dimanche 12 février 2012

Japon, 12 février, suite

Voici la suite et fin de la traduction depuis le blog d'Ultraman. Je suis absente une partie de la journée, alors restez bien au chaud. Bonne journée !

TEPCO : envoi à la NRC américaine de la carte de relevés de la centrale de Fukushima de mars 2011

Ce n'est que fin avril que TEPCO a admis l'existence d'une ''carte de relevés'' qui indiquait les taux de radiations dans l'enceinte de la centrale, supposément pour que les ouvriers évitent les débris ''chauds'' autour des bâtiments des réacteurs et des turbines.


Mais Kyodo News dit que TEPCO a commencé à envoyer la carte à la commission de régulation nucléaire américaine plus d'un mois avant qu'il ne rendent la carte publique. Cela signifie que TEPCO a commencé à envoyer la carte à la NRC entre mi-mars et fin mars, pratiquement juste après le début de l'accident du 11 mars.


Qui plus est, la NISA a commencé à recevoir la carte un jour après que TEPCO avait démarré son envoi à la NRC, et l'agence l'a gardé tranquillement jusqu'à ce que TEPCO admette son existence.


Kyodo News (12 février) :

TEPCO  a donné la carte de radiations de la centrale plus d'un mois avant de la rendre publique

Il a été révélé le 11 février que la carte de radiations de l'enceinte de la centrale de Fukushima (''carte de relevés''), que TEPCO n'a rendue publique que fin avril l'année dernière, a été fournie à la NRC américaine plus d'un mois avant. Selon TEPCO, la carte a été envoyée une fois mise à jour. La société a commencé à envoyé le rapport à la NISA un jour après qu'elle ait commencé à fournir les informations à l'agence américaine.

Lors de l'accident, il a été révélé que les données de SPEEDI et les données de simulation de la dispersion des matériaux radioactifs par l'agence de météo japonaise avaient été fournies à l'IAEA plus tôt, mais n'ont été rendues publiques au Japon que beaucoup plus tard.
Le 24 avril, Kyodo News rapportait que TEPCO avait admis l'existence d'une ''carte de relevés''. Si je me souviens bien, TEPCO ne l'a admis qu'une fois la rumeur répandue, qui provenait sans doute d'ouvriers de la centrale, qui disaient qu'une telle carte existait.

Le maire de Futuba-machi le 12 mars lors de l'explosion du réacteur 1 : ''Des matériaux isolants qui tombaient comme de gros flocons de neige. J'ai su que nous étions foutus.''

Le maire Idogawa dit qu'il savait que c'était la fin.


Le journaliste Hiromichi Ugaya a rassemblé le 11 février des conférences de presse faites par le maire de Futuba-machi.

Futuba-machi est l'endroit où se situe la centrale nucléaire (réacteurs 5 et 6). Les fonctions municipales ont été transférées à Kazo dans la préfecture de Saitama, et le maire, demande maintenant que sa ville d'environ 7400 habitants soient déménagée plutôt que ''décontaminée''.

Ugaya dit que le maire a fait trois conférences de presse séparées, une pour la TV, une pour les journaux et une pour les journalistes indépendants. Je n'ai pas approfondi, mais je ne vois aucune couverture sur les sites des grands journaux.

Le maire a dit :

  • Il n'y a pas eu d'instruction par le gouvernement pour où évacuer ou comment évacuer.
  • On n'a pas parlé du dégazage à la ville et il a été effectué alors qu'il y avait encore beaucoup de monde dans la ville.
  • Ce qui semblait être des matériaux isolants de la centrale sont tombés comme des flocons de neige sur eux et il a su qu'ils étaient foutus.
La suite est ma traduction de la plupart des remarques du maire, comme tweeté par Ugaya, qui était à la conférence :
Situation actuelle de Futuba-machi en exil, comme raconté par le journaliste Ugaya :
Futaba-machi est l'une des ''municipalités avec des centrales nucléaires'', où se situe celle de Fukushima. La ville entière a été décrétée comme ''zone interdite'' et tous les 6400 [sic] habitants ont évacué. Elle est de la taille de Nerima-ku [à Tokyo]. La mairie a été relogée à Kazo dans la préfecture de Saitama. Ugaya a rencontré le maire dans la mairie de remplacement.

