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dimanche 6 mai 2012

Japon, 6 mai 2012


La première crise pétrolière de 1973 et la poussée du nucléaire au Japon

Le Chogoku Shinbun publie un article original le jour où le dernier réacteur en fonction de la centrale de Tomari à Hokkaido est mis hors service pour maintenance programmée.

Dans l'article, le journal note (6 mai 2012) :

Ce fut en 1966 que la centrale de Tokai exploitée par la société Japan Atomic Power commença sa mise en service commerciale. La dernière fois que tous les réacteurs nucléaires ont stoppé a été en 1970 et il n'y avait que deux réacteurs nucléaires commerciaux.
Pendant les crises pétrolières des années 1970, KEPCO [Kansai Electric] et TEPCO entrèrent en compétition pour la construction de centrales nucléaires. Avec le soutien du gouvernement national, d'autres sociétés d'électricité suivirent. Dans les années 1990, les 9 compagnies d'électricité (sauf Okinawa Electric) possédaient des centrales et cela s'est perpétué jusqu'à aujourd'hui.
Au cours de l'année fiscale 2010, les centrales nucléaires japonaises fournissaient 26,4 % de l'électricité totale. Bien avant la catastrophe du 11 mars 2011, plus de 30 réacteurs étaient en service [sur les 54 de l'époque].
La première crise pétrolière s'est déroulée en 1973-1974 en raison de l'embargo pétrolier arabe en réponse à la 4ème guerre israélo-arabe. La deuxième crise pétrolière fut en 1979 après la révolution iranienne.
Le Japon fut particulièrement touché par la première crise pétrolière. L'inflation prit son envol en 1974 au rythme de 23 % par an et pour la contrer le gouvernement augmenta de près de 10 % les taux d'intérêt à court terme. L'ère de la forte croissance d'après-guerre se termina cette année-là lorsque la croissance du PIB devint négative. Les coûts de l'énergie explosèrent car le Japon dépendait du pétrole du Moyen-Orient.
Arrivèrent ensuite les centrales nucléaires. Trop beau pour être vrai, en y repensant, mais cela semblait sûrement très attractif – une source d'énergie qui n'était pas les hydrocarbures du Moyen-Orient.
Voici une liste des réacteurs nucléaires construits après la première crise pétrolière de 1973/74. Le chiffre entre parenthèse indique l'année du démarrage de la construction du réacteur. Partout au Japon, de Tohoku à Kyushu :
Fukushima II (Daini), Réacteur 1 (1975) réacteur 2 (1979) – Préfecture de Fukushima
Centrale de Tokai II (1973) – préfecture d'Ibaraki
Centrale de Kashiwazaki-Kariwa : réacteur 1 (1978) – préfecture de Niigata
Centrale d'Hamaoka : réacteur 2 (1974) – préfecture de Shizuoka
Centrale de Mihama : réacteur 3 – préfecture de Fukui
Centrale de Ooi : réacteur 1, réacteur 2 – préfecture de Fukui
Centrale de Ikata : réacteur 1 (1973), réacteur 2 (1978) – préfecture de Ehime
Centrale de Genkai : réacteur 2 (fin 1970) – préfecture de Saga
Au fait, le tout premier réacteur de la centrale de Tokai était un réacteur modéré au graphite et refroidi au gaz, en provenance du Royaume-Uni et modifié au Japon pour améliorer sa sécurité sismique.

(Mis à jour avec une vidéo) Tornade dans la préfecture d'Ibaraki

Tout semble aller de travers au Japon depuis le 11 mars 2011...
Yomiuri Shinbun (6 mai 2012) :

  • La partie nord de la cité de Tsukuba dans la préfecture d'Ibaraki a été frappée par une tornade à environ 12h45 le 6 mai 2012.
  • À 14h40, au moins 30 maisons ont été détruites, 30 personnes blessées, y compris des blessés graves.
  • 17.000 foyers environ sont sans électricité.
  • Des grêlons de 3 cm de diamètre sont tombés à Mito.
Vidéo de ANN :


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Enenews

''Toutes les informations disponibles continuent de montrer que la situation à Fukushima Daiichi est stable, aussi bien pour les réacteurs que les piscines de refroidissement'', a répondu par email le porte-paroles de la NRC (commission de régulation nucléaire) Scott Burnell. ''Les informations disponibles indiquent que la piscine n°4 a été renforcée''.
Mais des experts en nucléaire, incluant Arnie Gundersen, ancien vice-président de l'industrie nucléaire qui coordonnait les projets de 70 centrales nucléaires aux US, et avait averti quelques jours après la catastrophe de l'année dernière que Fukushima serait un ''Tchernobyl dopé aux stéroïdes'' si les piscines prenaient feu, ont été fortement en désaccord avec cette déclaration.
''Il est vrai qu'en mai et juin le sol de la piscine de l'unité 4 a été renforcé, mais pas aussi solidement qu'à l'origine,'' souligne Gundersen dans un email à AlterNet. '' Tout le bâtiment n'a pas été renforcé et est endommagé par les explosions des unités 4 et 3. Donc sur le plan de sa structure l'unité 4 n'est pas aussi solide que demandé par sa conception d'origine.''
Gundersen, qui est ingénieur en chef de la société de conseil Fairewinds Associates, ajouta que la piscine de l'unité 4 ''reste la seule grosse inquiétude depuis environ la deuxième semaine de l'accident. Elle peut encore créer un ''Tchernobyl dopé aux stéroïdes''.

1 commentaire:

  1. échévous çava6 mai 2012 à 22:13


    Longue vie à Arnie et ses "potes". Et merci aussi...

    Mais....

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