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mardi 15 mai 2012

Japon, 15 mai 2012 (suite)


Le maire d'Osaka : ne jamais gaspiller une bonne crise, la jeune génération a besoin de vivre des coupures de courant

Toru Hashimoto, actuel maire d'Osaka et ex-gouverneur de la préfecture d'Osaka, voudrait que la jeune génération, qui n'a pas connu la première crise pétrolière (1973-1974), expérimente ce que c'est de vivre avec des pannes de courant. Je suppose que cela l'inclut, étant né en 1969 et pas encore à l'école primaire au moment de la crise pétrolière. Son acolyte plus âgé, le gouverneur d'Osaka, Ichiro Matsui, joue les ''gentils'' en disant que ce n'est pas si facile. Un bon numéro comique.
Ah, bel avenir pour le Japon alors qu'on le pense être le prochain premier ministre. Les autres choix sont également lugubres – Goshi Hosono, Yukio Edano, parmi d'autres.
D'après le Yomiuri Shinbun (14 mai) :

Toru Hashimoto, maire d'Osaka, a parlé à la presse de coupures de courant potentiellement importantes dans la région de Kansai au cas où les réacteurs 3 et 4 de la centrale de Ooi, exploitée par Kansai Electric (KEPCO) ne redémarre pas cet été. Il a dit, ''Ce genre de situation ne se représentera jamais. Il est nécessaire que la prochaine génération fasse pleinement l'expérience de ce à quoi ressemblera de vivre sous un décret de restriction d'usage de l'électricité'', indiquant sa volonté d'accepter un tel décret.

Il n'y a pas eu de décret pour restreindre l'usage de l'électricité dans les régions approvisionnées par KEPCO depuis la crise pétrolière de 1974.

D'un autre côté, le gouverneur d'Osaka, Ichiro Matsui, a dit à la presse, '' les coupures par roulement de l'année dernière ont sévèrement affecté l'économie. Un usage restreint de l'électricité ne peut être accepté facilement.''

Yukiko Kada, gouverneur de la préfecture de Shiga, est resté également prudent, en disant ''Si nécessaire, tant pis. Mais l'industrie ne devrait pas en être affecté.''

Qui donc devrait en être affecté ? Les foyers, je suppose, avec l'électricité coupée en été aux heures de pointe de midi. Sauver les entreprises et l'économie. Très japonais.
En même temps, la ville de Ooi-cho dans la préfecture de Fukui, où se situe la centrale nucléaire, est toute prête à un redémarrage. Du moins l'assemblée de la ville, en votant 11 contre 1 en faveur d'un redémarrage dans les meilleurs délais. Ils disent que la ville bénéficie grandement de la centrale nucléaire. Je suis sûr que c'est le cas, jusqu'à ce que ce le soit plus. Il n'y a qu'à demander aux maires de Futaba-machi et d'Okuma-machi à Fukushima. Le gouverneur de la préfecture de Fukui semble toujours retarder d'autres avantages du gouvernement national, et n'a pas dit oui pour un redémarrage.

La centrale nucléaire de Gravelines en France stoppée en raison d'un problème technique
(Je n'en avais pas entendu parler...)
D'après Le Monde (14 mai 2012) :
Un réacteur nucléaire arrêté à Gravelines après un problème technique

Un des réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) a été arrêté lundi 14 mai en fin de matinée en raison d'un problème technique sans gravité et devrait "rapidement" redémarrer, a-t-on appris auprès d'une porte-parole de la centrale.

Le réacteur numéro 6 de la centrale de Gravelines, d'une puissance de 900 MW, est à l'arrêt en raison d'un "défaut sur un capteur sur une pompe", a précisé la porte-parole. "Il n'y a pas de problème de sûreté. C'est un problème technique. Le capteur est en train d'être remplacé et le redémarrage devrait avoir lieu bientôt", a-t-elle ajouté.

Sur son site internet, RTE, filiale d'EDF qui gère le réseau haute tension national, indique que le réacteur a subi un arrêt automatique lundi aux alentours de 11 h 30.

Le 5 avril 2012, la centrale de Penly (Seine-Maritime) avait elle aussi rencontré une défaillance sur l'une des pompes de son système de refroidissement, provoquant un incendie et un arrêt du réacteur.

''Poussière noire à Tokyo ? Avec 243.000 Bq/kg de césium radioactif

Le journaliste indépendant Rei Shiva [Shiba] écrivant pour le Nikkan Spa, un tabloïde quotidien japonais (partiel ; 15 mai 2012) :
Ce n'est qu'en février de cette année qu'on a parlé aux informations de la super-radioactive et mystérieuse ''poussière noire'' trouvée à Minami Soma dans la préfecture de Fukushima.
Bien que 1,08 millions de Bq/kg soit choquant, on considéré que c'était spécifique à Minami Soma. Pourtant on m'a dit que cette ''poussière noire'' existe partout à Tokyo.
''Quand j'ai approché mon détecteur de radiations plus près, il a visiblement répondu. Je savais donc que ce pouvait être fortement contaminé, mais je ne savais pas que c'était ça qui était contaminé...'' a déclaré avec incrédulité Ayako Ishikawa. Ishikawa dirige un groupe de citoyens ''Non ! Aux radiations, protégez les enfants de Koto''. [Koto est l'un des arrondissements à l'est de Tokyo] Elle dit, ''Nous avons trouvé quelque chose qui ressemblait à la ''poussière noire'' près d'une gare de Edogawa-ku. Nous avons pris des échantillons et demandé au professeur Tomoya Yamauchi de l'université de Kobe de mesurer les radiations. Le résultat maximum trouvé était de 243.000 Bq/kg [de césium radioactif].''

