Bistro Bar Blog

mardi 14 août 2012

L'art de trier les ordures à Tokyo

Sauf qu'ils ne parlent pas des produits irradiés...

Romandie News

Tokyo: de l'art de bien trier ses ordures


TOKYO (Japon) - Si vous pensez que le tri sélectif des ordures ménagères est une véritable corvée, une semaine à Tokyo vous fera comprendre votre bonheur: ici il faut tout trier, absolument tout. Mais finalement ça paye du point de vue de l'environnement.

Jugez-en: en 2000 la capitale, l'une des plus peuplées du monde, produisait 5,5 millions de tonnes d'ordures ménagères par an, dont seulement 930.000 étaient recyclées, soit 17%.

Dix ans plus tard (2010) Tokyo n'en générait plus qu'environ 4,34 millions de tonnes, dont 1,11 million étaient recyclées, soit 25,6%!.

L'homme qui donne ces chiffres à l'AFP est Toru Kaneko, le Monsieur Recyclage de la municipalité de Tokyo.

A titre de comparaison, en 2010 Paris recyclait 6% de ses ordures ménagères (verre excepté), New-York 15%, seul Londres faisait pratiquement jeu égal avec 25%.

Au coeur de notre action, explique Toru Kaneko, il y a ce qu'on appelle les trois R: réduire, réutiliser, recycler. Pour réduire la quantité de déchets, il faut donc trier soigneusement ce qui peut être recyclé ou réutilisé du reste.

Dit comme cela, c'est séduisant. Dans la pratique c'est un calvaire pour les étrangers, une contrainte pour les Japonais.

Un blogueur gaijin (étranger) témoigne: Pour ce qui du ramassage des ordures, c'est une catastrophe et très honnêtement je n'y comprends rien, les japonais trient tellement que je ne sais jamais ce qu'il faut sortir et quel jour.

Il s'y fera après avoir digéré le guide du parfait petit jeteur d'ordure qui, avec un luxe de détails vous dit où jeter, comment jeter, quel jour jeter.

Plusieurs fois par semaine, le cérémonial se répète dans tous les foyers: il faut d'abord et avant tout méticuleusement séparer les déchets combustibles des non-combustibles.

Côté combustible, il y par exemple les papiers et les déchets organiques, essentiellement alimentaires. Pour ces derniers, mieux vaut ne pas rater LE jour hebdomadaire de collecte, surtout en été.

Raffinement supplémentaire: pour se débarrasser de l'huile de cuisson, il faut, dixit le manuel, soit l'absorber dans du papier ou des chiffons, soit la solidifier avec un agent coagulant. De quoi vous dégoûter pour toujours des frites ou des tempura maison (beignets).

Côté non-combustible: cuir, verre cassé, céramique, flacons spray, plastiques alimentaires, plastiques chimiques (flacons de produit vaisselle ou détergents par exemple), etc. Le tout dans des sacs séparés. Eh oui! les plastiques ne vont pas tous au même cimetière.

Puis les recyclables: objets métalliques (boîtes de conserve, canettes, bouchons), cartons d'emballage (qu'il faut plier et ficeler), journaux (qu'il faut aussi ficeler) et prospectus de publicité (qui étouffent les boîtes aux lettres), bouteilles en verre (qu'il faut rincer, il est également recommandé d'enlever les étiquettes)...

Tout cela est emporté par une armada de petits camions-benne bleus scandaleusement propres.

Mais attention aux erreurs d'aiguillage: par exemple une bouteille plastique dans un sac inapproprié. Cela peut vous valoir diverses contrariétés: 1) votre sac ne sera pas ramassé, 2) l'éboueur-contrôleur y aura apposé un infâmant avis en rouge, 3) vous pouvez essuyer un regard oblique de vos voisins de quartier, 4) dans les cas graves vous pouvez recevoir la visite d'un agent municipal...

Et comme les sacs à ordures sont transparents, le malfaisant est facilement repéré, surtout s'il est étranger, grâce à un journal en français par exemple.

Les habitants de Tokyo, poursuit M. Kaneko, ont commencé à prendre conscience de la gravité du problème dans les années 70, l'époque dite de haute croissance durant laquelle le Japon s'envolait économiquement, produisait et consommait à tout va, avec donc toujours plus d'ordures à la clé.

Il y a eu dans le passé des +guerres des ordures+ entre quartiers, le habitants de l'un ne voulant pas recevoir et traiter celles des autres. Mais c'est fini. L'éducation aide beaucoup. On organise par exemple des visites d'écoliers dans les centres de traitement des ordures pour sensibiliser les enfants, explique Toru Kaneko.

Côté pédagogique, les tokyoïtes peuvent même télécharger la vidéo d'une chanson rythmée (http://youtu.be/M10Dxm-27bc) qui vante le tri sélectif intitulée mottaïnaï, littéralement: ne pas gaspiller.

La municipalité compte aussi sur le sens civique des habitants, et la pression sociale sur les récalcitrants, les non-sélectifs en quelque sorte.

