dimanche 12 février 2012

""Soleil froid'', interview de Fritz Vahrenholt (2ème partie)

La 1ère partie est ICI.

Partie 2 : ''Des douzaines de chercheurs en énergie solaire sont d'accord avec moi''

Vahrenholt: Je ne déclare pas savoir précisément si le soleil est responsable à 40, 50 ou 60 % du réchauffement climatique. Mais c'est absurde de la part du GIEC de clamer que le soleil n'a rien à voir avec.

 
SPIEGEL: Dans l'ensemble, vous prédisez un refroidissement mondial de 0,2 à 0,3 degré Celsius d'ici 2035. Pourquoi une prédiction aussi risquée ?


Vahrenholt: Si on veut redonner vie à un débat dans l'impasse, il faut avoir le courage de donner un chiffre. Et nous obtenons ce chiffre à partir d'études scientifiques sur l'histoire du climat jusqu'à aujourd'hui. 

 
SPIEGEL: Donc, selon vous, déclarer que nous avons tort sur le réchauffement climatique n'est qu'une provocation ?


Vahrenholt: Non. Je le pense très sérieusement et je sais que des douzaines de chercheurs en solaire sont d'accord avec moi. Je suis parfaitement conscient de la diffamation que je devrai entendre à l'avenir me concernant. Le débat climatique possède aussi un piégeage de type inquisition. Je suis curieux de voir quel ministère va maintenant démarrer une procédure contre moi.  Peut-être l'institut de Postdam pour la recherche sur l'impact climatique, dirigé par Hans Joachim Schnellnhuber, conseiller du chancelier.


SPIEGEL: Vous déclarez que l'arrêt du réchauffement climatique depuis 2000 a été causé en grande partie par un déclin simultané de l'activité solaire. Mais en fait, le soleil s'est comporté relativement normalement jusqu'à la moitié du siècle, ne devenant sensiblement plus calme qu'après. Comment faire coïncider les deux choses ?


Vahrenholt: Il y a deux effets : l'activité solaire en déclin, ainsi que les fluctuations des courants océaniques, comme l'oscillation Pacifique de 60 ans, qui a été dans une phase chaude positive de 1977 à 2000, et depuis 2000 il a amené un refroidissement en résultat de son déclin. Leur contribution au changement dans les températures a également été faussement attribué au CO2. Plus que tout, cependant, le dernier cycle de taches solaires a été plus faible que le précédent. C'est pourquoi le champ magnétique solaire a continué à s'affaiblir depuis 2000. Ce qui fait que ce champ magnétique ne protège plus aussi bien des radiations cosmiques, qui à  son tour entraîne une plus importante formation nuageuse et donc un refroidissement. Que doit-il se passer d'autre avant que le GIEC mentionne au moins ces relations dans ses rapports ?


SPIEGEL: Ce que vous négligez de mentionner est qu'il n'a pas été prouvé que les radiations cosmiques, barrées par le soleil à des degrés variés d'efficacité, conduisent réellement à un refroidissement sur Terre plus important à cause des nuages. Jusqu'ici ce n'est qu'une hypothèse.


Vahrenholt: C'est plus que ça. L'Expérience Nuages, dirigée par le physicien Jasper Kirkby, sont en cours depuis 2006 au centre de recherche des particules du CERN, près de Genève. Les premiers résultats conduits en chambre dans laquelle une atmosphère terrestre a été simulée ont montré que les particules cosmiques conduisent vraiment à la formation de nuages par des particules en aérosol.

SPIEGEL: Mais les aérosols démontrés dans l'expérience nuages sont beaucoup trop petits. Ils auraient dû grossir avant qu'ils puissent vraiment servir de germes de condensation pour les nuages. Si cela se produit dans la nature est une question ouverte. Vous présentez ceci comme un fait.


Vahrenholt: Vous trouverez de nombreuses corrélations entre la couverture nuageuse et les radiations cosmiques dans mon livre. J'aimerai savoir pourquoi le GIEC n'examine pas à fond ce mécanisme. Je pense que la réponse à cette question mettrait en péril toute la construction des prédictions du GIEC. 


SPIEGEL: Vous devriez être néanmoins plus attentif aux pronostics sur l'activité solaire future. En 2009, des scientifiques américains ont prédit qu'il n'y aurait pas de taches solaires pendant des années. En fait, elles sont revenues en 2010. La vérité est que nous vivons une activité plutôt normale en ce moment. 


Vahrenholt: Le cycle solaire est tout sauf normal. Les scientifiques de la NASA prédisent que ce cycle sera vraiment le plus faible des 80 dernières années. Pas juste parce qu'il a démarré avec deux ans de retard, mais il est aussi très faible. Et parallèlement, il ne faut pas juste comptabiliser les taches solaires. Les particules cosmiques continuent de pleuvoir sur nous parce que le champ magnétique solaire nous protège à peine.

