lundi 16 avril 2012

Japon, 16 avril 2012 + ajouts


Le premier ministre Noda, alors qu'il était ministre des finances en mars 2011 :''Ne dites rien qui pourrait affaiblir TEPCO''

Le prix des actions de TEPCO, pour être plus précis.

J'ai posté vendredi un article sur ce que disait Yukio Edano en mars 2011, en tant que secrétaire du chef de cabinet (''Nous devrions commencer à penser à une évacuation à grande échelle y compris Tokyo et Ibaraki''). Cela a été révélé par la demande de divulgation d'information du Tokyo Shinbun.

Aujourd'hui c'est au tour de l'Asahi Shinbun. L'Asahi a dévoilé ce que le ministre des finances d'alors avait dit sur TEPCO les premiers jours suivant l'accident de la centrale. Le ministre des finances à ce moment-là est le premier ministre d'aujourd'hui, Yoshihiko Noda.

Vous souvenez-vous de la mention faite par certains ministres qui s'inquiétaient de la Bourse lors de la réunion après l'explosion du réacteur 1 le 12 mars ? Noda semble bien avoir été l'un d'entre eux.

D'après l'Asahi Shinbun (15 avril 2012) :

''Retenez-vous de dire des choses qui peuvent affaiblir TEPCO'', a dit M. Noda en tant que ministre des finances

Il a été révélé que Yoshihiko Noda, alors ministre des finances, inquiet du rapide déclin du cours des actions de TEPCO, a dit ''Je veux que vous évitiez de dire des choses qui peuvent affaiblir (TEPCO)'' lors de la réunion au quartier général dans la nuit du 31 mars 2011. La NISA a dévoilé de nombreux mémos de la réunion à la demande de divulgation d'informations faite par l'Asahi Shinbun le 13 avril.
Une réunion a été organisée environ 3 semaines après le démarrage de l'accident nucléaire de l'année dernière. À cette époque le cours de l'action de TEPCO avait chuté de manière importante avec la perspective que le nombre d'indemnisations pour l'accident serait énorme en vertu de la Loi d'indemnisation des dommages par l'énergie atomique. Le 30 mars, le président de TEPCO, Tsunehisa Katsumata insinuait que l'existence de la société était compromise.

En rassemblant les mémos révélés, Noda en tant que ministre des finances a dit aux participants de la réunion, ''Si on diffuse aux informations que TEPCO est nationalisé, le cours de l'action va limiter ses pertes. Sur 600.000 actionnaires de TEPCO, 590.000 sont des investisseurs individuels et l'impact sur l'économie sera important. Je souhaite que vous vous reteniez de dire des choses qui peuvent affaiblir TEPCO'', empêchant les autres d'émettre une quelconque critique sur TEPCO.

Je pense que Koichiro Genba, alors ministre responsable de la stratégie nationale et actuel ministre des affaires étrangères, peut être l'autre ministre qui était inquiet pour la Bourse et surtout pour TEPCO. Il a été l'un de ceux qui a dit '' Encourageons tous TEPCO'' fin mars l'année dernière.
Pas de surprise, tout cela a du sens. Noda a déjà dit à la presse étrangère que personne et tout le monde est responsable de l'accident.

Le réacteur 4 de la centrale change lentement d'aspect : photos de mars 2011 à mars 2012
C'est si lent que rien ne semble s'être passé.
Le 15 mars 2011, jour où le réacteur 4 a eu une explosion. À ce moment-là, on parlait surtout d'un ''incendie'' et non d'une ''explosion'' et la situation était décrite comme ''un trou dans le mur, et des dégâts au plafond''. Il aurait été plus juste de parler d'un ''trou de 8 mètres dans un mur qui s’émiette, et non pas d'un plafond sauf pour les poutrelles d'acier.''


16 mars 2011:


22 mars 2011:


24 mars 2011:

10 avril 2011:


10 juin 2011:



29 juin 2011. La piscine du réacteur 4 alors qu'elle était encore ''chaude'', avant que l'échangeur de chaleur soit installé :

30 juin 2011:

22 septembre 2011 :

29 septembre 2011:

5 janvier 2012. Cette photo a fait dire à des bloggeurs et des sites que le réacteur 4 s'effondrait :

24 février 2012:

5 mars 2012:

Les photos proviennent de la page de TEPCO ''photos pour la presse''.
Il y a encore du boulot.
Ironiquement, c'est la photo la plus correcte du récent bâtiment du réacteur 4 présentée par un programme TV de l'Asahi, ''Oiseau du matin'' le 8 mars 2012, qui semble avoir amené pour la première fois de nombreux japonais (et non-japonais) à la prise de conscience du danger de la piscine du réacteur 4 plus d'un an après le début de l'accident, de manière erronée malgré tout. La photo aérienne du bâtiment du réacteur 4 a été présentée comme ''tous les murs disparus, ils ont tous été soufflés par l'explosion''. Et bien pas vraiment. Cette photo se situait après le débarras de la plus grande partie des panneaux de mur effrités et d'une partie des poutres du plafond, en vue de l'enlèvement de la grue (ou machine de chargement/déchargement du combustible?) :

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Romandie News

Japon: 4 des 6 réacteurs de Fukushima Daiichi (N°1) vont être démantelés


TOKYO - Quatre des six réacteurs de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi (N°1) n'auront plus d'existence administrative à partir du 20 avril, a annoncé lundi la compagnie exploitante Tokyo Electric Power (Tepco) qui va désormais s'atteler à les démanteler.

En vertu de la loi, le parc de réacteurs nucléaires commerciaux du Japon va ainsi passer de 54 unités à 50, une décision attendue puisqu'il était déjà certain depuis des mois que ces quatre unités, les plus saccagées par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, étaient condamnées.

Les deux autres tranches restantes ne sont pas encore administrativement rayées des listes mais elles n'ont aucune chance de redémarrer un jour et seront probablement bientôt supprimées à leur tour.

Le gouvernement nippon et la compagnie estiment qu'il faudra environ quatre décennies pour démanteler les unités 1 à 4, avec des techniques qu'il reste à imaginer.

Quant aux quatre réacteurs de la deuxième centrale de la préfecture de Fukushima, Fukushima Daini, actuellement également stoppés à cause de la catastrophe, ils subiront sans doute le même sort, sur décision politique, même si Tepco dit ne pas vouloir y renoncer pour le moment.

Sur les 17 réacteurs commerciaux qu'elle possède, la compagnie qui dessert notamment la mégapole de Tokyo et ses environs (35 millions d'habitants) n'en aura plus que 13 après l'annulation des quatre de Fukushima Daiichi.

Aucun de ses réacteurs n'est actuellement en service puisque les dix des deux sites de Fukushima ont été stoppés par le séisme du 11 mars et, parmi les sept de la centrale Kashiwazaki-Kariwa (côte ouest), trois sont arrêtés depuis le tremblement de terre de Niigata en juillet 2007 et quatre autres le sont également pour maintenance de routine obligatoire tous les treize mois de fonctionnement environ.

Sur le parc total de réacteurs du Japon (54 actuellement, 50 à partir du 20 avril), seulement une unité est à ce jour en service, Tomari 3, sur l'île nord de Hokkaido. Cette tranche devrait être arrêtée pour une session d'entretien régulier à compter du 6 mai, réduisant à néant la production d'électricité d'origine nucléaire du Japon pour une durée inconnue.

Le redémarrage des réacteurs exploitables est conditionné au passage d'examens techniques et à l'approbation du gouvernement et des élus locaux, ce qui allonge considérablement l'échéancier habituel.

TOKYO ELECTRIC POWER

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