mardi 28 février 2012

Japon, 28 février 2012, suite

À Minami Soma, des écoles rouvrent dans l'ancienne zone prête à l'évacuation

Cette photo qui provient de l'Asahi Shinbun (28 février) montre un écran de contrôle géant pour les radiations dans une cour d'école qui semblerait avoir été ''décontaminée''. 0,227 microsievert/h (mesure probablement faite uniquement sur les rayons gamma), et les enfants qui se sentent libres de courir et soulever la poussière dans la nouvelle cour améliorée...


Ce dispositif de contrôle et d'affichage a été fabriqué par Fuji Electric. Alpha Tsushin (télécom), société qui signa initialement un contrat avec le gouvernement pour construire et installer des contrôleurs de radiations et des dispositifs d'affichage dans la préfecture de Fukushima, a vu son contrat résilié en novembre l'année dernière parce que la lecture de leur dispositif était ''inexacte'' – ce qui veut dire qu'elle était ''trop élevée'' pour le gouvernement.

Les écoles qui ont rouvert à Minami Soma se situent dans le district de Haramachi de Minami Soma, où on a découvert cette ''poussière noire'' à la surface des routes mesurant 1 million de becquerels/kg de césium radioactif.

Il y a de très étranges choses en cours concernant la poussière noire de Minami Soma, et je n'ai pas une vision complète de l'affaire pour l'instant. J'en parlerai quand je comprendrai un peu mieux.

Commission d'Investigation Indépendante sur l'accident de Fukushima : l'interférence du premier ministre Kan et de ses ministres a ajouté à la confusion et aggravé la situation

Une Commission d'Investigation Indépendante, mise en place par une fondation privée appelée Fondation initiative pour la reconstruction du Japon a publié un document sur ses découvertes concernant l'accident de la centrale de Fukushima.

À la différence des commissions d'investigation mises en place par l'administration et la Diète, celle-ci a rassemblé et étudié des informations provenant du public et d'experts.
La commission fera une conférence de presse le 28 février à 15h et discutera de ses découvertes, mais le Jiji Tsushin a fait une présentation des thèmes abordés.

D'après le Jiji Tsushin (28 février) :

De la confusion a été causée par l'interférence du bureau du premier ministre, la réaction en chaîne des ''les doutes qui engendrent des doutes'', voici ce que dit la commission d'investigation privée sur l'accident de la centrale de Fukushima

La ''Commission privée Indépendante d'Investigation sur l'accident de la centrale de Fukushima'' (présidée par Koichi Kitazawa, ancien directeur de l'agence japonaise de sciences et de technologie) a compilé un dossier sur l'accident. Dans ce dossier, la commission souligne que ''l’immixtion du bureau du premier ministre en réponse au tableau de l'accident a causé de la confusion''.

La commission privée a été mise en place en septembre dernier et a auditionné environ 300 personnes y compris le premier ministre d'alors, Naoto Kan et le secrétaire du chef de cabinet Yukio Edano ainsi que d'autres hauts responsables du gouvernement. La commission a enquêté sur la réponse de la résidence officielle du premier ministre et sur celle de la NISA, la manière de divulguer les informations et comment le ''mythe de la sécurité'' a grandi, ce qui a contribué à l'accident.

Le dossier souligne l'interférence directe du bureau du premier ministre dans la réponse à la centrale, engendrant de la confusion. Par exemple, le dossier dit que le premier ministre en personne a contrôlé la taille des batteries qui devaient être apportées à la centrale. D'un autre côté, la commission donne quelque crédit à Kan, car il n'a pas autorisé TEPCO à se retirer complètement de la centrale et a empêché le ''scénario du pire'' où des accidents nucléaires incontrôlés se seraient produit les uns après les autres.

La commission dit qu'elle a demandé à des officiels de TEPCO, y compris le président de l'époque Masataka Shimizu et le gestionnaire Masao Yoshida de parler devant la commission mais cette requête a été refusée par TEPCO.

