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vendredi 20 juillet 2012

Japon, 20 juillet 2012


3 événements courants dans des centrales nucléaires, deux de cause inconnue

Un ''Événement inhabituel'' à la centrale nucléaire de Limerick en Pennsylvanie (US), unité 1, l'arrêt d'urgence du réacteur déclenché manuellement

Le site de Limerick est exploité par Exelon.

D'après un communiqué de presse publié le 18 juillet par Exelon, annonçant que l'unité 1 a été mise hors service :

L'exploitant de Limerick met l'unité 1 hors service à la suite d'une perturbation électrique du côté non-nucléaire de la centrale.
L'unité 1 restera hors service jusqu'aux réparations, inspections et tests. L'unité 2 continue à fonctionner à pleine puissance.

À la suite d'une perturbation électrique, un Événement Inhabituel a été déclaré à 8h39 et s'est terminé à 9h46 en accord avec les procédures de la commission de régulation nucléaire (NRC). Cet événement est le plus bas des quatre classifications d'urgence de la NRC.
Exelon a averti tous les officiels concernés fédéraux, de l'état et des gouvernements locaux. Il n'y a aucune menace pour la santé et la sécurité du public en lien avec cet événement.

Le site de Limerick se situe approximativement à 38 km au nord-ouest de Philadelphie. Avec les deux unités en plein rendement, le site peut produire assez d'électricité sans émission de carbone pour deux millions de foyers.
Un excellent exemple de comment ne pas dire ''exactement où'' et ''exactement quoi ''.


Le site de la centrale britannique de Sizewell B en arrêt automatique, cause inconnue
D'après UB Alert (19 juillet) :
Le site de la centrale de Sizewell B sur la côte du Suffolk a vu son deuxième arrêt automatique en quatre mois. Le propriétaire, EDF Énergie, a dit que la production d'électricité a cessé à 17h11 mercredi et qu'il faisait une enquête sur la cause de l'arrêt. Un porte-paroles a dit :''Le réacteur s'est arrêté dans les règles de sécurité, la centrale répondant comme prévu et à aucun moment quiconque n'a été en danger''. La centrale avait vécu un arrêt automatique de 11 jours en mars. EDF a dit qu'il ne pouvait prédire quand la centrale allait de nouveau produire. L'arrêt de mars était le premier automatique en 3 ans et c'était pour un problème électrique du côté non-nucléaire de la centrale. Il y a eu un arrêt contrôlé en mai pour résoudre un problème de lubrification. EDF a dit que Sizewell B produisait assez d'électricité pour deux millions de foyers, ou environ 3 % des besoins électriques de Grande-Bretagne.
Ce genre d'arrêt automatique pour une cause inconnue est-il un événement banal se produisant dans les centrales nucléaires du monde, mais les gens et les médias (comme Reuters) ont-ils commencé à leur prêter plus d'attention en raison de l'accident de Fukushima ?

Le réacteur 2 de la centrale suédoise de Ringhals stoppé 9 heures après son redémarrage, cause inconnue

D'après Reuters (19 juillet) :
(Reuters) OSLO, 19 juillet
Le réacteur 2 de la centrale suédoise de Ringhals s'est stoppé jeudi matin, moins de neuf heures après avoir été redémarré, en raison d'un bug technique.

La disjonction du réacteur à eau pressurisée de 865 mégawatts a été causée par un niveau élevé de production de vapeur après son redémarrage à 19h30 GMT mercredi.

Le réacteur avait été stoppé précédemment il y a un mois en raison d'une fuite sur un transformateur et on attendait son retour à plein rendement mercredi après sa maintenance.

Ringhals 2 est l'un des 4 réacteurs de la centrale au sud de Göteborg, possédée à 70 % par le groupe suédois Vattenfall et 30 % par l'allemand E. ON.

Les réacteurs nucléaires fournissent 40 % des besoins en courant de la Suède.

Photos et vidéos des ouvriers enlevant deux assemblages de combustible non usagé de la piscine du réacteur 4 de la centrale de Fukushima, les 18 et 19 juillet

TEPCO a publié des photos des opérations des 18 et 19 juillet de l'enlèvement de deux assemblages neufs (non usagé) de combustible de la piscine du réacteur 4.

L'exploitant a aussi publié 4 courtes vidéos de l'opération du 19 juillet. Elles ressemblent à des vidéos prises par le téléphone mobile de quelqu'un (c'est à dire qu'elles sont mauvaises). TEPCO devait brouiller les noms sur le dos des ouvriers pour masquer leur identité, donnant des vidéos d'une qualité encore plus médiocre. D'après les photos, les opérations des 18 et 19 juillet ont été identiques.
Sur les photos on peut voir que les ouvriers sur la plate-forme étaient de chez Hitachi. On les voit laver au jet et essuyer un grand assemblage noir de combustible au moment où l'assemblage est extrait par une grue. L'assemblage semble propre et intact.




Je téléchargerai les vidéos plus tard.
(Iori les diffuse sur son blog) :





Encore les JO, vus par la lorgnette du sexisme japonais :

À destination des JO : les femmes japonaises championnes du monde voyagent en classe économique ; les hommes se prélassent en classe affaire

J'en suis effaré. L'équipe japonaise de football féminin a gagné le championnat du monde en 2011 et tout ce qu'elles ont récolté a été de passer de la classe économique à la classe ''premium'', alors que l'équipe masculine a volé en classe affaire, sur le même avion.
Plus insultant, tu meurs !

