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jeudi 2 août 2012

Japon, 2 août 2012


Reuters : Les habitants de Fukushima disent un ''non'' retentissant à l'énergie nucléaire

Le gouvernement a organisé cette parodie de réunions publiques dans 20 lieux au Japon pour ''entendre'' des citoyens ce qu'il devrait faire en terme de politique énergétique dans l'avenir.

Le tout planifié, organisé et analysé par l'un des plus importants départements de relations publiques et agences de publicité du Japon et les hommes politiques assistent à la réunion comme s'ils en étaient les décideurs. Le gouvernement a été accusé de laisser parler les employés des sociétés d'électricité (exploitants de centrales nucléaires) pendant les réunions.
La réunion la plus récente s'est passée à Fukushima City et presque tous les citoyens qui avaient l'autorisation de parler ont dit ''zéro nucléaire''. Comme on pouvait s'y attendre, le Yomiuri Shinbun ignore ces nouvelles, l'Asahi en parle mais sans mentionner que presque tous les citoyens étaient contre toute centrale nucléaire. Le Nikkei Shinbun, Kyodo News et une foule de journaux locaux citant Kyodo en parlent. Et Reuters aussi (1er août):


Les habitants de Fukushima disent un ''non'' retentissant à l'énergie nucléaire
(Reuters) – Sortir du nucléaire et vite, c'est ce qu'on dit mercredi des habitants de Fukushima en colère aux officiels du gouvernement japonais lors d'une audition publique sur la politique énergétique organisée dans une zone ravagée par une catastrophe nucléaire qui a ranimé l'opposition à l'énergie atomique.

L'audition de Fukushima, la neuvième sur onze planifiée dans la nation, qui cherchait à rassembler les points de vue sur le rôle de l'énergie nucléaire dans le panachage énergétique du pays alors que le gouvernement se bat pour éviter une pénurie de courant qui pourrait menacer la croissance économique.

Les fusions à la centrale de Fukushima exploitée par TEPCO après le séisme et le tsunami de mars 2011 ont fait se disperser des radiations sur de grandes régions de Fukushima, obligeant plus de 1.600.000 personnes à fuir. Dans les mois suivants, toutes les centrales nucléaires japonaises ont été fermées pour des contrôles de sécurité. Deux réacteurs ont repris du service le mois dernier.

''Je veux que tous les réacteurs du Japon ferment immédiatement et partent à la casse,'' a dit lors de l'audition une femme aux cheveux gris, qui s'est présentée comme une fermière vivant à 65 km de la centrale.

''De nombreuses personnes sont aujourd'hui averties que les discours du gouvernement qu'il n'y a aucun risque immédiat pour la santé équivaut à un 'risque à long terme', a-t-elle dit sous les applaudissements d'environ 200 habitants tassés dans une petite salle de concert.

Goshi Hosono, ministre chargé de la réponse à la crise nucléaire, a été chahuté alors qu'il venait s'excuser pour la souffrance des habitants de Fukushima.

''Je n'oublierai jamais ce que j'ai entendu aujourd'hui et je suis déterminé à faire tout ce que je peux,'' a-t-il dit.

Des procureurs de Fukushima ont lancé mercredi une enquête après que plus de 1000 résidents aient déposé une plainte contre 15 anciens et actuels responsables de TEPCO, y compris l'ancien président Masataka Shimizu, et 18 officiels du gouvernement, incluant le directeur de la commission de sûreté nucléaire Haruki Madarame, et un homme de loi pour le groupe, Hiroyuki Kawai, a déclaré Reuters.

Kawai a dit que les procureurs de Tokyo ont lancé une enquête séparée.

Un panel d'experts appointés par le parlement ont conclu le mois dernier que la catastrophe aurait pu être prévenue et que l'échec à prendre des précautions a été le résultat d'une ''collusion'' au sein de l'exploitant, des régulateurs et du gouvernement.

''Après lecture du rapport par le panel appointé par le gouvernement, les procureurs ne pouvaient rester les bras croisés,'' a dit Kawai.

TROIS OPTIONS

Le Japon couvrait environ le tiers de ses besoins en énergie avec l'énergie nucléaire avant la catastrophe et avait planifié de booster cette part d'un peu plus de la moitié, en partie pour combattre le réchauffement climatique.

Aujourd'hui, les trois options que le gouvernement a mis sur la table sont de mettre progressivement un terme à l'énergie nucléaire dès que possible, viser à une part de 15 % d'une production de courant en 2030 ou de 20-25 % à la même date.

Les habitants de Fukushima, à 240 km au nord de Tokyo, ont massivement soutenu l'option zéro, avec tous sauf un sur 30 qui ont été tirés au sort soutenant une sortie rapide.

Le journal Asahi a rapporté cette semaine qu'ailleurs 70 % des participants aux auditions ont opté pour un scénario sans nucléaire. On ne sait pas de quelle manière les auditions influenceront le plan d'énergie final, qui pourrait sortir dès ce mois-ci.

