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mardi 27 novembre 2012

Ultraman, 27 novembre 2012

Article posté très tard par Ultraman.


Japon radioactif à court d'argent, partie 2 : le gouvernement et TEPCO vont prendre en charge le coût annuel des dépistages à hauteur seulement de 3,7 % des ouvriers de la centrale de Fukushima


Cela ne fait que 904 ouvriers sur les 24.118 qui ont travaillé à la centrale de Fukushima entre mars 2011 et septembre 2012.

Cela fait encore cinq fois plus, malgré tout. Au départ quand le premier ministre Noda a déclaré le 16 décembre 2011 un ''état d'arrêt à froid'' en se ridiculisant aux yeux du monde, seuls 167 ouvriers ayant dépassé la dose cumulée de radiations de 100 millisieverts le jour précédent ont été entièrement pris en charge par le gouvernement national pour un dépistage annuel du cancer à vie, mais aucun autre.

En août cette année, TEPCO (déjà officiellement nationalisé à l'époque) a été assez gentil d'abaisser la limite à 50 millisieverts, mais l'exposition aurait dû se prolonger jusqu'au 16 décembre 2011 pour être retenu pour les bilans gratuits.

Combien coûte un dépistage de cancer ? Environ 50 .000 yens (610 dollars). 45,2 millions de yens (environ 549.000 $) par an pour 904 personnes, au lieu de 1,2 milliards de yens (15 millions de $) par an pour 24.118 personnes.

Le gouvernement japonais paie 22 trillions de yens (268 milliards de $) ou environ le quart du budget annuel, en paiement d'intérêts pour son énorme dette. ''C'est à nous que nous le devons'', disent les citoyens japonais, ainsi que des analystes et des hommes politiques.

Je devine que ce n'est pas aux ouvriers en sous-traitance de la centrale de Fukushima qu'ils pensent le devoir.

D'après l'Asahi Shinbun (22 novembre) :



(Reportage de Miki Aoki) On vient de révéler que seuls 904 ouvriers, ou 3,7 % des 24.118 qui ont travaillé à la centrale de Fukushima depuis le début de l'accident jusqu'à septembre cette année pourront recevoir des tests de dépistage du cancer gratuits de la part du gouvernement national et de TEPCO. C'est dû au fait que le gouvernement national et TEPCO ne permettront ce dépistage qu'aux ouvriers ayant déjà reçu plus de 50 millisieverts de radiations au 16 décembre 2011, date de la déclaration de l'administration Noda que l'accident était clos. TEPCO dit que les ouvriers qui se font du souci peuvent toujours appeler la compagnie par téléphone pour communiquer avec un avocat de TEPCO.

Même après la déclaration de la fin de l'accident, le travail à la centrale se passe dans un environnement très irradié. Par exemple, 24 ouvriers ont dépassé l'exposition cumulée de 50 millisieverts en septembre. Pourtant, sauf pour 2 employés de TEPCO qui sont exemptés [par le règlement du gouvernement/TEPCO], 22 ouvriers ne seront pas éligibles pour les dépistages gratuits.

Le ministère de la santé a mis en place un système en octobre dernier qui a désigné les ouvriers de la centrale comme ''des ouvriers engagés dans un travail d'urgence'' et les a autorisé à recevoir un test de dépistage du cancer gratuit à vie si leur niveau cumulé dépassait 100 millisieverts.

Le coût sera payé par les employeurs et si les ouvriers démissionnent, par le gouvernement.

Cependant, quand l'administration Noda a déclaré la fin de l'accident nucléaire le 16 décembre 2011, le ministère de la santé a décidé que le travail d'urgence était terminé et a limité le nombre d'ouvriers éligibles aux bilans annuels gratuits à 167 qui avaient déjà dépassé 100 millisieverts au 15 décembre 2011, la veille de la déclaration.

En août cette année, TEPCO a annoncé que des mesures pour remédier au surplus des 663 ouvriers ayant dépassé 50 millisieverts à l'époque de la déclaration seraient ajoutées à celles des ouvriers qui pouvaient recevoir des bilans gratuits. De plus, les employés de TEPCO qui se chargeaient d'un travail particulier auront des bilans gratuits même s'ils dépassaient les 50 millisieverts après la déclaration et il y a jusqu'à présent 74 employés dans ce cas.
À la centrale de Fukushima, pendant le seul mois de septembre, 27 ouvriers ont été exposés entre 10 et 20 millisieverts de radiations, ce qui est très élevé, comme mis en évidence par la norme des 20 millisieverts annuels utilisée par les sociétés qui travaillent dans des centrales nucléaires. Il y a des ouvriers à Fukushima qui disent que tous les ouvriers devraient être inclus dans le programme. Si ce problème de gestion de santé est sous-estimé, les ouvriers pourraient commencer à éviter le travail à la centrale, obligeant à un retard de démantèlement qui est estimé durer pendant plus de 40 ans.


40 ans. Voilà pourquoi des politiciens de droite (y compris le vice-gouverneur de Tokyo) ont parlé de rétablir le recrutement pour envoyer des jeunes travailler à la centrale, qu'ils le veuillent ou non.
Comme on le voit, la déclaration de décembre 2012 a été faite pour que le gouvernement national n'ait pas besoin de dépenser une grosse somme d'argent pour les ouvriers de la centrale et pour les habitants de Fukushima qui ont été déplacés par l'accident. Le gouvernement a généreusement donné à la place de l'argent aux entrepreneurs pour faire leur ''décontamination'' et transporter les débris remplis d'amiante et de métaux lourds, ainsi que de matériaux radioactifs pour les incinérer et les enfouir très loin comme à Osaka et Kitakyushu.

Les hommes politiques du parti démocrate, qui programment déjà leur administration (ou au moins comment dépenser davantage d'argent des contribuables une fois qu'ils seront là, ce dont ils ne doutent pas), veulent obtenir un budget supplémentaire à hauteur de 5 trilliards de yens juste après l'élection. On peut parier qu'aucun argent n'ira aux ouvriers de Fukushima.



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