Dans une rare défense de ma part envers TEPCO, c'est un mensonge propagé par Naoto Kan lui-même que TEPCO voulait abandonner la centrale. Le président de TEPCO voulait protéger les ouvriers qui n'étaient pas directement impliqués dans la réponse à l'urgence nucléaire en les faisant évacuer de la centrale, quand le taux de radiations est monté à de très dangereux niveaux. Dans les premiers jours de la crise, le taux était parfois de centaines de millisieverts par heure à certains endroits.


Le premier ministre Naoto Kan a dit qu'il en connaissait un sacré rayon sur les centrales nucléaires parce qu'il avait eu un diplôme en physique appliqué (plus qu'un ingénieur). Selon le comité d'enquête mis en place par la Diète, Kan a insisté pour être le seul à dire à TEPCO quand faire le dégazage du réacteur 1.

Il a insisté en faisant une visite le matin du 12 mars quand tout le monde à la centrale se bousculait pour comprendre ce qui s'était passé (ou comprendre quoi faire concernant la fusion qui était en cours). Quand il est arrivé, il a hurlé après les gestionnaires de la centrale et après les ouvriers.

J'ai entendu dans le documentaire de la BBC sur Fukushima que Kan est décrit comme ''le leader décisif qui a pris une décision difficile''. Incroyable.

Lui, Edano, et Kaieda auraient dû être les seuls à charrier les tuyaux dans l'obscurité par 100 millisieverts/h de radiations, et non les pompiers de Tokyo, comme vous pouvez le voir dans le clip provenant du documentaire de la BBC '' À l'intérieur du meltdown'' :



(le documentaire complet, 59 mn, se trouve avec ma traduction suivante)

Documentaire de la BBC ''À l'intérieur du meltdown''




(La vidéo de la BBC est évidemment en anglais, pour ceux qui se débrouillent un peu, activez l'affichage des sous-titres en anglais, en appuyant sur le bouton "CC" sous la vidéo.)

Le documentaire inclut des séquences sur les premiers jours de la catastrophe que je n'avais jamais vu avant – une vidéo par une caméra météo quand le tsunami a touché la centrale, une vidéo prise par un ouvrier de la centrale quand il tentait de s'échapper en escaladant la colline.Un fait dont je n'étais pas au courant à l'époque – qu'il y avait des gens à Okuma-machi (où se situe la centrale) le 12 mars quand ils ont fait le dégazage, qui cherchaient les membres de leur famille perdus dans le séisme/tsunami.

Les gens interviewés incluent un employé actuel de TEPCO, un ancien inspecteur de centrales, des agriculteurs, et des pêcheurs de Fuhushima et Naoto Kan, qui était très occupé à raconter son histoire après qu'il ait finalement démissionné, ce qui fait qu'on donne de lui le portrait d'un ''héros'', contrecarré par les intrigues de la bureaucratie.

BBC oblige. Mais c'est quand même un très bon documentaire.

4 commentaires:

  1. Ce qui est sûr c'est que si vous voulez rassurer une population vous allez pas installer un dispositif qui vous donne la réalité.
    On peut être sûr que le dispositif de contrôle et d'affichage fabriqué par Fuji Electric est bidouillé pour donner des valeurs très très rassurante !

    RépondreSupprimer
  2. http://fukushima-diary.com/2012/02/tokyo-is-contaminated-as-the-worst-place-in-chernobyl/

    http://www.wikistrike.com/article-tokyo-est-contaminee-comme-le-pire-endroit-de-tchernobyl-100362987.html

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour,


    Merci.



    USA: l’industrie nucléaire accusée de laxisme par des experts indépendants

    WASHINGTON - Laxiste, l’industrie nucléaire américaine accumule les déficiences qui pourraient avoir des conséquences graves, accuse mardi un groupe indépendant de scientifiques privés, qui juge aussi que la Commission fédérale chargée de réglementer le secteur manque de poigne.

