mercredi 8 février 2012

Japon, 8 février 2012

Ultraman est revenu, il avait un gros rhume. 
D'autres infos à venir que celles ci-dessous...Je traduis.

1,37 millions de becquerels/kg de césium radioactif dans des déjections de vers de terre à Fukushima

Il y a eu quelques infos qui ont circulé dans le Mainichi Shinbun disant qu'on avait trouvé 20.000 becquerels/kg de césium radioactif dans des vers de terre ramassés à Kawauchi-mura, préfecture de Fukushima (à 20 km de la centrale). Les quantités variaient entre 20.000 et 290 becquerels/kg et des chercheurs pensaient qu'on pouvait l'attribuer aux variations des radiations de l'air.

Mais en lisant le blog du Pr Bin Mori, j'ai découvert qu'il avait trouvé 1,37 millions de becquerels/kg de césium dans les déjections de vers de terre récoltées dans le district de Watari où on avait trouvé du riz dépassant la norme de sécurité.


Du blog du Pr Mori (6 février) :

Toutes les créatures de Dieu, petites et grandes, ont été contaminées par les radiations (argent et césium radioactifs dans les vers de terre).
J'ai récolté plusieurs vers de terre d'environ 5 cm de long dans le district de Watari de la ville de Fukushima, à environ 60 km de la centrale. Les vers étant en contact direct du sol, j'ai supposé qu'ils seraient fortement contaminés.

Selon les vers la quantité de césium-137 était variable, et je me demandais pourquoi jusqu'à ce que je découvre que ceux qui avaient encore en eux de la terre étaient plus contaminés que les autres.
La terre de déjection était très fortement contaminée et en analysant la terre (venant de la boue d'un fossé) où j'avais trouvé les vers, j'ai noté que le niveau de radiations à 1 cm du sol était de 13,31 microsieverts/h.


Les vers ne concentrent pas dans les mêmes proportions le césium et l'argent.
Chez les vers de terre, l'argent radioactif tend à se concentrer davantage que le césium. Il y avait 16,8 fois plus de césium dans les déjections du ver que dans la terre d'où il venait. L'argent était en dessous du seuil de détection (dans les déjections).

Des nouilles et pizzas radioactives venant de cendres radioactives venant de bois radioactif de Fukushima

La portée des radiations est vraiment importante. Okinawa est aussi loin que possible de la centrale de Fukushima et il n'y a presque pas eu de retombées radioactives. Peut-être à cause de cela, les entreprises d'Okinawa ne semblent pas trop concernées par la contamination radioactive des marchandises.

Voici un exemple de quelques restaurants d'Okinawa qui ont acheté du bois en provenance de tous les endroits de la préfecture de Fukushima via un distributeur de la préfecture de Gifu qui pensait vraiment pouvoir se le permettre ; l'un des restaurants faisait les traditionnelles ''Okinawa Soba'' (des nouilles) en utilisant le charbon de bois d'un bois radioactif et il a déjà servi des nouilles à ses clients.


(Pour vous informer sur les nouilles japonaises, allez ici :
http://www.histoiredepates.net/html/les_pates_japonaises.html)


Comme d'habitude, le refrain familier des officiels du gouvernement : ''Il n'y a pas d'effet sur la santé.'' Ils auraient pu ajouter aussi ''Gardez le sourire''.

 Du Okinawa Times (8 février) :

La préfecture a annoncé le 7 février que 4 restaurants d'Okinawa avaient utilisé du bois de la préfecture de Fukushima, et dans l'un des restaurants on a détecté un maximum de 468 becquerels/kg de césium radioactif dans le bois, ce qui est 11 fois le niveau limite national pour du bois (40 becquerels/kg). Dans un autre restaurant, 39.960 becquerels/kg de césium ont été détectés dans les cendres de bois, ce qui est 5 fois la limite de sécurité qui est de 8000 becquerels/kg. Le gouvernement préfectoral d'Okinawa dit, ''Aussi bien pour les consommateurs que les employés de ces restaurants, il n'y a pas d'effet sur la santé à ces niveaux-là''.
Le distributeur qui a vendu le bois à Okinawa dit, ''Nous avons lavé le bois avec un laveur à pression et il a passé le test fait par Motosu. Nous pensions donc qu'il était OK.'' Le distributeur rappellera le bois en question.

