Bistro Bar Blog

mercredi 19 décembre 2012

Accidents de chasse

On entend de la part des défenseurs de la chasse (la plupart du temps des chasseurs eux-mêmes) des phrases du genre :"Mais il existe de bons chasseurs !", ou bien, "Sans les chasseurs, il y aurait surpopulation d'animaux !"...
Pour moi un chasseur est un chasseur, un pithécanthrope qui a gardé intact ses gènes primitifs. Et je ne parlerai pas des chasses à courre.

Le problème se complique quand les pourtant "bons chasseurs" se trompent de cible.

Ils ne massacrent pas que la faune

Dimanche 9 janvier 2011, vers 16 h 30, Francis Collet conduit son fourgon sur l'autoroute A31, en Côte-d'Or. Il rentre avec les quatre autres membres de son groupe de rock, Ashtones, après avoir donné un concert à Marseille. Alors que la camionnette longe un bois, en bord d'autoroute, il reçoit une balle en pleine tête. Plus jamais il ne jouera de guitare.

Dimanche 23 décembre 2007, un jeune couple trouve un coin romantique dans la forêt d'Andelot (Haute-Marne) et s'enlace tendrement. Mais le jeune homme meurt foudroyé d'une balle dans la tête. Une balle destinée à un renard, qui met un terme tragique à une belle histoire d'amour.

Le dimanche 26 octobre 2008, Fabio Butali s'adonne à son loisir préféré, le VTT, sur la commune de Lagorce en Ardèche. Mais il ne termine pas sa randonnée. Un chasseur participait à une battue au sanglier à proximité... La vie de Fabio s'arrête net, une balle dans le dos. Il a vingt-quatre ans. Dans cette même commune, quelques années plus tôt, un autre accident de chasse mortel avait eu lieu. Dans le même temps, nos députés légifèrent à nouveau sur la chasse. Et abandonnent aux chasseurs les règles de sécurités de la chasse...

Ce ne sont que quelques exemples. Chaque année en France, la chasse provoque plusieurs dizaines d'accidents, dont un nombre bien trop élevé s'avère être mortel (sans compter les meurtres dus à la possession d'une arme de chasse, dont les faits-divers regorgent). La chasse est un loisir exclusif qui ne laisse pas de place aux autres usagers de la nature. Cette source d'insécurité permanente se pratique avec des armes à feu puissantes, capables d'atteindre plusieurs centaines de mètres, voire deux kilomètres pour certaines carabines, dans des espaces ouverts à tous. Les instances de la chasse ont tendance à minimiser ces chiffres, de crainte de se faire de la mauvaise publicité.

Les chasseurs à l'origine de tels accidents ne sont que très légèrement sanctionnés par la justice, démunie de textes réglementaires. On assiste parfois à des situations totalement scandaleuses, tel ce danger public qui tua un de ses compagnons de chasse le 25 novembre 2006 à Besse-sur-Issole dans le Var. L'auteur du coup de feu mortel n'en n'était pas à son premier homicide. En 1985, le récidiviste avait tué de trois coups de chevrotine un adolescent de quatorze ans. Âgé de quarante et un ans à l'époque, ce chasseur n'avait alors été condamné qu'à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq années de retrait du permis de chasser...

Les chasseurs représentent seulement 1,9 % de la population, mais ils s'approprient la nature tous les jours de la semaine pendant plus de six mois de l'année, au détriment des 98 % restants. Ce n'est pas seulement une activité dangereuse pour ses pratiquants, elle l'est également pour les simples usagers de la nature : promeneurs, vététistes, cavaliers, cueilleurs de champignons, naturalistes, kayakistes... Certains parlementaires ne trouvent pas cela normal, tel Jean-Louis Léonard, député de Charente-Maritime qui s'exprimait sur le sujet lors du débat de la loi sur les affaires rurales en septembre 2004 : « Nous rencontrons sur nos territoires [de chasse] des gens, des promeneurs et ramasseurs de champignons, qui n'ont rien à y faire ! » Comment voulez-vous ensuite que les porteurs de fusil ne se sentent pas chez eux partout ?