Mais des commentateurs ont dit qu'il serait difficile pour le gouvernement d'ignorer le fait que 17 mois après le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl, beaucoup de gens vivent toujours dans la peur et que des milliers de gens soient embauchés pour démanteler la centrale face à des décennies de conditions extrêmes et de travail dangereux.

La décision du premier ministre Noda de redémarrer deux réacteurs à l'ouest du Japon pour éviter des pannes de courant a galvanisé le mouvement anti-nucléaire.

Plus de 100.000 personnes ont assisté à un rallye anti-nucléaire le mois dernier et le nombre de manifestants devant la résidence de Noda chaque semaine a grossi, avec des ouvriers et des mères avec leurs enfants qui se joignaient à la foule.
''J'ai peur. J'ai vraiment peur,'' a dit une femme d'âge moyen, qui assistait à l'audition.

J'aimerai que le gouvernement réfléchisse au fait que des gens se rassemblent devant la résidence du PM tous les vendredis depuis avril. Ce n'est pas une passade. Ce n'est pas une fièvre temporaire. C'est un cri du cœur.''


''Mais des commentateurs ont dit qu'il serait difficile pour le gouvernement d'ignorer le fait que 17 mois après le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl'' ? Qui sont ces commentateurs ? Pensent-ils que le Japon est une démocratie ou quoi ?
Reuters ne sait manifestement pas qu'une agence de pub gère tout l'événement.


Le premier ministre Noda va rencontrer dès le 3 août des organisateurs des manifestations du vendredi contre le redémarrage de la centrale de Ooi

Juste comme l'avait prédit cet ancien parfois cynique très avisé (je le présume ; au moins il ne semble pas être de la même génération que les organisateurs des manifs du vendredi), l'ancien PM Kan avait déjà organisé avec l'actuel PM Noda une rencontre avec ces jeunes organisateurs représentant le mouvement anti-nucléaire, bien avant que Kan ne les rencontre le 31 juillet.

Aujourd'hui, l'Asahi Shinbun dit que le PM Noda sera heureux de rencontrer ces organisateurs le vendredi 3 août. Houps. Le gouvernement se bouge vite. La rencontre était supposée se passer un jour de la semaine prochaine.

Je me demande ce que ces organisateurs ''à sens unique'' diront à Noda. Saikado Hantai ? Ont-ils un autre plan de jeu ? (….non?). Il est probable que ce sera la dernière rencontre si...

D'après l'Asahi Shinbun (2 août 2012) :

Le PM Noda a décidé de rencontrer les membres d'un groupe de citoyens qui ont appelé à une manif chaque vendredi devant la résidence officielle du PM contre le redémarrage de la centrale de Ooi exploitée par KEPCO. La rencontre est organisée pour le 3 août, le jour de la prochaine manifestation.

Le PM Noda rencontrera les représentants de la ''Coalition métropolitaine contre le nucléaire'', qui est constituée de 13 groupes différents de citoyens et d'individus. Jusqu'ici le PM avait refusé toute rencontre, disant qu'il n'y avait pas eu de précédent. Il a jusqu'ici décliné une demande de réunion avec le groupe bi-partisan d'hommes politiques nommés ''zéro centrale nucléaire''. Pourtant comme la manif grossit en taille et qu'il y a une critique au sein de son administration qu'il ne prend pas au sérieux les souhaits des gens, Noda a changé d'avis.

Il n'a pourtant pas l'intention de reparler du redémarrage de la centrale de Ooi, et on attend de lui qu'il demande une révision de la politique énergétique du gouvernement.

C'est douteux. L'un des organisateurs a tweeté ce qu'il pense que pourrait demander son groupe. Les demandes sont :


Stopper toutes les centrales nucléaires immédiatement et les démanteler.
Stopper immédiatement tous les redémarrages.
Abandonner immédiatement toutes les nouvelles constructions de réacteurs nucléaires et centrales.
Supprimer immédiatement les entreprises de recyclage de combustible nucléaire.
Supprimer les appointements des membres de la commission de régulation nucléaire.
Aider les victimes de l'accident nucléaire.
Responsabiliser les gens au sujet de l'accident.
Améliorer les conditions de travail des ouvriers des centrales.
Enlever des manifs une présence excessive de la police.



(Sarcastique). Je peux presque entendre le dialogue d'ici...


Les organisateurs de la manif du vendredi : ...[énoncé des phrases ci-dessus]
PM Noda : Merci beaucoup pour votre discours. Nous essaierons de faire de notre mieux pour mettre au point un plan pour faire fonctionner les centrales nucléaires en toute sécurité pour protéger la manière de vivre des japonais. (Noda répète la réponse à chaque ''requête''.)


(Arrêt du sarcasme)
Il y a de nombreux tweets qui rendent hommage aux organisateurs pour cette ''réalisation'' d'une garantie de réunion avec le premier ministre de la nation.

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