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mercredi 16 mai 2012

Japon, 16 mai 2012



Le ''troisième moyen'' d'Osaka pour conserver de l'électricité en été : des citoyens ''indic''

Le maire d'Osaka, qui veut apprendre à la jeune génération une leçon sur les économies d'électricité en leur faisant vivre des ruptures de courant répétées, propose son ''troisième moyen'' pour combattre la consommation d'électricité durant les heures de pointe des jours chauds de l'été.

(Rappel, le premier moyen est de redémarrer la centrale nucléaire de Ooi dans la préfecture de Fukui et le second moyen est d'avoir des arrêts de courants intempestifs)

Quel est ce troisième moyen ? Le Mainichi Shinbun dit que c'est de transformer les habitants en indicateurs du gouvernement local qui dénonceront les entreprises qui semblent utiliser trop de courant.
Mainichi Shinbun (15 mai 2012) :

D'un autre côté, la conférence sur la stratégie énergétique de la préfecture d'Osaka et la ville d'Osaka ont proposé le 15 mai leur propre plan pour économiser le courant. Il inclut l'installation de ''compteurs (humains) informant pour les économies d'électricité'', où les habitants font des rapports sur les bureaux et magasins dont les éclairages sont trop intenses, encourageant ainsi l'économie de courant au sein des moyennes et petites entreprises. Le plan appelle aussi à fermer les bureaux du gouvernement l'après-midi au milieu de l'été. Au total, on cible l'économie de 1,1 million de kilowatts dans les foyers, entreprises et bureaux du gouvernement.
Je ne vois pas pourquoi cela devrait s'arrêter à des rapports sur les entreprises apparemment gaspilleuses. Tout le monde contre tout le monde, comme la vie sous la Stasi (ancienne police secrète est-allemande, NdT), sauf que les japonais sont probablement meilleurs pour ça que les allemands de l'est. Après tout, 250 ans de paix durant l'époque d'Edo (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_d%27Edo), jusqu'à l'apparition des Black Ships (arrivée de vaisseaux occidentaux à la fin de l'ère Edo) ont été en partie maintenus par le ''groupe des 5 foyers'' dans lequel les gens observaient les 4 autres foyers voisins pour des comportements suspects, pour assistance mutuelle et pour responsabilité collective. Ce système a ressurgi en tant que ''groupe de voisinage'' dans l'ère Showa (entre 1926 et 1989 au Japon) avant la deuxième guerre mondiale et il se perpétue aujourd'hui en tant qu'association bénévole de voisinage partout au Japon, quoique sans responsabilité collective ou observation mutuelle des comportements suspects.
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Un article de Fukushima Diary sur le comportement des japonais face au problème de l'évacuation du pays. Je n'ai pas tout saisi, mais je ne suis pas japonaise...

Fukushima Diary, 14 mai 2012

Modèle d'auto-hypnose

Des gens me trouvent souvent courageux d'avoir évacué du Japon, mais je ne me suis pas considéré moi-même comme courageux. C'était juste une décision rationnelle. Pas besoin de courage pour prendre une bonne décision. Je pense qu'il faut être plus courageux pour rester au Japon.
En réfléchissant rationnellement, la seule solution est de quitter le Japon. Peu importe le nombre de fois qu'on mesure les radiations, les radionucléides ne se désintègrent pas. Également, la plupart des mesures sur la nourriture ne sont faites que pour le césium, mais personne n'a mesuré l'actinoïde, le strontium et le tritium dans la nourriture. Les symptômes possibles ne sont même pas connus.
Je suis pourtant resté au Japon pendant 9 mois. Parce que j'ai beaucoup d'occasions de toucher le sol et de travailler dans la poussière, je suis conscient que j'ai également été irradié. J'ai même eu des problèmes cardiaques depuis l'automne. Je reconnais le fait que je pourrai mourir dans quelques années. Les cellules mortes de mon cœur ne reviendront jamais à la vie. Je vis maintenant avec la supposition que je ne vivrai que quelques années de plus. Peut-être, peut-être pas. Si je ne meurs pas, j'aurai juste beaucoup de chance.
Je veux faire de mon mieux avant de quitter ce monde.
D'un autre côté, la plupart des gens ne partagent pas ce sentiment avec moi. Ils continuent d'essayer d'ignorer le fait et forcent leur famille à prendre des risques de radiations.
Pourquoi ? J'y réfléchis depuis un moment et il y en a qui veulent savoir. Maintenant que tout le monde est au courant du terrible accident, il faut expliquer la mystérieuse mentalité des japonais.
Pour trouver la bonne réponse, il faut poser la bonne question. Elle est...pourquoi les japonais (tous les japonais, quel que soit leur type d'ADN) ne partent-ils pas ? Ce n'est pas le fait que les médias dissimulent ou que le gouvernement les manipule. La réponse se trouve chez les gens eux-mêmes.
J'ai créé ce modèle ci-dessous pour expliquer pourquoi les japonais ne partent pas. C'est une interaction de démotivation des gens à évacuer qui consiste en 4 éléments.