Et la raison ? L'association de football japonaise dit ''Bon, cela s'est toujours passé comme ça...'' Le Japon est un lieu de routines, quelles qu'elles soient. Toute l'année dernière, les gens ont fait comme d'habitude – les enfants qui déterrent les pousses de bambou dans la crasse, qui repiquent le riz dans la boue les pieds nus, les gens qui se promènent sous les cerisiers en fleurs, le nettoyage des piscines scolaires par les enfants etc, etc. Qu'ont donc gagné les femmes de l'équipe de football avec le championnat du monde ? Elles ont toujours volé en classe économique, pourquoi cela changerait-il aujourd'hui ?

D'après le Wall Street Journal (19 juillet), c'est moi qui souligne :

Des footballeurs sexistes ? L'équipe féminine de foot vole en classe économique, les hommes se prélassent en classe affaire
La nation toute entière a célébré l'an dernier la victoire de l'équipe féminine de foot au championnat du monde. Mais l'espoir que la victoire surprise change l'attitude envers des femmes japonaises qui jouent remarquablement semble prématuré.

Elles peuvent être championnes du monde, mais si on en vient à l'ordre de priorité avec leur contrepartie masculine, les joueuses féminines sont reléguées au statut de second plan, au sens littéral.

Les femmes japonaises, envisagées comme de fortes prétendantes à une médaille d'or à Londres ont dû s'entasser cette semaine dans des sièges en classe économique dans le vol de 12 heures vers l'Europe, alors que les membres de l'équipe moins méritante des hommes a apprécié l'agrément douillet d'une classe affaire.
 ''Cela aurait dû être l'inverse'', a déclaré le capitaine de l'équipe, Homare Sawa (photo ci-contre en 2011) aux journalistes après son arrivée à Paris. ''Juste en terme d'âge, nous sommes plus âgées,'' a plaisanté la joueuse de football.
L'association de football japonaise reste pour une séparation de classe. Alors que le comité olympique japonais donne aux athlètes des billets économiques à destination des Jeux, il revient à chaque association respective d'augmenter le niveau des places selon les besoins, a dit un porte-paroles du comité olympique japonais.

Les places en économique pour l'Europe coûtent 160.000 yens (environ 2000 $) mais c'est considérablement moins que les 400.000 yens du siège en classe affaire du vol Tokyo-Paris de jeudi de Japan Airlines.

Pour être juste, les femmes japonaises ont reçu une compensation. Elles ont pu voyager en classe premium, qui offre 20 % d'espace supplémentaire pour les jambes.

L'association japonaise de foot féminin n'était pas disponible pour un commentaire. Mais elle avait dit auparavant que la distinction dans les classes des billets avait été ainsi depuis longtemps. Les hommes volaient en classe affaire depuis les Jeux d'été d'Atlanta en 1996, deux ans après que la ligue masculine soit devenue professionnelle, alors que les femmes voyageaient en car.
Je me demande comment se sent l'équipe masculine. J'espère qu'ils sont mal à l'aise, mais le mot ''espère'' est un gros mot de nos jours.

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Il arrive assez souvent dans le monde que les systèmes automatiques d'arrêt d'urgence se déclenchent pour stopper la réaction nucléaire en cours dans les cuves.

    Ca tient au fait que tout réacteur nucléaire est "une machine en équilibre précaire" (Jean Bussac,("Principes de contrôles", Génie Atomique PUF 1961), dont la réaction nucléaire de fission, lorsqu'elle a été initiée, dépend de multiples paramètres (température de l'eau, pression, bon fonctionnement du circuit secondaire avec turbines et alternateurs...).

    Le flux de neutrons émis dépend directement ou indirectement de tous ces paramètres, qui évoluent plus ou moins. La réaction nucléaire tend donc facilement à s'accroître ou à baisser.

    Il existe un système commun à tout réacteur nucléaire, pour piloter cette réaction facilement instable : les barres de contrôle.

    Il faut imaginer un énorme électro-aimant au dessus de la cuve attirant plus ou moins des grappes de tiges coulissant dans des tubes-guides qui traversent la cuve.

    Ces tiges, en matériaux absorbeurs de neutrons, sont plus ou moins insérées dans la cuve pour ralentir ou augmenter la réaction nucléaire. Si la réaction s'accroît vraiment trop, elles chutent automatiquement (par coupure automatique du courant de l'électro-aimant) et s'insèrent alors complètement dans le coeur nucléaire, "inhibant" instantanément la réaction nucléaire qui s'y développait.

    Tant que tout va bien (la plupart du temps), le réacteur se pilote "avec les 2 doigts d'une main". C'est quand une cascade d'événements imprévus survient que les choses peuvent alors rapidement dégénérer.

    Il faut savoir que des barres de contrôle (de sécurité) qui ne tombent pas au moment impératif et c'est "possiblement" l'explosion d'origine nucléaire type Tchernobyl (emballement de la réaction). Il existe un dispositif de sécurité pour pallier, qui envoie de l'eau additionnée de bore absorbeur de neutrons (même effet que la chute des bares), encore faut-il que tout se passe bien.

    A la suite de l'accident de Three Mile Island (Pennsylvannie 1979), je me souviens du témoignage écrit d'un opérateur de centrale qui comptait anxieusement les secondes, attendant que les barres de contrôle chutent effectivement, lorsqu'il arrivait que le système de sécurité se déclenche (temps requis : de quelques dizaines de secondes à 2/3 minutes).

    Particularité de Fukushima, les barres de contrôle s'insèrent dans les cuves par le bas de celles-ci.

    Il faut rappeler qu'heureusement le système d'insertion automatique des dites barres a fonctionné pour tous les réacteurs. Imaginons que le temblement de terre ait dégradé les circuits redondants de commandes (des circuits redondants ont forcément des parties communes).

    Delphin

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    Réponses
    1. Merci pour ces précisions, fidèle Delphin.

      En effet, il suffit de peu de choses pour faire dérailler la machine et c'est la cata potentielle.

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