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jeudi 18 octobre 2012

Alerte rouge sur la francophonie

Dans le monde, mais aussi en France, alerte rouge sur la francophonie !

On peut certes, comme Mme la ministre déléguée chargée de la francophonie, se satisfaire du fait que le français est « la seconde langue la plus enseignée » au monde et que le français, ce « beau cadeau » est aujourd’hui parlé par 220 millions de personnes (1). Il n’en reste pas moins que la situation de notre langue et de la francophonie internationale, partout bousculée et harcelée par l’avancée totalitaire du tout-anglais, se dégrade rapidement.
Hors de France d’abord. En Belgique, où – dans la quasi-indifférence de l’U.E. et de l’Etat fédéral belge – des élus flamands extrémistes prétendent proscrire l’usage public du français. En Suisse, où une partie des élites alémaniques agit sans relâche pour substituer l’anglais première langue au français dans les écoles publiques. Au Québec, les élites anglo-formatées se font agressivement l’écho d’une campagne permanente des milieux dirigeants du Canada qui cherchent à liquider les lois assurant au français son statut de langue officielle de la Belle Province. Même si nous devons être reconnaissants à l’Afrique de rester aux avant-postes de la francophonie internationale, il faut bien observer que l’édifice se lézarde rapidement au sud de la Méditerranée. Après le Rwanda qui, en 2009, a rompu avec la francophonie pour rallier le camp anglophone, le Burundi s’oriente vers le Commonwealth (2). Lors de sa visite officielle au Rwanda, le président gabonais, M. Ali Bongo Olimba a annoncé « étudier l’expérience rwandaise dans l’introduction du bilinguisme » (3) : et le dirigeant africain d’arguer malicieusement qu’après tout, nombre d’institutions françaises privilégient déjà l’anglais…

La situation n’est pas moins grave sur notre sol. Non seulement la loi Toubon, votée unanimement par le parlement en 1994, est bafouée par nombre de firmes qui se dénomment en globish et qui font leur publicité dans cet idiome approximatif, non seulement certains ténors de la chanson et du cinéma « français » trahissent de plus en plus la langue de Brassens et de Rohmer pour, prétendument, s’exporter en anglais, non seulement de grands évènements culturels subventionnés par l’argent public comme les Francofolies si mal nommées font une place grandissante à l’anglais, non seulement nombre d’émissions diffusées en prime time (sic) s’intitulent-elles en anglais (Flop TEN de L. Ruquier, Come onSummertimeDown Town sur Inter, The Voice sur TF1, The Summer of Rebels sur Arte, etc.) sans que cela mobilise outre mesure le C.S.A., mais on observe un début de glissement, voire de basculement linguistique, au cœur même de l’enseignement public. A l’initiative de Luc Chatel, l’école maternelle se prépare à plonger les bambins – qui ne maîtrisent pas encore les structures de leur langue… maternelle – dans un bain linguistique anglophone. Portée par le même ministre UMP et conservée telle quelle par M. Peillon, la réforme des lycées minore l’enseignement de notre langue et développe l’enseignement « en langues étrangères » (l’anglais se taille évidemment la part du lion…) des « disciplines non-linguistiques » : or, on ne sache pas que la réciproque vaille en Angleterre, où les bacheliers n’ont plus l’obligation d’apprendre une langue étrangère… Quant aux universités, leurs présidents ne se contentent pas de réclamer une exemption de la loi Toubon : la recherche, y compris parfois en sciences humaines, et plusieurs Grandes Ecoles emmenées par feu le président si controversé de Sciences Po, basculent illégalement à l’anglais. Ces manageurs dépourvus de dignité nationale et de sens civique annulent ainsi le geste démocratique qui fut celui de Descartes en 1637 : c’est pour être compris du grand public de son temps que ce grand novateur écrivit en français (et non en latin) son Discours de la méthode. Déjà, nombre de grandes entreprises franciliennes imposent à leurs salariés de travailler en anglais : les choses en sont au point que des syndicats de toutes obédiences, confrontés à l’angoisse des cadres et des autres salariés (4), sont amenés à revendiquer ce droit élémentaire : travailler en français en France ! Le record de discrimination linguistique est atteint quand de grandes entreprises recrutent ouvertement des anglophones de naissance (5) pour occuper leurs postes de direction : ce qui revient à instituer une préférence nationale à l’envers, non moins insupportable que la préférence nationale à l’emploi chère aux partis xénophobes !

