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mardi 11 décembre 2012

Ultraman, 11 décembre 2012

La faille active sous la centrale de Tsuruga :


Après deux jours de recherche sur le terrain, l'Autorité de Régulation Nucléaire a conclu qu'il y a ''une faille active juste en dessous du bâtiment de réacteur de la centrale nucléaire de Tsuruga''


Les cinq experts de l'ARN sont d'accord qu'il est hautement probable que la faille qui court juste en dessous du bâtiment du réacteur 2 soit une faille active.

Le président Shunichi Tanaka pense que cela ne vaut même pas le coup à ce stade de procéder à une évaluation de sécurité en vue du redémarrage de la centrale.

D'après le Jiji Tsushin (10 décembre) :


Des experts ont manifesté des doutes sur la possibilité que les zones de fracture sur le site de la centrale de Tsuruga exploitée par Japan Atomic Power Co soit des failles actives. L'ARN a organisé une réunion le 10 décembre pour évaluer le résultat de l'étude du site. Quant à la faille qui court directement sous le réacteur 2, les 5 experts ont été d'accord sur la probabilité d'une faille active. Une remarque personnelle du président Tanaka sous-entend une décision de ne même pas faire d'évaluation de sécurité pour un éventuel redémarrage de la centrale.

L'ARN va se réunir bientôt pour décider de l'opportunité d'une évaluation, mais on s'attend à ce que le redémarrage ne soit pas autorisé. Si l'arrêt du réacteur continue pendant longtemps, il est possible que le démantèlement du réacteur soit demandé. C'est la première fois dans les enquêtes sur les failles qu'un panel d'experts confirme le fait qu'une faille soit active.

Lors de la réunion d'évaluation, un des experts était d'accord sur la forte probabilité qu'une faille active qu'on pense faire partie d'une ''zone de fracture D-1'', juste sous le bâtiment du réacteur 2, existe à l'ouest de la tranchée que JAPCO a creusé pour l'étude.La faille est nommée faille d'Urazoko.


J'ai visionné la conférence de presse en direct de l'ARN du 10 décembre où ils ont annoncé leurs découvertes. Le président Shimazaki et les cinq experts qui sont allés à Tsuruga enquêter début décembre étaient là, ils ont répondu aux questions des journalistes.
Ce qui m'a frappé, ce sont deux choses : 1) Les journalistes des grands médias semblaient connaître suffisamment le sujet pour poser des questions intelligentes aux experts ; et 2) les experts ont donné des réponses plutôt franches, sans être guidés par un intérêt quelconque ou leur ego.

(après avoir vu le début de la conférence de presse, le point n°1 tient toujours, à l'exception d'un journaliste du NHK qui était clairement nommé par l'ARN (secrétariat) pour répondre à la première question, qui était trop vague et générale et le Dr Shimazaki était perplexe sur ce qu'il fallait répondre)

Il y a eu quelques échanges intéressants entre les journalistes et les experts, tous géologues, et particulièrement avec le Dr Shimazaki (sismologue de formation).

Quand un journaliste de Fukui TV lui a demandé pourquoi il fallait des mois à un exploitant de centrale pour arriver à une conclusion alors qu'il ne fallait que deux jours aux experts de l'ARN pour la même chose (présence d'une faille active sous le réacteur), le Dr Shimazaki a répondu :

Après tout, l'exploitant d'une centrale est dans une position très délicate, particulièrement ceux qui font une réelle investigation, je suppose. Fondamentalement l'exploitant continue son investigation pour prouver que ce n'est pas une faille active, et tant qu'il ne peut le prouver il doit continuer à investiguer, façon de parler. C'est totalement différent de notre position.
C'est faux. J'ai été plutôt choqué que le Dr Shimazaki soit d'accord avec cela.

Ensuite, un journaliste pro-nucléaire du Yomiuri (et probablement bien en ligne avec l'ARN) a demandé de nouveau pourquoi le groupe d'experts a pu arriver à une conclusion aussi vite, comparativement à la centrale de Ooi. Le Dr Shimazaki, en s'échauffant un peu, a répondu :


Si vous pensez que notre conclusion cette fois-ci (par rapport à Ooi) a été rapide, et bien je ne pense pas que c'était rapide. Non. Je pense personnellement qu'on arrive à la même conclusion s'il existe des données valables et la décision peut être prise rapidement s'il y a suffisamment de données. Ça m'ennuie un peu si vous pensez que nous avons pris une décision désinvolte avec seulement 2 jours d'enquête. Si l'investigation est faite correctement et qu'il y a de solides données, le nombre de jours (pour prendre la décision) importe peu en quelque sorte, et les experts seront d'accord avec cette conclusion, voilà ce que j'en pense.
Indiquant qu'à la différence de Kansai Electric (dans l'enquête pour Ooi) l'exploitant possédait de très bonnes données mais qu'il ne voulait en tirer aucune conclusion qui le desservait.
L'ARN, avant d'être mise en place, a été fortement critiquée comme étant dirigée par les ''résidents du village nucléaire'', des gens aux liens très solides avec l'industrie nucléaire japonaise et donc très partiaux envers l'industrie et le redémarrage des centrales nucléaires.

Pour l'instant, ce doit être une désagréable surprise pour l'industrie.

L'industrie nucléaire peut compter sur le jour, très proche, où Abe du PDL sera de nouveau premier ministre du Japon et virera ces commissaires. Abe aura un excellent prétexte pour virer quiconque non approuvé formellement par la Diète (car Noda avait fait des nominations sans la consulter).

Le rapport de l'ARN est en ligne. Dans son rapport, le Pr Takahiro de l'université de Chiba dit que la faille Urazoko et celles attenantes ont la capacité de générer des séismes au-delà de 7,5 et presse à évaluer sur une plus grande distance (35 km minimum, 65 km idéalement) près de la centrale.

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