C'est 2430 fois le niveau autorisé [100 Bq/kg] spécifié par la loi de régulation d'un réacteur nucléaire.

''Si vous regardez attentivement, les ''poussières noires'' sont partout à Tokyo'', dit Ishikawa. Des matériaux si fortement contaminés sont partout ? J'ai décidé de l'accompagner pour rechercher les ''poussières noires''.
D'abord, vers un endroit à environ 10 minutes à pied de la gare Hirai. Nous avons trouvé de la poussière noire sur un terrain de jeux près de bâtiments publics. Il y avait plusieurs tas près d'une barrière, et cela ressemblait à de la terre noire. Quand j'ai regardé de plus près, cela se révélait être quelque chose ressemblant à de la mousse sèche ou de la moisissure.

Ishikawa a dit, ''Elles se trouvent à des endroits légèrement différents. La pluie et le vent ont pu les déplacer.'' Nous avons mesuré les radiations avec un dosimètre à scintillation fabriqué par une personne privée parce que c'est plus fiable qu'un compteur geiger. Le chiffre a grimpé rapidement et a dépassé 2 microsieverts/h. C'est 20 fois plus que le taux de radiations moyen de l'air (à 1 mètre du sol) de Tokyo. Le Pr Yamauchi dit, ''En général, un dosimètre à scintillation montre un niveau moyen de radiations. Si le nombre grimpe rapidement quand le dosimètre est dirigé vers une petite quantité de substance, il est possible que la substance émette une radiation extrêmement forte.''
Qu'est cette ''poussière noire'' ? Quelle est la méthode efficace de décontamination pour les propriétés uniques de la ''poussière noire'' ? Shukan Spa (magazine hebdomadaire) qui sera en vente le 15 mai aura un article intitulé ''La poussière noire radioactive frappe la zone métropolitaine de Tokyo'', qui rapportera le danger de la substance qu'on nomme ''poussière noire'' ainsi que son rôle.

Je ne vois pas beaucoup l'utilité de la comparer au taux admis de 100 Bq/kg qui n'est applicable qu'aux installations nucléaires fermées. Après l'accident de Fukushima, c'est une toute autre paire de manches pour l'emplacement de Kyushu où les débris de la catastrophe dépassant ce niveau admis seront envoyés pour être incinérés dans un incinérateur habituel, et les échantillons de sol de Kanto et Tohoku dépassent facilement ce niveau dans de nombreux endroits.
Bien que j'ai parlé des ''poussières noires'' de Minami Soma, je ne suis pas complètement convaincu que cette substance ''noire'' soit tellement différente d'un tas de saletés qu'on voit souvent à la surface d'une route ou près de fossés même avant l'accident. Des cyanobactéries (sorte d'algues, NdT) qu'on nomme supposément ''poussière noire'' sont fréquentes.

Le Pr Yukio Hayakawa de l'université de Gunma dit que si le premier millimètre de sol est pris, la radioactivité peut être extrêmement élevée, bien qu'il semble penser que la ''poussière noire'' soit un très bon indicateur de la contamination urbaine.

Peu importe ce que c'est ou d'où ça vient, c'est clairement radioactif, et il vaudrait mieux l'enlever pour éviter un contact. Aucune municipalité le fait, alors qu'elles le devraient.

N'allez pas simplement multiplier ce chiffre de 243.000 Bq/kg par 65 et vous exclamer ''Regardez, Tokyo est plus contaminée que la zone d'exclusion de Tchernobyl !'' Multiplier par 65 ne s'applique qu'aux échantillons de sol qui sont prélevés à la surface à 5 cm de profondeur et dont la gravité spécifique est d'environ 1,3g/cm3. Si la ''poussière noire'' de Tokyo a le même poids que celle de Minami Soma, cela ferait moins de 0,5g/cm3.

2 commentaires:

  1. 243.000 Bq/kg de césium radioactif !

    Ce n'est pas dangereux pour la santé ! !

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  2. Bonsoir, bonjour,

    Merci pour toutes les infos. Merci.

    Une info pour vous démontrer à quel point certains humains sont ... mettez y le mot qui vous sied!




    Des zombies pour informer des risques de catastrophes naturelles


    Le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, au Canada, a lancé une fausse campagne de préparation aux attaques de zombies. Il veut ainsi promouvoir son site d'information en ligne sur les risques de catastrophes naturelles dans la région.

    "Même si nous pensons que les chances pour qu'un zombie frappe à votre porte sont plutôt minces, nous estimons que si vous êtes prêt pour les zombies, vous êtes prêt pour n'importe quelle catastrophe", indique le site "emergencyinfobc.gov.bc.ca"

    Cette campagne est présentée comme un "blog de survie après une attaque de zombies". Elle se veut uniquement "fictionnelle".

    Elle comprend notamment des directives en cas d'éclatement d'une épidémie transformant les gens en zombies, une carte des zones à risques de la Colombie-Britannique ou des instructions sur le matériel à emporter dans son kit de survie. Le site en profite pour glisser des liens vers les ressources réelles mises en place en cas de catastrophe naturelle.

    Selon le site, "à part une attaque de zombies, la Colombie-Britannique peut être touchée par des inondations, des tremblements de terre ou des tsunamis.


    (ats / 16.05.2012 00h22)

    Gros bisous, Léa.

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