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samedi 1 septembre 2012

L'île de la Réunion, une erreur écologique monstrueuse

Un projet pharaonique d’autoroute à La Réunion







La Réunion prépare une troisième route circulaire, après que les deux précédentes se soient révélées dangereuses et très coûteuses. Le transport en commun est sacrifié aux investissements nécessités par le lobby du béton.
Jean-Pierre Marchau - 31 août 2012

La Réunion n’en finit pas de payer l’erreur historique du choix arrêté en 1955 de vouloir faire passer l’axe Saint-Denis /La Possession sur le littoral. Dès l’achèvement en 1963 de la première route en pied de falaise, devant sa dangerosité, on envisagea la construction d’une nouvelle route plus éloignée en mer. Mais en 1976, lors son inauguration, cette deuxième route du littoral se révéla elle aussi dangereuse et on réfléchît aussitôt à une 3ème route. Aujourd’hui et malgré les millions d’euros dépensés en entretiens et en travaux de sécurisation, on persiste dans les erreurs du passé en proposant un troisième itinéraire toujours sur le littoral, encore un peu plus éloigné sur la mer et en y incluant cette fois un Transport Collectif en Site Propre (TCSP).

La route des Tamarins en 2009 a connu un dépassement du coût initial de + 70 %, la 1ère route du littoral de 1963 et la seconde, celle de 1976, on l’a oublié, avaient elles aussi connu un dépassement de coût de + 70 %, ce qui rend risibles les affirmations du Président de Région sur un coût maîtrisé de 1,6 milliards d’euros.

Le projet de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) a été modifié le 14 octobre 2010 par les Accords de Matignon II. D’un coût estimé en 2007 à 930 millions, la NRL est passée à 1600 millions d’euros du fait de l’ajout d’une sur largeur (passage à une 2 X 3 voies dont deux voies dédiées à un TCSP bus puis à terme, un TCSP ferré) et du fait de l ’abandon du péage routier.

Avec ce projet pharaonique, La Réunion court à la catastrophe. Sur le plan environnemental, car les deux énormes digues vont avoir un impact meurtrier sur la biodiversité terrestre et marine, sur le plan paysager car il va défigurer le site patrimonial et historique de la Grande Chaloupe, sur le plan social car ce projet ne sert que les intérêts du lobby automobile au détriment du transport en commun aujourd’hui sacrifié, sur le plan économique car le chantier ne créera pas d’emplois durables, sur le plan financier car CETTE ROUTE COÛTERA AU BAS MOT 2,5 MILLIARDS D’EUROS et tous les dépassements du budget initialement prévu seront supportés par les contribuables réunionnais qui sont actuellement parmi les plus endettés de France. La dette régionale se monte à 4225 euros par foyer fiscal en 2010. Si on y ajoute la dette du département, le cumul des deux aboutit à une dette de 8709 euros par foyer fiscal imposé, ce qui place La Réunion en tête des territoires français endettés.

Enfin, une telle route en mer, sur un viaduc de 30 m de haut au-dessus des flots, est un archaïsme dans le monde du changement climatique qui se caractérisera par une recrudescence de la fréquence et de la violence des cyclones.

Une pétition en ligne a été lancée pour dire non à la nouvelle route du littoral : http://www.avaaz.org/fr/petition/NO...

SOURCE

6 commentaires:

  1. Quel pharaonique gâchis! Le con-tribu-able paie les erreurs des politiques et pas seulement lui. Vu le danger et l'impact pour l'environnement, on peut sérieusement se poser des questions sur l'état mental des ceux qui valident ce genre de projet...