A l’arrière-plan de cet arrachage géant de la langue de Molière, il n’y a pas seulement la « mode » (qui en décide, d’ailleurs ?) ou la mondialisation néolibérale – laquelle découle d’ailleurs de choix politiques. Nous affirmons que le basculement au tout-anglais découle d’une politique linguistique et culturelle totalitaire dont l’origine est à chercher du côté de l’oligarchie financière mondialisée et des milieux dirigeants de l’Union européenne. Du côté du syndicat patronal européen dont l’ancien président, M. E.-A. Seillière, a donné le signal du basculement quand en 2006, s’exprimant devant le Conseil européen au nom de Business-Europe, il annonça devant Jacques Chirac – qui eut alors la dignité de quitter la salle – qu’il s’exprimerait « en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise ». Comment une telle déclaration déplairait-elle au MEDEF dont un récent manifeste intitulé Besoin d’aire appelle à en finir avec l’Etat national français pour « reconfigurer les territoires » et souhaite « une gouvernance européenne beaucoup plus intégrée pour aller vers des États-Unis d’Europe » (6) ? Quant à l’UE, elle piétine ses traités fondateurs, qui lui font obligation de respecter « l’identité » des Etats-membres, en établissant officieusement – et bientôt, officiellement si le « saut fédéraliste » en cours va au bout de sa logique – la langue anglaise comme langue officielle de l’Union. Quand donc les peuples ont-ils été appelés à débattre de ces questions et à les trancher de manière démocratique ? Qui a consenti en notre nom ces incroyables transferts de souveraineté linguistique ? Au contraire, une effarante chape de plomb médiatique pèse sur le basculement linguistique en cours : pour une large partie de la droite, il faut certes ne rien dire qui puisse ralentir le sacro-saint « saut fédéraliste » souhaité par le haut patronat. De même l’« internationalisme » mal compris d’une certaine gauche favorise-t-il naïvement l’entreprise « globalitaire » sans précédent qui tente d’imposer au monde une langue unique (et avec elle, une politique et une économie uniques !). Mais en quoi la destruction de la diversité linguistique, chair et sang de la diversité culturelle mondiale, importerait-elle moins à l’humanité future que la nécessaire préservation de la biodiversité ?

A cette situation linguistique dramatique, c’est peu dire que le gouvernement n’apporte pas la riposte nécessaire. Certes nous n’en sommes plus au flamboyant mépris des francophones que cultivèrent « Sarko l’Américain », « Christine The Guard » ou le « French Doctor » Kouchner qui, ministre des Affaires étrangères, a osé déclarer que l’avenir de la francophonie passe… par l’anglais (7). Certes, il y a eu cet acte d’élémentaire dignité du chef de l’Etat demandant à M. Fabius de s’exprimer systématiquement en français à l’étranger. Certes, le candidat Hollande a pris position contre les cours universitaires dispensés en anglais. Il a même rappelé à nos ambassadeurs que « la promotion de la langue, de la création françaises, c’est l’affirmation d’une vision du monde qui fait place à toutes les cultures ». Mais depuis le 6 mai, les actes forts sont rares. Sollicitée par plusieurs associations de défense de la langue française, la ministre déléguée à la francophonie botte en touche sur la question du tout-anglais (8) et n’a toujours pas répondu à la demande d’entrevue que lui avaient adressée ces associations. Rien n’est fait non plus pour annuler ou pour corriger la LRU, dite loi Pécresse, dont certains dispositifs incitent indirectement les universités à privilégier l’anglais. Pis, le candidat socialiste s’est engagé à faire ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionales dont l’objet réel est de désétablir la « langue de la République » (article II de la Constitution), alors qu’il y aurait mille autres manières de promouvoir nos langues régionales, ce patrimoine commun de la Nation (et pourquoi pas en outre, les langues de l’immigration là où c’est utile à l’intégration citoyenne ?) dans le cadre de la République indivisible héritée de la Révolution. Que restera-t-il de notre langue lorsqu’elle sera prise en étau entre le séparatisme régional à prétexte linguistique et le tout-globish maastrichtien à l’échelle du sous-continent ? La langue de l’Edit de Nantes, de la Déclaration de 1789 et des Jours heureux promis par le CNR à la Libération, est-elle vouée à devenir en France, en quelques décennies, l’équivalent de ce qu’est devenue la noble langue gaélique en Irlande ?