Les restaurants qui ont utilisé le bois de Fukushima étaient 3 restaurants qui offrent des pizzas cuites au four et une boutique de nouilles offrant des nouilles ''Okinawa Soba''. On a détecté dans le bois et les cendres des deux restaurants du césium radioactif dépassant la norme de sécurité.


La boutique de nouilles a récupéré les cendres (le charbon de bois?) en brûlant le bois provenant d'un restaurant où du césium radioactif dépassant la limite avait été détecté. Une partie des nouilles avait déjà été servie aux clients. Selon le test fait par le gouvernement préfectoral, 258 becquerels/kg de césium ont été détectés dans les nouilles (norme = 500 becquerels/kg) et entre 1260 et 8060 becquerels/kg ont été détectés dans les cendres. Sur les 3 échantillons de cendres, l'un dépassait la limite de sécurité (de 8000 becquerels/kg).

Les tests au restaurant restant et chez l'expéditeur sont en cours et le résultat sera publié dans deux ou trois jours.
Le gouvernement préfectoral d'Okinawa souligne que la directive nationale qui dit que moins de 2% de césium radioactif du bois sera transféré dans la nourriture cuisinée avec et dit ''Même avec un maximum de 486 becquerels/kg, seulement 9 becquerels seront transférés à la nourriture et il n'y a pas d'effet sur la santé même en ingérant cette nourriture.'' Le gouvernement préfectoral dit aussi qu'il n'y a pas d'effet sur les employés qui cuisinent avec le bois, parce qu'ils ne seront pas tout le temps en contact du bois, et la période de temps pendant laquelle ils sont exposés est brève.

Le distributeur de la préfecture de Gifu a vendu à Okinawa 15,7 tonnes de bois provenant de la préfecture de Fukushima. 8,4 tonnes de ce bois ont été vendues aux restaurants. Les 7,3 tonnes restantes sont stockées dans un conteneur près du port de Naha. 0,7 tonne du bois vendu aux restaurants n'a pas servi et l'expéditeur de la préfecture le collectera et l'emportera, avec ce qu'il reste du conteneur, le ramènera à Fukushima via Osaka le 8 février.
Si on brûle du bois avec 468 becquerels/kg de césium radioactif, il en résultera dans les cendres 85.176 becquerels/kg de césium (468 x 182). Même avec la norme laxiste du ministère de l'environnement, on ne pourrait pas enfouir ces cendres dans une décharge habituelle, pas besoin de préciser que dans le jardin non plus. Vous ne voudriez sûrement pas les utiliser dans vos nouilles, parce que la proportion transférée des cendres aux nouilles semble plutôt élevée à partir de l'exemple de l'article. 

Le bœuf radioactif et le terreau de feuilles radioactif ont déjà atteint Okinawa et j'ai entendu que les légumes de Kanto et Tohoku sont vendus librement à Okinawa.


Le gouvernement national, comme l'année dernière, veut toujours faire quelque chose pour aider les producteurs de Fukushima qui ont souffert de ''rumeurs sans fondement'' nommées matériaux radioactifs.

De l'eau d'une canalisation souterraine déborde de la cuve temporaire

Vers la fin de la conférence de presse matinale de TEPCO le 8 février, la personne chargée des relations publiques chez TEPCO a mentionné que l'eau provenant de la canalisation souterraine du réacteur 2 qui est stockée dans une cuve temporaire, débordait.

''OK, plus de questions ?...Bien alors nous avons une dernière annonce pour vous...''


