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vendredi 30 novembre 2012

Japon, 30 novembre 2012

L'ONU et l'aspect sanitaire de la crise de Fukushima.


Communiqué de presse du rapporteur spécial des Nations-Unies sur l'état sanitaire du pays après une visite au Japon du 15 au 26 novembre 2012

Travail d'équipe pour cette vidéo, Kna a sous-titré ce que j'avais traduit, ce qui me permet de mettre à la suite le texte de la vidéo.

Transcription :


Chers membres de la presse,
Dans les suites immédiates d'accidents nucléaires, il existe une procédure établie qui est de distribuer de l'iode stable à la population pour tenter de bloquer l'absorption d'iode radioactif par ceux qui y sont exposés et de réduire par là le risque de cancers de la thyroïde. J'ai le regret de noter que le gouvernement n'a donné ni instructions ni distribué d'iode stable à la population touchée. Quelques municipalités ont néanmoins distribué des comprimés d'iode stable de manière adéquate.

Toute catastrophe, en particulier une catastrophe d'origine humaine comme un accident nucléaire met la crédibilité du gouvernement en jeu. Il est donc très important que le gouvernement fournisse des informations précises et fasse évacuer les gens des zones contaminées. Il est regrettable que les mesures de radiations de SPEEDI et le déplacement du nuage radioactif n'aient pas été communiqués immédiatement au public. De plus, les zones d'évacuation ont été imposées sur un critère de distance géographique à partir du site de la catastrophe et de l'empreinte laissée par le nuage radioactif, plutôt que par une mesure réelle des radiations. Les zones d'évacuation primitives se sont donc révélées être des points chauds (hot spots). Le gouvernement a pris plus tard un seuil minimum de 20 mSv/an pour la désignation de la zone d'évacuation. Ce qui a transmis le message qu'une dose de radiations effective jusqu'à 20 mSv/an était inoffensive. La publication ultérieure par le gouvernement de certaines parutions, dont des brochures scolaires, n'a fait qu'aggraver les choses en informant le public qu'il n'y avait aucune preuve évidente d'un risque direct de cancer pour une personne exposée à une dose de radiations supérieure à 100 mSv/an.

Le seuil minimum de 20 mSv/an est en contradiction avec la limite légale réglementaire imposée par la régulation de sécurité industrielle de l'industrie nucléaire. Concernant les ouvriers de centrale nucléaire, la limite maximum d'exposition (dans les zones contrôlées) prescrite par la loi est de 20 mSv/an (sans dépasser 50 mSv/an) et la dose cumulée est de 100 mSv sur 5 ans. La loi interdit l'entrée de citoyens ordinaires dans une zone contrôlée avec dose de radiations de 1,3 mSv/trimestre et interdit en outre aux ouvriers de manger, boire ou dormir dans cette zone. Elle prohibe aussi l'exposition de femmes enceintes à une dose de radiations de 2 mSv/an dans une zone contrôlée.

J'aimerais rappeler qu'à Tchernobyl le seuil minimum pour une réinstallation obligatoire était de 5 mSv/an ou plus, en dehors des taux de contamination du sol. Il existe aussi de nombreuses études épidémiologiques qui indiquent que le cancer ou d'autres maladies peuvent se produire avec une dose de radiations inférieure à 100 mSv/an. Selon ces études, il n'y a pas de plafond minimum pour la survenue de maladies.

Il est dommage que l'incohérence entre les limites actuelles imposées par la politique d'un côté, et les limites prescrites par la régulation de sécurité industrielle du Japon, les limites d'irradiation utilisées à Tchernobyl et les découvertes d'études épidémiologiques de l'autre, ait créé une confusion au sein d'une fraction importante de la population locale, qui met de plus en plus en doute les données du gouvernement et sa politique. C'est aggravé de plus par le fait que les stations de surveillance des radiations ne reflètent pas les divers niveaux dose dans les zones toute proches. Ce qui fait que les résidents locaux emportent avec eux leur appareil de surveillance des radiations personnel dans leur voisinage. On m'a montré pendant ma visite d'amples données indiquant une variation. Dans ces circonstances, j'aimerais presser le gouvernement de prendre en compte toutes les données indépendantes validées, y compris celles des habitants, et de les rendre disponibles au public.