    Dans son rapport, l’Union of Concerned Scientists (UCS) indique que quinze dysfonctionnements et pratiques risquées ont été signalés en 2011 dans 13 des 104 réacteurs nucléaires en service aux Etats-Unis.

    Ce document examine en détail des problèmes graves évités de justesse et évalue la réponse de la Commission américaine de réglementation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission ou NRC).

    Un grand nombre de lacunes significatives de sécurité dans les centrales nucléaires aux Etats-Unis en 2011 se sont produites parce que les propriétaires, mais aussi souvent la NRC, ont soit toléré des problèmes connus ou n’y ont pas répondu de façon adéquate, écrivent les auteurs de ce document de 45 pages.

    Il décrit des inspections spéciales menées par la NRC en réponse à 15 problèmes de sécurité posés par des équipements et des déficiences.

    Aucun de ces 15 problèmes potentiellement graves n’a blessé des employés ou la population mais leur fréquence, de plus d’un par mois, est élevée pour une industrie ayant atteint sa maturité, jugent ces experts.

    Parmi ces incidents, le rapport cite la centrale d’Oconee en Caroline du Sud (sud-est) où les services d’entretien ont découvert en 2011 qu’un système de refroidissement de secours du coeur des réacteurs, installés en 1983, n’aurait jamais fonctionné en cas de nécessité, vu que les coupe-circuits étaient mal réglés.

    L’UCS souligne que cette centrale est identique à celle de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) dont l’un des réacteurs avait subi une fusion partielle en 1979 en raison d’un dysfonctionnement du système de refroidissement.

    Le rapport dénonce également les centrales nucléaires de Braidwood et Byron dans l’Illinois (nord). Le personnel d’entretien avait, depuis 1993, institué une pratique consistant à utiliser l’eau des circuits vitaux de refroidissement des réacteurs pour des pompes auxiliaires.

    Cette pratique visait à ne pas utiliser les eaux non traitées d’un lac afin de réduire la corrosion. Mais en cas d’urgence, le système de refroidissement n’aurait pas pu fonctionner normalement en raison d’un manque d’eau, souligne l’UCS.

    Le bilan 2011 montre que la NRC est tout à fait capable d’être une agence efficace de surveillance qui protège la population et empêche l’industrie nucléaire de céder à ses pires penchants, estime Dave Lochbaum, directeur du projet de sécurité nucléaire à l’UCS et principal auteur du document.

    Mais trop souvent, l’agence n’est pas à la hauteur de son potentiel, estime cet ingénieur nucléaire qui a travaillé 17 ans dans des centrales.

    Il cite de nombreuses défaillances persistantes qui pourraient trop facilement provoquer un grave accident, pointant du doigt le fait que la NRC ait laissé subsister des problèmes pendant plusieurs décennies.

    Le rapport souligne que 47 des 110 réacteurs américains ne se conforment toujours pas aux réglementations anti-incendie établies par la NRC en 1980. La NRC est également consciente que 27 réacteurs restent en service même si leurs systèmes de sécurité ne sont pas conçus pour résister suffisamment à des séismes, selon le rapport.

    Les accidents de Three Mile Island en 1979, de Tchernobyl en 1986 et de Fukushima en 2011 se sont produits quand une poignée de problèmes connus et non-corrigés ont abouti à une catastrophe, a averti Dave Lochbaum, disant craindre que l’industrie nucléaire américaine et la NRC n’aient rien appris de ces accidents et qu’un jour la chance leur fasse défaut.

    Bises, a ce soir, Léa.

    RépondreSupprimer
  4. j'espere qu'arte nous passeras ce reportage, il a l'air trés intéressant !
    mais bon, moi et l'anglais :/

    RépondreSupprimer

Les commentaires à visée publicitaire sont supprimés.