mercredi 15 février 2012

Japon, 15 février 2012

91600 becquerels/Kg de césium radioactif dans les tournesols d'Iitate-mura

Donc les tournesols ont bien concentré le césium radioactif dans le sol. Ce n'était pas ce que le gouvernement japonais voulait que vous découvriez.

Selon un villageois d'Iitate-mura, M. Itoh, qui a vu ses tournesols testés, le césium radioactif se trouvait DANS LES RACINES. Il suspecte le gouvernement de le savoir, et qu'il aurait sélectionné les données qui soutenaient en apparence que c'était couru d'avance que les tournesols ne fonctionnent pas pour décontaminer le sol.

Pourquoi ? Parce que le gouvernement souhaite et a besoin de distribuer beaucoup d'argent aux grosses entreprises qui travaillent étroitement avec le gouvernement dans la bulle de ''décontamination'' qu'ils ont créé.

D'après les tweets de M. Itoh datés du 7 février 2012 :

Racines de tournesol : césium-134, 39.500 becquerels/Kg ; césium-137, 52.100 becquerels/kg ; total 91.600 becquerels/kg. Comme les racines ont été brûlées à basse température, les racines n'ont été réduites qu'à un quart de leur masse, 2.200 grammes de racines ont été brulées, donnant 460 grammes de cendres.
Si elles avaient été brûlées à une plus haute température, la concentration serait peut-être 100 fois plus forte, donnant environ 2 millions de becquerels/kg de césium radioactif, peut-être ? Après avoir puisé dans l'argent des contribuables pour que le ministère fasse des plantations de tournesols dans une zone expérimentale du village, le ministère de l'agriculture a déclaré que les tournesols n'ont aucune propriété de décontamination. C'est parce que cette conclusion était prédéterminée avec une idée en tête. Le test du ministère pour les déchets radioactifs a exclu inexplicablement les ''racines'' de tournesol.
Si les tournesols pouvaient décontaminer, il n'y aurait ni subvention, ni allocation. Par essence, une ''décontamination'' via les travaux publics est le moyen le plus facile de devenir riche rapidement. Même en face de la plus grande catastrophe en 1000 ans, voilà le niveau où opère les bureaucrates et les hommes politiques. Qui a élu ces politiciens ?
M. Itoh sait sans aucun doute que ce sont les japonais qui ont élu ces politiciens et continuent de les élire, mais cela ne veut pas dire que M. Itoh lui-même est complice. Il a pu voter pour chasser ces politiciens de son district, en vain. 


RPV du réacteur 2 : 8 thermocouples sur 41 montrent des anomalies, dit TEPCO

D'après Kyodo News (14 février) :

Alors que la température au fond du RPV du réacteur 2 est montée extrêmement haut, TEPCO a annoncé le 14 février que l'exploitant avait fait des tests sur les 41 thermocouples du RPV, et en avait trouvé 8 qui montraient des anomalies.

En plus du thermocouple qui affichait une température au-dessus de 400 degrés, deux autres thermocouples avaient une résistance électrique anormale. 5 ont été considérés comme détraqués. TEPCO va continuer à surveiller la température du RPV avec les 33 thermocouples restant.

Quant à la requête de la NISA de soumettre un plan pour surveiller les températures aux emplacements où les thermocouples ont eu des problèmes,TEPCO dit, ''Il est difficile de remplacer un thermocouple, mais nous aimerions l'envisager plus tard.''

8 sur 41 montrant des anomalies ? Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai lu dans le rapport de TEPCO en décembre 2011. Aux pages 1 à 64 du rapport il y a une table qui montre les chiffres donnés par les thermocouples des réacteurs 1, 2 et 3 qui ont été évalués avec un circuit équivalent. Dans le cas du RPV du réacteur 1,

  • Nombre de thermocouples qui peuvent être utilisés avec un circuit équivalent : 32
  • Nombre de thermocouples qui ne peuvent être utilisés avec un circuit équivalent : 1
  • Nombre de thermocouples au fonctionnement normal : 2
Donc, autant que je le comprends (corrigez-moi si je me trompe, car je pourrai beaucoup me tromper) un sur 32 thermocouples du RPV du réacteur 1 montre une certaine valeur, et TEPCO le compare avec la valeur d'un circuit équivalent, et considère avec le temps si la valeur montrée par un thermocouple peut être utilisée après étalonnage d'un circuit équivalent.

Le rapport de TEPCO dit que la déviation normale pour les thermocouples du RPV du réacteur 1 est d'environ 15°C, et de 8°C pour ceux du RPV du réacteur 2. Donc la marge de 20°C mentionnée par TEPCO pour maintenir un ''état d'arrêt à froid'', est, je pense, par prudence de 15°C.

Le rapport dit que 14 thermocouples du RPV du réacteur 3 peuvent être utilisés avec un étalonnage de circuit équivalent, alors que 18 ne le peuvent. Il n'y a pas de thermocouple normal sur le RPV du réacteur 3.

Hum, c'est peut-être pour le réacteur 3 que nous devrions être inquiets.


La température du thermocouple du RPV du réacteur 2 (69H1) descend lentement

Cela ne ressemble pas au comportement d'un thermocouple qui a été cassé, mais quoi en dire ?

D'après les paramètres de TEPCO, températures du RPV du réacteur 2, heure par heure (la dernière le 15 février à 10h)


Dans le même temps, la température dans le logement des barres de contrôle (''CRD Housing'') a grimpé à nouveau. Encore une défaillance d'instrument. (ligne marron dans le graphique. 69H1 est en vert clair)

Température du RPV du réacteur 2 d'après TEPCO (15 février) :

Pr Dapeng Zhao de l'université de Tohoku : un séisme dont l'épicentre serait la centrale de Fukushima est possible

D'après le Daily Mail (14 février) :

La centrale nucléaire sinistrée de Fukushima court le sérieux risque d'un nouveau séisme massif, avertissent les scientifiques
Par Damien Gayle

Des scientifiques ont émis un sérieux avertissement concernant le risque d'un nouveau séisme massif à la centrale endommagée de Fukushima.
Une recherche utilisant les données de plus de 6000 récentes secousses a dévoilé que la catastrophe de mars dernier a réactivé une faille sismique pratiquement en dessous de la centrale.

