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mardi 6 novembre 2012

Ultraman, 6 novembre 2012

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Japon radioactif : Naoto Kan est l'un des candidats considéré par un groupe de citoyens anti-nucléaires comme le prochain gouverneur de Tokyo


On ne s'ennuie pas une seule journée au Japon, grâce à une foule d'histoires (littéralement) fantastiques.

Je pensais que celle-ci était une mauvaise plaisanterie qui courait sur le net, mais il semble que la plaisanterie soit réelle. Jusqu'à présent, ce n'est qu'une éventualité, mais le groupe de citoyens anti-nucléaires ''Décidons ensemble/Référendum national initié par des citoyens sur l'énergie nucléaire'' a mis en place un comité appelé ''Je change Tokyo'', et va faire des interviews de plusieurs candidats le 8 novembre pour décider qui soutenir.
D'après les tweets du secrétaire général du groupe et de l'auteur de la publication, qui fait le compte-rendu d'une réunion préliminaire en date du 4 novembre :

Sept personnes ont présenté des candidats possibles. Makoto Yuasa, Hiroko Uehara, Kenji Utsunomiya, Naoto Kan, Taro Yamamoto...Nous avons décidé de parler à ces candidats et de leur poser des questions non seulement sur ''l'après-nucléaire'' mais aussi sur 6 problèmes incluant un référendum à Tokyo sur les centrales nucléaires et une décision concernant le drapeau national et l'hymne national.

Pendant que ces infos se répandaient avec des gens consternés, une horde de personnes a commencé à affluer sur le net pour prendre parti pour Kan avec le refrain familier : ''Il a sauvé Tokyo !'', ''Il a sauvé le monde !'' ''Chef déterminé !'' ''Il a stoppé Hamaoka !''

  • M. Makoto Yuasa est un activiste social et l'ancien conseiller du premier ministre Naoto Kan
  • Mme. Hiroko Uehara est l'ancien maire de Kunitachi à Tokyo et est social-démocrate.
  • M. Kenji Utsunomiya est un avocat réputé.
  • M. Taro Yamamoto est un acteur devenu activiste anti-nucléaire.


Si M. Kan veut vraiment concourir pour le poste de gouverneur de Tokyo, je pense qu'une ''réduction d'effectif'' temporaire est à la mode. Le garçon prodige, maire d'Osaka, était gouverneur de la préfecture d'Osaka et aujourd'hui il dit qu'il va faire de la politique.

Parmi d'autres choses, je me souviens de M. Kan se cachant derrière TEPCO au début avril 2011 quand ils ont dû se débarrasser de l'eau faiblement contaminée pour faire de la place à l'eau fortement contaminée récupérée après le refroidissement des réacteurs hors d'usage de la centrale de Fukushima. Messieurs Kan (PM) Edano (secrétaire en chef du Cabinet) et Kaieda (ministre de l'économie, responsable de la NISA) ont fait faire l'annonce par un cadre intermédiaire de TEPCO lors de la conférence de presse, à leur place, surtout à celle du ''déterminé'' premier ministre. Le message était clair : l'accident nucléaire était un problème d'entreprise privée, rien à voir avec le gouvernement. Quand les pays étrangers voisins se sont fâchés de ne pas en avoir été informés avant, M. Edano a dit que le ministère des affaires étrangères leur avait envoyé un fax.

Certains vont dire que les citoyens de Tokyo qui ont élu Ishihara ne méritent pas mieux. Je le suppose. Mais même ces gens ne s'attendaient pas à ce que les débris de la catastrophe avec particules radioactives, arsenic, et amiante soient incinérés juste à l'endroit où ils habitaient, grâce au gouverneur ''déterminé''.

Le choix d'autres médias pour l'élection de gouverneur à venir ? L'actuel Vice-maire de Tokyo Naoki Inose avec un fort soutien de M. Ishihara et Mme Yuko Ando, présentatrice à Fuji TV, comme candidate du parti démocrate.