La mairie de remplacement se trouvé à Kazo. Ils utilisent les bâtiments du collège qui a fermé. Environ 500 habitants de Futaba vivent encore ici. Je suis surpris. De nombreuses personnes vivent encore dans des abris au lieu de vivre dans des appartements ou d'autres maisons arrangés pour du temporaire.

Le maire fait un rappel sur le jour de l'explosion d'hydrogène du réacteur 2 (12 mars 2011) :
Les habitants de Futaba ont été privés non seulement de leur passé mais aussi de leur avenir. Ils ont été dépouillés du plus précieux, qu'une indemnisation de TEPCO ne pourra acheter.


''Quelle direction ?'' ''Comment évacuer ?'' Il n'y a eu aucune instruction d'évacuation de la part du gouvernement national ou préfectoral. Nous avons donc regardé le drapeau devant l'entrée de la mairie pour voir la direction du vent et décidé vers où évacuer.

Le scénario des exercices annuels d'évacuation était ''plus de courant, et il revient dans environ 3 heures, et le système de refroidissement du réacteur est remis en ligne''. Les exercices d'entraînement ont été inutiles dans l'accident réel.


Les habitants devaient fuir dans leurs propres véhicules. Kawamata-machi [au nord-ouest de Futuba, juste au-delà d'Iitate-mura] venait de décider d'accepter des évacués, nous avons donc utilisé le système de communication d'urgence et appelé désespérément les habitants pour une évacuation vers Kawamata-machi.

On ne nous a pas parlé du ''dégazage'' [du réacteur 1] décidé par le gouvernement. Le dégazage a été fait alors que les habitants se trouvaient toujours en ville. Je me demande s'ils ont pensé aux citoyens japonais. C'est comme la Restauration pré-Meiji [quand il n'y avait aucune notion de citoyens ou de nation].
Le 12 mars, alors que les habitants s'enfuyaient, je me trouvais devant l'hôpital de Futaba à guider les malades et les gens âgés vers un car quand la première explosion d'hydrogène a eu lieu. Cela a fait un bruit sourd.

''Oh non, c'est arrivé finalement, '' a pensé le maire. Après quelques minutes, de petits débris qui ressemblaient à de la laine de verre sont tombés du ciel comme de gros flocons de neige ''Pour dire qu'ils étaient gros, ils l'étaient'', le maire forme un cercle avec son pouce et son index.


L'hôpital de Futaba n'est qu'à deux kilomètres de la centrale de Fukushima. Environ 300 personnes, y compris les fonctionnaires, les médecins et les infirmières, ont observé, sidérés,  les flocons de matériaux isolants tomber comme de la neige. Le maire a pensé, ''Nous sommes foutus.''

Le maire se souvient et dit, ''C'était une vision très très étrange. C'était comme dans un film.'' Ne sachant quoi faire, il a épousseté ses vêtements de la main.

La vision de filaments brillants tombant du ciel a été faite aussi par des gens de Iitate-mura et Namie-machi.


Sur la remarque ''Nous sommes foutus'' et la santé :

J'ai [Ugaya] demandé au maire qui a été arrosé par la ''poussière de la centrale'', ''Pensiez-vous que c'était dangereux ?'' Il a répondu, ''Même aujourd'hui, je pense que ''Nous sommes foutus''. ''Que voulez-vous dire ?'', ai-je demandé. Il a répondu, ''Les saignements de nez n'ont pas cessé.''

''Les saignements de nez n'ont pas cessé. Si je me mouche, ça saigne. Parfois le sang tombe goutte à goutte. Je ne sais pas ce qu'il se passe, si mon nez est trop sec.''

''Tous les poils sont tombés, de ma poitrine jusqu'aux jambes. Je l'ai remarqué quand un vieil homme assis à côté de moi aux bains publics m'a dit, ''Hé, vous avez la peau lisse comme une femme.'' Les poils du pubis sont restés. Sans poils, c'est inconfortable, parce que mes sous-vêtements collent à ma peau.''


Concernant les employés de TEPCO qui sont venus à la mairie de Futaba :
Lorsque l'accident a démarré le 11 mars, il y avait deux employés de TEPCO à la mairie. C'étaient du personnel habituel du département des relations publiques. Mais ils ne nous ont rien dit sur la fusion ou l'explosion d'hydrogène. Rétrospectivement je me souviens que la couleur avait disparu de leur visage. Ils pouvaient être au courant de quelque chose.

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