Selon TEPCO :

  • TEPCO  a fait des expériences de nettoyage de l'eau d'une fosse souterraine.
  • L'eau de la fosse souterraine du réacteur 2 est pompée dans un réservoir temporaire qui possède un appareillage submergé pour décontaminer l'eau.
  • A 9h40 le 8 février on a trouvé de l'eau qui débordait du réservoir.
  • La pompe a été stoppée, le débordement s'est ensuite arrêté.
  • Pas encore d'informations sur la quantité d'eau qui aurait fui, sur la densité des matériaux radioactifs dans l'eau ni si la fuite d'eau est partie dans l'océan.
  • Plus de détails dans la conférence de presse du soir.
Pour l'instant, la température du fond du RPV du réacteur 2 descend graduellement
Après injection de la plus grande quantité d'eau depuis le 11 mars 2011, la température au fond du RPV est passée de 72,2°C le 7 février à 5h à 66,7°C le 8 février à la même heure.


Selon l'article pour la presse de TEPCO du 7 février, TEPCO a injecté de l'eau au rythme de 13,5 m3 par heure dans le RPV du réacteur 2 :

  • La quantité d'eau du système d'injection au cœur a été passée de 3,7 m3 par heure à 6,7 m3 à 4h24 le 7 février.

  • La quantité d'injection de l'alimentation continue en eau est de 6,8 m3 à l'heure.

  • Le 1er février, la quantité d'eau totale d'eau injectée au réacteur 2 a été de 9 m3 à l'heure.
En passant, le Mainichi Shinbun a rapporté le 7 février que la marge d'erreur des thermomètres du RPV peut être de 20°C.
Les thermomètres ont montré un maximum de 20°C d'erreur après l'accident du 11 mars. Comme la définition d'un état d'arrêt à froid est ''garder la température du fond du RPV à 100°C ou moins'', la régulation de sécurité de TEPCO spécifie que les municipalités locales doivent être notifiées quand la température dépasse 80°C étant donnée la marge d'erreur. Matsumoto de chez TEPCO a dit à la conférence de presse du 6 février, ''le réacteur est suffisamment refroidi, et il n'y a pas besoin de réviser le jugement de l'état d'arrêt à froid.''
Donc, la température actuelle de 66,7 pourrait aussi bien être de 46,7 ou de 86,7. C'est réconfortant.

Le toujours peu curieux TEPCO et l'agence de la NISA qui supervise, injectent simplement plus d'eau dans le RPV, au lieu de se demander ce qui peut causer l'augmentation de la température.


Un Tokyo ''de secours'' (capitale du Japon) va être envisagé quelque part au Japon pour préserver les fonctions du gouvernement en cas de catastrophe
Les lieux déjà en lice pour une position de favori afin de devenir une capitale de sauvegarde incluent Hokkaido, Osaka et Fukuoka.

Ils y reviennent, cherchant un autre boum de construction dans le pays des séismes, tsunamis et accidents nucléaires.

Du Jiji Tsushin (8 février) :

Le parti démocratique du Japon envisage la sauvegarde des fonctions de la capitale

Le parti démocratique japonais tiendra la 10 février son premier meeting sur ''le groupe de travail pour la sauvegarde des fonctions principales de la capitale'' (dirigé par Sumio Mabuchi, ancien ministre du territoire, de l'infrastructure et des transports). C'est en vue de préparer la possibilité que Tokyo soit dévastée par un séisme dont l'épicentre serait sur la ville. L'attention sera portée sur la nomination d'un lieu pour déménager temporairement la résidence officielle du premier ministre et les ministères du gouvernement central. Le groupe soumettra un rapport au gouvernement fin mars.

Un comité d'experts du ministère du territoire a démarré une discussion sur les fonctions de sauvegarde de la capitale fin décembre, à la lumière du séisme/tsunami du 11 mars. Le comité dit qu'il ne spécifiera pas un lieu [vers lequel les fonctions seront déménagées], mais des campagnes animées pour devenir une capitale de secours ont déjà démarré pour les lieux comme Hokkaido, Osaka, et Fukuoka.
Bon, même après l'accident de la centrale, ils ne disent toujours pas (ou ne le peuvent pas) qu'ils envisagent une catastrophe nucléaire potentielle s'ils programment une capitale de secours. S'ils l'envisagent, il est possible qu'il n'y ait nulle part au Japon qui soit adéquat.

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