dimanche 5 février 2012

Japon, 5 février 2012

Ultraman a diffusé la vidéo sur le recensement effrayant des séismes japonais, que j'ai posté hier soir (Ayumi l'a postée aussi sur son blog japonais). Voici la suite des infos :

The Independant britannique : ''La population d'oiseaux s'effondre autour de la centrale de Fukushima'', selon un chercheur américain

David Mc Neill de l'Independant rapporte qu'un groupe de chercheurs internationaux (US, Danemark et Japon) est sur le point de publier la semaine prochaine dans un magazine scientifique ses découvertes sur la préfecture de Fukushima, que ''les populations d'oiseaux ont commencé à décliner'' et que ''l'effet est bien pire dans la zone de la catastrophe''.

Une chose drôle est que le NHK japonais vient de rapporter que ce groupe de chercheurs VA ÉTUDIER l'effet de l'irradiation sur les espèces d'oiseaux de Fukushima dès le début du mois de MAI.


D'abord, l'Independant (3 février) :

Des chercheurs qui travaillent autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi disent que la population d'oiseaux a commencé à y diminuer, ce qui peut s'avérer être un effrayant signe annonciateur de l'impact des retombées radioactives sur la vie locale.
Dans l'une des toutes premières études majeures de l'impact de la pire crise nucléaire en 25 ans, des chercheurs, du Japon, des US et du Danemark, ont déclaré que l'analyse de 14 espèces d'oiseaux communes à Fukushima et Tchernobyl a montré que l'effet sur leur population est pire dans la zone de la catastrophe.

L'étude, qui sera publiée la semaine prochaine dans le journal Pollution de l'Environnement, suggère que la démonstration est faite ''d'une conséquence négative immédiate de l'irradiation des oiseaux pendant la saison principale de reproduction entre mars et juillet.''


Deux des auteurs de l'étude ont passé des années à travailler dans la zone de 2850 m² irradiée autour de la centrale à un seul réacteur de Tchernobyl, qui a explosé en 1986 et recouvert une bonne partie de l'Europe de césium, strontium, plutonium et autres toxines radioactives. Un quart de siècle plus tard, la région est presque vidée de sa population.


Timothy Mousseau et Anders Pape Moller disent que leur recherche a dévoilé des effets négatifs majeurs sur la population d'oiseaux, y compris une diminution de la longévité et de la fertilité des mâles, et des oiseaux avec des cerveaux plus petits.


De nombreuses espèces montrent des taux de mutation de l'ADN ''dramatiquement'' élevés, des anomalies de développement et beaucoup de morts, ajoutent-ils, et par ailleurs la population d'insectes a été réduite de manière significative.
 Maintenant, à propos du Pr Timothy Mousseau, NHK a transmis hier  les infos hier. Tweets de Jun Hori de NHK :


Une équipe de recherche des US commencera une étude en mai cette année sur l'effet des matériaux radioactifs libérés par l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima sur les animaux vivant dans les zones environnantes.

Un groupe est dirigé par le Pr Timothy Mousseau de l'université de Caroline du sud aux US. Le Pr Mousseau et son groupe ont étudié l'effet des matériaux radioactifs provenant de l'accident de la centrale de Tchernobyl sur les oiseaux, insectes et plantes des régions environnantes pendant plus de 13 ans.

Selon les résultats de l'étude, même la population de gens décroît et des anomalies ont été observées chez les oiseaux, insectes et autres formes de vie même dans les zones à faible irradiation (entre 1 et 3 microsieverts/heure).


En étudiant les oiseaux, insectes et autres formes de vie pendant une longue période, le Pr Mousseau pense que l'effet d'une irradiation de faible niveau peuvent se révéler à la suite de l'accident de Fukushima. Il dit qu'il aimerait faire une recherche à long terme avec l'aide de chercheurs japonais.
Pour préparer cette recherche, le Pr Mousseau a prévu de visiter Fukushima à la mi-février. Il dit, ''L'alternance des générations est beaucoup plus rapide chez les oiseaux que chez les humains, nous pouvons donc étudier l'effet de l'irradiation sur les gènes. Cela fournira un indice vital sur les effets concernant les humains.''

Les tweets de Hori et NHK News ne mentionnent rien sur le groupe du Pr Mousseau qui a déjà étudié le sujet l'année dernière et qui est sur le point de publier un article. Les infos sont présentées comme s'ils allaient démarrer une étude en mai.


L'article du NHK a fortement irrité des chercheurs japonais comme le Pr Bin Mori (qui a étudié les araignées et les lézards de Fukushima après l'accident et publié ses résultats sur son blog, demandant à d'autres biologistes de prendre la suite). Si l'article de l'Independant est correct (ce qu'il semble, si le professeur publie son article la semaine prochaine), des chercheurs internationaux ont étudié l'effet d'une faible irradiation sur les oiseaux de Fukushima l'année dernière alors que le gouvernement japonais faisait (et fait toujours) passer fortement l'idée qu'il n'y aurait pas d'effet négatif sur la santé par les radiations à faible dose.

C'est un peu similaire au cas du partage de données de SPEEDI. Alors que le gouvernement japonais n'arrêtait pas de dire aux citoyens que le système SPEEDI ne fonctionnait pas, les données de simulation étaient envoyées aux militaires américains.


Mais alors, dans le cas du partage des infos de SPEEDI, les militaires US en savaient assez pour demander des informations, donc elles leur ont été données. Aucun homme politique de l'administration Kan ne s'est intéressé à les demander (même si l'utilisation de SPEEDI était spécifiée dans le manuel de réponse aux catastrophes qui avait été créé par le gouvernement), elles n'ont pas été données. C'est peut-être la même chose ici ; le Pr Mousseau a demandé à faire l'étude, il y a donc été autorisé. 