En tout cas, le résultat est là: malgré sa taille, Tokyo est une ville outrageusement propre... quand les corbeaux ne s'en mêlent pas.

Il y en a des dizaines de milliers, qui passent leur temps à éventrer les sacs sur les trottoirs pour festoyer. Seule parade: de grands et solides filets bleus qui recouvrent les tas.

9 commentaires:

  1. Merci Hélios,


    http://www.lemonde.fr/japon/article/2012/08/14/des-papillons-modifies-genetiquement-par-les-radiations-de-fukushima_1745872_1492975.html

    Si une autre personne a déja donné le lien, scusate mi.

    Léa.

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  2. Hélios,

    Tes tomates sont originales.
    Belles et étonnantes.
    C'est presque péché que de les écraser pour en faire de la sauce.

    Mis a part les variètés les plus communes qui rougissent dans "mon" jardin, pourrais je espérer le rendre plus original l'année prochaine? Des noms, un tuyau, ou des graines? :) En échange d'une surprise?

    Merci. Bisous. Léa.

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    1. Léa,

      Les tomates présentées ci-dessus proviennent de graines récupérées sur des tomates bio achetées au marché de la petite ville près de chez moi. Je repère celles qui me plaisent et je récolte et ressème les graines. Je ne connais pas spécialement leur nom, je dis "tomate zébrée rouge et verte" ou "tomate poivron jaune". La plus foncée est une "noire de Crimée", variété connue et très charnue et la grosse jaune (650g) est la variété "ananas".

      Je suis bien obligée de les cuisiner, j'en ai 30 pieds ! J'en fais du concentré, du coulis, du ketchup et j'en mange presque tous les jours en entrée (avec feta ou mozarella + herbes diverses).

      (S'il y en a qui veulent des recettes de ketchup, je peux diffuser...)

      Bisous, bonne journée vosgienne, attention aux orages.

      Si tu veux, je peux t'en garder pour agrémenter ton jardin l'année prochaine. Je te ferai un assortiment. Mais il faudra que tu m'envoies par mail ton adresse...

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  3. au fait les photos des papillons, les vraies pas des photos bidons,
    ici :
    http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Des-papillons-mutants-vers-Fukushima-11040072

    effectivement les ailes sont totalement déformées, atrophiées,
    c'est moche, quoi dire d'autre, à part : y'a pas une autre planète SVP ? Arrêtez ses conneries quoi et merde alors ... je rêvais d'un autre monde ...

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  4. Lea, pour toutes les tomates anciennes, et autres légume, entretenir la biodiversité contre les cartels des semanciers, et soutenir l'action courageuse de cette association, il faut acheter ses graines chez KOKOPELLI.
    Récupérer les graines est bien, pour faire ses semences ensuite, mais certains fruits comme la tomate demandent une récupération très particulière, sous peine de croisements aléatoires entre variétés.
    Ces croisements peuvent donner de bonnes surprises, aussi...

    Allez sur le site de Kokopelli, vous verrez toutes leurs merveilles, bio bien sûr! (je n'ai aucun intêret dans leur association, mais les suis depuis plusieurs années, et commande chez eux, et fais également de la désobéissance civique en semant des graines oubliées dans nos campagnes)

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    1. Au risque de déplaire (tant pis), j'ai été très déçue par les graines de Kokopelli achetées sur des foires bio. Non seulement les graines sont vieilles (parfois 5 ans), mais en plus il n'y a qu'un petit pourcentage qui germe, même pour des graines fraîches. J'ai abandonné ce fournisseur et j'en privilégie d'autres, avec peut-être moins de choix, mais avec lesquels je n'ai jamais eu de problèmes (comme le Biau Germe). Soutenir, c'est bien, mais si on ne peut perpétuer les espèces parce qu'elles ne germent pas, je ne vois pas l'intérêt...

      Par ailleurs, aucun risque de pollinisation croisée pour les tomates. Toutes celles que je garde et ressème depuis des années sont constantes.

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    2. J'ajouterai que je ne suis pas la seule à faire ce reproche à Kokopelli.

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  5. Quant à moi, je suis catastrophée de constater que depuis 3 ans, "mon" basilic "l'italien à grandes, larges feuilles" ne pousse plus. Avant, j'avais acheté des graines en sachets.... plantées.... bien poussées...; Beau basilic... belles graines.... RE PLANTÉES = Rien, ou plants de 3 millimètres !!! qui pourrissent ! Cette année, rachat d'un sachet de graines = RIEN DONC ACHAT d'un gros pot avec des plants magnifiques (50 cm environ) ça pousse encore.... mais bientôt la fin.... 1ère fois de ma vie que j'ai des plants SANS GRAINES !!! J'hallucine devant la connerie (oups) sans limite humaine. Donc "mon" bon basilic contient quoi ? Je vais muter quand ? ( LOL ) Comme pour tout idem = pas LOL du tout !

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  6. @ hélios pour information la tomate zébrée rouge et verte se nomme la black zebra ,quel plaisir toutes ces couleurs dans l assietes ,sans parler du gout

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