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vendredi 11 janvier 2013

Durée de vie des réacteurs nucléaires

Tribune libre :

Quelle est la durée de vie des réacteurs électronucléaires ?


Prendre en compte la durée de vie réelle de ces installations 

Les centrales nucléaires françaises ont été conçues et construites pour une durée initiale d'au moins 30 années équivalentes à la pleine puissance ce qui correspond à au moins 40 ans calendaires avec un taux moyen d’utilisation de 75 % par an (6500 heures/an) à pleine puissance.

Les résulats des tests et contrôles montrent une durée prévisionelle d'au moins 60 ans.
Le Président de la République avance comme argument qu’il faut arrêter Fessenheim parce qu’elle est la plus vieille centrale du parc.

(Nota : Cette approche est souvent faite par assimilation avec la durée d’amortissement comptable ce qui est une toute autre affaire. On ne détruit pas sa maison lorsqu’on a fini de la rembourser) ! 

La réalité industrielle est autre. Elle ignore l’âge calendaire et ne raisonne qu’en termes d’obsolescence de toutes natures et, pour le nucléaire, de conservation d’un haut niveau de sûreté.

La connotation de « vieux » est un terme biologique seulement valable pour tous les êtres vivants aussi bien végétaux qu’animaux mais totalement inadapté pour les machines.

Une installation industrielle ne vieillit pas, elle s'use. Tant qu'elle n'est pas obsolète économiquement, les pièces usées sont systématiquement remplacées par des pièces neuves souvent de bien meilleure qualité que les pièces d'origine. En effet, ces pièces de rechange ont intégré tout le REX (retour d’expérience) non seulement du parc homogène français mais également le REX du parc mondial, notamment des tranches à eau sous pression qui représentent les deux tiers des réacteurs électronucléaires en service dans le monde entier.

Cependant, deux composants sont dits irremplaçables : l'enceinte de confinement et la cuve. 

Pour l'enceinte de confinement, il s'agit, dans les réacteurs de 900 MWe, d'un ouvrage de béton précontraint par câbles qui est toujours en compression sauf lors des épreuves décennales où, en l'amenant à la pression de l'accident de référence, il se trouve alors temporairement à la relaxation de contraintes. Les bétons supportent remarquablement bien les contraintes de compression permanentes de précontrainte. Ils ne « s’usent pas » dans cet état. Ce n’est pas la même situation pour d’autres ouvrages d’art comme les ponts, soumis à des vibrations quasi permanentes et des contraintes locales de traction ou de cisaillement. Cette enceinte, bien que soumise aux contraintes atmosphériques, ne présente pas un réel souci de longévité.

Il reste la cuve dont la durée de vie est fixée par la hausse de la température entre la zone fragile et la zone ductile des aciers ferritiques qui constituent les viroles de la cuve notamment celle qui fait face au coeur du réacteur.

Cette évolution est liée, entre autres phénomènes, à la dose intégrée de neutrons qu’elle reçoit et qui perturbe le réseau cristallin de l’acier ferritique. Cette dose intégrée est appelée la fluence.

L’augmentation plus ou moins rapide de cette température de transition, proche de quelques degrés au dessous de zéro lorsque l’acier sort des forges, est très liée aux impuretés (cuivre, phosphore…) contenues dans le métal de base.

Lors des opérations de coulage et forgeage des viroles, des coupons témoins sont prélevés. Une partie de ces coupons témoins est conservée pendant toute la durée de vie de l’ouvrage puis dans une autre partie, des éprouvettes métallurgiques sont réalisées dans ce métal de base. Elles sont ensuite placées dans des paniers internes à la cuve dans une zone très proche du coeur du réacteur pour intégrer une fluence bien supérieure à celle que reçoit la cuve en raison de cette position rapprochée.

L’ASN et l’exploitant ont donc connaissance, lors de l'examen métallurgique périodique de ces éprouvettes, de la température de transition qu’atteindra la cuve 10 ans plus tard. Les autorisations données par l’ASN pour 10 ans ne sont donc pas « tombées du chapeau ». Par ailleurs les métallurgistes, dans tous les pays du monde, ont fait des modèles mathématiques de l’évolution de la température de transition dont les résultats peuvent être recalés lors des essais réels. Actuellement, il y a une bonne concordance entre les résultats des calculs et ceux des essais réels.

Autant la cuve de Chooz A a vu sa température de transition augmenter après 23 ans de fonctionnement (pour une prévision de 30 ans) ce qui a conduit à la retirer de l’exploitation prématurément, autant les cuves des réacteurs à eau sous pression (REP) actuellement en service en France ont fait l'objet d'un travail métallurgique poussé au Creusot pour éliminer au maximum les impuretés.