Presque aucun biologiste japonais n'a demandé, ou ne s'est embêté à aller à Fukushima (sauf le Pr Mori), et l'opportunité de collecter des informations de première main a été perdue.

Cela devrait irriter encore plus le Pr Mori...


Des producteurs de tabac de Fukushima ont obtenu un contrat avec Japan Tobacco pour la récolte 2012

494 producteurs de feuilles de tabac de Fukushima cultiveront du tabac cette année et le vendront à Japan Tobacco (JT), qui a le monopole au Japon (50% des parts appartiennent au ministère des finances) et est le 3ème plus gros fabricant de tabac et cigarettes au monde, pas loin de British American Tobacco.


Saviez-vous qu'il n'y a aucune norme de sécurité nationale pour les matériaux radioactifs dans le tabac ?

De KFB Fukushima Broadcasting Co (5 février) :

Après l'accident de la centrale l'année dernière, l'union des producteurs de tabac de la préfecture de Fukushima a laissé tomber la culture du tabac. Pour la prochaine saison 2012, 494 producteurs des  régions du centre, du sud et d'Aizu dans la préfecture de Fukushima vont reprendre la culture sur 474 hectares.

L'union des producteurs et JT ont signé le 4 février un accord pour la vente des récoltes.

Les taux de sécurité nationale pour les matériaux radioactifs ne s'appliquent pas aux feuilles de tabac. JT possède ses propres taux provisionnels de sécurité (500 becquerels/kg de césium radioactif, 2000 becquerels/kg d'iode radioactif).

Selon l'union, 167 producteurs (136 hectares) dans la zone interdite et la zone planifiée d'évacuation continueront de s'abstenir de planter, ainsi que 15 producteurs (12 hectares) dans les zones à forte radioactivité du sol, ce qui pourrait entraîner un dépassement des limites de sécurité pour JT.

En passant, JT va commencer à vendre les cigarettes faites avec la récolte 2011. Même si les producteurs de Fukushima n'ont pas cultivé de tabac l'année dernière, les producteurs des autres préfectures l'ont fait, et la récolte était radioactive. JT ne se soucie pas si c'est bien en dessous de 500 becquerels/kg de césium. Le taux le plus élevé détecté était de 217 becquerels/kg dans des feuilles récoltées dans la préfecture d'Ibaraki, selon les données de mesure de JT sur des feuilles séchées. JT a rassuré les consommateurs sur ces feuilles qui seront utilisées dans leurs cigarettes, parce que les taux de césium étaient dans les limites de sécurité de JT.


Donc, pour un plus grand plaisir, cherchez les cigarettes de la marque JT qui arriveront en avril. Assurez-vous de ne pas exhaler malgré tout, car les gens autour de vous peuvent ne pas vouloir inhaler ce que vous exhaler.


Réacteur 2 de la centrale de Fukushima : la température s'est élevée au fond du RPV

Autant pour ''l'arrêt à froid'' et ''la fin de l'accident''. Le réacteur n'a peut-être pas aimé l'endoscopie faite en janvier...

 
De FNN News (5 février) :

La température du RPV du réacteur 2 s'est élevée depuis le 2 février. TEPCO va augmenter la quantité d'eau injectée dans le réacteur pour voir si cela la diminue.

La température au fond du RPV du réacteur 2 était d'environ 52°C le 2 février, mais elle a continué à augmenter. À 5h du matin le 5 février, elle était de 67,4°C, une augmentation de 15 degrés.

Le 5 février TEPCO a augmenté l'injection d'eau dans le réacteur, il est passé de 8,6 tonnes par heure à 9,6 tonnes pour voir si la température s'abaisse.
TEPCO dit qu'il ne connaît pas la cause d'une augmentation de température, mais dit que cela n'affecte pas ''l'état d'arrêt à froid''.

Selon les dernières paramètres de la centrale données par TEPCO, la température du fond du RPV du réacteur 2 à 11h est de 68,6°C, un peu plus d'un degré supplémentaire depuis 5 h du matin.

 
Au fait, la température du CRD Housing Upper Part (partie supérieure de l'enceinte où se trouvent les barres de contrôle), qui était montée à 142° le 14 janvier, et descendue ensuite à -197° le 19, est maintenant remontée à 124,7°C (''instrument en panne'', selon TEPCO)

Voici ce qu'a dit TEPCO dans son article pour la presse du 4 février :
[unité 2], le 3 février : pour améliorer la fiabilité de l'injection d'eau aux réacteurs, le circuit d'injection qui se connecte à la pompe d'injection du réacteur sur la colline a été remplacé par des tuyaux en polyéthylène et nous avons changé la route d'injection du réacteur en passant progressivement du système d'alimentation en eau à un système de pulvérisation du cœur du réacteur. Après avoir achevé l'ajustement du volume d'eau comme prévu le 2 février, une tendance à une élévation de température a été observée au fond du RPV. Nous avons donc changé la quantité injectée dans le réacteur de l'unité 2 en l'alimentant avec 4,9 m3/h au lieu de 2,9 m3 et pour le système de pulvérisation du cœur du réacteur en passant de 5,8 m3/h à 3,8 m3/h. Quant à l'élévation de température, dans la partie supérieure du fond du RPV, elle est montée à environ 67,2°C au plus fort (à 16h le 4 février), mais actuellement elle est d'environ 65,1°C (à 17 h le 4 février). La tendance semble se stabiliser et nous ferons une surveillance continue.

L'ouvrier qui envoie des tweets depuis la centrale se fait plus de soucis pour le réacteur 2 que pour le réacteur 4.

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