samedi 11 février 2012

"Soleil froid" : interview de Fritz Vahrenholt (première partie)

Une interview faite par le magazine allemand Der Spiegel au sujet du livre de Fritz Vahrenholt, "Soleil froid". Je posterai la deuxième partie demain (il parle beaucoup du rôle du soleil ensuite).

8 février 2012

La fin des tabous sur le réchauffement climatique

Partie 1 : ''Je me suis senti trompé sur le changement climatique''
Fritz Vahrenholt
Une activité solaire réduite va-t-elle contrebalancer  le réchauffement climatique dans les décennies à venir ? C'est ce que le patron d'une entreprise de services publics en électricité, Fritz Vahrenholt déclare dans un livre qui vient de paraître. Dans une interview avec le Spiegel, il discute de l'exagération des prévisions officielles des Nations-Unies sur la sévérité d'un changement climatique et de la faiblesse de la science qui soutient ces assertions.

L'éloquent directeur d'entreprise est nerveux au début de la conversation. Il cherche ses mots – ce qui n'est pas un cas courant pour un provocateur exercé. Après tout, Fritz Vahrenholt, 62 ans, qui est docteur en chimie, a été un rebelle toute sa vie. ''C'est peut-être le rôle de ma génération,'' dit-il.
C'est typique de quelqu'un qui a atteint sa majorité pendant le mouvement des protestations estudiantines de la fin des années 60, et qui a combattu l'industrie des produits chimiques toxiques dans les années 70. Son parti, le parti social-démocrate (PSD) de centre gauche, l'a choisi comme sénateur pour l'environnement dans l'état-cité de Hambourg, où il a subi la colère du lobby écologiste en construisant une usine d'incinération de déchets, lui valant le surnom de ''Feuerfritze'' (incendie Fritz). Il s'est mis par la suite à travailler dans l'industrie, d'abord pour la multinationale de pétrole Shell et ensuite pour le fabricant d'éoliennes RePower, qu'il a aidé à se développer. Aujourd'hui, en tant que PDG sortant du groupe d'énergies renouvelables RWE Innogy, il est sur le point de s'embarquer dans sa prochaine grande bataille. ''Je suis en train de me faire des ennemis de tous les côtés,'' dit-il.


Il veut briser un tabou. ''Une catastrophe climatique n'est pas en cours,'' écrit-il dans son livre ''Soleil froid'', publié par Hoffmann et Campe, qui sera en librairie la semaine prochaine.


Il n'a donné son livre qu'à un climatologue, Jochem Marotzke, directeur à Hambourg de l'institut Max Planck pour la météorologie, afin qu'il le lise avant publication. La déclaration de Marotzke est claire : Vahrenholt expose le point de vue des climato-sceptiques. ''un certain nombre d'hypothèses du livre ont été réfutées il y a longtemps,'' déclare Marotzke, mais il ajoute, en tant qu'auto-critique, que sa profession a négligé d'expliquer que les températures mondiales n'augmenteront pas uniformément. Au contraire, dit-il, il pourrait y avoir des phases de stagnation et même de légers déclins des températures. ''Ce qui nous a exposé à une critique potentielle''.


Alors que les livres écrits par des hérétiques du climat reçoivent peu d'attention, ce pourrait être différent dans le cas de Vahrenholt. ''Sa célébrité,'' dit Marotzke, ''va assurer un débat sur la question.''
Le livre est source d'inconfort au sein du parti de Vahrenholt. Personne parmi les dirigeants du PSD ne veut commenter les théories de leur éminent confrère du parti, depuis l'ancien ministre de l'environnement et l'actuel président du PSD Sigmar Gabriel jusqu'au leader du groupe parlementaire Franck-Walter Steinmeier, qui a reçu une copie du livre.


Une conférence de Vahrenholt prévue à l'université d'Osnabrück au nord-ouest de l'Allemagne a été récemment annulée.


SPIEGEL: M . Vahrenholt, il y a deux semaines, vous avez fait l'annonce surprenante de votre démission à la tête de RWE Innogy. Et aujourd'hui votre livre ''Soleil froid'', dans lequel vous niez une catastrophe climatique, va sortir. Avez-vous été obligé de partir parce que vos idées pouvaient altérer la nouvelle image écologique de RWE ?


Vahrenholt: Non. Mon contrat aurait expiré à la fin de l'année de toutes façons. Par ailleurs, je resterai membre du conseil d'administration pendant encore trois ans.


SPIEGEL: Comment vos collègues dirigeants ont-ils répondu à votre prédiction provocante qu'il va  y avoir un refroidissement plutôt qu'un réchauffement dans les décennies à venir ?


Vahrenholt: Ce n'est pas un livre de chez RWE. En dehors du PDG Jürgen Grossmann, personne à la société n'a eu d'exemplaire. Grossmann, en tout cas, a été tellement passionné qu'il a lu tout le livre en une nuit.


SPIEGEL: Néanmoins, votre retrait précipité de la gestion de RWE rappelle le scandale entourant Thilo Sarrazin, qui a été obligé de démissionner du bureau d'une banque centrale allemande en 2010 après la publication de son livre controversé sur l'immigration et l'intégration.


Vahrenholt: Ce n'est pas un retrait précipité. Par ailleurs, je n'ai pas besoin de Thilo Sarrazin comme modèle. Je n'ai pas non plus besoin de modèle quand j'attire l'attention sur les risques de l'industrie chimique dans mon livre de 1978, ''Seveso est partout''. Aujourd'hui, je souhaite que les nouvelles découvertes scientifiques soient incluses dans le débat climatique. Il deviendrait alors clair que la simple équation CO2-gaz à effets de serre presque exclusivement responsables du changement climatique est non viable. On n'a pas eu plus chaud sur cette planète en presque 14 ans, malgré l'accroissement continu des émissions de CO2. La science climatique consacrée doit fournir une réponse à cela.