Les mesures existantes (signalisation, gilets fluorescents), toujours pas obligatoires dans tous les départements, ne sont destinées qu'aux chasseurs, et ne suffisent pas à leur garantir une sécurité fiable. Pire, il n'y a toujours aucune véritable mesure pour celle des non-chasseurs qui souhaitent, eux aussi, profiter de la nature.

Les pouvoirs publics ont fait des efforts sur la sécurité routière et le respect du droit, et cela contraste étrangement avec le laxisme accordé aux chasseurs. En 2000, la loi chasse imposait un jour de non-chasse : le mercredi. Ce ne fut pas au goût du lobby qui, en 2003, obtint de Roselyne Bachelot qu'elle supprime cette mesure. Le comble : la fixation d'un ou plusieurs jours de non-chasse dépend de l'appréciation du préfet de chaque département, qui ne peut y recourir que pour des motifs de protection... du gibier ! Les autres usagers de la nature n'ont absolument aucun droit de cité législatif ou réglementaire face à la chasse.

Aucune loi ni règlement n'encadre le problème de l'insécurité lié à la chasse. La loi chasse 2000 avait prévu qu'un décret ministériel soit pris pour préciser ces indispensables mesures. Il ne fut jamais pris. La loi chasse Poniatowski a, elle, supprimé purement et simplement cet article de loi. La sécurité liée à la chasse est laissée à la libre appréciation des fédérations départementales de chasse. Un peu comme si la sécurité routière était laissée aux automobile-clubs ou aux routiers. Et de façon départementale, en plus. Engendrant encore plus de confusions dans un dossier qui n'en manque déjà pas.

Au printemps 2011, j'ai abordé ce sujet très important avec Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie. Elle est tout à fait consciente de cette situation complètement surréaliste. Dans sa circulaire aux préfets du 18 février 2011 relative au renouvellement des schémas départementaux de gestion cynégétique, elle indique: « Depuis que la loi du 31 décembre 2008 a abrogé l'article L. 424-16 du code de l'environnement, qui prévoyait qu'un décret en Conseil d'État précise les règles de sécurité applicables en action de chasse, les mesures de sécurité relatives à la chasse sont essentiellement celles prévues par les schémas départementaux de gestion cynégétique. [qui sont rédigé par les fédérations départementales des chasseurs et seulement validé par les préfets] S'agissant d'une question intéressant l'ordre public, vous veillerez à ce que le dispositif prévu dans le schéma soit suffisant pour réduire le risque résiduel à un niveau très bas. » C'est là tout ce que les lois pro-chasse votées par les députés sous influence permettent à une ministre de faire sur un point de sécurité publique ! 
Lire la suite ICI.

5 commentaires:

  1. Le problème c'est surtout que certains chasseurs sont des vrais malades, qui se croient surpuissants parce qu'ils portent une arme et qu'ils CHASSENT, et qui n'hésitent pas à faire du mal et à être méchants gratuitement contre les plus faibles ou moins armés s'ils en ont l'occasion, un peu comme certains flics... Et mieux vaut ne pas en croiser si on en croise, si j'en crois ceux qui en ont croisé et je les crois.

    Donc comme tout, hein, y'a des cons, y'a aussi des vrais amoureux de la nature qui chassent pour manger du bon gibier pris à la nature avec respect.

    RépondreSupprimer
  2. Mais c'est vrai que bizarrement, dans les domaines ou on porte des armes y'a une proportion de malades hallucinante...

    RépondreSupprimer
  3. Passant réguler de BBB dit:

    pour compléter: un blog qui recense les accidents de chasse en France:

    http://www.buvettedesalpages.be/accidents-de-chasse-en-france-saison-2012-2013.html

    RépondreSupprimer
  4. Y'a aussi des chasseurs qui deviennent des proies hi hi hi : http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/12/01/Le-chasseur-disparu-depuis-mercredi-retrouve-mort

    RépondreSupprimer
  5. Va bientôt falloir trouver d'autres subterfuges pour démasquer les "robots" : http://french.ruvr.ru/2012_12_18/Les-ordinateurs-auront-cinq-sens-comme-lhomme/

    RépondreSupprimer

Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.