Mesdames et Messieurs,
En vertu du droit à la santé, le gouvernement devrait surveiller l'impact des radiations sur la santé de la population des zones irradiées par un dépistage global et détaillé en vue d'un traitement approprié. À ce sujet, je suis heureux de noter que le gouvernement a entrepris une enquête de gestion sur la santé. L'enquête de gestion sur la santé est cependant limitée aux habitants et visiteurs de la préfecture de Fukushima à l'époque de la catastrophe. Je presse le gouvernement d'étendre l'enquête sanitaire à toutes les zones irradiées. Fait pertinent, le taux de réponse au questionnaire sur l'enquête de santé de Fukushima n'est que de 23 pour cent, ce qui est considérablement faible. De plus, les bilans de santé se limitent à un examen de la thyroïde chez les enfants, à un bilan de santé détaillé, à une étude psychologique et du mode de vie, une étude sur les grossesses et naissances. L'étendue des enquêtes est malheureusement restreinte et ne tire que des leçons limitées de l'accident de Tchernobyl et ignore les études épidémiologiques orientées sur le cancer ainsi que sur les autres maladies d'irradiation à faible dosage, même dans les zones exposées à moins de 100 mSv/an. Suivant le droit à un encadrement sanitaire, j'encouragerais le gouvernement à pêcher par excès de prudence et à effectuer des études détaillées exigeant des examens et à une surveillance de l'exposition aux radiations internes sur une longue période.

Je suis inquiet des rapports reçus d'habitants dont les enfants ont subi un examen de la thyroïde et dont les résultats ont détecté la présence de kystes et/ou nodules d'une taille inférieure à celle établie par le protocole. À la suite de quoi ces parents n'ont jamais pu obtenir un deuxième examen, ni recevoir les certificats médicaux demandés, on leur a en réalité dénié le droit d'accéder à leur propre dossier médical. Il leur faut malheureusement suivre une lourde procédure légale en vertu du droit à la liberté d'information pour obtenir ces dossiers.

Le gouvernement devrait aussi porter une attention spéciale de surveillance sur les effets des doses de radiations sur les ouvriers des centrales nucléaires, dont certains ont été exposés à un taux extrêmement élevé de radiations. J'ai été bouleversé d'apprendre qu'il existe une pratique consistant à employer un grand nombre d'ouvriers sous contrat via de multiples niveaux de sous-traitance. Un nombre important d'entre eux sont employés pour de courtes périodes, sans surveillance à long terme de leur santé après achèvement de leurs contrats. J'appelle le gouvernement à approfondir le sujet et à s'assurer qu'aucun ouvrier exposé aux radiations ne soit laissé sans surveillance et/ou traitement.

Chers membres de la presse,
Je suis content de noter que le gouvernement a trouvé des arrangements pour les évacués soit grâce à des abris temporaires ou des logements subventionnés. J'ai cependant appris par des habitants que les centres d'évacuation d'urgence ne fournissaient pas d'environnement aménagé pour les handicapés ou des conditions appropriées pour les femmes avec de jeunes enfants. Il est tragique que l'évacuation d'habitants à la suite d'un accident nucléaire ait causé de douloureuses séparations des familles, menant à séparer le mari et la femme des enfants, ainsi que l'éloignement des anciens. Cela a conduit à une dysharmonie, à la discorde et dans certains cas même au divorce, source de détresse et de soucis psychologiques. Le gouvernement devrait aborder ces questions importantes de toute urgence.

La contamination radioactive des aliments est un problème à long terme. Je félicite le gouvernement d'avoir abaissé le seuil de sécurité des aliments de 500 à 100 Bq/kg. Cependant, certaines préfectures ont imposé des seuils inférieurs. De plus des habitants ont manifesté des inquiétudes sur l'application des normes. Le gouvernement devrait renforcer de manière urgente l'application des normes de sécurité alimentaire.