La raison derrière la présentatrice féminine est qu'une femme sera plus en accord avec ce qui concerne les gens, avec plus de compétences, plus gentille et autre bla bla habituel. Bon, cela a bien marché pour les citoyens de Yokohama, dont le maire a été plus ''en accord'' avec les inquiétudes des gens en laissant manger du bœuf radioactif aux scolaires malgré les protestations des parents.

Riez et soyez joyeux. Un rire par jour repousse le césium radioactif.


Japon radioactif : le renouveau du miso* d'Iitate à Tokyo

* Le miso est une pâte, assaisonnement traditionnel japonais à base de riz fermenté, d'orge et/ou de soja avec du sel et un champignon japonais particulier.

La première chose qui m'est venue à l'esprit a été le célèbre dicton : ''L'enfer est pavé de bonnes intentions...'' (en français dans le texte)
D'après le Yomiuri Shinbun, version anglaise (5 novembre) :


Le miso de Fukushima retrouve une nouvelle vie à Tokyo
FUKUSHIMA – Le miso particulier créé par des habitants d'un village de la préfecture de Fukushima évacués en raison de la crise nucléaire a fait son retour grâce à un groupe de femmes au foyer de Tokyo qui utilisent une pâte de soja de Fukushima comme base du nouveau miso.

Huit femmes au foyer, épouses d'agriculteurs du district d'Iitate Sasu ont démarré il y a environ 30 ans la fabrication du ''miso de Sasu'' en utilisant les ingrédients produits dans le village. Le miso était fermenté naturellement pendant plus de deux ans dans des tonneaux spéciaux faits en bois de noyer, ce qui lui donne une saveur particulière à part. Les gens venaient de toute la préfecture – et même de plus loin – pour acheter le miso.

Cependant, le village fut désigné comme faisant partie de la zone étendue d'évacuation après le début de la crise de la centrale nucléaire de Fukushima. Les femmes, dont Eiko Kanno, 76 ans, ont dû évacuer, abandonnant le précieux miso dans une cave en terre.

Personne autour ne prenant soin du miso, ce dernier était en danger de disparaître pour toujours. Mais une aide inespérée s'est manifestée.

Rea Masuda, présidente d'une maison d'édition et représentante d'un groupe de consommateurs de Tokyo, a suggéré que Mme Kanno fabrique un nouveau miso avec le miso de Sasu comme base pour récupérer l'arôme unique. Masuda avait fait connaissance avec le groupe de Mme Kanno car elle achetait souvent les produits du village.

Mme Kanno fut d'accord avec la proposition. Quand elle est revenue temporairement chez elle en novembre de l'année dernière, elle rapporta environ 50 kg du miso de Sasu de la cave et le confia au groupe de Mme Masuda.

Après des contrôles pour confirmer que le miso ne contenait pas des taux dangereux de radiation, Masuda et d'autres membres de l'association ont organisé des ateliers à Tokyo, dans la préfecture de Saitama et ailleurs pour que les femmes au foyer improvisent un nouveau produit.

Le groupe a fabriqué environ 500 kg de miso dans le style du miso Sasu et ont décidé d'en vendre 120 kg sur un stand d'un complexe d'habitation temporaire du district de Fukushima, où vivent aujourd'hui les villageois.

Le groupe prévoit de continuer à fabrique le miso l'année prochaine et au-delà.

''Nous ne voulons pas que les gènes du miso du village disparaisse,'' a déclaré Masuda.

Je préfèrerai que les ''gènes'' meurent. Mais le groupe de Mme Masuda pousse activement à ''adopter'' le miso d'Iitate. Actif, les microorganismes vivants dans le miso ont été pendant 8 mois dans un environnement irradié, mais ''aucun effet sur la santé'' pour les organismes, je suppose.
Je commence à sentir que je n'ai plus de gènes en commun avec ces gens. (Je rappelle qu'Ultraman est japonais, mais vous le saviez...)

Pendant ce temps, l'un des deux habitants d'Iitate-mura qui me suivent sur Twitter, M. Ito, a twitté par hasard l'autre jour que des champignons très estimés qu'il venait de ramasser allaient probablement mesurer quelque chose comme 1000 à 15.000 becquerels/kg. Il a dit qu'il pensait les envoyer à TEPCO avec une facture.

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