Bistro Bar Blog

jeudi 10 mai 2012

Japon, 10 mai 2012


Le gouvernement va bien récupérer TEPCO en juillet

Il semble que ce sera Yukio Edano, ministre de l'économie qui va mener la barque. C'est lui qui, en tant que secrétaire du chef de cabinet, était très populaire et rassurant dans les premiers jours de la crise nucléaire avec ses remarques sur le fait que les radiations ''n'avaient pas d'effet immédiat sur la santé''.

Ce n'est pas une ''nationalisation'' mais elle est ''effective''. Je cherche toujours la définition précise de ''nationalisation effective'' au Japon, mais si c'est la même que la ''nationalisation effective'' de AIG aux US (American International Group, grosse boîte d'assurances, NdT), il y aura un pourcentage de parts que le gouvernement contrôlera – suffisamment pour diriger la société mais pas assez pour mélanger le bilan financier.



Japon radioactif : le printemps 2012 identique au printemps 2011 après l'explosion de 3 réacteurs à Fukushima
C'est comme si rien de bien particulier ne s'était passé l'année dernière. Les japonais ont réussi à être en alerte depuis un an, mais depuis mars de cette année il est plutôt évident que les gens sont fatigués de devoir faire attention. Avec l'arrivée de la nouvelle année fiscale du printemps qui a démarré le jour du poisson d'avril, la plupart sont donc retournés à leur routine.

La majorité des événements de routine se sont passés quand même l'année dernière. Pourquoi donc pas cette année ? Quelle différence ?

La différence est que cette année davantage de gens sont conscients de la contamination mais ils continuent leur routine quand même. Les écoles en particulier n'ont pas accordé une once d'attention l'année dernière, donc ce sera la même chose cette année. Ce qui suit sont les activités favorites du printemps et du début de l'été au Japon des petits enfants, déjà démarrées ou à venir très bientôt :

Déterrer les pousses de bambou :

Une activité amusante que de nombreuses maternelles et crèches font pratiquer à leurs élèves. Creuser le sol sale et accéder aux pousses de bambou, puis les récolter. Puis ces pousses sont cuisinées et servies dans les cantines pour leur merveilleux goût printanier. Le césium radioactif tend à s'accumuler dans les pousses de bambou et dans de nombreux endroits de Tohoku et Kanto on a trouvé du césium dépassant la nouvelle limite de sécurité (100 Bq/kg). Cela n'a pas dissuadé ces écoles et enseignants d'organiser cette amusante occupation du printemps.

Récolter à la main le thé vert et d'en consommer les jeunes pousses dans des beignets (tempura) :

De nombreuses écoles dans les région à cultures de thé de Chubu (où se trouve la préfecture de Shizuoka) et Kanto pratiquent leur occupation annuelle de récolte des thés locaux. Cette année la manière de mesurer la radioactivité dans le thé vert a été changée et ils ne testent plus les feuilles sèches. Tant que les tests des thés fermentés sont en dessous de 10 Bq/kg, ils sont ''sans danger''. 10 Bq/kg dans un liquide se traduirait par environ 1000 Bq/kg dans les feuilles sèches, mais personne n'est supposé faire attention à cela.


Planter les plants de riz dans les rizières :

Cette amusante activité démarre tout juste à Kanto et Tohoku. Les agriculteurs de Kanto et Tohoku ont labouré la terre et mélangé le césium radioactif au sol et ont fait pousser du riz l'année dernière alors que des matériaux radioactifs continuaient à retomber sur Kanto et Tohoku. Les petits enfants ont fait les plantations en tant qu'activité scolaire l'année dernière, pieds et mains nus. S'ils pouvaient le faire l'année dernière, ils peuvent bien sûr le faire cette année. Les seules régions où je sais que les rizières ont été ''décontaminées'' sont à Iitate-mura à Fukushima, où le gouvernement essaie toujours des méthodes variées de décontamination (jusqu'ici, aucune n'a fonctionné).

Participer à des rencontres athlétiques :

Courir en soulevant de la poussière, pieds nus. Certaines écoles avec des radiations élevées de Kanto et Tohoku ont remplacé le sol des cours d'école pour abaisser les taux de radiations, mais ce n'est pas le cas partout. Dans la ville fortement irradiée de Koriyama en Fukushima, ce n'est qu'en avril de cette année qu'ils ont enfin admis l'existence de points chauds dans les écoles.