Car si les langues mettent des siècles à émerger pour porter l’histoire d’un peuple, elles mettent fort peu de temps pour s’effacer, comme l’a montré Claude Hagège : comme en d’autres domaines de la vie sociale chamboulés par le néolibéralisme mondial, il faut donc se résoudre à résister franchement ou à collaborer honteusement. Parce que nous choisissons la première voie, celle de l’égale dignité entre les peuples, nous appelons nos concitoyens – et notamment les plus modestes, qui sont les plus menacés par le basculement en cours – à exiger des autorités qu’elles fassent respecter la loi à l’école, à l’entreprise, dans la « com » , dans la vie économique et à l’université. Nous soutenons la proposition – enterrée par la précédente majorité politique – portée par le député J.-J. Candelier – d’installer une commission d’enquête parlementaire sur la situation linguistique de la France. Car ceux qui veulent substituer le Wall Street English (9) à la langue de Victor Hugo voudraient bien que l’assassinat linguistique pût s’imposer de manière « consensuelle », sans débat public. Ceux qui veulent au contraire que vive le message séculaire de liberté, d’égalité, de fraternité et de Lumières communes porté par notre langue, exigent qu’un large débat s’engage en France sur la politique linguistique de notre pays.

« Que les bouches s’ouvrent », citoyens ! Ne nous laissons pas couper la langue en silence !

Texte présenté par :

Georges Gastaud, philosophe, président du COURRIEL, Régis Ravat, syndicaliste, président de l’AFRAV, Albert Salon, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la Langue Française, Simone Bosveuil, agrégée d’espagnol, Gaston Pellet, résistant linguistique, Matthieu Varnier, ingénieur satellite.
(1) - C’est ce que répond un conseiller de Mme Benguigui aux défenseurs de la langue françaises qui demandaient audience à la ministre chargée de la francophonie.
(2) Cf le site http://www.afrik.com/le-burundi-souhaite-rejoindre-le-common....
(3) "Le Gabon souhaite regarder de près l’expérience rwandaise dans l’introduction du bilinguisme", a affirmé le porte-parole de la présidence A.-C. Bilie-By-Nze lors d’une conférence de presse au retour d’A. Bongo des Nations Unies. http://www.leparisien.fr/informations/francophonie-le-gabon-... ) ; cf aussi http://www.rfi.fr/afrique/20121002-gabon-veut-mettre-anglais...;
(4) Un colloque de la CFE-CGC s’est tenu le 7 mars 2012 (http://www.franceinfo.fr/player/reecouter ::Parler anglais au travail, une source de stress et de fatigue ). Egalement : http://www.francophonie-avenir.com/video_CGT-Danone_contre_l...;; http://youtu.be/FNKJ02Ssu0A.
(5) Le nom de code est « English mother tongue ». il faut que les lecteurs puissent reconnaître cette formulation désormais courante dans les journaux pour cadres. Ce n’est pas céder à l’anglomanie que d’user de l’expression anglaise, c’est au contraire en marquer la brutale insolence. Mais tenant compte de votre remarque, je mets le français dans le corps du texte et l’anglais en note infrapaginale.
(6) Cf Le Monde Michel Noblecourt 15 février 2012.
(7) [Deux ou trois choses que je sais de nous – Laffont, 2006. « Il faut une francophonie ouverte à l’anglais. La francophonie ne doit pas être opposée à l’anglophonie ».
(8) Réponse datée du 14 septembre 2012, sous la signature de M. Patrick Lachaussée.
(9) Bien entendu, aucune hostilité de notre part contre la belle langue de Shakespeare. C’est le tout-anglais que nous visons clairement.

 SOURCE


17 commentaires:

  1. Déjà qu'avec le soutien des "vérificateurs orthographiques automatiques" mes concitoyens n'arrivent plus à écrire en Français !

