Bistro Bar Blog

dimanche 22 juillet 2012

Japon, 22 juillet 2012

D'abord la très intéressante dernière partie de la série de Ian Thomas Ash, traduite et sous-titrée par notre précieux contributeur Kna :

En confinement : les gens de Minamisoma, 15 mois après la fusion

caméra: Ian Thomas Ash / Koji Fujita
les sous-titres: Kna (http://www.youtube.com/user/kna60)

Partie 5 HISTOIRE: Après leur retour de la zone d'exclusion, l'équipe se rend à un site de contrôle pour mesurer l'exposition aux rayonnements. Plus tard, Ian se rend dans une école maternelle située juste à l'extérieur de la zone radioactive de 30 km, où la directrice lui confie ses craintes pour l'avenir des enfants. Enfin, les enfants vont jouer dehors, mais le réalisme de leur conversation devient vite choquant.


Oui, je suis d'accord, on ne pourra pas oublier de sitôt ce qui a été montré et dit...





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Reconstruction après la catastrophe par ''embaumement'' du ''pin solitaire miraculeux'' de Rikuzen Takata à Iwate




Le maire de la ville pense que l'arbre est un symbole d'espoir pour l'avenir des habitants et il doit rester debout, mort ou vif, 150 millions de yens sinon rien.

Certains habitants approuvent de tout cœur le maire, alors que d'autres ont des doutes, surtout concernant l'argent supposé nécessaire pour préserver l'arbre en position debout. Je suis plutôt surpris que l'arbre soit ''embaumé'' au lieu d'être brûlé pendant une cérémonie religieuse et envoyé au ''paradis'' (quel que soit l'endroit où peut exister un paradis des arbres) – une manière japonaise traditionnelle.

NHK Morioka (Iwate) a publié un article il y a plusieurs jours, qui a disparu aujourd'hui. Voici un extrait de l'article que j'ai copié tant qu'il se trouvait sur le site web de NHK :

Une méthode de préservation a été décidée pour le ''pin solitaire miraculeux'' de Rikuzen Takata qui a survécu au tsunami de mars 2011.
L'arbre sera coupé à la base et le tronc découpé en 5 morceaux. Après traitement avec des conservateurs ils seront transpercés d'une tige métallique dans la longueur et la base sera maintenue par des boulons pour que l'arbre puisse tenir debout exactement comme lorsqu'il était en vie. L'arbre ainsi préservé se tiendra à son emplacement original. Le maire de Rikuzen Takata, Futushi Toba, a dévoilé le programme dans une conférence de presse le 20 juillet.

On prévoit de couper l'arbre pendant la deuxième quinzaine d'août. Après il sera emporté à Nagoya et Kyoto où existent des installations de traitement du bois. Le cœur sera enlevé et l'arbre traité aux conservateurs. On espère que l'arbre sera remis à sa place fin février 2013.
Rikuzen Takata appelle aux dons pour couvrir les frais de préservation, environ 150 millions de yens [presque 1,6 millions d'euros], mais il y a deux jours la somme collectée était de 3,5 millions de yens. La ville continue son invitation à soutenir le projet.

Le maire Toba dit, ''Parce que l'arbre, ayant survécu au tsunami et toujours debout, donne de l'espoir aux habitants, nous avons choisi cette méthode de conservation. Le pin solitaire est notre soutien émotionnel et notre espoir pour la reconstruction future de la ville. Nous aimerions que les gens du pays nous aident à préserver l'arbre.''
Il m'a été dit par quelqu'un qui me suit sur twitter que le maire a perdu sa femme dans le tsunami.
Je dirai ''Laissons faire, laissons l'arbre mourir de sa belle mort'' et trouvons l'espoir ailleurs.
D'un autre côté, ce peut être un signe évident que la ''reconstruction'', largement médiatisée par le gouvernement national, n'existe pas, si les habitants de l'une des régions les plus durement touchées par le tsunami du 11 mars doivent compter sur un arbre mort pour tout espoir et soutien.

J'ai trouvé une vidéo sur l'histoire de cet arbre :




Débris radioactifs de la catastrophe : Kitakyushu enseigne aux enfants combien il est sain de brûler les débris

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit sur le problème des débris, car il ne pose plus de problèmes dans la plupart des régions du Japon maintenant que la quantité de débris des préfectures de Miyagi et Iwate se sont avérées être beaucoup moins importantes que prévu. SAUF dans des villes dont les maires sont plus que jamais déterminés à faire venir et brûler les débris À TOUT PRIX.

Une ville dans ce genre, c'est Tokyo avec le gouverneur de 79 ans Shintaro Ishihara. Une autre est Osaka avec le maire enfant prodige Toru Hashimoto qui dirait et ferait n'importe quoi pour rester dans les médias.