J'ai été content de noter que le gouvernement fait réaliser des activités de décontamination du sol avec une politique d'objectifs spécifiques pour ramener les niveaux de radiations des zones de moins de 20 mSv/an à 1 mSv/an comme but à long terme, et dans les zones de 20 à 50 mSv/an de ramener la dose d'exposition à moins de 20 mSv/an à la fin de 2013. J'ai le regret de noter qu'il n'y a aucun calendrier établi pour ramener à 1 mSv/an le niveau de radiations de toute zone inférieure à 20 mSv/an. Il est également malheureux que dans d'autres zones l'objectif de décontamination soit beaucoup plus élevé que 1 mSv/an. Les habitants ont le droit de vivre dans un environnement sûr et sain. Je presse donc le gouvernement d'adopter un plan d'action avec un calendrier clair, des indicateurs et points de référence pour que la décontamination soit ramenée à des niveaux de radiations de 1 mSv/an pour les autres zones. J'ai été heureux d'apprendre que la décontamination est effectuée par des ouvriers qui sont embauchés spécialement dans ce but. Il est cependant regrettable qu'il y ait des habitants qui accomplissent eux-mêmes le travail de décontamination, sans équipement approprié ou informations sur les effets nocifs d'une exposition aux radiations.

En attendant, j'encourage le gouvernement à poursuivre et/ou rétablir un soutien financier et des subsides à tous les évacués de manière à ce qu'ils puissent prendre eux-mêmes la décision d'évacuer ou de retourner chez eux selon leur souhait. Cela aidera aussi les évacués à faire confiance aux plans du gouvernement. 

Durant ma visite, beaucoup de gens m'ont fait partager leur appréhension sur le fait que TEPCO ne soit pas tenu pour responsable de l'accident nucléaire. Une participation majoritaire du gouvernement chez TEPCO signifiait que les contribuables pourraient au bout du compte payer la note. Le droit à un encadrement de santé prévoit que la responsabilité des auteurs de manquements soit engagée. Le gouvernement devrait donc s'assurer que TEPCO se sente également tenu pour responsable et que les contribuables ne paieront pas les pots cassés.

Mesdames et Messieurs,
Membres de la presse,
Au cours de ma visite, j'ai également entendu parler de résidents en situation difficile et particulièrement de la part de groupes avec des personnes handicapées, de jeunes mères et des femmes enceintes, des enfants et des gens âgés, qu'ils n'avaient aucun droit de parole dans les décisions qui les concernaient. Le droit à un cadre de santé demande que l'État s'assure de la participation de toutes les communautés dans les décisions qui les concernent. Cela veut dire qu'il est nécessaire que les gens touchés prennent part au processus de prise de décisions et à ceux de leur mise en œuvre, de leur suivi et de leur responsabilisation. La participation ne fait pas qu'informer globalement des décisions mais elle établit aussi une confiance de la communauté affectée avec le gouvernement, facilite la mise en œuvre de ces décisions et améliore le suivi et la responsabilisation. Elle est également nécessaire pour faire un retour à la normale de manière efficace après une catastrophe.

Je demande instamment au gouvernement de s'assurer que les gens affectés, surtout les groupes vulnérables, soient pleinement impliqués dans tous les processus de prises de décision. Cela doit inclure leur participation, parmi d'autres, dans la formulation d'études de gestion de la santé, la conception des abris d'évacuation et la mise en œuvre de la décontamination.

À cet égard, je me félicite de la promulgation de la Loi de juin 2012 sur la Protection et le Soutien aux Enfants et autres Victimes de la catastrophe de TEPCO, qui prévoit un cadre de soutien et de soins aux gens affectés par l'accident nucléaire. La loi n'a pas encore été mise en œuvre. Je presse le gouvernement de prendre des mesures urgentes pour appliquer la loi. C'est une bonne opportunité pour que le gouvernement mette en place une politique de base et subordonne les régulations avec la pleine participation des communautés touchées, en y incluant les groupes vulnérables.

Merci.

3 commentaires:

  1. Taux anormalement élevé de radiations en France !
    http://tropicalboy.canalblog.com/archives/2012/07/29/24796218.html
    ressort ton compteur geiger pour verifier ça Helios... ;-)

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    1. Oui, mais moins dangereux pour la vie que Fukushima ?

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  2. C'est une honte de voir ces manipulations de l'ONU ces etres ne sont pas des humains ce sont des SATAN

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