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  2. Déjà, en primaire, mes filles devait apprendre l'anglais, je trouvai ça bizarre, mais bon... Maintenant, au collège, elles sont obliger de choisir l'anglais, si par exemple, elles veulent faire allemand, elles sont OBLIGER d'apprendre l'anglais en plus!! Il est passé où le choix de sa première langue vivante? Au chiottes!
    J'ai en plus remarqué qu'aujourd'hui, il y a plus d'heure de cours d'anglais qu'il y à 20 ans, et ceux, au détriment des autres cours (qui était déjà pas top à la base)!!!...

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  3. Le modèle de la femme moderne l'actrice néerlandaise Sylvia Kristel, connue dans le monde entier pour avoir incarné l'héroïne du film érotique "Emmanuelle", est décédée à 60 ans dans la nuit des suites d'un cancer, a annoncé son agent jeudi.

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  4. bientot écrire seras inutile,se comprendre sans orthographes est notre harmonie..

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  5. Hello, Sur les Georgia Guidestones le francais n'a d'ailleurs pas sa place. Ceci expliquerait cela.

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    1. C'est exact, je l'avais remarqué aussi.

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  6. Dire qu'autrefois les rois et les nobles d'Angleterre s'exprimaient en français, l'anglais c'était pour le peuple....
    Toute demi britannique que je sois, je trouve très choquant de vouloir confisquer la langue française qui a bien tout autant de valeur, et puis qu'on m'explique pourquoi les anglais utilisent des expressions françaises comme par exemple: "cul de sac"?

    Autrefois dans les campagnes de France, les gens s'exprimaient en patois, et en fréquentant l'école, ils ont appris le français et maintenant c'est plus que rare d'entendre du patois.

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  7. au sujet de la LRU a Clermont, ils ont voulu supprimer un poste d'enseignant responsable d'un master L E A de commerce international
    Les étudiants ont protesté et maintenant c'est le poste du prof responsable du labo d'anglais qu'ils veulent supprimer ce qui entrainerait la suppression des postes des prof qui travaillent avec lui.

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  8. Baignant dans le monde des langues vivantes et entourée actuellement d'une communauté de familles qui parlent 3 ou 4 langues à la maison , je ne trouve pas juste cet article en ce qui concerne l'enseignement d'une langue vivante aux enfants. Toute lecture sur le sujet va dans le même sens: plus un enfant est en contact tôt avec les langues, meilleur il est, et plus de facilités il a plus tard avec d'autres langues étrangères. Même les enfants en retard mental qui sont bilingues présentent à "handicap équivalent" des facultés supérieures. Je crois qu'il est grand temps d'arrêter ce chauvinisme qui reflète l'étroitesse xénophobe des Français. les Hollandais parlent encore le Hollandais, non ? Et comme ils sont bons en anglais ! ( Certes, leur langue est de la même famille éloignée que l'anglais, comme l'allemand).Mais la décision culturelle de passer les films en VO a porté ses fruits ! Moi , j'ai hâte de voir le jour où les autorités gouvernementales se décideront enfin à passer les films en VO, sous-titrés en français, ou comme en Espagne, avec au choix : version doublée ou version originale (et ce à la télé) . Une anecdote: avant la pub télévisée pour le "nexpresso" où ce bel acteur américain répondait "an expresso" à la question "what else ? ", mes élèves ( oui, je suis prof d'anglais) ne comprenait rien quand je leur posais la question "what else ? " Depuis cette pub , ils savent ce que cela veut dire ! La raison de la mauvaise orthographe des jeunes actuellement n'est pas associée à l'apprentissage des langues vivantes en 1aire. On penche plus pour des raisons qui concernela génération "zapping , langage sms" et autres.. mais mon message est déjà trop long.
    Bien cordialement ,
    Cécile

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  9. En commentaire de celui de Chantalouette:
    il suffit de se dire justement que le français était langue internationale pendant plusieurs siècles et que c'est depuis longtemps aujourd'hui l'anglais . Et alors ? Peut-on accepter que la roue tourne ? Et puis pour ceux qui ont des craintes, la langue vivante internationale ne sera bientôt plus l'anglais mais le mandarin , le russe et l'allemand et l'espagnol. Alors au boulot, si vous avez peur !