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    1. Qui est J-P Marchau
      Je suis candidat à l’élection législative de juin 2012 sur la 1ère circonscription, à Saint-Denis de La Réunion, la ville où je vis depuis 22 ans et où j’enseigne la philosophie au lycée Levavasseur.
      La cohérence de mon parcours, politique chez les Verts, syndical avec la CFDT, intersyndical lors des grands mouvements sociaux qui ont animé La Réunion ces dernières années, collectif avec le COSPAR, associatif avec ACCIDOM, La Réunion Solidaire ou la coopérative KER, témoigne de la réalité de mes combats pour une Réunion plus juste, plus solidaire et surtout plus novatrice dans son développement.
      C’est fort de cette histoire personnelle, que j’ai décidé de franchir le pas et de porter les couleurs d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) dans la campagne électorale qui s’annonce.
      Mon investissement dans la vie syndicale, associative et politique locale m’a conduit à défendre concrètement, et depuis des années, une conception de l’écologie qui n’est ni sectaire, ni abstraite, ni caricaturale, une écologie toujours soucieuse d’appréhender la complexité de la société réunionnaise pour y puiser les réponses aux défis qui se posent à elle avec de plus en plus d’acuité. C’est selon moi tout l’enjeu de la campagne qui se profile et pour laquelle je sollicite le soutien de celles et ceux qui partagent les valeurs de l’écologie.
      Quand je lit des entrefilets pareil cela me donne envie de gerber.
      Mais c'est de bonne guerre, c'est politique ! JPM ne connais rien au problème de transport de la Réunion; Je dirais même que c'est un pauvre nul, avec un n majuscule !
      J'ai passé beaucoup de temps dans mon existence a exécuter des kms et des kms d'autoroute côtière de ce joyau des mers.
      J'ai passé également beaucoup de temps a réparer les dégâts que la nature infligeait à mes ouvrages.
      Dommage qu'un politique nous abreuve de tel délire, rien que pour ce faire élire !
      Alan

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    2. Bonjour et pardonnez moi si je n'ai pas vraiment compris le sens de votre argumentation !
      Vous parlez d'une écologie qui n'est ni sectaire, ni abstraite, ni caricaturale et vous ajoutez à cela que les propos portés ici viennent d'un individu "politique" donc un gros idiot ( "c'est politique..." ).
      Soit...
      Mais alors quel est votre sens de l'écologie ???
      Pour moi elle ne peut être autre chose que politique, le "développement" et la "croissance" ( du PIB ) lui sont intimement liés et les décisions tant que les remèdes ne relèvent que du politique.
      L'écologie pratiquée par les écologues ( pas les écolos ) est une science en devenir mais une science exacte, par conséquent je ne vois pas ce que peut être une écologie sectaire, abstraite ou caricaturale, c'est un peu comme si vous me disiez que l'astrophysique ou la cancérologie peuvent être extrémiste !!!
      Je vois se profiler là les arguments si engagés idéologiquement du "nouveau capitalisme vert" dont se targuent les transnationales depuis les années 60 en espérant récupérer et annihiler une vraie pensée progressiste pour la soumettre ( de soumission, mise en état de dépendance et d'esclavage ) aux lois du capitalisme sauvage !
      Vos évidences ne sont pas forcément partagées et si vous avez l'intention de tenter une nouvelle fois votre chance aux élections locales, il va vous falloir être un peu plus clair !
      Je crains que ce soit une tendance forte chez EELV qui brade l'écologie scientifique aux lois du profit...
      Alors dites moi vite : êtes vous pour ce projet de folie furieuse ( qui montre une fois de plus que nous sommes dirigés par de dangereux psychopathes ) ? Et si oui, dites nous quelles garanties vous apportez pour que le milieu naturel n'en soit pas affecté !
      À moins que vous pensiez que la politique du risque fait partie de la vie des bêtes que nous sommes et que son acceptation soit la condition si ne qua non de notre bonheur.
      Il faudrait dans ce cas en parler avec les victimes d'AZF, de Tchernobyl, de Fukushima, de Manamata, de Mururoa, de Seveso... la liste est triste et longue.
      Argumentez !
      Je veux bien croire que ce JPM soit à côté de ses sandales mais il écrit cependant sur un blog fort crédible qui n'a pas pour habitude de publier le premier excité qui passe et les arguments, particulièrement financiers méritent un peu plus qu'un simple soufflet, ce qui est dit est crédible et vous ne l'êtes pas !!!

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    3. J'ajouterai un petit conseil, je l'avoue fort désobligeant :
      Faites moins de fautes d'orthographe, ça fait tache pour les électeurs !!!

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  2. Il suffit de construire un tunnel comme à l'entré de saint denis dans les endroits les plus à risques, ce qui représente, environ même pas un quart de la route du littoral, cela reviendrait beaucoup moins cher.

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  3. Ce projet n'est pas suspendu à cause de l'echec du test lors d'une tempête ou / et aussi à cause de l'instabilité du sous-sol marrin?
    Ou peut être utilisé l'ancien tracé de la voie de chemin de fer pour avoir un tunnel à l’abri des cailloux et des vagues...?

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