SPIEGEL: Il est exact qu'il y aura un jour un grand minimum solaire d'ici les 500 prochaines années. Mais personne ne sait exactement quand. La probabilité que ceci se produise dans les 40 prochaines années est de moins de 10%. Mais, dans votre livre, vous prédisez : ''Il est clair que le soleil sera responsable d'épisodes plus froids dans la première moitié de ce siècle.'' En savez-vous plus que tous les astrophysiciens réunis ?


Vahrenholt: La probabilité d'un grand minimum solaire, comme celui du petit âge glaciaire, est vraiment de moins de 10%. Mais nous sommes au début d'un léger déclin de l'activité solaire du style qu'on voit tous les 87 et 210 ans. J'ai parlé avec de nombreux physiciens solaires qui s'attendent à cette éventualité.


SPIEGEL: Nous savons que d'autres physiciens solaires remettent en question ceci. Un autre maximum est juste aussi statistiquement probable qu'un minimum. Prédire ce que fera le soleil dans les décennies à venir confine à la divination. 


Vahrenholt: Je ne connais qu'un seul scientifique solaire allemand qui ait exprimé un tel doute. Différents groupes de recherche en solaire américains et britanniques pensent que de faibles cycles solaires sont devant nous. Je prends ceci très au sérieux et ne m'attends qu'à un refroidissement du soleil jusqu'à 2050. 


SPIEGEL: Et que ferez-vous si les températures continuent de grimper, après tout ?


Vahrenholt: Alors, je donnerai une interview au Spiegel en 2020 et admettrai publiquement que je me suis trompé. Mais je suis convaincu que ce ne sera pas nécessaire. 


SPIEGEL: Pensez-vous sérieusement que les 2000 scientifiques impliqués dans le GIEC se trompent ou restent fidèles à la ligne officielle ?


Vahrenholt: Ce n'est pas comme cela. Je suis pourtant critique sur le rôle joué par la poignée d'auteurs principaux qui acceptent l'édition finale du rapport. Ils déclarent qu'ils se servent de 18.000 publications évaluées par leurs pairs. Mais 5000 d'entre elles sont soi-disant de la littérature douteuse, de sources non révisées par les pairs. Ces erreurs ressortent finalement, juste comme la déclaration absurde qu'il n'y aura plus de glaciers dans l’Himalaya d'ici 30 ans. De telles exagérations ne me surprennent pas. Sur les 34 membres supposés indépendants qui écrivent le rapport de synthèse pour les hommes politiques, presque un tiers est associé à des organisations environnementales comme Greenpeace ou le WWF. Étrange, n'est-ce pas ?


SPIEGEL: Pourquoi prenez-vous un rôle de rebelle climatique avec une telle passion ? D'où provient cette rage ?


Vahrenholt: Pendant des années, j'ai disséminé les hypothèses du GIEC et me suis senti floué. Les énergies renouvelables me sont proches et chères et je me suis battu pour leur expansion pendant plus de 30 ans. Mon inquiétude est que si les citoyens découvrent que les gens qui avertissent d'une catastrophe climatique ne disent que la moitié de la vérité, ils ne seront pas prêts à payer une électricité plus chère pour  une énergie éolienne et solaire. Alors une conversion de nos réserves énergétiques manquera de l'adhésion nécessaire. 


SPIEGEL: En prenant la conclusion logique de votre livre, il ne sera pas nécessaire du tout de réduire les émissions de CO2.


Vahrenholt: Non. Même une augmentation de seulement un degré serait un changement remarquable. Mais je dis vraiment que le changement climatique est gérable parce que les effets de refroidissement du soleil et des courants océaniques nous donnent assez de temps pour nous préparer. En tout cas, il sera facile pour nous allemands de faire l'ajustement. 


SPIEGEL: C'est donc une erreur de se concentrer exclusivement sur la réduction du dioxyde de carbone .


Vahrenholt:  Oui. En plus du dioxyde de carbone, nous avons aussi les fumées noires, par exemple. Elles créent 55% de l'effet de réchauffement du CO2, mais elles pourrait être filtrées avec peu d'effort d'ici quelques années, surtout dans les pays émergents et en voie de développement. Et en le faisant, nous réaliserions d'immenses bénéfices pour la santé humaine.

SPIEGEL: L'expansion de l'énergie éolienne s'est-elle poursuivie aussi rapidement sans d'inquiétudes sur le climat ?


Vahrenholt: Cela a été un moteur. Mais ce furent principalement les techniques d'engineering qui ont amené l'énergie éolienne à un niveau profitable. Je le redis, je souhaite que nous continuions à mettre l'accent sur les énergies renouvelables, que nous devons rendre compétitives. Je pense que nous devrions procéder rationnellement : le vent et la biomasse sont corrects en Allemagne, mais pas les panneaux solaires, s'il vous plaît ! Ils sont meilleurs en Afrique et dans le sud de l'Europe. Il est stupide d'installer 50% des panneaux solaires mondiaux dans le ''pays solaire allemand'' par peur d'un supposé désastre climatique et de dépenser 8 milliards d'euros par an pour cela !