Les éléments en présence
1. Tendance à sous-estimer le risque radioactif
Un japonais moyen pense que l'accident de Fukushima n'était rien parce qu'il ne peut sentir les radiations d'aucune manière. Il n'a pas vécu de catastrophe nucléaire non plus. Cela pourrait affecter sa vie d'ici 2 ou 5 ans, mais en ce moment il n'y a apparemment pas de problème. Il a un travail, une maison, une voiture, une famille, tout. Il ne peut jamais imaginer sa vie en dehors du Japon. Il veut penser que rien ne changera son monde.
2. L'esprit de groupe
Que les médias le touchent ou non, une fois que le japonais moyen sort de chez lui, il croise ses voisins, un autre collège dans le train. Tout le monde vit comme d'habitude parce que tout le monde le fait. Si quelque chose de moche arrive vraiment, ils évacueront aussi. Il ne peut que suivre, comme les autres.
3. Croyance en une pénitence
C'est un sens des valeurs unique aux japonais. Ils aiment se torturer eux-mêmes. Ils créent une récompense imaginaire pour une pénitence quelle qu'elle soit et se sentent donc contents de se torturer. Travailler jusqu'à minuit même si la société ne fait aucun bénéfice, prendre les trains les plus bondés, instituer des millions de tabous sociaux pour se critiquer mutuellement de les transgresser, etc... Vous voyez cette croyance en la pénitence chez chaque génération âgée de 5 à 100 ans. Ils aiment imaginer qu'ils s'entraînent eux-mêmes par la pénitence, ils seront donc récompensés pour leur peine. Ce n'est pas basé sur une réalité. Ce n'est que leur mode de pensée. Cela dépasse la logique, ils imaginent une récompense imaginaire grâce à un cérémonial pénible.
4. Problèmes financiers
Prêts immobiliers, crédits pour l'éducation, la voiture et dépenses pour la vie de tous les jours. C'est une question d'argent fortement connectée à une émotion de ''peur''.

Connexions entre les éléments 
 
Du problème financier à la tendance à sous-estimer le risque radioactif
La peur de problèmes financiers provoque un a priori sur la réalité. La peur est surestimée et la réalité est sous-estimée. Cela fait imaginer aux gens que leurs biens sont plus importants qu'en réalité et plus difficiles à reconstruire dans un nouveau pays. Les gens ont plus l'habitude de s'en faire pour l'argent de leur vie quotidienne, les drames et les films que pour l'effet des radiations donc la peur pour les finances déclenche une réaction plus rapidement que le risque radioactif.
De la tendance à sous-estimer le risque radioactif à l'esprit de groupe
Aujourd'hui ils sous-estiment le risque radioactif mais ils veulent se justifier. Ils cherchent quelqu'un qui est pareil. Si quelqu'un ne fait pas pareil, ils pressent cette personne de le faire, pour atténuer leur peur.
Ils finissent par construire leur réalité virtuelle entre eux. Ils se vérifient entre eux pour confirmer qu'ils n'ont pas tort, juste comme une auto-hypnose.
De l'esprit de groupe à la croyance en une pénitence
Pour rendre leur réalité virtuelle plus concrète, ils restent fidèles à leurs coutumes traditionnelles, comme de camper dans les montagnes de Fukushima pour s'entraîner ou d'aller à un point chaud pour un voyage scolaire, etc...comme si cela changeait la réalité actuelle. Dans leur logique de croyance en une pénitence, ils créent une récompense imaginaire par leur cérémonial de souffrance.
Dans ce cas, le cérémonial est de répéter les coutumes traditionnelles. La récompense imaginaire est de supprimer le risque radioactif en entraînant leur corps à mieux supporter les radiations ou en faisant bonne impression aux dieux ou au ciel pour qu'ils nettoient le monde contaminé. La mesure obsessionnelle des radiations est l'un des cas de figure. La récompense est d'enlever les radiations de la nourriture par l'imagination. Le cérémonial est de mesurer des milliers d'articles au supermarché. Plus c'est douloureux, plus ils se sentent contents. Ils considèrent ce genre de cérémonial comme un enchantement de groupe.
De la croyance en la pénitence au problème financier
Grâce au cérémonial, ils finissent par surestimer leur activité au sein de la corporation ou de l'école. Ils surestiment en résultat leurs biens comme le produit de leur activité corporative ou à l'école. En surestimant leurs biens, ils sous-estiment relativement le risque potentiel des radiations. Voici comment ils deviennent encore plus aveugles et fermés aux conseils de tiers pour évacuer.

3 commentaires:

  1. bonsoir,
    qu 'il y est une mentalite particuliere (atavisme specifique)d une majorite du peuple japonais face a l ampleur de la catastrophe ,certe,peu etre,sans doute
    mais le probleme depasse largement les frontieres du pays,,et aucune autre autorite d un autre pays ou mondiale n as emis l idee d une coalition mondiale ou nationale pour y aller et regler le probleme en effectuant
    des pression sur le gouvernement japonais si necessaire;(d autre pays ont subis des pression voir des ingerance lourdes pour bien moins que cela)
    quoi penser donc de cette attitude des "decideurs" mondiaux
    le peuple mondial lui c est fait endormir
    mais les scientifique par exemple "eux" savent,et
    tres peu "l ouvrent grand et fort"
    pour bouger et "tres vite"
    quoi penser de tout cela...........

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    1. ça fait plusieurs mois que j'essaie de faire passer, ici et là, l'idée de cette coalition mondiale pour que l'humanité mette mette son intelligence et ses ressources pour aider à la solution de ce désastre.
      jacques attali avait fait un article sur ce sujet, dans slate, il y a plusieurs mois.

      avant que n'émerge, dans la conscience collective, l'idée de cette coalition, les gouvernants feront ce qu'ils voudront.

      l'article de ioshiko participe à l'émergence de cette conscience.

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  2. re bonsoir
    vrai que la meme en france je crois pas me tromper de beaucoup
    en supposant que l on serait quasi tous deja deguerpis tres tres tres loin
    (moi le premier).................^^
    (desolé ,pas pu m empecher;;juste une tite hypothese en passant......
    bien a vous
    au revoir
    tieri

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