SPIEGEL: Vous êtes dirigeant d'une entreprise électrique de métier. Qu'est-ce qui vous a poussé vers la climatologie ?


Vahrenholt:  De par mon expérience d'expert en énergie, j'ai appris que le GIEC est plus une corporation politique que scientifique. En tant que rapporteur sur les énergies renouvelables, j'ai été témoin de la fragilité factuelle des prédictions faites par le GIEC. Il y a eu un cas où un absurde activiste de Greenpeace déclare d'emblée que 80% de l'apport mondial en énergie pourrait bientôt provenir de sources renouvelables. Cela m'a incité à examiner le rapport du GIEC plus attentivement.


SPIEGEL: Et quelle a été votre conclusion ?


Vahrenholt: La version longue du rapport du GIEC mentionne des causes naturelles pour le changement climatique, comme le soleil et l'oscillation des courants océaniques. Mais elles n'apparaissent plus dans le résumé donné aux hommes politiques. Ils ont été carrément supprimés. Au jour d'aujourd'hui, de nombreux preneurs de décision ne savent pas que de nouvelles études ont sérieusement remis en question la prédominance du CO2. Le CO2 seul n'entraînera pas de réchauffement supérieur à 2 degrés Celsius d'ici la fin du siècle. C'est avec l'aide d'effets amplificateurs supposés, spécialement la vapeur d'eau, que les ordinateurs en arrivent à un accroissement drastique de température. Je dis que le réchauffement climatique restera inférieur à 2 degrés d'ici la fin du siècle. C'est un message éminemment politique, mais c'est aussi une bonne nouvelle.


SPIEGEL: Vous faites des déclarations concrètes sur la part de la contribution de l'activité humaine aux événements climatiques et la part jouée par les facteurs naturels. Pourquoi ne publiez-vous pas vos pronostics dans une revue professionnelle ?


Vahrenholt: Parce que je ne me lance pas dans une recherche climatique personnelle. Par ailleurs, je ne possède pas de superordinateur dans mon sous-sol. Mon co-auteur, le géologue Sébastien Lüning et moi-même résumons en grande partie ce que des scientifiques ont publié dans des journaux professionnels – comme l'a fait le GIEC. Le livre est également une plate forme pour des scientifiques qui appliquent de bons arguments divergeant des visions du GIEC. Les modèles climatiques établis ont échoué parce qu'ils ne peuvent expliquer de manière convaincante l'absence de réchauffement. 

SPIEGEL: Vous déclarez que le soleil a un rôle à jouer dans le processus. Qu'est-ce qui vous en rend sûr ?


 Vahrenholt: En termes de climat, nous avons vu des cycles de montée et de descente pendant 7000 ans, longtemps avant que l'homme ait commencé à émettre du CO2 dans l'atmosphère. Il y a eu une phase de réchauffement tous les 1000 ans, incluant les périodes chaudes romaine, médiévale et actuelle. Toutes ces périodes chaudes ont invariablement coïncidé avec une forte activité solaire. En plus de cette grande fluctuation d'activité, il y a aussi des cycles naturels  de 210 ans et de 87 ans pour le soleil. Les ignorer serait faire une grosse erreur...


SPIEGEL: …Mais les chercheurs dans le domaine solaire sont toujours en désaccord sur l'existence réelle de ces cycles que vous mentionnez. Que pensez-vous de la signification de ceci pour l'avenir ?


Vahrenholt: Au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle, le soleil a été plus actif qu'il ne l'a jamais été en plus de 2000 ans. Ce ''grand maximum solaire'', comme le nomment les astronomes, a contribué au moins autant au réchauffement climatique que le gaz CO2 à effet de serre. Mais le soleil a commencé à s'affaiblir en 2005, et il continuera ainsi dans les quelques prochaines décennies. Par conséquent, nous ne pouvons nous attendre aujourd'hui qu'à un refroidissement de la part du soleil.


SPIEGEL: Il est indiscutable que les fluctuations de l'activité solaire peuvent influencer le climat. La plupart des experts supposent qu'un inhabituel long minimum solaire, prouvé par le très petit nombre de taches à l'époque, a conduit au ''petit âge glaciaire'' qui a débuté en 1645. Il y a eu de nombreux hivers sévères à l'époque, avec des fleuves complètement gelés. Les astrophysiciens ne savent pourtant pas jusqu'à quel degré les fluctuations solaires affectent les températures.


Vahrenholt: De nombreux scientifiques supposent que les températures changent de plus d'1 degré Celsius pendant un cycle de 1000 ans et de 0,7°C pour les cycles plus courts. Les climatologues devraient déployer un bien plus grand effort pour trouver des moyens plus justes de détermination des effets du soleil sur le climat. Pour le GIEC et les hommes politiques influencés par lui, le CO2 est pratiquement le seul facteur. L'importance du soleil pour le climat est systématiquement sous-estimée et celle du CO2 est systématiquement surestimée. Ce qui fait que toutes les prédictions climatiques sont basées sur des faits inhérents inexacts.


SPIEGEL: Mais vous faites exactement ce que vous reprochez aux climatologues : à l'aide de minces données, vous faites des prédictions précises. Dans votre livre, vous estimez que l'influence solaire sur le climat va l'abaisser de 0,1 degré. Personne ne peut faire cela.


SOURCE
Traduit par Hélios

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