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    1. Personnellement ce que je vois c'est plus le risque de "mettre des gens de coté " car ils parlent peu ou pas anglais et surtout qu'ils se croient rejetés si il ne comprennent pas ce qui est dit.
      Je parle d'expérience, dans mon entourage familial, certaines personnes ne toléraient pas que ma mère(anglaise) et moi nous nous parlions en anglais de peur que nous disions du mal d'elles, pourtant nous n'en disions pas.

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  10. Oui, je connais aussi ce genre de situations et je suis intimement convaincue que cela relève du manque de confaince en soi et de la parano qui en découle et de l'étroitesse d'esprit mentionnée plus haut. Plus on est au contact des langues, plus je crois que l'on est ouvert à la différence, d'où le terme "d' étroitesse xénophobe! "
    Cécile

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  11. Bonsoir,
    Je suis diplomée d'anglais, j'ai vécu et travaillé des années en Grande-Bretagne, je lis beaucoup de livres en anglais, je regarde les films en VO sans les sous-titres, bref, j'aime cette langue et ce n'est pas un problème pour moi. Pourtant je rejoins entièrement ceux qui défende la langue française. En fait, ce n'est pas juste la langue française mais toutes les langues. Je pense qu'il y a quelque part une mécompréhension du problème ici. Que tout le monde puisse avoir une langue en commun pour communiquer c'est très bien. Sauf que comme toute chose très bien en ce monde, une certaine élite s'en sert pour ses propres desseins comme ici le Nouvel Ordre Mondial où on imposera une langue unique. Et comme une langue reflète plus une culture et un mode de pensée que toute autre chose, c'est encore bien pire que ce que l'on peut imaginer. En imposant une langue, une impose également une manière de penser. Oui à l'apprentissage des langues étrangères, non à l'imposition d'une seule et unique langue. Et vive les Québécois qui continuent à faire preuve d'inventivité en trouvant des équivalents aux anglicismes qui polluent notre langue. Je déteste les emails des francophones, je n'accepte d'eux que des courriels. Ne luttons pas contre le spam, c'est de pourriels dont il s'agit, etc, etc. ;)

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  12. L'URGENCE DU MOMENT parle TOUTES les LANGUES du Monde, d'Aujourd'hui à dans bien longtemps.
    Mais ce n'est pas un sujet intéressant, à priori...

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  13. Bonjour Cécile, je crois que le débat n'est pas autour des bienfaits de l'enseignement des langues, ce que tu dis est vrai.
    La question est en effet de la disparition des langues par substitution et nivellement des différences culturelles.
    Quand une langue emprunte un mot ou une expression d'une autre langue, comme "cul-de-sac", il se peut qu'il n'y ait pas d'équivalent conceptuel et que les gens trouvent l'expression suffisamment imagée ou représentative de leur pensée. Dans ce cas c'est un enrichissement.
    Mais quand il s'agit d'utiliser un langage qui transmet des concepts abstraits sur les marchés boursiers et la gestion d'entreprise, là c'est une invasion idéologique et il n'est pas question d'autoriser cette invasion, c'est une façon de nous faire adopter la langue du néolibéralisme et de nous soumettre à des règles dont nous ne voulons pas !
    Nous parlons d'impérialisme...
    Pas un instant il n'est question de xénophobie ( qui est pourtant une réalité française, c'est vrai aussi ! ), il est seulement question de préserver les spécificités de chaque peuple et donc de chaque langue.
    Petit exemple : tu as peut-être une et seule langue maternelle, si c'est le cas, tu remarqueras que quand tu es très émue, en colère, spontanément ce qui vient à l'esprit ne se dit pas en anglais mais dans ta langue de l'affect, celle qui t'as construite !
    On ne pense dans une autre langue qu'après bien des années de migration et de rupture avec sa culture d'origine.

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    1. Bonne synthèse sur ce débat de la langue française, Lionel.

      Actuellement on est très loin de la langue d'Honoré de Balzac...

      Les nouvelles versions des dictionnaires se remplissent de franglais ou d'anglais tout court. Déplorable.

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