jeudi 9 février 2012

Japon, 9 février 2012

Un petit bout traduit hier soir, la suite à mon retour du marché (j'en claque des dents d'avance, ici il fait -5° à 7h)

Deux bombardiers russes inspectent le Japon

Je n'ai pas d'autre information là-dessus pour l'instant, mais c'est ce qui est apparu à TBS News Japon (8 février) :
Le ministère de la défense a annoncé que deux avions bombardiers russes ont volé dans le périmètre aérien du Japon.

Les deux bombardiers étaient des Tu-95 (Tupolev?). Le 8 février de 9h du matin à 9h du soir, ils ont survolé le nord du pays au large de la préfecture de Shimane en longeant la côte, sont passés par les territoires du nord (les îles Kouriles) et sont redescendus vers la péninsule de Boso sur l'océan Pacifique ; ils ont répété ce parcours un certain nombre de fois.

Les forces d'auto-défense aériennes ont répondu en envoyant rapidement leurs avions de chasse vers les forces de défense aérienne de l'ouest, du centre et du nord.

Cela couvre environ 70% du Japon. On dirait qu'ils testent la réponse. La Guerre Froide est-elle de retour ?


Agriculture radioactive : un comité agricole de Date oblige les agriculteurs à cultiver la terre, ou sinon...
Date dans la préfecture de Fukushima se situe dans le tiers du milieu de la préfecture et est très irradié. Les terres agricoles sont si contaminées que si les producteurs de riz doivent avoir défense de faire pousser du riz dans les zones qui ont produit l'année dernière du riz contenant plus de 100 becquerels/kg de césium, cette année presque 64% des rizières de Date ne peuvent être cultivées.


Que fait alors la cité ? Elle oblige les agriculteurs à cultiver la terre, ou la terre sera considérée comme ''abandonnée''. La ville menace les agriculteurs qui n'ont pas planté l'année dernière de cultiver cette année s'ils veulent garder le statut d'agriculteurs.


Le Tokyo Shinbun raconte quelque chose que je n'avais encore vu nulle part ailleurs.

Tokyo Shinbun (8 février) :



Des matériaux radioactifs dépassant la norme ont été découverts dans du riz récolté à Date l'année dernière. Mais le comité agricole de la ville a envoyé des notes aux agriculteurs qui n'ont pas cultivé l'année dernière à cause de la contamination du sol et par peur de l'exposition aux radiations, et leur a dit que leur terre seront considérées comme abandonnées. Le comité demande aux agriculteurs de labourer, parce que leur terrains ne seront plus reconnus comme terres agricoles. L'un des agriculteurs, Hiroshi Ono (51 ans) de Date, est abasourdi. ''Si je laboure, je vais mélanger les matériaux radioactifs du sol.''

Les comités agricoles des municipalités font des expertises annuelles des terres agricoles abandonnées, selon la loi agricole sur les terres. Dès que les agriculteurs reçoivent la note, leur terre est considérée comme abandonnée, et les propriétaires sont interdiction d'acquérir d'autres terres. Cette fois-ci, le comité agricole de Date a émis environ 200 notes de ce type.

Ono cultive du riz et du blé sur son terrain de 2000 m². Les céréales sont pour la plupart destinées à sa consommation personnelle, mais il en vend une partie. Il cultive du riz bio avec sa propre méthode de suppression des mauvaises herbes par semis de seigle à l'automne qu'il coupe quand la saison du riz arrive.

Après l'accident nucléaire de mars, sa terre était très irradiée, 3 microsieverts/heure. L'irradiation annuelle cumulée dépasserait 20 millisieverts, niveau auquel le gouvernement national obligerait à évacuer. ''Même si je cultive, les céréales ne seront pas comestibles.'' Il n'a pas planté de riz l'année dernière. Comme il y avait un problème d'exposition aux radiations internes par inhalation de poussière, il n'a même pas récolté le seigle et le blé et n'a rien fait de sa terre. ''Si une décontamination était possible, j'aurais cultivé des céréales. Cela ne veut pas dire que j'ai abandonné.'' Ono a demandé au comité agricole d'annuler la note, mais le comité a refusé.

Il existe une clause dans la loi agricole qui dit que la terre n'est pas considérée comme abandonnée lors d'une catastrophe. Les gens chargés de cette affaire au ministère de l'agriculture disent ''Il  appartient en dernier recours à chaque comité agricole, généralement parlant, concernant l'irradiation de Fukushima après l'accident nucléaire de décider si elle peut être considérée comme une catastrophe.

Cependant, le refrain du comité agricole de Date est que le comité ''ne fera aucune dérogation pour le problème des radiations sauf s'il y a un point chaud''. Pendant ce temps, la ville de Date ne fait pas encore l'objet d'un plan de décontamination des terres agricoles.