En effet, toutes les viroles qui présentaient des défauts de toutes natures et notamment ceux dus à l’hydrogène, ont été systématiquement rebutées par une équipe de l’ASN, le Bureau de Contrôles des Chaudières Nucléaires (BCCN) détachée au Creusot et à Chalon sur Saône. Cette équipe avait tous pouvoirs pour accepter ou rebuter une pièce forgée et les soudures entre ces pièces forgées.

La centrale de Fessenheim n'est donc pas "vieille", bien au contraire. Elle vient, pendant les dernières visites décennales, de se voir doter de tout un train de modifications qui la place au meilleur niveau de sûreté et de performance du parc français. 

L’ASN a donné son accord pour 10 ans de fonctionnement supplémentaire à Fessenheim 1 en toute connaissance de la situation des ouvrages. Elle étudie actuellement l’ensemble du dossier de Fessenheim 2 avant de rendre son avis. 

D’ailleurs, il faut savoir que la centrale de référence de Fessenheim est Beaver Valley aux USA. Cette centrale, qui a démarré un an avant Fessenheim, a reçu de l’Autorité de Sûreté Nucléaire des Etats Unis l’autorisation de fonctionner jusqu’à 60 ans. L’application d’une disposition similaire à Fessenheim porterait la date de son arrêt définitif en 2038. 

SOURCE

Vous pensez quoi de cet article ?

13 commentaires:

  1. Même si le danger d'usure était "trop" pris au sérieux, surestimé, il n'y a aucune raison de faire courir le risque d'accident nucléaire, qui peut être dû à toute autre cause, à des millions de personnes autour de chaque centrale.

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  2. Je ne savais pas que Anne Lauvergeon était contributrice du BBB? :D
    (humour)

    Un bon article de propagande: "Ne craignez rien, le nucleaire est sûre!"

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  3. Malgré la très haute qualité des matériaux sélectionné pour le nucléaire, la dégradation de ceux ci est extrêmement rapide.
    Quand ça va péter on en saura plus !!!

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  4. Cet article est de la propagande du "Village nucléaire" !
    Il est passé en commentaire sur d'autres sites...
    En imaginant qu'il évoque une vérité, il suffit de rappeler que les "améliorations" n'ont été apportées que et toujours suite à un incident ou un accident que les techniciens n'avaient pas prévu !
    L'usure prématurée de certains matériaux a surpris les concepteurs et je pense qu'il n'est que pure arrogance de prétendre de façon aussi absolue qu'une centrale comme celle de Fessenheim n'a jamais été aussi jeune.
    Les travaux de sécurisation ont été l'objet de directives dont beaucoup n'ont pas été suivies d'effet, les coûts s'avérant dépasser très largement la rentabilité.
    C'est la raison de l'abandon de plusieurs centrales aux États-Unis, plutôt fermer que se ruiner.
    Ensuite cet article est un modèle en son genre de propagande manipulatoire car ce qui préoccupe le monde scientifique n'est pas la seule vétusté réelle ( pas fantasmée, celle-ci ! ) mais le risque de haute sismicité du site.
    Cette centrale n'est pas conçue pour y résister et les structures du soubassement sont largement sous dimensionnées et IL EST IMPOSSIBLE D'Y REMÉDIER, ce qui laisse entendre la possibilité d'un accident majeur avec perte du confinement et production de corium qui, comme à Fukushima aurait un chemin tout tracé vers les nappes phréatiques et plus si affinité !
    Un mensonge par omission reste un mensonge et cet article n'est qu'un tissu de mensonges par sa volonté de détourner des vrais problèmes.
    La question de la sismicité en France est aigüe en particulier dans la vallée du Rhône mais elle n'est pas la seule, le réchauffement des rivières et leur baisse de débit lors d'épisodes de sécheresse peut lui aussi mener à un accident majeur.
    Un mini tsunami pourrait bien se produire sur une centrale sur le Rhône.
    Les questions et interrogations à propos de la sécurité des centrales sont si nombreuses qu'il est illusoire d'en faire l'inventaire ici, le site de Stéphane Lhomme est fort documenté en la matière et il met fin à tout débat et manipulation de la part des psychopathes nucléaristes.
    Il est urgent de fermer toutes les centrales pour la simple raison que nous ne savons pas maîtriser leur sécurité, c'est la seule et unique vérité.

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    1. Merci Lionel, je savais que cet article était de la propagande. Je l'ai mis pour voir s'il y allait y avoir un sursaut de réveil parmi les lecteurs.

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    2. A Lionel
      Evite de parler de ce que tu connais pas !

      Cette centrale n'est pas conçue pour résister au risque de haute sismicité du site, et les structures du soubassement sont largement sous dimensionnées.

      Quand cette centrale a été construite c'est en connaissance des risques de sismicité du site !

