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mercredi 24 octobre 2012

Ultraman, 24 octobre 2012


À partir du 1er novembre, l'UE va assouplir la réglementation sur l'importation de produits alimentaires en provenance du Japon


D'après le Japan Times, citant le Jiji Tsushin (24 octobre) :

Bruxelles – La commission européenne, le bras exécutif de l'Union Européenne, a dit qu'elle va assouplir la réglementation sur les importations de produits alimentaires japonais dès le 1er novembre.
La réglementation avait été introduite à la suite de l'accident nucléaire de la centrale nucléaire de Fukushima.

Durant une interview en juillet, Maria Damanaki, commissaire de l'UE pour les affaires maritimes et la pêche, a exprimé la volonté de la commission de relâcher les restrictions, disant que le danger sur les produits de la mer ''est autour de zéro''.

La commission prévoit de réduire la fréquence des tests d'échantillonnage des produits alimentaires japonais à 5 % du volume d'importation de tous produits.

L'UE a demandé à Tokyo et à 11 autres préfectures de la nation de faire des tests sur les produits alimentaires avant d'être exportés. Elle prévoit de limiter la réglementation pour certains articles dont une inquiétude sur l'état sanitaire subsiste, y compris le thé et certaines variétés de champignons, pour 12 préfectures, celle de Fukushima exceptée.
Le Yomiuri donne un peu plus de détails concernant le type d'aliments et les préfectures :
  • Les produits agricoles importés dans l'UE venant du Japon qui ne nécessite plus de certificats : tous les produits alimentaires et animaux sauf 8 produits y compris le thé et les champignons
  • Préfectures pour lesquelles la nouvelle réglementation de l'UE s'applique : Tokyo, Shizuoka, Yamanashi, Iwate, Miyagi, Gunma, Ibaraki, Tochigi, Saitama, Chiba, Kanagawa


Je suppose que l'UE ne sait pas ou choisit de ne pas savoir que les légumes, la viande, les produits de la pêche d'endroits comme Iwate, Miyagi, Gunma, Ibaraki, Chiba contiennent du césium radioactif dépassant la limite de sécurité japonaise de 100 Bq/kg de césium radioactif ou en en étant très proche, et ce n'est pas pour l'année dernière, c'est pour cette année. Néanmoins, l'UE important de toutes façons si peu de produits alimentaires du Japon (9000 tonnes en 2010, dit l'UE), je suppose que c'est acceptable pour les technocrates de l'UE.

Donc, que sont les 8 produits pour lesquels l'UE demande des certificats ? En regardant sur le site de la délégation de l'UE pour le Japon, l'information, datée du 22 octobre, sur la révision des mesures sur les importations du Japon, ne parle pas spécialement de ces 8 produits.

J'ai relevé la déclaration de l'UE du 24 mars 2011 et je n'ai pas pu m'empêcher de rigoler à ce passage vers la fin :


Selon les toute dernières informations, les autorités japonaises ont pris les mesures nécessaires pour s'assurer que la nourriture (et l'eau de boisson) testée au-dessus de son niveau acceptable de radioactivité ne soit ni vendue au public japonais ni exportée.
Cela a bien été vendu aux japonais. Yokohama s'affairait l'année dernière à nourrir les scolaires avec du bœuf radioactif parce que le maire affairiste de Yokohama ne pouvait laisser passer l'affaire d'un bœuf à prix discount. Quant aux exportations, les autorités françaises ont saisi du thé vert de Shizuoka qui avait plus de 1000 becquerels/kg de césium. Cette année, le thé vert de Tochigi affichait 24 Bq/kg de césium, APRÈS fermentation, indiquant que le thé séché pouvait en contenir 100 fois plus.
Détails triviaux pour la classe politique.




Greenpeace dénigre violemment les mesures de ''décontamination'' à Fukushima, découvre 3 microsieverts/h de radiations dans des écoles et des parcs


3 microsieverts/h de radiations, c'est 100 fois le niveau d'avant l'accident.