Ono montre son impuissance en disant, ''Si je laboure, les matériaux radioactifs seront mélangés et tout ce que je peux faire est d'attendre qu'ils disparaissent naturellement. La demi-vie du césium est de 30 ans. Que vais-je faire ?''

Restriction de culture en raison de l'accident nucléaire : l'année dernière, le ministère de l'agriculture a restreint la culture du riz dans les zones d'évacuation et celles où on a trouvé 5000 becquerels/kg de césium dans le sol. La culture n'était pas restreinte à Date, mais dans les zones proches des zones radioactives dépassant la limite provisionnelle (500 becquerels/kg) on trouvait du riz. La limite nationale va être abaissée à 100 becquerels/kg et le ministère envisage de restreindre la culture à nouveau cette année. Il existe plusieurs méthodes proposées pour décontaminer les terres, y compris un enfouissement profond de la terre de surface. Mais en fin de compte, il reviendra aux municipalités de décider des méthodes de décontamination.

C'est totalement ridicule. C'est aux bureaucrates des gouvernements locaux qu'il incombe de décider comment ''décontaminer'', et qui fera la décontamination (c'est à dire les agriculteurs eux-mêmes), et les obliger à cultiver des céréales, menaçant les agriculteurs qu'à moins de labourer, leur terre est considérée comme abandonnée et qu'ils ne peuvent acquérir de nouvelles terres à l'avenir est une hérésie.
C'est un système pour punir des agriculteurs comme M. Ono, qui a sagement évité de perturber la terre contaminée l'année dernière et n'a pas cultivé comme les autres.


Je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer.

Une contamination radioactive se produit déjà dans la baie de Tokyo


Asahi Shinbun, 8 février :



Une étude de l'université de Kinki a révélé que du césium radioactif a atteint une profondeur de 20 cm dans la boue marine de la baie de Tokyo. Plus de 90% de césium radioactif se situe dans les 5 premiers centimètres de la terre de surface des sols, mais sur le fond de l'océan il y a des endroits où le sol plus en profondeur contient plus de césium.

Ce sont peut-être les déjections des organismes de la boue qui mangent la boue contenant le césium. Le Pr Hideo Yamazaki (analyste de l'environnement) dit, ''C'est une bonne chose que le césium radioactif soit enterré profondément rapidement, si on considère l'impact sur la contamination marine.''


Le Pr Yamazaki a collecté en août dernier de la boue du plancher océanique à 4 endroits près de l'embouchure de la rivière Arakawa qui coule à Tokyo. Du césium radioactif a été décelé dans la boue à 24-26 cm de profondeur. A d'autres endroits, la plus forte concentration en césium a été trouvée entre 12 et 14 cm de profondeur. On pense que le césium provient de la centrale de Fukushima.

Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose.


L'article de l'Asahi, du fait que la version complète n'est disponible qu'à ceux qui souscrivent, ne mentionne pas la densité du césium radioactif. Mais le Pr Yamazaki est apparu dans un documentaire de la NHK sur la contamination marine (diffusé le 15 janvier), et dans ce documentaire la boue collectée de l'embouchure de la rivière Arakawa donnait 872 becquerels/kg de césium radioactif. (j'écrirai quelque chose sur le documentaire de NHK plus tard)

5 commentaires:

  1. "On dirait qu'ils testent la réponse."

    Peut etre?Ils on surement du se dire " Si le gouvernement Japonnais est aussi con pour defendre son territoire que pour proteger sa population du nucleaire, on va pouvoir l'envahir avec 2 bombardiers!"
    test échoué! :-/

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  2. Bonjour,

    Ce qui me paraît étrange, c'est que les Russes utilisent des bombardiers pour faire un simple "vol de reconnaissance" et non des chasseurs ou de ces petits avions espions qu'ils ont.
    Soit il y a une volonté d'intimidation du Japon, mais pour quelles raisons ?
    Soit il se préparent à une action d'envergure en cas de nouveau problème majeur dû à un gros séisme ou, simplement, aux conséquences réelles de la situation actuelle de la centrale de Fukushima.
    Qu'en pensez-vous ?

    Bernard

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    1. Bonjour Bernard,
      Des bombardiers russes avaient déjà survolé le Japon en septembre 2011, je ne connais pas la suite diplomatique de l'affaire.
      Mais à mon humble avis, ils font des relevés de radioactivité, car ils doivent bien savoir que la centrale n'est pas vraiment en arrêt à froid comme annoncé par le gouvernement et TEPCO.
      D'autant que le réacteur 5 chaufferait un peu, toutefois dans des limites raisonnables.

      Quel merdier !

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  3. Il faut aussi des Gros Porteurs pour transporter du Gros matériel d'observation, d'écoutes, radars , scanners ... ! Photographies grande résolution ...

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    1. C'est pas drône votre explication, ça-te-litele au plancher... des vaches !

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