Nettoyer les piscines :


Une autre activité amusante avant la pause de l'été. Les enfants nettoient les piscines scolaires, qui ont accumulé de l'eau sale et des boues pendant l'année précédente après la fermeture de la piscine. Ils ont nettoyé l'année dernière, même quand les résidus contenaient 10.000 Bq/kg de césium. Pourquoi pas cette année ? Dans une école primaire de la préfecture d'Ibaraki l'année dernière les résidus que les élèves récupéraient ont révélé plus tard 17.000 Bq/kg de césium.

Aller dans des classes d'été au nord de Kanto bien irradié :

Cette activité plaisante n'est que pour les élèves des écoles primaires et des collèges dans certains arrondissements de Tokyo. Pendant une semaine ou deux durant la pause d'été, ils vont passer du temps à randonner, nager dans les régions montagneuses irradiées de Tochigi et de la préfecture de Gunma. Pourquoi faire cela ? Et bien ils l'ont fait l'année dernière, pourquoi pas cette année ?

Quand l'automne arrivera, ces enfants feront la récolte du riz, déterreront les pommes de terre, récolteront les glands et les feuilles d'automne colorées et participeront à des rencontres d'athlétisme d'automne. En hiver, ils iront en classe de neige faire du ski dans des zones bien irradiées.

Absolument aucun changement.


Au fait, le maire de Yokohama qui nourrissait les enfants de la ville avec du bœuf de Fukushima chargé de césium radioactif essayait cette année de nourrir les enfants avec des mandarines récoltées dans la préfecture de Kanagawa. Les fruits contenaient du césium mais ils ont continué à en donner parce que le taux de césium était inférieur à 100 Bq/kg. Lors du violent tollé de petits mais bruyants groupes de parents, la ville a cédé et une école a décidé de servir à la place de la gelée de pêches.
Hum, des pêches ? (trouvées très radioactives l'année dernière, NdT)

Comme si rien ne s'était passé le 11 mars 2011.



(Mis à jour) Shukan Asahi : Dommages étendus à Fukushima II Daini par le séisme et tsunami du 11 mars 2011

Le Shukan Asahi, l'un des principaux magazines hebdomadaires japonais, par l'un des principaux médias (Asahi) a un scoop sur la centrale de Fukushima II (Daini). Je n'ai aucune raison de croire que c'est vrai, mais je n'ai aussi aucune raison de ne pas le croire. Selon la personne qui travaillait à Fuku II, il est plus que probable que ce soit vrai.
Selon le journaliste, Fukushima II a subi d'importants dommages par le séisme et tsunami du 11 mars et cela n'a pas été correctement divulgué par les parties en présence (TEPCO ou le gouvernement). Il dit aussi que TEPCO sait qu'il n'y a aucun moyen de faire redémarrer la centrale bientôt, si ce n'est jamais.
Le journaliste, Shun Kirishima (probablement un pseudonyme), travaille à Fuku II et a fait un reportage, selon le Shukan. L'article possède plusieurs photos, mais leur qualité est plutôt mauvaise.
Article du 9 mai :

1. l'électricité du bâtiment du réacteur 1 n'a toujours pas été restaurée après plus d'un an. Les cadres de fenêtre en aluminium sont pliés vers l'intérieur. (photo 1)


2. le soubassement du bâtiment du réacteur 1 est tout rouillé – tuyaux, éclairage, équipement. Du sable au sol, une croûte de boue sur les câbles du plafond (hauts de 3 mètres).

3. des experts en industrie ont dit plus tôt au journaliste que TEPCO les avait informé juste après le 11 mars que Fuku II ne serait pas opérationnel pendant 5 ans. C'est une illusion de la part du quartier général de TEPCO que Fuku II soit encore opérationnel un jour. Elle ne l'est pas et elle est salement endommagée.

4. le bâtiment des bureaux est sévèrement endommagé, avec des plafonds effondrés et des murs à terre. (photo 4)


5. Même si Fuku II a réalisé un arrêt à froid 4 jours après le séisme et le tsunami, ils l'ont échappé belle. Certaines pompes de l'échangeur de chaleur ne fonctionnaient pas et certains groupes de secours diesel des réacteurs 1 à 4 n'ont pas fonctionné après le tsunami. Dans le bâtiment du réacteur 1, deux générateurs diesel sur 3 ne pouvaient servir parce qu'ils étaient endommagés par le tsunami, même se trouvant dans le bâtiment de réacteur au-dessus du 1er étage. (photo 6)

6. le soubassement du bâtiment de turbine du réacteur 3 a été inondé, bien que TEPCO ait annoncé en mars de cette année qu'il n'y avait aucun dégât dans les soubassements des réacteurs 3 et 4. Le journaliste prétend qu'il y a une note écrite à la main sur le sol du soubassement du 2ème étage qui dit ''11 mars 2011 (inondation) 430 millimètres depuis le sol'' – c'est à dire 4,30 mètres d'eau dans le soubassement (photo 7). Dans le rapport d'août l'année dernière, TEPCO dit que l'eau venait du réservoir d'expansion, mais le journaliste dit que c'est dur à croire, parce que le 2ème étage du bâtiment n'était pas juste inondé mais complètement rempli d'eau.

