obliger le rachat de l'électricité non produite par EDF, qui donc s'abonnera à une énergie en principe verte qui coûte nettement plus cher ? ( trois à quatre fois) et là si on est écolo ... on s'abonne par conviction !
    Mon but n'est pas de provoquer, il y a ou il y aura peut être plus tard d'autres solutions que les systèmes de production d’électricité que nous connaissons, mais ne vous leurrez pas si le nucléaire est un business, les énergies vertes en sont tout autant et aucunement ne profitent aux citoyens de ce monde.

    Mon avis n'est pas forcément juste, mais ce n'est qu'un avis parmi tant d'autres.

    En tous cas meilleurs vœux pour 2013, avec beaucoup moins de guerres, beaucoup moins de misères, beaucoup moins de personnes qui meurent de faim, beaucoup moins de gens qui ... bon j'arrête là.

    Bonne année quand même à tous (sincèrement).

    Bien sur anonyme (mais terrien d'abord).


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    1. """"dans le nucléaire c'est forcément grave et bien sûr monté en épingle par des personnes qui se disent écolos ou autres d'ailleurs""
      Fukushima et autres c'est sur, sont monté en épingle !
      Sacré écolos !
      Par contre Tepco ne monte pas en épingle, mais nous délivre la vérité !
      terrien d'abord

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