Puis il y a Kitakyushu, dont le maire Kenji Kitahashi a fait des campagnes sans fin pour inonder les habitants de débris. Sa dernière singerie : enseigner aux enfants de l'école primaire et du collège à dire à leurs parents combien sûr et merveilleux est de rapporter les débris de la catastrophe le long des routes vers leur ville sur l'île de Kyushu et de les incinérer.
Certains parents de la ville ont été outragés en découvrant ces dépliants éducatifs. Voici une copie d'un dépliant pour des enfants du CP au CE2, envoyé par tweet :

Le dépliant est rempli d'informations mensongères et de demi-vérités.
Qu'est-ce que l'élimination des débris de la catastrophe ?
Plus d'un an a passé depuis la catastrophe du 11 mars mais il y a toujours de grands tas de débris dans les zones sinistrées. [la photo montrée a probablement plus d'un an.] Les habitants des zones sinistrées veulent que les débris soient enlevés dès que possible. [Faux, les officiels de la préfecture d'Iwate se sont prononcés pour dire qu'ils envisagent d'envoyer les débris à Kitakyushu parce que la ville le leur a demandé ; autrement, disent-ils, il n'y a aucun problème pour les éliminer à Iwate.] Il est nécessaire à chacun d'aider à l'élimination des débris. Kitakyushu a décidé d'aider en acceptant les débris qu'on peut brûler au nom des gens qui souffrent dans les zones sinistrées.

Au milieu du passage intitulé ''2. Il n'y a aucun effet sur la santé ou l'environnement même si les débris sont brûlés'' (''Aucun effet immédiat'' peut-être ? À la manière de M. Yukio EdaNO) :
Nous avons reçu des radiations, même si elles sont invisibles, de l'univers, du sol, de l'air et de la nourriture. Cette fois-ci, la ville a consulté des experts et décidé d'accepter les débris. La somme de radiations des débris n'affecte ni votre santé ni l'environnement.
Et en tout petits caractères, comme pour mieux impressionner les jeunes sur l'effet nettoyant de l'incinération des débris, on trouve des chiffres :

Les taux de radiation de l'air avant le test d'incinération des débris : Kokura Kita-ku 0,08 microsievert, Moki-ku 0,10 microsievert.
Taux de radiation de l'air après le test : de 0,06 à 0,07 microsievert
Wouh, incinérer les débris a fait diminuer les taux de radiations ! (le Pr Hayakawa serait content)
Dans la dernière partie intitulée ''3. Empêchons les rumeurs sans fondement'', on lit :

Ce qui est inquiétant dans le fait d'accepter les débris, ce sont les rumeurs sans fondement qui vont à l'encontre de la ville et de ses habitants. Pour prévenir une rumeur sans fondement, la ville fournit des faits corrects. L'état sanitaire des débris et le procédé d'élimination seront annoncés sur la page web d'accueil de la ville et par des dépliants. Il est important d'avoir un jugement correct, sans être distrait par de fausses informations sur les débris.
Comme pour les habitants de Kitakyushu, apprenons-en plus sur l'élimination des débris et prions pour que les villes et écoles touchées par la catastrophe reviennent à la normale dès que possible.

Et regardez les trois mignons petits garçons. Je pourrai presque prononcer ce qu'ils disent. Celui du milieu dit :
''Mais mes parents disent que brûler les débris c'est dangereux, parce que ce ne sont pas que des matériaux radioactifs mais qu'il y a aussi des matériaux industriels toxiques sur les débris...''
Les deux autres garçons disent au garçon du milieu,
''Ne sois pas absurde, on appelle ça une ''rumeur sans fondement '' ! Nous devons aider ces pauvres enfants d'Iwate qui souffrent. Nous devons dire à nos parents de se taire et de faire ce que disent les profs et le maire de la ville !''
Ou ce pourrait être l'inverse : le garçon du milieu dit aux deux autres de se calmer et qu'il n'y a pas de danger.
Selon les dépliants de la ville, les directeurs d'école ont reçu l'ordre du maire et du bureau d'éducation de la ville de parler en positif à propos de l'acceptation et de l'incinération des débris à Kitakyushu lors de la cérémonie de la fin de semestre avant les vacances d'été (sûrement le 20 juillet). Voici l'un des tweets reçu :

L'autre jour, j'ai entendu dire que les directeurs d'école avaient reçu l'ordre du maire de Kitakyushu de répéter sans cesse aux élèves de CP au moment de la cérémonie de fin de semestre que le fait d'accepter les débris est faire une bonne action. Nos enfants sont au collège, je me suis donc demandé s'ils vont faire aussi cela au collège. Sûrement, [ma sœur] a dit que le directeur a parlé de ça à la cérémonie d'aujourd'hui.

Pourquoi le maire ne dit-il pas carrément ''Je veux les débris pour l'argent et les contrats de travail qu'il rapporte à la ville ?

En passant, de l'amiante et du mercure ont été détectés dans l'usine d'incinération municipale de Setagaya-ku à Tokyo qui ont été mélangés à des débris de Onagawa en Miyagi avec les ordures ménagères et brûlés. Du chrome et de l'arsenic hexavalents ont également été trouvés dans les débris en quantité dépassant la limite fixée par les réglementations.

Peu importe. Aucun risque de santé et tout pour aider à la reconstruction, le reste n'existe pas.

1 commentaire:

  1. Ouééééé, le pin n'est pas mort... Tuons le!!!!!!!!
    :-[

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