      Les structures de soubassements sont largement sous dimensionnées ??? Le poids propre plus les charges n'ont rien à voir avec le séisme !Un séisme c'est des sollicitations horizontales et des mises en fréquences

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    3. D'avoir encore à convaincre des individus sur les dangers intrinsèques du nucléaire semble aberrant ! Tellement évident, et pourtant ...
      Certains crieront encore, c'est un 'mâle', mais seulement quand ils auront vu les tes....les.

      Le fou d'ubu

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  5. En premier le cas Fessenheim.
    Le radier de beton sous la cuve n'a que 1 metre d'epaisseur seulement
    si probleme il sera vite transperce par le corium...

    Ensuite le nucleaire francais avec ses 75 pour cent reste donc tres peu modulable. Cela oblige EDF a ralentir ses reacteurs lors de trop faibles demande electrique...
    Donc les reacteurs sont ralentis par exemple de 1300 a 1000 MW. Mais ces ralentissements plus frequent que l'on pense fragilise les cuves qui n'ont JAMAIS ete prevus pour encaisser ces diminutions de puissance donc de temperatures et de pression... Les cuves tiendront moins longtemps que prevus meme avec les marges de securite...

    Encore une chose que les nucleocrates n'ont pas prevus des l'origine...

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  6. Eh ! L'Anonyme, pas une centrale au monde n'a été conçue pour résister à des séismes supérieurs à M 7,5 tout simplement parce que l'on ne sait pas faire...
    D'autre par je te rappelle que l'accident de Fukushima a été induit par le séisme qui a provoqué la perte de confinement, les explosions et les formations de coriums pénétrant d'autant plus efficacement la croûte que le séisme a créé des failles.
    Je connais mon sujet alors inutile d'être aigri, donne moi donc des contre-arguments plutôt que déverser des contre vérités !

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    1. Tu mélanges tout car tu crois tout savoir en faisant de l'antinucléaire! Ce n'est pas possible de correspondre !
      Les centrales, les ponts et tout les ouvrages d'art important sont construit avec une limite, car il faut bien en fixer une.
      Une simple remarque, l'échelle de Richter est ouverte ce qui d'après ta maîtrise du sujet veut dire quoi ? Qu'il faut construire sans limite! Pour ton info j'ai bossé sur le réacteur de Fessenheim en bureau d'étude. Arrête de démolir et de salir le boulot des anciens en disant qu'ils ont fait n'importe quoi. Ok le nucléaire n'est pas une bonne solution, mais je ne connais personne dans le nucléaire qui ai salopé son boulot parce qu'il n'habiterait pas à coté. Par contre je connais des maraîchers qui ne bouffent pas leur salades tellement elles sont pourries de produits chimique et d'engrais pour faire du pognon.

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    2. Je ne cherche à démolir personne et je respecte le travail de toute personne consciencieuse et morale !
      Ce n'est en rien une attaque et pour ton info, j'ai une formation scientifique et j'ai commencé à m'instruire sur le nucléaire dans les années fumeuses de Super-Phénix, je sais donc de quoi je parle et c'est ce qui me permet d'être fermement et rigoureusement anti-nucléaire.
      Pas le contraire...
      La question n'est donc pas de prévoir l'impossible, nous n'en avons pas les moyens techniques, tout simplement.
      La seule sortie honorable est de reconnaître que le nucléaire est intrinsèquement non maîtrisable et que par conséquent il ne doit, d'une part, jamais être situé sur des failles actives ( ce qui est le cas de très nombreuses centrales dans le monde ), d'autre part jamais à proximité des populations ( ce qui n'existe simplement pas dans le monde ! En France chaque habitant a une centrale dans un rayon moyen de 80 Km... ) et pour finir jamais dans une zone à risque quelconque.
      Pour exemple une centrale sur le Rhône ayant un bassin réservoir pour le refroidissement en amont sensé prévenir les périodes de faibles débits mais dont on vient de découvrir qu'il possède l'énorme inconvénient de pouvoir subir un mini tsunami apte à démolir tous les systèmes de refroidissements et les groupes de secours...
      Pour en revenir aux séismes je pense que ça vous intéressera de savoir que les scientifiques japonais, sismologues, géologues pensent qu'il n'est pas exclu que les coriums puissent provoquer une explosion hydro-volcanique désastreuse qui condamnerait définitivement la vie dans l'Océan Pacifique.
      Pour toutes ces raisons il est impératif d'appliquer le principe de précaution et faire marche arrière, les risques sont considérables et nous ne savons pas réparer.

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    3. """""Pour toutes ces raisons il est impératif d'appliquer le principe de précaution et faire marche arrière, les risques sont considérables et nous ne savons pas réparer."""""

      Les dés sont jetés....l'humanité est aveugle et incapable de faire marche arrière, même avec quelques accidents à venir.
      Jusqu'au jour ou la catastrophe finale explosera et détruira la vie sur cette planète.

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