Aujourd'hui les scientifiques disent aux autorités japonaises de consolider en urgence les réacteurs endommagés en prévision de plus graves séismes.
L'épicentre de la secousse du 11 mars se trouvait à environ 185 km du site, au large du Japon, et une secousse plus proche pourrait se produire dans l'avenir à Fukushima.

Dapeng Zhao, professeur de géophysique à l'université japonaise de Tohoku a déclaré : ''Il existe quelques failles actives dans la zone de la centrale nucléaire, et nos résultats montrent l'existence d'anomalies structurales semblables sous les zones d'Iwaki et de Fukushima Daiichi.

Étant donné qu'un gros séisme s'est produit à Iwaki il y a peu de temps, nous pensons qu'il est possible d'en avoir un similaire à Fukushima.

Le 11 avril 2011, le séisme de magnitude 7 à Iwaki a été la plus puissante réplique du séisme du 11 mars avec un épicentre dans les terres.

Il s'est produit à 68 km au sud-ouest de la centrale, à 230 km de l'épicentre du 11 mars.

La recherche, publiée dans le journal de l'union des géosciences européennes, montre que le séisme d'Iwaki a été déclenché par des fluides qui remontent de la plaque de subduction Pacifique vers la croûte terrestre.

La plaque Pacifique se déplace sous le nord-est du Japon, ce qui augmente la température et la pression des minéraux à l'intérieur de cette dernière.
Ceci entraîne une expulsion d'eau des minéraux, générant des fluides qui sont moins denses que les roches environnantes. Ces fluides remontent vers la croûte supérieure et peut affecter les failles sismiques.

Ping Tong, l'auteur principal de l'article a dit : ''Les fluides ascendants peuvent réduire la friction d'une partie de la faille active et donc être le détonateur d'un grand séisme.

Ceci couplé aux variations de tension causées par l'événement du 11 mars, est ce qui a déclenché la secousse d'Iwaki.''

Le nombre de secousses à Iwaki s'est accru grandement après le séisme de mars. Les mouvements de la croûte terrestre induits par l'événement ont entraîné des variations dans la pression sismique ou dans la tension des failles adjacentes.

Autour d'Iwaki, le réseau sismique japonais a enregistré plus de 24.000 secousses entre le 11 mars et le 27 octobre 2011, contre 1300 détectées dans les neuf années précédentes, rapportent les scientifiques.

6000 de ces séismes sélectionnés pour l'étude ont été enregistrés par 132 stations de sismographes japonaises entre juin 2002 et octobre 2011.

Les chercheurs ont analysé ces données pour créer des images de l'intérieur de la Terre, en utilisant une technique appelée tomographie sismique.

Le Pr Zhao a expliqué : ''La méthode est un outil puissant pour cartographier les anomalies de structure, comme les fluides ascendants, dans la croûte terrestre et le manteau supérieur, cela à l'aide des ondes sismiques.''
''On peut le comparer à un scanner, relié à des rayons X pour détecter des tumeurs ou des fractures à l'intérieur du corps humain.''
Alors que les scientifiques ne peuvent prédire quand un séisme surviendra à Fukushima Daiichi, ils déclarent que les fluides ascendants observés dans la zone indiquent qu'un tel événement est probable dans un futur proche.

Ils avertissent qu'il faut prêter plus d'attention à la capacité du site de résister à de forts séismes, et qu'il faut réduire le risque d'une autre catastrophe nucléaire.

Les scientifiques ont aussi que les résultats peuvent être utiles pour revoir la sécurité sismique dans d'autres installations nucléaires au Japon, comme la centrale proche de Fukushima Daini, celle d'Onagawa au nord de Fukushima et celle de Tokai au sud.

L'article du journal de l'union des géosciences européennes est ICI.(en anglais)
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Je vous mets un lien vers un article sur la tomographie sismique. 

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D'autres photos avant-après, onze mois après la catastrophe (Ngiu, tu verras toutes les photos...)

Une photo aussi spectaculaire que les autres :


Préfecture d'Iwate

3 commentaires:

  1. Au chapitre des "bonnes nouvelles", en voici une autre: http://alter-lot.blogspot.com/2012/02/activite-solaire-nucleaire-catastrophe.html

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  2. c'est dément comment ils ont tout nettoyés,
    çà doit être très difficile pour les habitants survivants, de s'y retrouver, de s'y repérer, parfois cela peut tenir juste à un arbre, un arbrisseau, une pierre, là y'a plus rien du tout, à part ses lignes de parking au sol !

    Ca me rappele les corons des mines dans le nord,
    la maison de ma grand tante et tout son quartier ont été rasés, y'a plus rien, on efface ainsi des générations entières en une seule journée, toutes leurs vies, comme s'ils n'avaient pas existé, n'y avaient pas vécu, n'y avaient pas conçu d'enfants, et n'y seraient pas enterrés ! Les mairies sont très rigoureuses, si on oublie les dates, les tombes sont elles aussi très vite dezinguées !
    A la trappe les petits polonais, les italiens, et parfois aussi ses français !
    Que cela soit par des méthodes de catastrophes naturelles, par des lois, ou par cette crise, on desinstrualise à tour de bras ... je m'interroge un peu sur la finalité cachée.

    Bises, Cat

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  3. lire désindustrialise*

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