7. TEPCO dit que les dégâts à Fuku II sont dus au tsunami. Mais les tuyaux dans le bâtiment de l'échangeur de chaleur au 2ème étage, qui n'a pas été inondé, montrent d'importants dégâts, et ils ont été réparés ou remplacés. (photos 9 et 10)

Article du Shukan Asahi


(Mise à jour) Juste au moment où je postais, j'ai aussi trouvé des photos récemment publiées par TEPCO (9 mai) de la centrale de Fuku II. Tout semble bien selon les photos. Il y a des photos des générateurs diesel du réacteur 1.

Un membre de l'assemblée de Minami Soma : ''5,57 millions de Bq/kg de césium dans le sol et les gens nettoient leurs maisons''
Après que Minami Soma ne soit plus désignée comme zone interdite le 16 avril 2012, les gens sont revenus. Les habitants ont été aidés dans les travaux de décontamination.
Un membre de l'assemblée dit qu'il est allé collecter des échantillons de sol. Il les a fait tester par un laboratoire et le résultat, posté sur son blog est choquant. Le maximum est de 5.570.000 becquerels/kg de césium dans le sol. Dans le même district on a trouvé de la bouse de vache avec un demi-million de becquerels/kg de césium.

Liste des chiffres trouvés (en Bq/kg, en poids sec) :

①1,320,000
原町区牛越土壌 Haramachi District, sol
②1,960,000
鹿島区橲原土壌 Kashima District, sol
5,570,000
小高区金谷土壌 Odaka District, sol
  16,200 原町区国見町土壌 Haramachi District, sol
 793,000 小高区上町土壌 Odaka District, sol
 430,000 小高区本町土壌 Odaka district, sol
 583,000 小高区本町土壌 Odaka district, sol
⑭2,970,000
小高区金谷土壌 Odaka district, sol
 522,000 小高区金谷牛ふん Odaka district, bouse de vache

Même si ces échantillons proviennent de zones très concentrées en césium, je n'ai vu des chiffres de ce genre nulle part ailleurs à Fukushima en dehors du voisinage immédiat de la centrale.

Les bénévoles aident les propriétaires des maisons avec un équipement rudimentaire, masques fin et gants. Qui sera responsable si quoi que ce soit arrive à ces bénévoles plus tard ? Les bénévoles eux-mêmes.
Le membre de l'assemblée s'écrie, ''et ils vont faire quoi ? Des rencontres d'athlétisme ? Ouvrir une piscine ? C'est insupportable !''

4 commentaires:

  1. j'adore le culture nippone! les tempoura! hummm
    Côté sombre du tableau: Les japonnais sont les mieux placés pour connaitre les méfaits de la radioactivité, pourquoi ils agissent ainsi? il s'agit de leurs familles, de leurs enfants pourtant!
    Manon

    RépondreSupprimer
  2. Oui, quelque chose reste inexpliqué, pourquoi agissent ils ainsi ?
    Ils n'ont probablement pas d'autre choix que celui de se dire : Qui
    vivra verra... À moins que la radioactivité ait des pouvoirs cachés !

    Fêh.

    RépondreSupprimer
  3. Les pauvres, foutus pour foutus, autant ne rien changer aux habitudes....franchement, ça changerait quoi ? Tous devraient avoir quitté cette île maudite.....mais pour aller où ? Pas le choix ! De plus les profiteurs continuent allègrement....foutus pour foutus, autant avoir un peu plus de profits....mais à quoi ça va servir ? ? ?

    RépondreSupprimer
  4. Supera Nonimeuhhh10 mai 2012 à 22:26


    Nous n'avons aucun pouvoir (en ce moment encore !!!) sur nos vies. Nos corps sont considérés comme marchandise commerciale plus ou moins profitable, et utile. Les 0,00000000% se foutent bien de nous, au contraire jouissent aigûement lors de nos souffrances.
    S'il n'était ce blog et quelques rares autres, anglicistes souvent, nous n'aurions d'autres nouvelles du Monde, que la dernière recette ancestrale de la choucroute au ricard, non, pernod, voilà c'est ça, Dobonniais en tout cas.
    Bonne dette à tous

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.