SPIEGEL: Mais ne vous tirez-vous pas une balle dans le pied en disant que le changement climatique n'est pas aussi mauvais ? Comment avez-vous l'intention de continuer à justifier les droits d'émission si vous pensez que les gaz à effet de serre sont hors sujet ?


Vahrenholt: Tout ce que je dis est que le CO2 est un gaz climatique, mais que son effet est moitié moins fort que ce que le GIEC déclare. Néanmoins, nous devons toujours réduire les émissions de CO2 dans le monde. Et il y a aussi d'autres raisons pour brûler moins d'énergies fossiles. Nous n'avons pas tant de charbon, de pétrole et de gaz en stock que cela, il nous faut donc l'économiser encore plus. Nous devons aussi devenir moins dépendant sur les importations des pays totalitaires.


SPIEGEL: Des études montrent que la peur d'une catastrophe climatique a décliné. Prêchez-vous pour votre paroisse avec vos certitudes ?


Vahrenholt: Des alarmistes forment toujours le débat politique. Selon le conseil d'avertissement allemand sur le changement mondial, des pays orientés environnement devraient énergiquement apporter une consommation réduite au nom de la protection du climat. Ceci nous conduit vers une dictature environnementale. Et l'alarmisme commence aussi à faire de l'effet. Quand j'étais au restaurant récemment, j'ai entendu une femme à la table d'à côté dire à ses enfants qu'il est mauvais de manger un steak d'Argentine – à cause du climat. C'est ce que je me demande : comment pourrions-nous en arriver à ce point ?


SPIEGEL: M. Vahrenholt, merci de cette interview.


Interview menée par Olaf Stampf et Gerald Traufetter et traduite de l'allemand par Christopher Sultan.




SOURCE

Traduit par Hélios

2 commentaires:

  1. "Quand j'étais au restaurant récemment, j'ai entendu une femme à la table d'à côté dire à ses enfants qu'il est mauvais de manger un steak d'Argentine – à cause du climat. C'est ce que je me demande : comment pourrions-nous en arriver à ce point ?"

    Effectivement, il vaut mieux, ici, ne pas manger de steak d'Argentine pour au moins 4 raisons, auxquelles cette personne semble totalement imperméable :

    - Le réchauffement : le bétail à l'exportation est "industriel" pour gagner un maximum d'argent, ce qui signifie son inscription dans le monopoly "circuit planétaire pour protéines végétales nourricières à bas coût", engrais et pesticides à gogo énergivores avec force CO2 (> 2 tonnes de pétrole pour faire une tonne d'engrais , destruction du végétal primaire absorbeur de CO2 pour des cultures nourricières de bovins, trajet jusqu'à nos pays.

    - L'empoisonnement à petit feu du consommateur de viande dopée.

    - La destruction de l'environnement par d'immenses exploitations polluantes.

    - L'exploitation des travailleurs et les conditions déplorables de vie des animaux, nécessaires à leurs rentabilité.

    - Le fait qu'il vaut mieux manger le moins de viande possible pour notre santé et celle de la planète (cf. "philosophie3 de ce blog).

    Finalement, le fait que cette personne ne perçoive pas cette évidence me pose question quant à sa perspicacité climatique.

    Amicalement,

    Delphin

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  2. Il faut sortir de ces discussions où la croyance l'emporte sur la raison. Le ton donné par le GIEC (le TOUT CO2) alarmiste dépasse vraisemblablement le raisonnable. Ceux que l'on appelle climato-sceptiques souhaitent avant tout qu'on reconnaisse le rôle des cycles océaniques et solaires (tout au moins leur importance).
    N'oublions pas que les statuts du GIEC sont de travailler sur les changements climatiques induits par l'homme...
    Les publications excessives (d'un "camp" comme de l'autre) nuisent à l'importance de l'enjeu de la question. Je pense que le film d'Al Gore par exemple est honteusement mensonger.
    Pour autant, les pays occidentaux doivent travailler sur la réduction des émissions de CO2 pour au moins 2 raisons stratégiques. La première est notre indépendance énergétique face aux pays producteurs de pétrole. La seconde est sanitaire : les fameuses "fumées noires" (en fait, les suies, aérosols et particules) dont parle Vahrenholt sont une source majeure de pollution, de pathologies respiratoires et cancéreuses.
    Ces deux questions risquent de ne pas être résolues correctement si le public pense qu'on leur a sciemment menti (et ce sciento-scepticisme s'illustre dans les statistiques données dans l'article du Spiegel, où on apprend que moins d'un tiers d’allemands croient encore au réchauffement climatique d'origine anthropique).
    Pour ma part, j'essaye de lire ce qui est à ma portée "intellectuelle". Et ce que j'ai lu me laisse perplexe sur la responsabilité intégrale du CO2...

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