D'après News24, citant l'AFP (23 octobre, c'est moi qui souligne) :


Greenpeace dénigre l'action anti-radiation du Japon
Tokyo – la surveillance des radiations par le gouvernement dans les zones proches de la centrale de Fukushima est peu fiable, accusait Greenpeace mardi, avec des régions fortement peuplées exposées à 13 fois la limite légale.

Le groupe écologiste a dit que les autorités perdaient du temps à nettoyer les zones évacuées et qu'elles devraient donner la priorité aux efforts de décontamination dans les endroits où vivent, travaillent et jouent des gens.

Greenpeace a trouvé que dans des parcs et écoles de Fukushima, peuplée de 285.000 habitants, les niveaux de radiations étaient supérieurs à 3 microsieverts par heure. La limite de radiations recommandée par le Japon est de 0,23 mSv par heure.

''Nous avons aussi découvert que les postes de surveillance officiels placés par le gouvernement sous-estiment systématiquement les niveaux de radiations,'' a dit Rianne Teule, expert en radiations de Greenpeace, ajoutant que certaines machines sont protégées des radiations par des structures métalliques et de béton.
Efforts de décontamination
''Les efforts de décontamination sont sérieusement retardés et de nombreux points chauds identifiés à de nombreuses reprises par Greenpeace en sont toujours au même point,'' a dit Teule.

''C'est vraiment perturbant de voir qu'il y a de nombreux points chauds autour des équipements des aires de jeux, exposant les enfants qui sont les plus vulnérables aux risques de radiations''.

Par des tests menés sur 4 jours la semaine dernière, Greenpeace a aussi découvert que les niveaux de radiations dans le village d'Iitate, où le gouvernement espère faire bientôt revenir les habitants évacués, sont toujours de plusieurs fois au-dessus de la limite, avec des efforts de décontamination incomplets.

Kazue Suzuki, militante de Greenpeace au Japon a dit que les tentatives de nettoyage étaient ''peu judicieuses''.

''Une maison ou un bureau peut être nettoyé, mais il est très improbable que la zone entière soit libérée des risques de radiations d'ici les quelques prochaines années,'' étant donnée la nature montagneuse et très boisée de la région.''

''Le gouvernement continue de minimiser les risques de radiations et donne un faux espoir aux victimes de cette catastrophe nucléaire,'' a dit Suzuki.
Le Pr Hayakawa a également rapporté que les mesures de radiations faites aux postes de surveillance de Fukushima diffèrent, parfois de manière très importantes, des mesures faites à proximité.

5 commentaires:

  1. Petit détail d'importance : micro-sievert s'écrit µsV/h et représente le millième de milli-sievert ( msV/h ) !!!
    Si la norme du Japon était de 0.23 msV/h, ça ferait une dose annuelle de 2014.8 msV/an soit 2 Sievert ce qui représente un million ( 1 000 000 ) de fois la dose annuelle recommandée en France !!!
    3 msV/h c'est déjà énorme surtout pour des enfants.
    Le µ est sur le clavier... au dessus de l'astérisque.

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    1. Bon Hélios on efface tout, je recommence plus tard... pas assez dormi !

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    2. La phrase originale en anglais est :

      "Japan's recommended radiation limit is 0.23mSv per hour."

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    3. En France la dose moyenne à ne pas dépasser est de 2 millisievert par an, le calcul est simple, dose horaire * 24 * 365, ça ferait la dose qu'on se prend dans les zones contaminées !
      Les travailleurs de Tepco encaissent des doses comme ça, c'est pour ça qu'ils ne font pas long feu et qu'ils ont du mal à recruter, tout le monde a dépassé les doses.
      C'est je crois la même cas que l'autre jour, il doit s'agir d'un article saisi par un pigiste qui ignore qu'entre milli et micro il y a 3 zéros !

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  2. Bon, erreur d'écriture, c'est Sv/h et pas sV/h...

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