lundi 26 mars 2012

Nourrir les sans abri est illégal en Amérique (suite)

Le texte d'un autre auteur, mais qui fait suite à celui posté le 22 mars.



Comment combattre la phobie envers les clochards !

Comment nourrir les SDF malgré les interdictions.

Par Keith Johnson, 23 mars 2012

Alors que Wall Street et les politiciens payés pour continuent de piller les Américains, de plus en plus de citoyens ordinaires se retrouvent à la rue pour des raisons autres que l’addiction à la drogue et à l’alcool.

Ceux qui n’ont jamais été à la rue ne peuvent pas ressentir ce sentiment de désespoir.

J’ai été moi même un vagabond, à la rue et sans argent pendant plusieurs mois. Quand vous vous retrouvez sans foyer, la police vous connaît très rapidement – même si vous ne troublez pas l'ordre public. Au bout d’un moment le harcèlement devient insupportable et le seul refuge possible est ce que vous vous étiez juré de ne jamais devenir: clochard !

Une fois que vous l'êtes, difficile de s’en échapper. La hiérarchie des besoins occupe la première place et vous passez l’essentiel de la journée à faire la queue pour un repas, une douche et un lit. La plupart des églises qui distribuent des repas exigent que vous écoutiez un sermon avant de pouvoir manger. Je me souviens m'y être adonné une fois près de six heures pour obtenir un déjeuner et un souper – exténuant ! C’est plutôt difficile de se remettre sur pied quand l’essentiel du temps sert à trouver de la nourriture.

Et la Mission (ou abri comme on l’appelle maintenant)? Oubliez-la ! Vous trouverez un environnement plus sain dans la prison du comté. En fait, ce n’est pas rare que les gens commettent des délits juste pour pouvoir aller s’y reposer. De plus, dans la plupart des grandes villes, c’est plus difficile d'entrer dans une Mission que d’aller au Carlton Ritz pendant un congrès de commerciaux. Je me rappelle une nuit froide à San Francisco où j’ai fait la queue 4 heures juste pour m’asseoir deux heures sur une chaise pliante.


C’est pourquoi, cette histoire récente dans “The Economic Collapse”, m’a à la fois ému aux larmes et mis en rage (passage du texte cité en début d'article):

Je parierais cher que derrière l’interdiction de nourrir les sans abris, on trouve ceux qui ont délibérément participé à ce système corrompu qui a poussé beaucoup de ces gens à la rue. Non seulement ils refusent de prendre leur part de responsabilité, mais ils ne veulent pas que leurs yeux soient salis par la vision de la souffrance qu’ils ont causé alors qu’ils rentrent chez eux dans leurs communautés barricadées, ou soumettre leurs précieuses oreilles à une demande d’aide devant leurs galeries marchandes préférées.

La plupart des villes qui ont interdiction de nourrir les sans abris disent s’inquiéter de la sécurité alimentaire. Ce n’est qu'une excuse— et il y a moyen de le dénoncer si nous nous unissons.

Distribuer des tickets-cadeaux aux établissements de restauration du coin est une manière de contourner les lois sur la sécurité alimentaire et aussi vous assurer que l’argent ne sera pas dépensé en drogue ou en alcool.

Une autre solution demande un effort concerté de la part des citoyens concernés et est calqué sur Mégaoctet, un programme qui a fonctionné de manière efficace au Royaume-Uni pendant plus de dix ans. D’après leur site :

Megaoctet est une manière innovante d’aider les gens dans le besoin et qui sont à la rue.

Les donneurs achètent des tickets repas(qu’un sans abri peut échanger pour un repas et une boisson sans alcool) dans un magasin Megaoctet ou sur internet et en donnent aux sans abri. Le sans abri peut alors les utiliser pour se payer des repas et des boissons sans alcool dans des endroits agréés qui se feront rembourser en renvoyant le ticket chez Megaoctet .

A partir de là, peut être que nous pouvons étendre le programme à des douches. En tant qu’ancien vagabond, je peux vous dire qu’être propre est presque aussi essentiel que d’avoir un lit pour la nuit. Pour que cela puisse fonctionner, il faut avoir des volontaires qui ouvrent la porte de leur domicile une à deux fois par semaine à une famille présélectionnée. Bien sûr, je vois des failles dans cette approche, mais, hein, -- c’est pour cela que j’écris. Je me tourne vers vous pour des réponses. Faites des suggestions. !!!

La population croissante des sans abri a besoin d’une alternative aux expériences dégradantes des soupes populaires, les Missions et les abris qui sont souvent sales et localisés aux endroits les plus déprimants de la ville. Permettre à une personne sans abri de se sentir humaine aide beaucoup à reconstruire l’estime de soi et à garder un esprit clair.

En plus de cela; nous ne devrions jamais permettre aux dirigeants des villes, maires, chefs de police ou autres résidents privilégiés qui se font du beurre de prendre le dessus. Ils ne doivent pas avoir le droit de pousser les moins fortunés de leur communauté hors de l'endroit qu'ils ont toujours appelé leur foyer.

On devrait obliger ces fonctionnaires choyés et leurs maîtres fortunés à faire face à la dépression qu’ils ont aidé à créer. On devrait les obliger à regarder les métastases cancéreuses qui vont s'agripper petit à petit à leur petite vie. Et c'est seulement à ce moment-là qu’ils comprendront que la maladie est devenue une épidémie – et peut être commenceront-ils à s’inquiéter – pourrai -je être le suivant ?


Traduit par Chantalouette et Hélios

2 commentaires:

  1. http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-la-verite-sera-dure-a-entendre-passez-le-message-102372664.html

    ..tout est dit !!

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  2. lasorciererouge25 août 2012 à 17:50

    http://www.wikistrike.com/article-l-armee-du-salut-de-liege-interdite-de-distribuer-de-la-soupe-en-rue-cet-hiver-109402961.html

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